• «Comment la femme fait-elle l'apprentissage de sa condition, comment l'éprouve-t-elle, dans quel univers se trouve-t-elle enfermée, quelles évasions lui sont permises, voilà ce que je chercherai à décrire. Alors seulement nous pourrons comprendre quels problèmes se posent aux femmes qui, héritant d'un lourd passé, s'efforcent de forger un avenir nouveau. Quand j'emploie les mots "femme" ou "féminin" je ne me réfère évidemment à aucun archétype, à aucune immuable essence ; après la plupart de mes affirmations il faut sous-entendre "dans l'état actuel de l'éducation et des moeurs". Il ne s'agit pas ici d'énoncer des vérités éternelles mais de décrire le fond commun sur lequel s'élève toute existence féminine singulière.» Simone de Beauvoir.

  • La décolonisation faite, cet essai de compréhension du rapport Noir-Blanc a gardé toute sa valeur prophétique : car le racisme, malgré les horreurs dont il a affligé le monde, reste un problème d'avenir.
    Il est ici abordé et combattu de front, avec toutes les ressources des sciences de l'homme et avec la passion de celui qui allait devenir un maître à penser pour beaucoup d'intellectuels du tiers monde.

  • La consommation est devenue la morale de notre monde. Elle est en train de détruire les bases de l'être humain, c'est-à-dire l'équilibre que la pensée européenne, depuis les Grecs, a maintenu entre les racines mythologiques et le monde du logos.
    L'auteur précise : « Comme la société du Moyen Âge s'équilibre sur la consommation et sur le diable, ainsi la nôtre s'équilibre sur la consommation et sur sa dénonciation. »

  • Dans cette Petite Conférence, Delphine Horvilleur s'interroge sur la façon dont nous comprenons le monde, et pour cela, sur la façon dont nous le racontons. L'importance du récit, les rabbins la connaissent mieux que personne. Elle évoque donc son métier de femme rabbin. Elle le définit comme un geste d'écoute et d'ouverture envers les autres, à partir de l'étude des récits bibliques. Elle explique comment les récits, les contes, les mythologies, les textes religieux ont mille choses à nous raconter. Comment ils cherchent continuellement à établir du lien entre les générations, à nous dire que la nouvelle génération n'est pas la copie conforme de l'ancienne et que le monde a besoin d'une mise à jour. À chacun de trouver le sens qui lui semble être le bon, car nous pouvons reconstruire le sens de la phrase et le sens du monde, afin qu'il soit pertinent pour nous tous.

  • Comment penser la frontière ? Franchir les frontières pour échapper à la misère et à la guerre ; établir des frontières pour dessiner les contours de l'Etat-nation ; fermer les frontières pour se protéger d'envahisseurs ; rêver sur la frontière, à un monde plus ouvert de libre circulation... En ce début de XXIe siècle, jamais la frontière n'a été à ce point un lieu de controverse, d'espoir, de critiques. Une ligne qu'il faut atteindre, renforcer ou détruire.
    Le philosophe et l'historien peuvent nous aider à appre hender cette réalite complexe et contradictoire: un débat qui fait histoire entre Régis Debray et Benjamin Stora.

  • Quoi de plus naturel que nos façons de vivre, que l'on considère la table, l'hygiène, la manière de se mettre au lit ou de se moucher oe Mais l'observation d'autres civilisations montre que notre comportement quotidien est le résultat d'un long processus d'apprentissage, suivi et perfectionné par les générations successives. Norbert Elias, en s'appuyant sur des sources aussi savoureuses que déroutantes, démontre que nos habitudes, nos moeurs peuvent être datées et appréciées sur une « échelle de civilisation ».
    Du Moyen Age à nos jours, l'auteur décrit le polissage des différents groupes sociaux, le passage progressif d'une société hiérarchisée et cloisonnée à une société intégrée.
    Repartant des notions de politesse et de civilité formées en France au sein de l'aristocratie de cour, Norbert Elias dénonce toute conception de la civilisation occidentale qui présenterait celle-ci comme l'expression de talents considérés comme supérieurs à ceux des autres.
    La civilisation est un processus. Or, une phase essentielle de ce processus est achevée « à l'instant où la prise de conscience de la civilisation, où le sentiment de la supériorité de leur propre comportement et sa concrétisation au niveau de la science, de la technique et des arts commencent à gagner les nations de l'Occident ».
    La Civilisation des moeurs est le livre qui peut nous permettre de penser un au-delà de cette phase d'achèvement, à partir de la thèse paradoxale que l'évolution des moeurs est l'invariant des sociétés occidentales modernes.
    Norbert Elias (1897-1990) a fait des études de médecine, de psychologie et de philosophie en Allemagne. Il a été l'élève de Rickert, Husserl et Jaspers. Contraint de fuir l'Allemagne en 1933, il s'est réfugié en France avant de s'installer définitivement en Grande-Bretagne. La Civilisation des moeurs est le premier volet de son ouvrage fondamental : Le Processus de civilisation.

