Fayard

  • En renversant l'image de la femme comme être inférieur par nature pour l'appliquer à l'homme, l'autrice démonte la mécanique de la domination masculine.
    Un pamphlet littéraire et politique, où l'humour et la provocation révèlent les rapports de force entre les sexes. Depuis sa diffusion dans les rues de New York par Valerie Solanas en 1967, SCUM Manifesto est devenu un texte culte du féminisme.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuèle de Lesseps
    Postface de Lauren Bastide

  • «  Depuis toujours, l'homme a besoin de savoir ce qui le menace, ce qui nuit aux autres ou les sert. Et pendant longtemps, seule une poignée de puissants, souverains, religieux, marchands, ont eu le monopole de l'information, de sa fabrication à sa circulation. Une information libre, diffusée par des médias accessibles à tous et établie par des professionnels cherchant la vérité est le fruit d'une histoire récente, inattendue, fascinante. Et elle est à présent terriblement menacée.
    Comment distinguer le vrai du faux, l'information de la distraction  ? Quel rapport entre informer, convaincre, enseigner, distraire  ? Comment la démocratie résistera-t-elle aux formes de censure et de surveillance  ? En quoi le déluge actuel et à venir d'informations, vraies ou fausses, influera-t-il sur notre façon de gérer les grands problèmes d'aujourd'hui et de demain  ? Les réseaux sociaux, outils de surveillance généralisée, qui font de chacun le journaliste de lui-même, seront-ils balayés par une vague technologique plus puissante  ? Les journalistes seront-ils remplacés par des automates ou resteront-ils des acteurs irremplaçables de la démocratie  ?
    Tels sont les sujets de ce livre. Encore une fois, comme pour tous les autres domaines dont j'ai tenté jusqu'ici de prévoir le devenir, celui des médias, vertigineux, ne peut être imaginé et maîtrisé qu'en remontant très loin dans son histoire, ou plutôt ses histoires. Ses passionnantes histoires.  »
      J. A. 

  • La France possède un trésor inestimable : cinéma, musique, livres, jeux vidéo. Cependant, ceux-ci sont encore souvent considérés au pire comme des passetemps non essentiels, au mieux comme d'anecdotiques contributions à la balance commerciale. C'est oublier que les industries culturelles et créatives contribuent largement à notre économie et pèsent de tout leur poids dans notre capacité d'influence à travers le monde.
     
    Ce soft power, dont est capable l'économie créative, beaucoup de pays nous l'envient, voire le copient. Doit-on préférer les chicaneries franco-françaises ou nous lancer dans une bataille culturelle mondiale qui est aussi celle de la défense de nos valeurs ?
     
    Pendant six ans à la tête d'UniFrance, l'organisme d'exportation du cinéma français, j'ai eu la chance de voir que, partout dans le monde, la culture française est admirée et respectée, que Catherine Deneuve est attendue au Japon comme une idole que l'on vénère, qu'Agnès Varda inspire encore les jeunes féministes américaines et que la nouvelle génération d'acteurs et réalisateurs français force l'admiration des plus grands festivals internationaux.
     
    Sous forme de carnet de bord et d'annotations impressionnistes, avec des artistes et des cinéastes comme guides de voyage, j'ai voulu raconter des rencontres extraordinaires, mais aussi les failles d'un système et son manque d'efficacité.
    N'ayons pas peur d'être fier de notre trésor national !
      Isabelle Giordano 
    Isabelle Giordano a été pendant plus de dix ans « Madame Cinéma » sur Canal Plus, productrice et rédactrice en chef pour la télévision et la radio (France TV, Arte, France Inter). Elle fut la directrice générale d'UniFrance Films de 2013 à 2019, en charge de promouvoir le cinéma français sur la scène internationale, et de juillet 2019 à décembre 2020, présidente du Comité stratégique du Pass   Culture. Elle est aujourd'hui déléguée générale de la Fondation BNP Paribas.

