P.I.E-Peter Lang S.A., Éditions Scientifiques Internationales

  • Le Cerrejón est une opération d'exploitation à grande échelle de charbon minéral à ciel ouvert dans la péninsule Guajira. Ce projet minier, dont les installations se composent d'une mine, d'une voie ferrée et d'un port maritime, date de la fin des années 1970, fruit d'une association entre l'État colombien et une filiale d'Exxon, multinationale états-unienne. L'installation de la mine, transformant le territoire, l'économie ainsi que l'ordre social et politique, fut un événement fondamental dans l'histoire des Wayuu ou Goajiros, habitants ancestraux de la péninsule, qui virent leurs conditions de vie bouleversées. Cette étude propose une analyse du processus d'articulation des Indiens au projet minier. Les questions se centrent sur les relations entre les Wayuu, la multinationale et l'État, sur une période de près de trente ans (1976-2004). L'analyse aborde deux processus en interrelation. Le premier est l'activation de stratégies par les Wayuu, pour faire face et s'adapter à ce projet géo-politico-économique. Le second est celui des mécanismes mis en oeuvre par l'État et la multinationale pour installer la mine et assurer sa viabilité et sa sécurité. Les Wayuu n'ont pas résisté au « développement ». Ils en ont réinterprété les perspectives afin d'envisager leurs projections de vie, à l'aune de leurs nouvelles conditions d'existence. Le développement s'est progressivement constitué dans une dimension politique renvoyant à une théorie de gestion du futur garantissant les axes de la reproduction socioethnique wayuu. C'est à travers la production d'une politique de revendication identitaire que les Wayuu se sont finalement articulés au projet minier, promis à durer trente ans de plus, sans pour autant se soumettre à son « inévitabilité ».

  • Ce livre illustre et analyse la recherche parfois tâtonnante de formes d'expression, d'organisation et de revendications politiques des milieux populaires brésiliens dans les années 2000. Il se propose ainsi de penser concrètement les avancées et limites de la démocratie participative. À partir d'enquêtes empiriques originales, souvent de type ethnographique, réalisées dans leur quasi-totalité par des auteurs locaux, fins connaisseurs et parfois militants des mouvements étudiés, cette collection d'articles fait varier autant les dimensions qui font l'objet des mobilisations étudiées (violence, recyclage, habitat, etc.) que les échelles d'analyse. Ainsi, et en dépit de preuves contraires souvent apportées, ce ne serait peut-être pas le niveau d'institutionnalisation de ces pratiques innovantes qui en définit l'aboutissement (assemblées publiques, tissu associatif local et religieux ou budget participatif, etc.) que l'inventivité et la capacité de « résilience » des « forces vives ».

  • Qu'est-ce qu'une « ville durable » ? Comment se construit-elle collectivement ? Alors que la thématique de la « participation citoyenne » fait aujourd'hui florès, quelle part concrète prennent les habitants à la fabrique de la ville et au tissage de ses urbanités ? Quels acteurs et institutions se trouvent en interaction, voire en conflit, et quels compromis se dessinent ? Pour répondre à ces questions, cet ouvrage interroge la négociation dans les projets de tramways. Les transports et les mobilités urbaines sont, en effet, très éclairants, car les acteurs y sont sollicités dans une double contribution d'attaches au quartier et de circulations dans l'aire urbaine. Deux agglomérations ont fait l'objet d'une attention particulière, Strasbourg et Montpellier, entre lesquelles un certain nombre de circulations d'acteurs et de références sont perceptibles. Si le tramway, dans ses aspects techniques, semble une figure obligée et acceptée de la grande ville, l'étude des négociations et/ou des transactions qui s'opèrent dans ce « grand projet » révèle une articulation variable entre les trois piliers du développement durable - économique, environnemental et social - ainsi que des résistances. Il n'y a pas de modèle unique de mobilité durable.