  • Message destiné à être déchiffré, la parole est aussi un produit et un instrument de pouvoir : on peut agir avec des mots, ordres ou mots d'ordre. Mais la force qui agit à travers les mots est-elle dans les paroles ou dans les porte-parole ou, plus justement, dans le groupe même sur lequel s'exerce leur pouvoir ? Il faut intégrer des traditions théoriques fictivement opposées pour construire une théorie du pouvoir symbolique, outil indispensable pour comprendre son terrain d'exercice privilégié, celui de la politique. La politique n'est pas le seul lieu où opère la violence symbolique, cet abus de pouvoir d'autant plus pernicieux qu'il s'exerce dans et par son invisibilité : seule une forme très particulière d'analyse du discours peut le débusquer là où l'on s'attendait le moins à le trouver.

  • Accidents du travail : des morts et des blessés invisibles Nouv.

    Travailler peut tuer. Travailler peut blesser. On compte en France 14 morts suite à un accident du travail (chiffre de 2019). Les accidents du travail touchent souvent une population plutôt jeune, mais ne font l'objet d'aucune étude approfondie. Dans cet ouvrage très documenté et passionnant, l'autrice interroge cette contradiction : d'un côté l'ampleur du phénomène, et de l'autre son invisibilité dans le débat public. Les milliers de blessés, les centaines de morts chaque année seraient-ils l'inévitable prix à payer, passant en pertes et profits de l'activité économique ? Or les AT nous renseignent sur les « risques du travail », sur leur inégale répartition dans la population. Ils sont un indicateur de l'organisation du travail ; des inégalités de santé, des inégalités de conditions de travail ; des inégalités de durée de vie. Ils pourraient donc et même devraient constituer un indicateur important des politiques publiques de santé.

  • Un essai sur le glissement du gouvernement à la gouvernance des nombres, basée sur l'efficience et la réalisation d'objectifs plutôt que par une loi transcendante, par la connaissance scientifique des choses plutôt que par le devoir.

  • Qui sont les animaux, notamment les loups, mais aussi les grizzlys ou les ours polaires ? Que savons-nous d'eux ? Sont-ils des créatures de contes pour enfants ? Leur sont-ils réservés ? Dans cet ouvrage passionnant, Baptiste Morizot remonte la piste de la longue histoire par laquelle la modernité, notre époque, a construit sa représentation des animaux. L'idée d'« animal » qui semble si évidente n'est-elle pas au fond une chimère, comme le dragon ou le yéti ? L'animal qui existe dans notre esprit est bien éloigné des vrais animaux qui courent encore, en liberté, et qui méritent qu'on aille les pister, décrypter leurs traces et empreintes pour les découvrir, les comprendre et apprendre à partager la terre avec eux. Pour l'auteur, pister les grands prédateurs revient à faire attention à toute forme de vie.

    Baptiste Morizot, philosophe, maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille, consacre ses travaux aux relations entre l'humain et le vivant. Il est l'auteur du livre "Les diplomates, Cohabiter avec les loups sur une nouvelle carte du vivant"(Wildproject Editions) et "Sur la piste animale" (Acte Sud).

  • Belgique, le 15 janvier 2015. À Verviers, les hommes des Unités spéciales partent à l'assaut d'une maison ouvrière dans laquelle trois terroristes se réclamant de l'État islamique se préparent à commettre un attentat.Unefusilladeannonciatriced'unevaguedeterreurenBelgiqueetenFrance.

    En première ligne, l'inspecteur principal Lionel D. de l'Escadron Spécial d'Intervention, l'ESI. Pour la première fois, un membre de cette unité d'élite de la Police fédérale se livre à coeur ouvert sur sa vie et sur son travail. Une formation impitoyable, un engagement jusqu'à la mort. Une lutte quotidienne contre la violence et contre les gangsters de tout poil. L'histoire d'une famille qui l'aide à tenir le coup, et d'une nouvelle paternité, alors qu'il est en pleine guerre contre le terrorisme. L'histoire de la traque de Salah Abdeslam,quichangerasavieetcelledesescollègues. Àjamais.