  • Je vous parle d'un temps que les plus de 20 ans... ne VEULENT pas connaître.
    Celui des facs fermées, où les seuls cours délivrés sont en « distanciel », néologisme inventé par des technocrates pour rendre moins insupportables ces centaines d'heures que nous, étudiants, passons rivés devant un écran.
    Celui où les petits boulots ont été balayés par la crise. Plus d'événement, plus de restaurant, plus de musée... pour nous permettre d'arrondir nos fins de mois.
    Celui sans horizon professionnel, où les stages ont disparu, où la promesse d'un premier emploi en CDI s'éloigne chaque jour davantage.
    Le temps où le droit de sortir entre amis, de se voir, de se toucher, de s'aimer n'existe plus.
    Où les soirées et les parenthèses interdites sont taxées d'égoïsme coupable par les politiques et les bureaucrates.
     
    Au lieu de penser les solutions concrètes pour sortir notre génération de cette impasse, vous, les sachants, préférez nous discréditer.
    Cela fait maintenant un an que nous avons mis nos vies entre parenthèses pour protéger les personnes âgées.
    J'ai 22 ans. Et si je peux pester contre certains excès de ma génération, je veux aujourd'hui saluer son courage face au désastre économique, social et écologique que nous allons affronter.
     
    Ce livre est une ode à notre génération fracassée, un plaidoyer pour la liberté.
     
      Étudiant en sciences politiques et chroniqueur régulier des Grandes Gueules sur RMC depuis 2017, Maxime Lledo vit à Nantes.

  • Pourquoi devons-nous travailler ?
    Paul Lafargue (1842-1911), penseur socialiste, tente de comprendre l'amour absurde du travail, « cette étrange folie qui possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste ».
     
    Relire Le Droit à la paresse nous rappelle que la liberté d'employer le temps est fondamentale.

  • Plus d'un Français sur dix est sous antidépresseurs. La plupart du temps, ce sont des « ISRS », de la famille du Prozac, du Deroxat, du Zoloft... Des médicaments souvent peu efficaces, et surtout - cette enquête le démontre - qui peuvent être très dangereux : émotions anéanties, tendances suicidaires, pulsions de violence, voire de meurtre. Sans parler d'autres effets indésirables graves, comme l'impuissance et la perte de la libido. À toutes ces personnes, on dit pourtant : « C'est la dépression qui vous fait ça, pas l'antidépresseur. »
    C'est faux.
    Pour cette enquête, Ariane Denoyel a recueilli les témoignages des victimes de ce naufrage sanitaire, aggravé par la crise du Covid-19. Médecins et spécialistes du monde entier dénoncent enfin dans ce livre, preuves à l'appui, un scandale public.
    En dévoilant les coulisses de l'industrie pharmaceutique, l'organisation douteuse de nombreux essais cliniques et les choix partiaux des revues scientifiques, l'autrice brise le mur du silence. Et met au jour une catastrophe de santé publique.

  • Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n'a qu'une arme : sa plume.
    À l'image de la lueur d'espoir et de douceur que fut sa lettre « Vous n'aurez pas ma haine », publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment,
    malgré tout, la vie doit continuer.
    C'est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu'il nous offre. Un témoignage bouleversant.
    Ancien chroniqueur culturel à France Info et France Bleu, Antoine Leiris est journaliste. Vous n'aurez pas ma haine est son premier livre.

  • Abécédaire buissonnier, ce livre propose une sorte de portrait ou plus exactement une mythographie qui donne à voir et à sentir le pouls de l'Afrique. Un très grand continent dont la puissance culturelle est en train de se déployer sous nos yeux. Hier minorées, voire moquées, la voix et l'importance du Continent dans les affaires planétaires sont aujourd'hui indéniables. L'Afrique est en passe d'imposer une griffe, un style, une manière d'être au monde et en relation avec le reste du monde.
    Dans ce dictionnaire tour à tour informatif, ludique, drôle, sérieux, Alain Mabanckou et Abdourahman Waberi entonnent un chant d'amour à l'Afrique, à ses habitants d'hier et d'aujourd'hui, à ses ressources exceptionnelles et à sa spectaculaire planétarisation.
     