  • Comment enseigner de manière à soutenir la motivation et les apprentissages des étudiants? Cet ouvrage collectif répond à vingt questions que les enseignants du supérieur se posent à propos du développement de l'enseignement supérieur et de leurs pratiques pédagogiques. Les réponses apportées passent en revue les fondamentaux de la pédagogie de l'enseignement supérieur et les principes qui mettent l'enseignement au service des apprentissages des étudiants : clarifier les objectifs d'apprentissage visés par l'enseignement ; adopter des stratégies d'enseignement qui permettent aux étudiants d'atteindre les objectifs et d'exercer les compétences visées ; et, non des moindres, évaluer avec pertinence les apprentissages réalisés par les étudiants au terme de l'enseignement. Ecrit à l'intention des enseignants du supérieur et des conseillers pédagogiques, l'ouvrage propose des exercices pratiques qui permettent à chacun de se situer dans sa pratique professionnelle et de progresser dans son développement professionnel.

  • Une même question a été posée à une équipe de chercheurs spécialisés dans les relations du travail dans les principales économies post-industrielles de ce début du 21e siècle : comment a évolué la régulation sociale dans les entreprises depuis une trentaine d'années ? Leurs réponses montrent que les restructurations économiques, l'européanisation et la mondialisation ont conduit à d'importants changements, rarement volontaires, dans les relations entre les « partenaires sociaux » : organisations syndicales et patronales, sans oublier l'État, qui joue souvent un rôle d'arbitre. Ainsi, les modèles nationaux hérités du 20e siècle ont été remis en cause. Les particularismes se sont effacés pour laisser place à des cadres plus fragiles et plus fluctuants. Ce livre dresse un état des lieux précis des principaux changements qui ont affecté les syndicats et le dialogue social dans les entreprises en Europe et Amérique du Nord. Il permet de dépasser les idées reçues concernant les modèles anglo-saxon, scandinave, rhénan et latin.

  • Plaidoyer en faveur de l'Union européenne, ce livre critique néanmoins certains choix culturels qu'elle a faits lors de sa fondation et qui entravent aujourd'hui son intégration. Elle doit rebâtir ses fondements symboliques et redéfinir sa relation avec les nations (à ne pas confondre avec les États). Les orientations culturelles qu'elle a privilégiées à sa naissance lui ont permis de connaître un essor rapide, mais faute de les réviser à temps, elles sont devenues dysfonctionnelles. Or, les tentatives qu'elle a faites ultérieurement pour se donner de nouveaux mythes et une identité continentale ont échoué. Par ailleurs, les leaders de l'Union se sont toujours méfiés des nations et des nationalismes, accusés d'avoir provoqué les horreurs des deux guerres mondiales. Ils ont donc voulu les contourner en instituant une gouvernance par le haut d'où a résulté un déficit démocratique.
    L'Union devra désormais s'employer à se réconcilier avec les nations, en les réhabilitant, et à tirer profit de leurs ressources symboliques pour se doter de mythes ayant une résonance à la fois nationale et européenne.

  • Remises de peine, droits à compensation du handicap, droit au logement ou aides à l'insertion professionnelle, nombreux sont les domaines du droit des individus qui sont confrontés à la montée de l'individualisation ; leur attribution est désormais soumise à l'examen de situations individuelles par des commissions réunissant professionnels et partenaires institutionnels autour d'une même table. Aujourd'hui, les droits sociaux visent moins à protéger les individus qu'à transformer durablement leur destin (les rendre plus « employables », plus « insérables »). Les vies et les envies des personnes vulnérables sont ainsi sans cesse passées au crible de l'expertise croisée des professionnels de l'État social transformateur. Mais comment individualiser les droits, personnaliser les réponses, lorsque la pression du flux de demandes s'accroit ? Comment évaluer chaque demande particulière sans porter atteinte au principe d'égalité de traitement ? En s'appuyant sur un programme d'enquêtes socio-ethnographiques dans cinq secteurs (politique de l'emploi, insertion des jeunes, administration pénitentiaire, handicap, et logement), cet ouvrage explore les multiples facettes de la production collective du jugement sur les personnes vulnérables prises sous l'angle social, professionnel ou médical.