  • Jacques de Larosière a fait toute sa carrière au sommet des institutions financières : il a d'abord dirigé le Fonds monétaire international (1978-1987), avant de devenir gouverneur de la Banque de France (1987-1993), puis président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (1993-1998). Il est membre de l'Académie des sciences morales et politiques. Il est notamment l'auteur de : Les 10 préjugés qui nous mènent au désastre économique et financier, 50 ans de crises financières et Les lames de fond se rapprochent.

    « Cet essai a pour ambition de comprendre comment notre pays s'est laissé glisser, depuis une quarantaine d'années, au bas des classements internationaux pour ce qui est des performances économiques.
    Nous nous sommes profondément désindustrialisés tout en augmentant massivement l'appareil d'État, la dépense et les prélèvements publics.
    Cet essai entend montrer l'ampleur de nos retards et suggérer la manière de les combler afin de mettre à profit notre avantage démographique qui, à condition que l'on n'y mette pas de nouveaux obstacles, pourrait bien être à l'origine d'un «miracle» français. » J. de L.

  • Après la société de cour et la civilisation des moeurs, la dynamique de l'occident vient couronner l'oeuvre de norbert elias, le processus de civilisation.
    L'auteur s'attache ici à démonter les mécanismes qui ont conduit les européens, sous l'influence déterminante de la france, à exercer un contrôle croissant sur leurs pulsions.
    La démonstration de norbert elias se développe sur deux voies parallèles. la première suit le mouvement séculaire qui a mené de la dispersion féodale à la concentration étatique contemporaine, en passant par le stade ; crucial selon l'auteur ; de la monarchie absolue. la seconde suit le conflit politique déterminé par les tensions qui opposent et rassemblent les groupes sociaux, que ce soit dans la concurrence au sein des élites ou dans l'antagonisme entre élite et peuple. ces tensions, jointes à la multiplication des contacts sociaux, contraignent les individus à aiguiser leur perception de l'environnement politique et social, à éviter toute manifestation intempestive de leurs pulsions.
    Norbert elias analyse donc le passage d'une société traditionnelle (soumise à une loi hétéronome) à une société complexe où la monopolisation, par l'etat, de la violence engage un mouvement d'autonomisation des normes, de prise en charge des individus par eux-mêmes. jusqu'à la réalisation de cette autonomie, jusqu'à ce que l'individu se donne lui-même sa propre loi, les hommes « sont, dans la meilleure des hypothèses, engagés dans le processus de la civilisation. jusque-là, force leur sera de répéter encore souvent : - la civilisation n'est pas encore achevée. elle est en train de se faire.  » norbert elias (1897-1990) a fait des études de médecine, de psychologie et de philosophie dans différentes universités allemandes. il a été l'élève de rickert, husserl et jaspers. obligé de fuir l'allemagne en 1933, il s'est réfugié en france avant de s'installer définitivement en grande-bretagne. le processus de civilisation, dont la dynamique de l'occident est le dernier volet, est l'ouvrage majeur de norbert elias.

  • La societe des individus

    Norbert Elias

    • Fayard
    • 13 Février 1991

    Pour Elias, les individus sont liés les uns aux autres par des liens de dépendance réciproque qui constituent la société même. C'est sous l'effet de cette imbrication que les comportements se sont modifiés au cours des siècles. L'idée moderne de l'individu - cet idéal du moi qui veut exister par lui-même -n'est apparue en Occident qu'au terme d'un long processus, qui est indissociable de la domination des forces de la nature par les hommes et de la différenciation progressive des fonctions sociales.

    L'individu et la société ne sont donc pas deux entités distinctes, et la dépendance croissante des États les uns à l'égard des autres place les hommes dans un processus d'intégration au niveau planétaire. La création des Nations unies et de la Banque mondiale en a été l'une des premières expressions. Le développement d'une nouvelle éthique universelle et, surtout, les progrès d'une conscience d'appartenance à l'humanité tout entière en sont des signes évidents.

  • Cette enquête intérieure débute par une belle histoire : celle d'un enseignant d'arts plastiques en collège engagé dans son métier et fidèle aux valeurs de l'art et de la culture. Mais le tableau se fissure. Pierre Rich détricote les côtés pernicieux du système et soulève quelques pièges et embûches : non-dits et malentendus, tendances idéologiques et autoritaires, gestions managériales et glissements sémantiques, effets néfastes du « tout numérique » et remise en cause de la liberté pédagogique. La crise profonde survenue au printemps 2020 a accentué le « malaise enseignant ». Dans cet essai-témoignage, l'auteur pose un regard original et sans concessions sur le métier. Ses analyses au vitriol dénoncent les dangers planant sur l'éducation tout autant qu'elles appellent à en transformer la vision trop étroite. Il est question de repenser une école créative, guidée par un nouvel indice : le bonheur éducatif.

