• Dans la lignée de Les Vertus de l'échec et La Confiance en soi, un nouvel essai de philosophie pratique, où Charles Pépin montre que toute vraie rencontre est en même temps une découverte de soi et une redécouverte du monde. Une philosophie salutaire en ces temps de repli sur soi.
    Pourquoi certaines rencontres nous donnent-elles l'impression de renaître? Comment se rendre disponibles à celles qui vont intensifier nos vies, nous révéler à nous-mêmes?
    La rencontre amoureuse, amicale, professionnelle n'est pas un " plus " dans nos vies. Au coeur de notre existence, dont l'étymologie latine
    ex-sistere signifie " sortir de soi ", il y a ce mouvement vers l'extérieur, ce besoin d'aller vers les autres. Cette aventure de la rencontre n'est pas sans risque, mais elle a le goût de la " vraie vie ".
    De Platon à Christian Bobin en passant par
    Belle du Seigneur d'Albert Cohen ou
    Sur la route de Madison de Clint Eastwood, Charles Pépin convoque philosophes, romanciers et cinéastes pour nous révéler la puissance, la grâce de la rencontre. En analysant quelques amours ou amitiés fertiles Picasso et Éluard, David Bowie et Lou Reed, Voltaire et Émilie du Châtelet... il montre que toute vraie rencontre est en même temps une découverte de soi et une redécouverte du monde.
    Une philosophie salutaire en ces temps de repli sur soi.

  • Banni de la communauté juive à 23 ans pour hérésie, Baruch Spinoza décide de consacrer sa vie à la philosophie. Son objectif  ? Découvrir  un bien véritable qui lui  «  procurerait pour l'éternité la jouissance d'une joie suprême et incessante.  » Au cours des vingt années qui lui restent à vivre, Spinoza édifie une oeuvre révolutionnaire. Comment cet homme a-t-il pu, en plein XVIIe siècle, être le précurseur des Lumières et de nos démocraties modernes  ? Le pionnier d'une lecture historique et critique de la Bible  ? Le fondateur de la psychologie des profondeurs  ? L'initiateur de la philologie, de la sociologie, et de l'éthologie  ? Et surtout, l'inventeur d'une philosophie fondée sur le désir et la joie, qui bouleverse notre conception de Dieu, de la morale et du bonheur  ?  
    A bien des égards, Spinoza est non seulement très en avance sur son temps, mais aussi sur le nôtre.  C'est ce que j'appelle le «  miracle  » Spinoza.
    F.  L.

  • "Deux siècles de révolte, métaphysique ou historique, s'offrent justement à notre réflexion. Un historien, seul, pourrait prétendre à exposer en détail les doctrines et les mouvements qui s'y succèdent. Du moins, il doit être possible d'y chercher un fil conducteur. Les pages qui suivent proposent seulement quelques repères historiques et une hypothèse de lecture. Cette hypothèse n'est pas la seule possible ; elle est loin, d'ailleurs, de tout éclairer. Mais elle explique, en partie, la direction et, presque entièrement, la démesure de notre temps. L'histoire prodigieuse qui est évoquée ici est l'histoire de l'orgueil européen."

  • à la vie !

    Jean-Claude Carrière

    Voici le dernier livre de Jean-Claude Carrière, rédigé quelques mois avant sa mort. Questionnement sur le monde à venir, par un homme qui s'apprête à le quitter, l'ayant intensément connu et parcouru et qui a passionnément aimé la vie. Il est question de l'humanité, du bruit très doux de l'âme, de ce à quoi nous croyons, de tout ce que nous devrions et pourrions faire ensemble. Un très beau texte, un hymne à la vie, un message d'espoir par un grand écrivain qui nous aide à croire encore et toujours en l'avenir. Scénariste, dramaturge, écrivain, Jean-Claude Carrière a eu une vie de créateur. Il est l'auteur de grands succès comme Einstein, s'il vous plaît, Fragilité, Tous en scène, Croyance et, plus récemment, La Paix, La Vallée du Néant, Ateliers et Un siècle d'oubli, le XXe. Il s'est éteint en février 2021. 