     
    Finaliste du Man Booker International Prize, Prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic, Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre cassé, Black Bazar, Petit piment, Les Cigognes sont immortelles. On lui doit également des essais très remarqués (Lettre à Jimmy, Le Sanglot de l'homme noir, Le monde est mon langage). En 2016 il a été nommé professeur au Collège de France à la Chaire de création artistique. Depuis une quinzaine d'années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'université de Californie-Los Angeles (UCLA).
    Abdourahman A. Waberi est né en 1965 à Djibouti. Romancier, poète et essayiste, Grand Prix littéraire de l'Afrique noire 1996, ancien pensionnaire de l'Académie de France à Rome-Villa Médicis, il enseigne depuis 2012 les littératures d'expression française et la création littéraire à l'université George Washington (Washington DC) et collabore notamment au Monde. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages primés comme le roman panafricain Aux États-Unis d'Afrique (Lattès, 2006). Son oeuvre est traduite dans une douzaine de langues.

  • Pendant des siècles, la sexualité féminine fut considérée comme un sujet tabou, abordée du seul point de vue de la reproduction. Cependant, au cours des dernières décennies, l'accès à la contraception, la mise en place des lois sur l'I.V.G., la montée en puissance des mouvements féministes ont favorisé la libération sexuelle chez la femme et la prise en compte de son plaisir.  
    Néanmoins, les recherches sur ce fameux et tant désiré plaisir n'en sont encore qu'à leurs balbutiements. Aujourd'hui les femmes manquent toujours cruellement d'informations. Afin de répondre aux questions que lui posaient régulièrement ses patients en consultation, le docteur Causse a décidé de fournir aux femmes (mais aussi aux hommes) un manuel pratique et exhaustif sur la sexualité, facile d'accès et qui ne soit pas seulement destiné aux spécialistes. Partant des recherches scientifiques les plus récentes, l'ouvrage aborde dans un langage clair, simple et décomplexé les différentes composantes de la sexualité féminine, ses aspects anatomiques, physiologiques, psychologiques et pathologiques.
    La sexualité féminine s'adresse au public le plus large  : de la jeune femme qui découvre sa sexualité, à la trentenaire qui souhaite enrichir son répertoire, jusqu'à la femme plus âgée qui désire conserver une sexualité épanouie.
     
    Céline Causse est psychiatre, psychanalyste et sexologue à Paris. Elle consulte en cabinet libéral. Elle a déjà publié plusieurs ouvrages de santé grand public dont L'hyperactivité de l'enfant aux éditions Alpen.
    Illustrations  : Ingrid Maillard 
     

  • Que s'est-il passé ? Pourquoi avons-nous immolé aussi vite nos libertés, au nom de la lutte contre le virus ? Nous avons renoncé à nous déplacer, à manifester, à nous exprimer, à nous cultiver, à travailler même. Nous avons placé la santé au-dessus de tout, et percevons aujourd'hui le prix à payer. Nous avons sacrifié à la vie biologique toutes les autres vies - économique, sociale, culturelle, sportive, amicale... - et découvrons désormais l'étendue des dégâts. Abandonnés à la « servitude volontaire », nous avons accepté les oukases du gouvernement, des médecins, de l'administration. Nous avons respecté les couvre-feux et rempli nos attestations. Nous avons surtout cédé à la peur, celle de la mort et celle du gendarme. Nous avons oublié que vivre, c'est prendre des risques.
    En notre obéissance au nouvel ordre sanitaire, dans un choix collectif, nous avons préféré la sécurité des vieux à l'avenir des jeunes. Humanisme ou aveuglement, cet arbitrage aux apparences altruistes dissimule la dictature d'une génération dorée, celle des « baby-boomers ». L'épidémie cache aussi une guerre des générations.
    Face à toutes ces petites tyrannies, nous ne nous sommes pas révoltés, nous n'avons presque pas résisté, nous avons à peine râlé. Le moment est donc venu de réfléchir.
    Christophe Barbier est journaliste politique. Ancien élève de l'École normale supérieure, il est nommé rédacteur en chef du service politique de L'Express, en 1996, puis directeur de la rédaction en 2006. Aujourd'hui éditorialiste politique pour BFMTV et Actu J, Christophe Barbier est par ailleurs comédien et critique dramatique.