  • L'implication des parents comme critère de qualité de l'éducation préscolaire est développée dans de nombreuses études alors même que la réalité contrastée des institutions limite bien souvent leur présence. Mais la place des parents n'est pas une simple question technique. Elle conduit à s'interroger sur les savoirs au sein des pratiques éducatives du préscolaire entendu comme l'ensemble des dispositifs d'accueil et d'éducation pour les enfants de la naissance à six ans. C'est ce que propose cet ouvrage qui, à partir de recherches réalisées dans différents pays (Belgique, France, Canada, Italie, Chili) tente de comprendre d'une part ce que sont les savoirs du préscolaire, bricolages hétérogènes liés fortement aux pratiques et informés de savoirs scientifiques qu'il convient de contextualiser ; et d'autre part quelle est la relation des parents aux institutions préscolaires et plus encore aux professionnel(le)s qui y travaillent. La question de la relation entre le rôle des parents et la logique des savoirs traverse tout l'ouvrage. Si le savoir préscolaire est lié à la pratique, se construit in situ, les parents peuvent être considérés comme des contributeurs. Ils apprennent pour autant qu'ils puissent participer, mais les professionnel(le)s apprennent également d'eux ; se construisent de la sorte des espaces de rencontre producteurs de savoirs.

  • Dans la vie quotidienne, de nombreuses activités nécessitent des échanges, des négociations ou des transactions. Parce que les sciences sociales négligeaient l'importance de ces actes courants, leur dimension conflictuelle était perçue comme irrationnelle, nuisible ou pathologique. Le concept de transaction sociale, au coeur de l'ouvrage, comble ce manque. Cet ouvrage rend hommage au sociologue de la transaction sociale, Maurice Blanc, ainsi qu'à ses prédécesseurs : Jean Remy et Liliane Voyé. Ce volume analyse trois niveaux de concessions rCe volume analyse trois niveaux de concessions réciproques, ou de transactions. D'abord, celles entre individus et groupes sociaux qui cohabitent dans un même espace, avec leurs cultures et leurs modes de vie : agriculteurs et chasseurs, Roms et habitants de la banlieue, etc. Ces transactions permettent de sortir du conflit entre « bons » et « mauvais » voisins. Ensuite, les transactions entre gouvernants et gouvernés, quelquefois avec la médiation d'intervenants sociaux. Enfin, dans les coalitions au pouvoir, municipales ou associatives, les transactions qui débouchent sur des compromis pratiques, malgré les désaccords sur les valeurs. Sans transactions sociales, la démocratie et le développement durable restent des coquilles vides. Chez le même éditeur, un autre volume se concentre sur les transactions dans les champs du travail et de la formation.

  • La citoyenneté européenne est interrogée dans cet ouvrage par une approche interdisciplinaire sur ce qu'elle est, sur ce qu'elle pourrait être, sur ce qu'elle devrait être. En effet, la citoyenneté juridiquement proclamée mérite d'être mise en perspective par l'approche historique, sociologique, politique, géographique et psychologique. L'ouvrage montre comment la citoyenneté européenne modifie le paradigme de l'Europe institutionnelle construite sur la seule relation États membres-Union : elle introduit la société civile des citoyens dans une relation à l'Union certes descendante mais également ascendante, relation dont l'État lui-même n'est pas absent. Ainsi, la citoyenneté pourrait être pour le citoyen européen le vecteur du passage de la morale civique proclamée à l'éthique sociale recherchée.