  • Un voyage dans les philosophies du monde Nouv.

     La philosophie, une affaire grecque ? Seulement européenne, occidentale ? Absolument pas.Partout dans le monde, d'autres cultures, d'autres langues ont des usages multiples  de la raison et de son exercice, qui produisent des systèmes de pensée rigoureux, déductifs, démonstratifs. Des philosophies à part entière. Encore faut-il trouver des chemins pour y accéder. En grand pédagogue, Roger-Pol Droit nous propose d' « entrer dans les têtes » des philosophes d'ailleurs, indiens ou chinois, logiciens bouddhistes tibétains ou japonais, penseurs juifs ou arabo-musulmans.S'adressant à tous, dans une langue limpide et précise, cette brève histoire fait découvrir des univers intellectuels captivants, souvent méconnus, parfois mal compris. Et notamment des philosophes arrivés récemment parmi les auteurs du baccalauréat, comme  Zhouang Zi, taoïste aux provocations paradoxales, Nâgârjuna, théoricien bouddhiste de la Voie du Milieu, Maïmonide, maître du Talmud, Avicenne, penseur de l'iIslam des Lumières. Et bien d'autres, mis en perspective.Un guide inédit pour renouveler la réflexion sur les ressorts de la philosophie, son histoire, ses frontières et son évolution, tout comme ses relations aux sagesses, religions et spiritualités.

  • Paru en 1762, le Contrat social, en affirmant le principe de souveraineté du peuple, a constitué un tournant décisif pour la modernité et s'est imposé comme un des textes majeurs de la philosophie politique. Il a aussi acquis le statut de monument, plus célèbre que connu, plus révéré - ou honni - qu'interrogé. Retrouver, dans les formules fameuses et les pages d'anthologie, le mouvement de la réflexion et les questions vives qui nourrissent une oeuvre beaucoup plus problématique qu'affirmative, c'est découvrir une pensée qui se tient au plus près des préoccupations d'aujourd'hui : comment intégrer les intérêts de tous dans la détermination de l'intérêt commun ? Comment lutter contre la pente de tout gouvernement à déposséder les citoyens de la souveraineté ? Comment former en chacun ce sentiment d'obligation sans lequel le lien social se défait ?
    © Flammarion, Paris, 2001, pour la présente édition.
    Édition revue et mise à jour en 2012.
    Couverture : Virginie Berthemet © Flammarion

  • Le monde a tellement changé que les jeunes doivent tout réinventer !
    Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux révolutions : le passage de l'oral à l'écrit, puis de l'écrit à l'imprimé. Comme chacune des précédentes, la troisième, tout aussi majeure, s'accompagne de mutations politiques, sociales et cognitives. Ce sont des périodes de crises.
    De l'essor des nouvelles technologies, un nouvel humain est né : Michel Serres le baptise "Petite Poucette" - clin d'oeil à la maestria avec laquelle les messages fusent de ses pouces.
    Petite Poucette va devoir réinventer une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d'être et de connaître... Débute une nouvelle ère qui verra le triomphe de la multitude, anonyme, sur les élites dirigeantes, bien identifiées ; du savoir discuté sur les doctrines enseignées ; d'une société immatérielle librement connectée sur la société du spectacle à sens unique...
    Faisons donc confiance à Petite Poucette pour mettre en oeuvre cette utopie, seule réalité possible !