  • Paru en octobre 2009, Retour a Reims a rencontré un écho considérable et suscité de très nombreux débats. C'est à partir de cet accueil et des questionnements qu'il a fait surgir que Didier Eribon entreprend aujourd'hui de reprendre et d'approfondir le récit et les réflexions qui s'entrecroisaient dans cet ouvrage. En ancrant toujours, bien sûr, sa démarche dans l'expérience vécue et dans l'exploration d'une mémoire personnelle et d'une histoire familiale dont il s'attache à restituer les significations sociologiques et politiques.La société assigne des places. Elle énonce des verdicts, qui s'emparent de nous et marquent nos vies à tout jamais. Elle installe des frontières et hiérarchise les individus et les groupes. La tâche de la pensée est de porter au jour ces mécanismes d'infériorisation et la logique de la domination sociale. C'est à un véritable renouvellement de l'analyse des classes, des trajectoires, des identités (le genre, la race...) et du rôle central et ambivalent des institutions (notamment le système scolaire, le droit, la politique...) dans leur fabrication que nous convie Didier Eribon. Avec pour horizon l'idée fondamentale que seule une démarche qui place au centre de ses préoccupations le problème des déterminismes inconscients par lesquels nos vies sont régies peut nous permettre, par-delà les incantations lancées par les intellectuels populistes qui saturent l'espace de la gauche radicale, d'ouvrir la voie à une politique de l'émancipation.Dans ce second volet, l'auteur de Retour a Reims nous donne un nouveau grand livre, appelé à vite devenir, comme le précédent, un classique des sciences sociales et de la théorie critique.

  • Ils ont été sidérés par la présence de l'arbre, saisis par le jeu des temporalités de ce passeur entre le monde chtonien et le monde ouranien. Ils ont éprouvé l'admiration, mais aussi l'horreur, inspirés par ce végétal souverain. Presque tous ont guetté, écouté, la parole de l'arbre. Certains ont espéré profiter de ses messages, en faire leur mentor, engager un dialogue avec lui. D'autres, plus rares lui ont déclaré leur amour. L'objet de ce livre est de suivre depuis l'Antiquité gréco-romaine ceux qui ont su « voir l'arbre » : Horace et Virgile, mais aussi Ronsard et La Fontaine. Par la suite, Rousseau, Goethe, Novalis et, en France, Chateaubriand, Senancour, Maurice de Guérin, avant Verhaeren, Proust, Francis Ponge et Yves Bonnefoy. Bien entendu, il y eut aussi des peintres. Autant de sensations et d'émotions qui ont suscité des pratiques : s'étendre sous les ombrages, s'y délasser, y méditer, s'enfouir dans le végétal, s'y réfugier, y grimper constituent autant de comportements répondant à des pulsions profondes. À l'époque contemporaine, certains ont tenté d'incruster leur corps dans l'écorce, en espérant que le végétal ferait croître l'empreinte. À l'extrême, des moribonds ont souhaité que leur ADN soit transmis à l'arbre planté sur leur tombe. On le voit, c'est à une longue promenade que ce livre invite, à la rencontre de l'arbre champêtre, de l'arbre haie, de l'arbre isolé et sauvage comme de l'arbre domestique. Il s'agit ici de l'histoire des émotions éprouvées par des individus qui, au fil des siècles, possédaient la rhétorique pour les dire.

  • Le sentiment de « malaise dans la civilisation » n'est pas nouveau, mais il a retrouvé aujourd'hui en Europe une intensité sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. La saturation de l'espace public par des discours économiques et identitaires est le symptôme d'une crise dont les causes profondes sont institutionnelles. La Loi, la démocratie, l'État, et tous les cadres juridiques auxquels nous continuons de nous référer, sont bousculés par la résurgence du vieux rêve occidental d'une harmonie fondée sur le calcul. Réactivé d'abord par le taylorisme et la planification soviétique, ce projet scientiste prend aujourd'hui la forme d'une gouvernance par les nombres, qui se déploie sous l'égide de la « globalisation ». La raison du pouvoir n'est plus recherchée dans une instance souveraine transcendant la société, mais dans des normes inhérentes à son bon fonctionnement. Prospère sur ces bases un nouvel idéal normatif, qui vise la réalisation efficace d'objectifs mesurables plutôt que l'obéissance à des lois justes. Porté par la révolution numérique, ce nouvel imaginaire institutionnel est celui d'une société où la loi cède la place au programme et la réglementation à la régulation. Mais dès lors que leur sécurité n'est pas garantie par une loi s'appliquant également à tous, les hommes n'ont plus d'autre issue que de faire allégeance à plus fort qu'eux. Radicalisant l'aspiration à un pouvoir impersonnel, qui caractérisait déjà l'affirmation du règne de la loi, la gouvernance par les nombres donne ainsi paradoxalement le jour à un monde dominé par les liens d'allégeance.

