Calmann-Lévy

  • En rupture avec tant de restaurateurs grincheux, qui râlent contre les impôts et les charges, dénigrent les fournisseurs et arnaquent les clients, Xavier Denamur brise la langue de zinc.
    Il raconte son quotidien, en cuisine et en salle, les marges, les embauches et les prud'hommes, ne cachant rien des dessous-de table et des méthodes peu ragoûtantes du milieu de la restauration. Il dit comment, en faisant le choix du « vrai fait maison » pour le plaisir de ses clients et en acceptant de bien payer et de déclarer ses équipes, il a pu donner une âme à sa petite entreprise. Tout le contraire du modèle dominant « low cost », imposé par les cupides de l'agroalimentaire surgelé qui ont piégé la restauration indépendante et saccagent la planète.Avec l'esprit pratique du petit commerçant et l'exigence du citoyen, Xavier Denamur propose d'agir, avec tous les insurgés qui militent déjà pour faire trembler le système, afin de mieux vivre, mieux partager, et s'en sortir ensemble

  • Les auteurs ont consulté trente-quatre chefs d'entreprise et leur ont posé toutes les questions relatives à leur activité. De cette enquête, ils ont tiré une théorie originale sur le métier de patron.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les relations entre banquiers et clients, parfois violentes, souvent méfiantes, sont fondées sur des contradictions profondes venant de deux définitions de ce qu'est la banque : une institution sociale assurant un service public ou un espace marchand poursuivant des buts uniquement monétaires.Les banques françaises ont entamé dans les années 1960 un tournant commercial qui a transformé leurs modes de recrutement, leur management et les services proposés aux clients. Dans les années 1960 et 1970, le client bancaire « type » était un salarié disposant d'un revenu permanent, qui lui permettait de projeter épargne et crédits. Alors que la situation de l'emploi a changé, que les carrières sont moins sûres, et que l'insertion professionnelle des jeunes générations s'est compliquée, les banques continuent à exiger une stabilité professionnelle, mais aussi personnelle et familiale. Cela les mène soit à rejeter une partie de leurs clients, soit à trouver des moyens de faire « comme si » les clients ressemblaient aux salariés stables nécessaires au commerce d'argent tel qu'elles l'ont organisé.Les clients eux-mêmes font en sorte de ressembler au modèle exigé. Au travers d'entretiens avec des emprunteurs de crédit immobilier, L'Épreuve de l'argent donne à voir ces efforts de mise en conformité de soi avec l'image du « bon client bancaire ».Ce livre de « sociologie du quotidien » permet à chaque lecteur, tout particulièrement en période de crise financière, de se retrouver et de s'interroger sur son propre rapport à la banque et à l'argent.

  • L'effet Gulliver frappe : la France, malgré la richesse de ses ressources et de ses talents, est aujourd'hui durement touchée. Trop grand chez les Lilliputiens, trop petit chez les géants, le héros de Swift ne cessait d'être inadapté aux pays changeants qu'il traversait et d'en payer le prix fort. L'effet Gulliver surgit de ce décalage entre un monde - en changement rapide - et le relatif immobilisme de nos institutions, de nos organisations, de nos pratiques politiques, économiques, éducatives et sociales : il produit chômage, désespérance suburbaine, exclusions, et fragilise de plus en plus nos systèmes de protection. Dans ce livre vif, et nourri d'exemples abondants, Hervé Sérieyx nous entraîne dans un tour de France des immobilismes en soulignant combien ils auront alourdi chez nous le coût de la crise. Mais l'effet Gulliver, ça se corrige : ce décalage, entre un monde tourbillonnaire et des institutions figées, n'est pas irrémédiable. Dans un contexte de plus en plus troublé et insaisissable, seules survivront les organisations humaines capables d'inventer de nouvelles solidarités, et de se battre contre les idées reçues. Cette bataille, déjà bien engagée sur le terrain, ne pourra être remportée sans le soutien actif des décideurs institutionnels. Pour l'auteur, ce sera l'enjeu majeur du débat politique des prochaines années.