  • Tirant les leçons de la sagesse universelle et nous faisant part de sa propre expérience, Frédéric Lenoir nous donne les clés qui nous aident à vivre, dans son livre le plus personnel.
    " De tous mes livres de philosophie et de spiritualité, celui-ci est certainement le plus accessible, mais sans doute aussi le plus utile. Car ce n'est pas un savoir théorique que je cherche à transmettre, mais une connaissance pratique, la plus essentielle qui soit : comment mener une vie bonne, heureuse, en harmonie avec soi-même et avec les autres.Ce que je dis ici avec des mots simples et des exemples concrets, comme au cours d'une conversation avec un ami, est le fruit de trente années de recherches et d'expériences. Mon témoignage personnel importerait peu s'il n'était éclairé par la pensée des philosophes et des sages de l'humanité qui ont marqué ma vie : le Bouddha, Confucius, Socrate, Aristote, Épicure, Épictète, Jésus, Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Lévinas parmi d'autres. Exister est un fait, vivre est un art. Toutle chemin de la vie, c'est passer de l'ignorance à la connaissance, dela peur à l'amour. " Frédéric LenoirFrédéric Lenoir est philosophe et écrivain. Il est notamment l'auteur de La Rencontre du bouddhisme et de l'Occident ; Le Christ philosophe et Socrate, Jésus, Bouddha. Il a aussi écrit une pièce de théâtre - Bonté divine ! - et plusieurs romans dont La Promesse de l'ange (avec Violette Cabesos) et L'Oracle della Luna, qui ont connu un succès international.

  • Avant ? Justement j'y étais ! Je vais vous raconter...
    « Dix Grands-Papas Ronchons ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraités : "C'était mieux avant." Or, cela tombe bien, avant, justement, j'y étais. Je peux dresser un bilan d'expert. Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao... rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d'état laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera. »
    Michel Serres

  • L'art de la discussion, c'est l'art de la guerre.
    38 stratagèmes d'attaque et de défense simples à appliquer : généraliser à outrance la thèse de l'autre, créer des diversions, attiser la colère de son adversaire... L'Art d'avoir toujours raison donne au lecteur les règles d'un jeu passionnant, où le langage est maître. Où l'habileté des mots et la ruse sont nos meilleures armes pour finir toujours vainqueur.
     
    Traduit de l'allemand par Dominique Laure Miermont

  • Paru en 1755, le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes peut être considéré comme la matrice de l'oeuvre morale et politique de Rousseau : il y affirme sa stature de philosophe, l'originalité de sa voix, la force de son « système ».
    Résoudre le problème posé par l'Académie de Dijon - « quelle est la source de l'inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ? » -, en d'autres termes expliquer que riches et puissants dominent leurs semblables sur lesquels ils n'ont pas de réelle supériorité, exige aux yeux de Rousseau de poser à nouveaux frais la question « qu'est-ce que l'homme ? ».
    Pour cela, il faut comprendre comment s'est formée sa « nature actuelle », si éloignée de ce que serait son état de nature : « Si je me suis étendu si longtemps sur la supposition de cette condition primitive, c'est qu'ayant d'anciennes erreurs et des préjugés invétérés à détruire, j'ai cru devoir creuser jusqu'à la racine... »


    Présentation, notes, bibliographie et chronologie par Blaise Bachofen et Bruno Bernardi
    Illustration de la couverture: Virginie Berthemet © Flammarion

  • Essais t.1

    Michel de Montaigne

    Chapitre 1 : Sur ce qui est utile et ce qui est honnête
    1. La façon la plus courante d'amadouer ceux qu'on a offensés, lorsque, prêts à se venger, ils nous tiennent à leur merci, c'est de susciter en eux, par notre soumission, la pitié et la commisération. Et pourtant, la bravade, la constance et la détermination, qui en sont l'inverse, ont parfois produit le même effet.
    2. Édouard, le Prince de Galles, qui régna si longtemps sur notre Guyenne, personnage dont la condition et le destin ne manquent pas de grandeur, avait été gravement offensé par les Limousins. En s'emparant de leur ville, il ne se laissa pas attendrir par les cris du peuple, des femmes et des enfants abandonnés au massacre, implorant sa pitié et se jetant à ses pieds. Mais comme il avançait plus avant dans la ville, il aperçut trois gentilshommes français qui, faisant preuve d'une hardiesse incroyable, soutenaient à eux seuls l'assaut de son armée victorieuse. La considération et le respect que lui inspirèrent un courage aussi remarquable émoussèrent sa colère ; et après avoir accordé sa miséricorde à ces trois-là, il l'accorda à tous les autres habitants de la ville.