  • Querelle sur les manuels scolaires, opposition à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, débats sur la PMA et la GPA, mise en cause du droit à l'avortement. La pensée et les mobilisations conservatrices connaissent un regain de vigueur depuis les années 1990. En leur sein, les questions de genre, c'est-à-dire celles des normes relatives aux identités sexuées, aux orientations
    sexuelles et à leur hiérarchie, sont particulièrement saillantes. Le positionnement que l'on peut qualifier d'« anti-genre » fait aujourd'hui partie des postures intellectuelles et politiques qui sont celles des conservatismes
    de tout poil. En la matière, il s'agit de faire prévaloir un ordre naturel des corps (de celui des femmes en particulier), qui semblait avoir pourtant été largement
    déconstruit. Le caractère plurivoque du terme « nature », qui se situe au coeur de la bataille du genre, a en outre permis des convergences militantes parfois
    incongrues, autour notamment de l'écologie intégrale, mais nourrit aussi des malentendus.
    En se centrant sur le cas français sans exclure des éclairages européens, le présent livre analyse ce moment de politisation et ses principaux ressorts qui se trouvent dans la panique morale alimentée par l'horizon de confusion des sexes et d'effondrement de la civilisation qu'il dessine.
     

  • Et après ?

    Hubert Védrine

    Pendant des années, nous sommes restés sourds face aux alertes annonçant une pandémie dévastatrice. Dans le chant des sirènes de la mondialisation elles étaient littéralement impensables. La propagation rapide de la Covid-19 a sonné brutalement l'heure des comptes.
    Dans la panique sanitaire et économique, la bataille de l'après a déjà commencé entre ceux qui veulent un retour à  «  la  normale  » et ceux qui appellent à un changement, relatif ou radical. Mais comment pourrait-on revenir à «  la  normale  », c'est-à-dire à la multidépendance, l'insécurité financière, l'irresponsabilité écologique  ?
    La question aujourd'hui est donc de savoir ce qui demeurera et ce qui doit être changé. Parviendrons-nous à éviter l'effondrement économique mondial sans sacrifier l'urgence vitale de l'écologisation ? Un système multilatéral international pourra-t-il être refondé, à commencer par un système d'alerte sanitaire  ? Comment nous extraire des dépendances de nos économies, si dangereuses et révélées par cette crise ? Comment allons-nous repenser le tourisme  ? Comment va-t-on gérer la réhabilitation de l'Etat-nation et la nouvelle demande d'Etat protecteur  ? Que faire au niveau français, au niveau européen  ?
    Dans cet essai vif et dense, Hubert Védrine se penche sans détour sur tous les débats qui vont forger l'après-pandémie mondiale.
    Pendant quatorze ans auprès de François Mitterrand à l'Elysée et cinq ans à la tête du Quai d'Orsay, Hubert Védrine voyage, écrit, enseigne et conseille.

  • - 50%

    Ce livre se lit d'une traite, à bride abattue.
     
    Il porte la rage des « Gaulois réfractaires » et la met en récit pour la rendre intelligible à ceux qui la ressentent.
     
    C'est la chronique glaçante d'une histoire terrifiante : on y découvre le chemin des aveuglements qui a conduit à cette débâcle, l'engrenage des mensonges, la révélation hallucinante des alertes des militaires, les ignorances savantes du biopouvoir liberticide ; sans oublier un morceau d'anthologie : la rencontre du Puy du Fou, quand Emmanuel Macron s'enivrait encore de l'Ancien Monde.
     
    La plume de Philippe de Villiers est inspirée. On se laisse emporter par l'expression aboutie, dense, littéraire et cinglante de la colère qui gronde partout aujourd'hui contre le Nouveau Monde, mort du coronavirus.