  • De l'organisation sociale aux discours et pratiques qui construisent la notion de personne chez les Albanais, en passant par les relations interethniques et les dynamiques interculturelles des valeurs morales dans l'ensemble des Balkans, l'auteur trace le parcours de ses recherches sur les processus symboliques qui structurent les identités sociales, les relations de parenté et de genre, ainsi que les idéologies nationales des cultures, des religions et des langages. Méthodologiquement, s'il a dû s'abstraire de sa propre société, comme socio-anthropologue, il a dû faire un effort supplémentaire : après s'en être détaché, il a fallu la pénétrer à nouveau afin de la reconnaître et l'expliquer socio-anthropologiquement. À ce niveau, l'expérience transculturelle souligne une conversion des complications et des incertitudes du travail de terrain vers la stabilité relative de la connaissance socio-anthropologique. L'objectivité expérientielle d'une telle démarche permet de comprendre de façon plus intime la réalité qualitative exprimée dans les frontières symboliques des identités locales, dans une aire culturelle définie comme un champ composite et instructif. En définitive, si la construction identitaire et la dynamique interculturelle sont importantes, une appréhension plus précise et plus rigoureuse de la totalité sociale est obtenue via une nouvelle méthodologie permettant de construire un meilleur modèle d'explication théorique.

  • Que se passe-t-il lorsque des personnes observant une religion minoritaire (voire même majoritaire) demandent l'adaptation de règles générales au nom de la pratique de leur foi ? Comment les employeurs, les pouvoirs publics, les directeurs ou les fournisseurs de services réagissent-ils à de telles demandes ? Que stipule la loi en de pareils cas ? Et quels sont les arguments normatifs en faveur ou à l'encontre de ce type de demandes ? Aux États-Unis et au Canada, ces questions sont traitées depuis plusieurs décennies par le jeu du concept juridique d'« accommodement raisonnable ». En Belgique, les sociologues ont pu observer depuis des années de nombreuses pratiques similaires, sans toutefois les nommer comme telles. Aujourd'hui, avec le développement, en droit européen, de la notion de discrimination indirecte, ainsi que l'introduction du principe d'« aménagement raisonnable » pour les personnes souffrant d'un handicap, la question se pose de savoir jusqu'à quel point cette figure juridique peut être mobilisée pour les pratiques religieuses. Cet ouvrage collectif rassemble des contributions d'académiques issus des deux côtés de l'Atlantique. En croisant les regards - philosophiques, politologiques, juridiques et sociologiques -, il vise à dépasser une approche passionnelle d'un débat éminemment sensible, où le monde scientifique est traversé par des opinions très contrastées.

  • Capitale européenne et ville d'immigration, Bruxelles est souvent qualifiée de cosmopolite. Si ce terme caractérise des dimensions visibles et perceptibles de la ville renvoyant à la pluralité des groupes qui y cohabitent, il est aussi aujourd'hui au coeur de projets culturels ou politiques proposés par différents acteurs de la vie associative bruxelloise. Comment ce « cosmopolitisme » est-il devenu un projet pour Bruxelles ? Comment cette caractéristique de la ville, qui renvoie à des dynamiques la travaillant depuis les années 1960, était auparavant perçue et problématisée publiquement ? Comment, plus largement, saisir sociologiquement le cosmopolitisme d'un point de vue urbain autant que politique ? Prenant appui sur les approches du cosmopolitisme proposées par la pensée sociologique et politique, et plus spécifiquement sur l'oeuvre de R.E. Park de l'École de Chicago, cet ouvrage vise à étudier l'endroit où les dimensions urbaines et politiques du cosmopolitisme se rencontrent empiriquement. Il propose une enquête sociologique sur les mobilisations urbaines à Bruxelles des années 1960 à aujourd'hui qui retrace différentes approches du cosmopolitisme, tout en suivant les mouvements d'ouverture - et de fermeture - de la communauté politique.