  • Aron-Sartre, Foucault-Deleuze, Ricoeur-Derrida, Derrida-Lévinas... D'où sont nées ces amitiés entre des philosophes qui ont marqué leur temps?? En quoi ces «?couples?» sont-ils absolument singuliers et que nous disent-ils de leur époque et de ses enjeux intellectuels?? «?Parce que c'était lui, parce que c'était moi?», écrivait Montaigne à propos de l'amitié qui le liait à La Boétie, s'exclamant également?: «?O mes amis, il n'y a nul amy?!?» S'appuyant sur leurs correspondances, des écrits peu connus, des récits de témoins, François Dosse lève le voile sur l'intimité de ces relations marquées par une proximité affective qui n'exclut pas jalousies et rivalités, rancoeurs et haines recuites. L'intensité des joutes le dispute au caractère spectaculaire des réconciliations, parfois à titre posthume. À travers ces itinéraires croisés, c'est toute la seconde partie du xxe siècle qui nous est restituée, avec ses controverses, ses déchirures, ses explosions sociales... François Dosse est professeur émérite d'histoire contemporaine, spécialiste de l'histoire des idées au xxe siècle. Il est l'auteur de plusieurs essais sur la vie intellectuelle française ainsi que de biographies qui font référence. 

  • Qu'entendons-nous par « bonheur » ? Dépend-il de nos gènes, de la chance, de notre sensibilité ? Est-ce un état durable ou une suite de plaisirs fugaces ? N'est-il que subjectif ? Faut-il le rechercher ? Peut-on le cultiver ? Souffrance et bonheur peuvent-ils coexister ? Pour tenter de répondre à ces questions, Frédéric Lenoir propose un voyage philosophique, joyeux et plein de saveurs. Une promenade stimulante en compagnie des grands sages d'Orient et d'Occident.Où l'on traversera le jardin des plaisirs avec Epicure. Où l'on entendra raisonner le rire de Montaigne et de Tchouang-tseu. Où l'on croisera le sourire paisible du Bouddha et d'Epictète. Où l'on goûtera à la joie de Spinoza et d'Etty Hillesum. Un cheminement vivant, ponctué d'exemples concrets et des dernières découvertes des neurosciences, pour nous aider à vivre mieux.

  • Seul l'Occident moderne s'est attaché à bâtir l'opposition, donc la discontinuité supposée, entre la nature et la culture. L'anthropologie perpétue dans la définition même de son objet - la diversité culturelle sur fond d'universalité naturelle - une opposition dont les peuples qu'elle étudie ont fait l'économie.
    Philippe Descola, professeur au Collège de France, propose ici, à partir de traits communs qui se répondent d'un continent à l'autre, une approche nouvelle des manières de répartir continuités et discontinuités entre l'homme et son environnement : le totémisme, qui souligne la continuité matérielle et morale entre humains et non-humains ; l'analogisme, qui postule entre les éléments du monde un réseau de discontinuités structuré par des relations de correspondances ; l'animisme, qui prête aux non-humains l'intériorité des humains, mais les en différencie par le corps ; le naturalisme qui nous rattache aux non-humains par les continuités matérielles et nous en sépare par l'aptitude culturelle.
    Chaque mode d'identification autorise des configurations singulières qui redistribuent les existants dans des collectifs aux frontières bien différentes de celles que les sciences humaines nous ont rendues familières. C'est à une recomposition radicale de ces sciences que ce livre invite.