  • Alors que s'achève une décennie scandée par de nombreux départs pour la Syrie et de multiples attentats, le djihadisme continue d'ensanglanter la France et de menacer l'avenir. Mais qui sont vraiment ceux qui ont consacré leur vie, et parfois leur mort, à cette cause ? Quel itinéraire les a conduits à cet engagement extrême ?
    À partir d'une enquête inédite par son ampleur rassemblant plus de 1 400 profils issus de quatre pays (France, Royaume-Uni, Belgique et Allemagne), ce livre brosse le portrait d'une génération de militants : ces femmes et ces hommes européens, ces musulmans parfois convertis qui, de 2010 à 2019, ont choisi le djihadisme.
    Grâce à la profondeur de leurs données, Hakim El Karoui et Benjamin Hodayé dépassent les débats passionnés, souvent fondés sur des cas isolés. Ils étudient les parcours des djihadistes suivant trois axes : sociologique, puisque ces individus viennent presque tous des mêmes milieux sociaux, et que leurs failles personnelles peuvent les rendre vulnérables aux discours radicaux ; religieux et idéologique, pour décrypter les chemins spirituels qui peuvent mener au djihadisme, notamment via l'influence du salafisme ; militant, en reconstituant les réseaux à l'échelle locale, ce qui révèle la mécanique exacte du recrutement.
    Ainsi sont réunis les fils des parcours individuels, qui forment une toile inquiétante. Car le djihadisme n'a pas été vaincu. Ses racines sont toujours là, chaque attentat nous le rappelle douloureusement. Et l'analyse prospective présentée est alarmante, même si beaucoup de progrès ont déjà été faits. Reste désormais à prévenir ce phénomène et à désengager ses militants.
     
    Normalien, agrégé de géographie, ancien conseiller du Premier ministre (2002-2005), Hakim El Karoui est Senior Fellow de l'Institut Montaigne et est notamment l'auteur de Réinventer l'Occident (Flammarion, 2010), de L'Islam, une religion française (Gallimard, 2018) et des rapports « Un islam français est possible » (2016), « La Fabrique de l'islamisme » (2018) et « Les quartiers pauvres ont un avenir » (2020).
    Benjamin Hodayé est normalien et agrégé d'histoire. Ses recherches portent sur l'histoire du Maghreb contemporain et sur l'islam en France et en Europe. Il collabore avec l'Institut Montaigne depuis 2017.
    Ce travail a été rendu possible par l'Institut Montaigne.

  • Quel point commun entre Billie Holiday et Stephen King ? Entre Amy Winehouse, Marguerite Duras et l'auteure de ce livre ? L'art - l'art et l'addiction.
    Après ses Examens d'empathie, Leslie Jamison se penche sur les liens entre écriture et toxicomanie, en commençant par sa propre expérience. De sa première gorgée de champagne au délitement de sa vie de jeune adulte, Leslie Jamison livre un témoignage sincère sur l'emprise de l'alcool et son chemin vers la sobriété. Elle met en regard sa propre trajectoire éthylique avec celles de femmes et d'hommes de lettres tels que Raymond Carver, William Burroughs, Jean Rhys et David Foster Wallace, déboulonnant page à page le mythe de l'ivresse inspirée. Ce choeur de voix dessine les contours d'un récit commun qui en dit autant sur les toxicomanes que sur la société qui, selon la couleur de leur peau, leur origine sociale ou leur genre, réécrit leurs histoires.
    À la croisée de l'enquête socio-littéraire et des mémoires, le nouveau livre de l'héritière de Susan Sontag et de Joan Didion est un témoignage fascinant ainsi qu'une somme d'une prodigieuse érudition sur l'addiction, et, plus encore, une cure collective salutaire.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson
     
     
    « Un témoignage d'une justesse pénétrante et d'une grande tendresse. »The Washington Post 
     
    « L'exemple rare d'un témoignage sur l'addiction qui devient encore meilleur une fois que la sobriété reprend ses droits. »The New York Times