  • Le présent ouvrage se penche sur les rapports des parents à l'école primaire. Quels savoirs scolaires favorisent les parents ? Comment gèrent-ils les règles et les limites imposées par l'institution scolaire concernant leur implication vis-à-vis de l'école ? Quel type de relations entretiennent-ils avec les enseignants et comment se créent les contacts ? Menée dans un contexte marqué par une forte hétérogénéité culturelle, à savoir des écoles accueillant un grand nombre d'élèves issus de l'immigration, cette étude tente de répondre à ces questions délicates. Des facteurs comme le genre, le niveau socio-économique et éducatif, la performance scolaire et le statut d'immigré sont pris en compte dans la recherche qualitative présentée dans cet ouvrage.

  • Cet essai propose une approche interdisciplinaire de l'innovation, nourrie par les recherches et les débats récents et croisant les logiques spatiales et les trajectoires complexes de l'innovation. Pour l'économie de l'innovation, dans son acception globale, il s'agit ainsi d'articuler synchronie et diachronie dans l'étude des enjeux des sociétés contemporaines en dépassant les cadres disciplinaires classiques. Les six auteurs - économiste, historiens, sociologue et géographes - présentent une étude croisée des trajectoires de l'innovation, focalisée sur les espaces et les dynamiques de la complexité. Les six chapitres s'imbriquent pour restituer d'abord ces trajectoires de l'innovation dans les champs des technologies de l'information et de la communication, des réseaux de transport et d'électricité et de l'économie du sport. Dans une perspective transversale, ils s'interrogent ensuite sur la construction de la carte scientifique, sur les dynamiques des réseaux d'innovation des villes petites et moyennes, en déconstruisant la figure de la centralité et le jeu de l'agglomération spatiale dans les trajectoires de l'innovation.

  • Comment évaluer les politiques publiques du travail et de l'emploi ? Quels sont les facteurs explicatifs de leur réussite ou de leur échec ? Cet ouvrage explore des dimensions trop souvent ignorées des décideurs et qui sont pourtant décisives : ambivalence réelle ou supposée des dispositifs, insuffisante prise en compte des effets des politiques sur les identités professionnelles, le métier ou les conditions d'exercice du travail, mauvaise anticipation du processus d'appropriation par les bénéficiaires, etc. Cet ouvrage traite des effets de dispositifs variés destinés à orienter les carrières ou à équiper les parcours professionnels : gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, validation des acquis de l'expérience, travail en douze heures, etc. Il s'intéresse également aux réorganisations du travail de ceux qui mettent en oeuvre les politiques publiques de l'emploi et à leurs effets sur les modes de traitement des usagers. L'ambition des auteurs est donc de se donner les moyens d'analyser les recompositions, reformalisations, requalifications, et les effets en chaîne, y compris les moins mesurables, entraînés par l'apparition de nouveaux dispositifs ou de nouvelles modalités d'action publique.

  • Cet ouvrage éclaire une pluralité de petites enfances, migrations et diversités, en questionnant l'accueil des enfants dans diverses cultures préscolaires (crèche parentale, école maternelle, Kindergarten, escuola infantil) et en croisant les regards et les voix d'enfants, de parents et de professionnelles de différents pays (Allemagne, Espagne, France, Italie, USA). Il interroge les politiques et pratiques mono-, bi- et multilingues, et les modalités de participation et diversités sociales, culturelles, ethniques, territoriales.

  • L'emprise des milieux d'affaires sur le cours de la construction européenne est un fait tellement bien admis qu'il a conduit les observateurs à ne voir dans les organisations patronales que des groupes de pression et à délaisser l'histoire et la sociologie du syndicalisme patronal européen. Or ce syndicalisme patronal, qui plus est européen, ne va pas de soi. Comment les intérêts patronaux peuvent-ils être représentés et défendus comme « européens » alors qu'ils sont très hétérogènes et qu'ils ne sont pas également affectés par la construction européenne ? Comment des organisations parviennent-elles à faire entendre la voix d'un patronat européen ? Comment cette représentation s'articule-t-elle avec des formes nationales et internationales de représentation ? Comment les représentants patronaux participent-ils à la politique européenne ? Les neuf chapitres de l'ouvrage collectif répondent à ces questions en étudiant les histoires tout à la fois nationales et européennes d'organisations (Businesseurope, CEEP, UEAPME, CNPF/Medef) et les différentes formes de représentation des entreprises et des patrons européens. L'étude de la genèse et de la structuration d'organisations patronales européennes montre le rôle qu'elles jouent dans l'histoire de la construction européenne et la place qu'elles ont acquises dans le fonctionnement de l'Union européenne.