  • Parvenue à un certain accomplissement, la science de l'homme se doit de livrer l'idée de l'homme qui est impliquée par sa démarche et par ses résultats.
    Dans cet ouvrage, Pierre Bourdieu met l'accent sur les traits de l'existence humaine que le regard scolastique ne peut qu'ignorer : force, coutume, automate, imagination, contingence, probabilité. Il débouche ainsi sur une anthropologie réaliste, placée sous le signe de Pascal, qui rompt avec la spontanéité que la vision savante ratifie beaucoup plus qu'elle ne le croit.

  • La liberté des acteurs est un fait, l'existence de systèmes organisés et cohérents en est un autre. Comment ces deux réalités s'articulent-elles ? Michel Crozier, l'auteur du Phénomène bureaucratique, associé à Erhard Friedberg, montre, contre tous les mirages d'une rationalité totalitaire, le caractère essentiellement « opportuniste » des stratégies humaines et la part irréductible de liberté qui existe dans toute relation de pouvoir.
    Ce livre n'est pas un manuel de sociologie des organisations - discipline dont Michel Crozier est l'un des fondateurs en France -, mais bien une sociologie de l'action organisée. Il constitue une véritable critique de la raison collective.

  • La TAZ (Temporary Autonomous Zone), ou Zone Autonome Temporaire, ne se définit pas. Des "Utopies pirates" du XVIIIe au réseau planétaire du XXIe siècle, elle se manifeste à qui sait la voir, "apparaissant-disparaissant" pour mieux échapper aux Arpenteurs de l'Etat. Elle occupe provisoirement un territoire, dans l'espace, le temps ou l'imaginaire, et se dissout dès lors qu'il est répertorié. La TAZ fuit les TAZs affichées, les espaces "concédés" à la liberté : elle prend d'assaut, et retourne à l'invisible. Elle est une "insurrection" hors le Temps et l'Histoire, une tactique de la disparition.
    Le terme s'est répandu dans les milieux internationaux de la "cyber-culture", au point de passer dans le langage courant, avec son lot obligé de méprises et de contresens.
    La TAZ ne peut exister qu'en préservant un certain anonymat ; comme son auteur, Hakim Bey, dont les articles "apparaissent" ici et là, libres de droits, sous forme de livre ou sur le Net, mouvants, contradictoires, mais pointant toujours quelques routes pour les caravanes de la pensée.

  • Le discours économique classique repose sur des postulats qu'il présente comme allant de soi : offre et demande posées de façon indépendante, individu rationnel connaissant son intérêt et sachant faire le choix qui y correspond, règne inconditionnel des prix... Or il suffit d'étudier de près une transaction, comme Pierre Bourdieu le fait ici pour la vente et l'achat immobiliers dans le Val d'Oise, pour s'apercevoir que ces postulats abstraits ne rendent pas compte de la réalité.

    Le marché est construit par l'État, qui peut par exemple décider de favoriser l'accès à la maison individuelle ou à l'habitat collectif ; quant aux personnes impliquées dans la transaction, elles sont immergées dans des constructions symboliques qui font, au sens fort, la valeur des maisons, des quartiers ou des villes.

    L'abstraction illusoire des postulats classiques est d'ailleurs critiquée aujourd'hui par certains économistes ; mais il faut aller plus loin : l'offre, la demande, le marché, et même l'acheteur et le vendeur, sont le produit d'une construction sociale, de sorte qu'on ne peut décrire adéquatement les processus dits « économiques » sans faire appel à la sociologie.

    Au lieu de les opposer, comme on le fait traditionnellement, il est temps de comprendre que sociologie et économie constituent en fait une seule et même discipline ayant pour objet l'analyse de faits sociaux, dont les transactions économiques ne sont après tout qu'un aspect.

  • C'est sur une terre bouleversée et dans un climat intellectuel polémique que Pierre Bourdieu va forger les principaux outils de sa compréhension du monde social, à l'occasion d'un travail sur la parenté, l'économie et les rituels kabyles. Esquisse d'une théorie de la pratique et les trois études ethnologiques qui précèdent cet essai fondamental nous font pénétrer dans l'atelier où Pierre Bourdieu a élaboré les concepts majeurs de sa théorie du monde social.

    Pierre Bourdieu (1930-2002) :
    Professeur au Collège de France, il a écrit de nombreux ouvrages qui ont une influence majeure dans les sciences sociales aujourd'hui.