  • Un des grands entrepreneurs des Trente Glorieuses prend la parole en ces temps de crise, en appelant à un sursaut des politiques, des chefs d'entreprise et de la société civile. Analysant, avec son ami Jean Bounine, les raisons de la crise actuelle, François Dalle refuse le discours négativiste dominant, qui semble destiner notre pays à consommer et à travailler toujours moins. Si les entreprises françaises se contentent de gérer la réduction continue des investissements, et ne cessent de licencier pour réduire indéfiniment la voilure, elles seront bientôt incapables d'inventer les produits de demain et de préparer l'avenir. Comment renouer avec une dynamique de progrès ? Quel doit être le rôle de l'État dans ce sursaut ? Comment les entreprises peuvent-elles rompre avec la logique purement financière et gestionnaire, pour susciter l'initiative, encourager l'innovation du plus grand nombre ? Nous n'inventerons l'abondance de demain, qu'à condition de ne pas laisser se détériorer le tissu économique et moral d'une société en mutation profonde. C'est un message de dynamisme et d'humanisme que nous adresse ici un grand entrepreneur et stratège des années de progrès.

  • Le Crédit Lyonnais défraye la chronique depuis de nombreux mois. Et pour cause. Jamais une banque française n'avait manifesté autant d'ambition, pris autant de risques, suscité autant de critiques et, pour finir, perdu autant d'argent. De vieille dame frileuse et digne, le Crazy Lyonnais, dont la presse anglo-saxonne a fait ses délices, s'est métamorphosé, à la fin des années 80, en conquérant assoiffé de puissance, instrument de revanche de deux de ses présidents. Banquiers trop crédules, aventuriers internationaux, tutelle irresponsable, dilution des responsabilités, absence de sanctions ; de la prise de pouvoir de Jean-Maxime Lévêque, à la politique impériale de Jean-Yves Haberer, et au grand nettoyage de Jean Peyrelevade, Éric Leser retrace ici les péripéties de ce roman financier, exemplaire du laisser-faire des dix dernières années et d'une dérive de la morale publique.

  • Dans « Grandes fortunes », Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon entreprenaient un voyage quasi ethnologique à travers le monde secret de la grande bourgeoisie traditionnelle. Il y était question de ces familles dans lesquelles la patine du temps efface les traces des efforts de la conquête, où l'on naît avec un destin tout tracé. Aujourd'hui, ils s'attaquent à la « première génération », celle de ces hommes qui, partis de rien ou presque, sont arrivés à des niveaux de fortune hors du commun. Pour la plupart entrepreneurs, ils expliquent leurs motivations, les raisons de leur ambition, les clefs de leur réussite. Ils s'interrogent aussi sur la transmission de leur patrimoine, sur la manière de créer à leur tour une dynastie, de légitimer l'acquisition du capital « économique » par celle du capital « symbolique », relations, oeuvres d'art, appartenance à des cercles... Comment, en un mot, passer du statut de nouveau riche à celui de grand bourgeois. Pour cela, en effet, il ne suffit pas de détenir plusieurs centaines de millions, voire plusieurs milliards de francs, mais il faut un réseau d'alliances familiales, de relations, un vernis culturel, qui seuls s'acquièrent avec le passage des générations. Ce qui ne va pas toujours sans heurts, car les représentants de la bourgeoisie traditionnelle n'accueillent pas toujours volontiers ces intrus. Fidèles à leur méthode habituelle, les auteurs se sont livrés à une enquête approfondie ; ils ont longuement questionné les « nouveaux patrons », ont eu accès aux informations privilégiées des banques qui organisent leurs successions, ont croisé les sources et les témoignages, pour finalement écrire un document très vivant qui nous plonge au coeur d'un milieu particulièrement fermé.

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