  • Se coordonner dans un grand périmètre irrigué public, conçu dans l'idée même d'une coordination hiérarchique par l'État, renvoie-t-il à une contradictio in terminis ? Une question lancinante dans les débats en cours sur les périmètres irrigués de la grande hydraulique qui, en s'accordant sur les limites des modèles institutionnels et réformes successifs, restent toujours en quête d'approches pertinentes pour une bonne gestion de ces périmètres. La réponse à cette question est a priori affirmative dans le périmètre irrigué du Gharb au Maroc, un périmètre longtemps façonné par un État s'ingérant dans les détails les plus infimes de la vie rurale. Le passage de l'eau du ciel à l'eau de l'État n'a pas marqué seulement les pratiques et le paysage agricole dans ce périmètre mais aussi les discours et les représentations collectives des agriculteurs et des agents de l'administration agricole. Alors : si on cherchait à repenser autrement cette question dans un contexte de redéploiement de l'État et d'émergence de nouvelles dynamiques ? Tel est l'objectif de ce livre qui se propose d'appréhender la coordination de la gestion des périmètres irrigués de façon différente et originale. Différente, dans son ambition d'inverser le regard porté sur ces périmètres publics en analysant la coordination « par le bas ». Originale, dans son approche qui vise à décrypter la coordination in situ, son sens pratique, ses logiques implicites et explicites, autrement dit les grammaires d'action, en s'imprégnant des dédales des vécus locaux et des rouages de l'anodin et de l'irrégulier. Le livre s'attache à dénouer les fils de la coordination dans trois villages, fils que tissent les communautés locales dans leurs attachements divers avec la production d'agrumes, l'utilisation de l'eau pour l'irrigation et l'accès à la terre.

  • Qu'est-ce que gouverner aujourd'hui ? Les modalités de gestion de la population apparaissent de plus en plus complexes. De façon inédite, l'exercice du pouvoir passe de nos jours par des dispositifs qui articulent très finement technologies de contrôle et processus de constitution du sujet. Ce n'est plus tant par le recours à la contrainte ou à la discipline que se gouvernent les individus que par l'examen de soi et l'auto-surveillance. Les sujets que nous sommes se constituent au gré des injonctions qui leur sont adressées à devenir tels, dans le commerce permanent avec les dispositifs qui organisent nos vies. S'appuyant sur l'oeuvre de Foucault, ce livre interroge la « gouvernementalité » contemporaine dans ses déclinaisons concrètes. Ce modèle d'analyse est ici mis à l'épreuve de multiples domaines de pratiques, de la médecine au droit en passant par le travail social, l'urbanisme et les nouvelles technologies. Où est la place de l'État dans l'ordre néolibéral du monde ? N'y a-t-il pas quelque réduction aveuglante à le considérer comme se retirant du paysage ? Face à la dispersion des rapports de pouvoir, est-il possible de déceler comme un enjeu organisateur ? Et comment penser la résistance dans ce cadre ? Autant de questions auxquelles les textes réunis ici tentent d'apporter une réponse empirique.