  • Qu'est ce qui a changé dans nos pays depuis 1950  ? L'espérance de vie a augmenté de 20 à 30 ans, l'équivalent du total d'une existence  au XVII° siècle. Passé la cinquantaine, l'animal humain connaît une sorte de suspension  : plus tout à fait jeune, pas vraiment vieux, en apesanteur. C'est un sursis qui laisse la vie ouverte comme une porte battante. Formidable avancée qui bouleverse tout  : les rapports entre générations, la question affective et familiale, le sens même de notre destin. Ce sursis est à la fois passionnant et angoissant. Il faut remplir cette moisson de jours supplémentaires. Les échéances raccourcissent, les possibles s'amenuisent mais il y a encore de la découverte, des surprises, des amours bouleversantes. Le temps est devenu un allié paradoxal  : au lieu de nous tuer, il nous porte.Que faire de ce cadeau ambigu  ?  S'agit-il seulement de vivre plus longtemps ou plus intensément  ? De recommencer ou de bifurquer  ? Qu'en est-il du remariage, d'une nouvelle carrière  ? Comment éviter la fatigue d'être, la mélancolie des crépuscules, comment traverser de grandes joies et de grandes douleurs  ? Nourri à la fois de réflexions et de statistiques factuelles, puisant aux sources de la littérature, des arts comme de l'histoire, ce livre propose une philosophie de la longévité fondée non sur la résignation mais sur la résolution. En somme, un art de vivre cette vie en plus. N'y a-t-il pas une joie profonde à être encore vivants à l'âge ou nos ancêtres avaient déjà un pied dans la tombe  ?

  • Pourquoi devons-nous travailler ?
    Paul Lafargue (1842-1911), penseur socialiste, tente de comprendre l'amour absurde du travail, « cette étrange folie qui possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste ».
     
    Relire Le Droit à la paresse nous rappelle que la liberté d'employer le temps est fondamentale.

  • Le secret du bonheur ? C'est ce que promet Épicure dans la Lettre à Ménécée. N'ayons peur ni des dieux, ni de la mort, ni de la douleur ou de la mauvaise fortune. Recherchons le plaisir, parce qu'il est conforme à la nature. Mais pour ce faire, nous devons nous libérer des idées fausses que produisent en nous les préjugés, les opinions courantes ou les croyances superstitieuses. Il faut donc recourir à la raison et à l'exercice pour suivre la nature. Telle est précisément la tâche de la philosophie : elle définit la discipline rationnelle nécessaire au bonheur. La Lettre à Ménécée, texte fondateur de l'épicurisme, exercera une influence décisive dans l'Antiquité comme dans la pensée moderne et contemporaine : sur le poète romain Lucrèce - qui fait l'objet de notre dossier -, mais aussi sur tous ceux qui revendiquent une éthique réconciliant le plaisir et la raison.

  • La publication de L'Origine des espèces, en 1859, a marqué une révolution intellectuelle comparable à celle qui est associée aux noms de Copernic et Galilée. En proposant une théorie de la « descendance avec modification » et de la « sélection naturelle », Darwin apportait des réponses aux questions qui préoccupaient les naturalistes de son époque. Le caractère radical de ces réponses aussi bien que les problèmes qu'elles laissaient en suspens ont alimenté d'emblée polémiques et controverses. De là les ajouts et les digressions qui, au gré des six éditions successives de l'oeuvre, en vinrent à obscurcir le propos d'origine. En élaguant la traduction d'Edmond Barbier de ce qui ne figurait pas dans l'édition de 1859 et en y rétablissant ce qui en avait disparu, le présent volume permet au lecteur francophone de retrouver cette oeuvre dans sa fraîcheur initiale.
    © 1992, Flammarion, Paris.
    Édition corrigée et mise à jour en 2008
    Titre VO : "On the origin of species by means of natural selection, or the Preservation of favoured races in the struggle for life"
    Couverture : Virginie Berthemet© Flammarion