  • Durkheim analyse " le rôle que les groupements professionnels sont destinés à remplir dans l'organisation sociale des peuples contemporains ". Constatant le développement des fonctions économiques dans la société, il plaide pour une moralisation et une normalisation des relations entre les différents acteurs de la vie économique. Son analyse est encore de nos jours d'une pertinence confondante, ainsi que le relève Serge Paugam dans sa préface, il insiste sur l'importance de l'analyse et sur la méthode de Durkheim.

  • On se souvient de mieux en mieux que la pédophilie a été considérée comme une juste cause dans les années 1970-1980. Au nom de la libération des moeurs, de grands intellectuels, de prestigieux éditeurs, des journaux renommés, à gauche mais aussi à droite, des hétérosexuels comme des homosexuels, l'ont défendue avec passion, alors même que cette idée était loin de faire l'unanimité. Ce livre nous replonge dans cette époque et passe au scalpel les arguments des différents protagonistes.
    Aujourd'hui, la pédophilie, ou ce qu'on appelle désormais la pédocriminalité, est quasi unanimement considérée comme la pire chose qu'on puisse imaginer et celle-ci suscite d'autant plus la répulsion qu'elle est toujours plus envahissante tant dans l'espace public que dans notre propre intériorité.
    /> Pourtant, les sciences sociales sont restées presque totalement muettes sur ce problème, alors même que de nombreuses questions restent sans réponse : comment certaines élites ont-elles pu tenter de légitimer la pédophilie dans ces années-là ? Comment, en quelques années, le pédocriminel est-il devenu un danger pour la société ? Pourquoi un tel retournement a-t-il été aussi rapide que radical ? Qu'est-ce qu'a changé le phénomène #MeToo ? Ce sont ces énigmes, et quelques autres, que cet ouvrage tente de résoudre.

  • Connaître l'histoire des pensées sociologiques est une étape essentielle pour tous ceux qui souhaitent aborder cette vaste discipline qu'est la sociologie. C'est en se familiarisant avec les modèles scientifiques et les théories concurrentes que l'on peut saisir l'originalité des discours sur le social et dépasser les clivages caricaturaux ou leurs apparentes contradictions : individu vs société, autonomie des acteurs vs déterminisme des structures sociales, prétention des sociologues à l'objectivité vs reconnaissance de la subjectivité des connaissances, visée critique ou émancipatoire des pensées scientifiques vs visée pratique et utile.

    Le présent ouvrage, véritable référence depuis sa première édition, dresse le panorama des grandes pensées qui ont fondé la sociologie et des débats sur leur actualité. Il est en cela guidé par plusieurs démarches : une présentation détaillée des auteurs, des analyses et des outils qu'ils ont conçus ; un retour aux textes originaux ; une trame historique et un regroupement par familles de pensée afin de situer les principaux courants théoriques et les débats récents.

    Cette nouvelle édition a été complétée d'une présentation des principales évolutions de la sociologie au XXIe siècle.

  • Quels sont les processus sociaux qui conduisent certains jeunes à la radicalisation qualifiée d'« islamique » ? À travers un travail rigoureux d'exploration de la littérature existante et d'enquêtes de terrain, Éric Marlière brosse un portrait-type du jeune radicalisé et analyse les parcours menant au djihadisme. S'appuyant sur le concept de sociabilisation, il établit le profil sociologique du jihadiste : exilé, jeune, précaire, disponible dans l'instant en raison d'une faible projection dans l'avenir, en rupture avec son environnement et, le plus souvent, animé par des dispositions guerrières mêlées à un sentiment de revanche.
    L'auteur s'interroge tout d'abord sur les différentes terminologies de la radicalisation, comme celle de jihadisme ou de terrorisme qui ne lui paraissent pas suffisantes pour appréhender de manière pertinente la question. En conséquence, il s'oriente vers des expressions plus complexes afin de définir ce terrorisme récent dans l'histoire contemporaine, sans que cela soit satisfaisant dans la mesure où les jeunes radicalisés qui passent par l'action violente sont éloignés des préoccupations ordinaires du musulman du quotidien.
    Prenant le contre-pied des ouvrages parus précédemment, Éric Marlière montre que l'islam est devenu le support idéologique de la violence, et non l'inverse, tout comme l'anarchisme et le communisme révolutionnaire avant lui. Pour sortir de l'actualité médiatique mortifère, l'auteur formule l'hypothèse d'une « islamisation de la radicalité » en affirmant que l'islam succède au communisme dans certains mouvements de violences politiques radicales, notamment juvéniles. Enfin, il propose une réflexion sur la manière dont les institutions pourraient mobiliser davantage les acteurs de terrain et leur accorder une confiance et un crédit plus conséquents.

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