  • Ce livre a remporté le prix Jean Widmer 2012 de l'Université de Fribourg, Suisse. Plus qu'une simple méthode, l'enquête ethnographique permet de poser de nouvelles questions sur le politique, en rupture avec ses représentations comme un domaine d'activités en soi, circonscrit à la politique institutionnelle ou aux politiques publiques. Recueillies aux quatre coins du monde (Brésil, États-Unis, Chine, Algérie, Espagne, Italie, Suisse, Belgique, France), les études de cas ici rassemblées examinent le politique par le bas, tel qu'il se fait, depuis son enracinement dans les affaires de tous les jours. En engageant différentes espèces de description ethnographique, elles invitent à repenser l'articulation entre lien civil et vie politique sous trois angles complémentaires. D'abord, celui des expériences ordinaires, généralement définies comme infra-politiques, depuis où nous nous projetons dans la vie publique. Celui, ensuite, des moments de politisation qui font surgir des questions sur le bien public, au coeur même du monde de la vie quotidienne. Celui, enfin, des modalités pratiques de l'engagement politique, au sens classique, dans des actions qui ont pour visée expresse la transformation du monde.

  • Le 21e siècle présente des défis importants pour l'enseignement des langues et des cultures. Les enseignants sont plus que jamais confrontés à un environnement complexe et dynamique de croyances et de pratiques, où la diversité et l'interculturalité créent des identités constamment mouvantes. Cet ouvrage propose une réponse interdisciplinaire aux incertitudes de notre époque. Il s'organise autour de deux notions clés, la reliance et les univers de croyance. Les auteurs proposent des perspectives éclairantes sur des thématiques telles que l'empathie, les constructions de Soi et de L'Autre, le développement de la conscience interculturelle et le rôle de l'anglais comme lingua franca. Cet ouvrage constitue ainsi une avancée significative pour le développement d'un paradigme théorique et pédagogique adapté à notre monde plurilingue et pluriculturel. The 21st century presents significant challenges for the teaching of language and culture. More than ever before, educators are faced with a complex and dynamic landscape of beliefs and practices, where diversity and interculturality create constantly shifting identities. This volume offers an interdisciplinary response to the uncertainties of our era. It takes as its focus two key notions: interrelatedness and universes of belief and thought. The contributors offer illuminating insights on topics such as empathy, constructions of Self and Other, the cultivation of intercultural awareness and the role of English as a Lingua Franca. As such, the volume makes a significant step towards developing a theoretical and pedagogical paradigm appropriate for our plurilingual and pluricultural world.

  • Des thèmes tels que le foulard, les migrations par mariage, la répudiation, la polygamie, les mutilations génitales, les opérations de reconstruction de l'hymen ou les crimes d'honneur ne manquent généralement pas d'alimenter de grands débats sociétaux. Ce livre entend apporter une contribution critique aux controverses sociétales actuelles en cernant les problèmes que pose la conciliation des droits des femmes et du respect des traditions culturelles et religieuses. Il présente une sélection d'articles d'actualité qui illustrent les paradoxes du débat sur le féminisme et le multiculturalisme dans le contexte de l'Europe occidentale. Issus de disciplines différentes, les auteurs plaideront pour une attitude pragmatique et sensible au contexte, qui accorde une place centrale à la concertation et à la négociation interculturelle.

  • Issu des travaux menés autour du symposium international Ecole(s) et culture(s): quels savoirs, quelles pratiques ? organisé à l'université Lille 3, cet ouvrage croise des modèles théoriques et des outils méthodologiques en psychologie de l'éducation, en anthropologie et en didactique pour interroger la notion de culture(s) dans ses différentes variations et ses rapports complexes avec les savoirs scolaires: à la fois condition et produit des apprentissages, ensemble d'invariants conceptuels explicites ou en acte qui sont partie constitutive de l'identité des sujets, ensemble de connaissances et de valeurs qui se construit en même temps qu'il se transmet au sein des lieux d'éducation ou de formation. L'ouvrage propose ainsi la notion de culture(s) comme outil heuristique et dynamique pour penser les savoirs scolaires au croisement de logiques curriculaires et de conceptualisations des acteurs de l'éducation. Sa parution se situe au coeur des débats actuels concernant la place de(s) culture(s) au sein de l'école ainsi que dans les tensions qui sous-tendent la formation des enseignants.

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