  • «  Après une enquête planétaire, auprès des meilleures sources, souvent confidentielles, j'ai découvert bien des choses sur les causes et les conséquences de cette pandémie.
    Certains dirigeants, commettant des erreurs sincères ou mentant à leur peuple, ont, en imitant la Chine, conduit à la mort prématurée de plusieurs centaines de milliers de personnes et coûté plusieurs milliers de milliards à l'économie mondiale. Suivre à temps l'autre voie, celle de la Corée du Sud, aurait coûté beaucoup moins d'argent, épargné des milliers de vies et protégé des centaines de millions de travailleurs.
    De tout cela, et de bien d'autres choses que nous aura apprises cette pandémie, en bouleversant nos vies, il faut tirer les leçons. Pour se préparer à ce qui vient  : une crise économique, philosophique, idéologique, sociale, politique, écologique stupéfiante, presque inimaginable  ; plus grave en tout cas qu'aucune autre depuis deux siècles.
    Pour ne pas faire souffrir les enfants d'aujourd'hui de la pandémie à 10  ans, de la dictature à 20  ans et du désastre climatique à 30  ans, il faut passer au plus vite de l'économie de la survie à l'économie de la vie. Elle regroupe tous les secteurs qui se donnent pour mission la défense de la vie et dont on constate tous les jours, très pragmatiquement, l'importance vitale, comme  : la santé, la gestion des déchets, la distribution d'eau, le sport, l'alimentation, l'agriculture, l'éducation, l'énergie propre, le numérique, le logement, la culture, l'assurance.
    Parce qu'il n'y a pas de vie possible si on n'agit pas tout de suite, dans l'intérêt de toutes les vies, d'aujourd'hui et du futur. Si on ne comprend pas que seul le temps des hommes a de la valeur. Que de passionnants combats à mener  !  »
    J. A.

  •  Je suis noir, et forcément ça se voit. Du coup les Noirs que 
    je croise à Paris m'appellent « mon frère ». Le sommes
    nous vraiment ? Qu'ont en commun un Antillais, un 
    Sénégalais, et un Noir né dans le Xème arrondissement, 
    sinon la couleur à laquelle ils se plaignent d'être 
    constamment réduits ?J'oublie évidemment la généalogie qu'ils se sont forgée, 
    celle du malheur et de l'humiliation - traite négrière, 
    colonisation, conditions de vie des immigrés... Car par-
    delà la peau, ce qui les réunit, ce sont leurs sanglots.Je ne conteste pas les souffrances qu'ont subies et que 
    subissent encore les Noirs. Je conteste la tendance à 
    ériger ces souffrances en signes d'identité. Je suis né 
    au Congo Brazzaville, j'ai étudié en France, j'enseigne 
    désormais en Californie. Je suis noir, muni d'un passe-
    port français et d'une carte verte. Qui suis-je ? J'aurais 
    bien du mal à le dire. Mais je refuse de me défi nir par 
    les larmes et le ressentiment.                                                                                A.M.Alain Mabanckou, prix Renaudot pour Mémoires de 
    porc-épic (Le Seuil, 2006), est l'auteur chez Fayard de 
    Lettre à Jimmy (2007).

  • 96 % des citoyens des pays du G20 souhaitent des changements durables dans leur société. Cette ouverture vers l'avenir a été révélée, en pleine pandémie de coronavirus, par la vaste consultation menée auprès de 6  000 personnes à travers le monde par l'Institut de l'Économie Positive.
    Les résultats du sondage sont le point de départ de ce véritable guide pratique pour une sortie positive de la crise. Nourri aussi par les participations d'experts reconnus, il met en avant les thématiques primordiales de l'économie de la vie, du lien entre protection de l'environnement et santé, de l'éducation pour contrer la pauvreté, de la coopération internationale. Il propose des solutions concrètes, de la création d'un Haut Conseil à la résilience à la rédaction d'une charte One Health, qui intéresseront décideurs et citoyens désireux d'être artisans du changement.
    Un livre d'un optimisme lucide pour renseigner, inspirer et agir.
     
    Titulaire d'un master en relations internationales, Audrey Tcherkoff débute sa carrière au sein du groupe Robert Wan. En 2016, elle est nommée vice-présidente de la Fondation Positive Planet. Avec Jacques Attali, elle fonde en 2018 l'Institut de l'Économie Positive, qui a pour but d'accompagner gouvernements, territoires et entreprises dans leur transformation positive.
    Le travail de coordination de l'ensemble des travaux a été réalisé par Elliot de Faramond, Chargé de plaidoyer à l'Institut de l'Économie Positive.
     

  • Rien, à dire vrai, ne me prédisposait à m'attacher à l'histoire de l'émancipation des Juifs sous la Révolution. Jusqu'au jour où, suivant pas à pas Condorcet, je rencontrai une délégation de Juifs, conduite par Maître Godard, venant demander en janvier 1790 à la Commune de Paris de soutenir leur cause auprès de l'Assemblée nationale. Il y avait donc eu sous la Révolution, au sujet de la citoyenneté des Juifs, discussion, résistance et bataille politique.
    Cet événement, si lourd de portée dans l'histoire des Juifs de France et d'Europe, a bien peu compté dans la Révolution. Pourtant, à l'analyser de près, il se révèle chargé de signification. Car l'émancipation, à la veille de 1789, si elle était presque acquise pour les Juifs du Sud-Ouest, n'était rien moins que certaine pour les autres.
    La raison politique commandait de différer leur émancipation, ou du moins de l'accomplir progressivement en fonction de leur assimilation. Mais cette démarche prudente était inconciliable avec les principes des droits de l'homme que les Constituants avaient proclamés. Refuser aux Juifs le droit d'être des citoyens comme les autres, aux mêmes conditions que les autres, c'était leur dénier la qualité d'hommes comme les autres, et renier la Révolution elle-même. Ainsi l'émancipation des Juifs apparaît en définitive comme une victoire de l'idéologie sur le pragmatisme, de la force des principes sur la force des choses.
    R.B.

  • «  Réinventer les aurores, c'est retrouver le souffle des premiers matins de la République  : s'éveiller et s'émerveiller, lucides mais jamais désespérés.
    La réflexion que je livre n'est pas juste un cri d'alerte, c'est ma conception de la vie et de la politique, en tant qu'elles se rejoignent en leur point de plus grande fragilité, là où il s'agit d'affirmer que l'on peut reconstituer, maille après maille, le tissu de la société menacée par tout ce qui la délite, de la peur à la haine.
    Je veux proposer un manifeste contre l'indifférence, un plaidoyer pour la fraternité, une politique de la jubilation et du bonheur retrouvé.  »
     
    Haïm Korsia est grand rabbin de France et membre de l'Institut.

  • Pas une semaine ne s'écoule sans qu'éclate une nouvelle polémique sur les migrations : violences policières, voile dans l'espace public, discriminations, quotas, frontières... Les débats sur ces sujets sont devenus tendus, polarisés et passionnels, tandis que la parole raciste s'est libérée, relayée avec force par des activistes identitaires. Collectivement, on a accepté de penser les migrations à partir des questions posées par l'extrême-droite, en utilisant même son vocabulaire. Quant à nous, chercheurs, nous nous sommes souvent retrouvés réduits à devoir débusquer rumeurs et mensonges, qu'il s'agisse de dénoncer le mythe de l'appel d'air ou du grand remplacement.
    Nos sociétés resteront malades de ces questions tant qu'elles continueront à les envisager sous l'unique prisme des idéologies. C'est toute l'ambition de ce livre  : montrer qu'il est possible de penser ces sujets de manière rationnelle et apaisée, en les éclairant de réflexions et de faits qui sont bien trop souvent absents des débats. En montrant, par exemple, que les passeurs sont les premiers bénéficiaires de la fermeture des frontières. Ou que la migration représente un investissement considérable pour ceux qui partent, alors qu'ils se retrouvent souvent décrits comme la «  misère du monde  ».
    Les questions d'identité collective doivent être des enjeux qui nous rassemblent, plutôt que des clivages qui nous opposent. À condition de reconnaître et d'affronter les problèmes structurels de racisme dans nos sociétés. Après tout, on a tous un ami noir.
     
      François Gemenne enseigne les politiques du climat et des migrations dans différentes universités, notamment à Sciences Po et à Bruxelles. Chercheur du FNRS à l'Université de Liège, il y dirige l'Observatoire Hugo, un centre de recherche sur l'environnement et les migrations.
     

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