  • Jamais nous n'avons été aussi conscients de former une seule humanité. Nous nous savons tous exposés aux mêmes risques : changement climatique, crise économique et écologique, épidémies, terrorismes, etc. Mais alors qu'elle s'impose dans les consciences, l'unité de l'humanité recule dans les représentations : revendications identitaires, nationalismes, xénophobies, radicalités religieuses. L'universel est accusé de toutes parts : il serait oublieux des particularismes et des différences, en somme il serait trop universel. Ou il ne le serait pas assez, il ne serait que le masque du plus fort : du patriarcat (tous les hommes, mais pas les femmes), de l'Occident (tous les hommes, mais seulement les Blancs), ou de l'anthropocentrisme (tous les hommes, mais pas les animaux).
    Contre ces replis, il faut que les idées universalistes retrouvent leur puissance mobilisatrice et critique. Contre la dictature des émotions et des opinions, défendre la raison scientifique. Contre l'empire des identités, refonder une éthique de l'égalité et de la réciprocité.
    Sur quoi peut aujourd'hui reposer cet héritage des Lumières ? Ni sur un Dieu, ni sur la Nature, car ils prouvent tout et son contraire. Il faut s'y résoudre : l'humanité est seule source de valeurs. Pour autant, nous ne sommes pas condamnés au relativisme. Car l'humanité, ce n'est pas seulement l'ensemble des êtres humains,
    c'est aussi la qualité présente en chacun de nous et qui nous lie aux autres : non pas la capacité de communiquer qui est aussi propre à d'autres espèces, ni l'aptitude à raisonner que possèdent certaines machines, mais la faculté de raisonner en communiquant, autrement dit de dialoguer.
    Philosophe et professeur émérite à l'École normale supérieure (Paris), Francis Wolff est notamment l'auteur, chez Fayard, de Philosophie de la corrida (2007), Notre humanité (2010), Pourquoi la musique ? (2015), Il n'y a pas d'amour parfait (2016, prix Bristol des Lumières 2016 et prix lycéen du livre de philosophie 2018) et Trois utopies contemporaines (2017).

  • Habiter Nouv.

    Habiter

    Michel Serres

    Depuis l'embryon lové dans le ventre de sa mère jusqu'aux métropoles qui couvrent la Terre de leurs lumières permanentes, les humains habitent le monde de mille et une façons. Mais les animaux et, plus étonnant, les végétaux ont eux aussi, bien avant nous, conçu des demeures. Des grottes aux cathédrales en passant par les cabanes et les hôtels, de la coquille au terrier, Michel Serres nous dévoile les secrets d'architectures séduisantes et multiples, nous en montre le sens et esquisse ainsi, par biomimétisme, le monde de demain. Édité à l'origine avec une riche illustration, ce texte, empreint de poésie, est pour la première fois rendu disponible dans une édition courante.

  • Essais t.2

    Michel de Montaigne

    Chapitre 1 : Sur l'inconstance de nos actions
    1. Ceux qui s'emploient à examiner les actions humaines ne rencontrent jamais autant de difficultés que lorsqu'il s'agit de les rassembler et de les présenter sous le même jour. C'est qu'elles se contredisent de telle façon qu'il semble impossible qu'elles fassent partie du même fonds. Dans sa jeunesse, Marius se trouvait ainsi être tantôt le fils de Mars et tantôt le fils de Vénus.
    2. Le pape Boniface VIII prit, dit-on, sa charge comme un renard, s'y comporta comme un lion, et mourut comme un chien. Et qui pourrait croire que c'est Néron, le symbole même de la cruauté, qui s'est exclamé : « Plût à Dieu que je n'eusse jamais su écrire ! » alors qu'on lui faisait signer, selon l'usage, la sentence d'un condamné — tant il avait le cœur serré d'envoyer un homme à la mort.

  • "Comment empêcher que la présence, en s'instaurant, s'installe ? Qu'elle s'enlise de ce qu'elle se réalise et s'abîme dans la durée ? Les Amants en sont menacés.
    Je proposerai de penser cet "être près" de la présence, non pas dans les termes de l'"être", donc de la détermination ; mais dans les termes de l'entre laissant passer indéfiniment l'intime entre des sujets respectant leur altérité.
    De sorte que la présence ne sombre pas dans la fatalité de l'être-là qui, s'étalant dans son "là", se désactive et désapparaît.
    N'est-ce pas ce qui d'abord importe pour vivre à deux, se tenant "hors de soi", et véritablement exister ?
    Or n'en va-t-il pas de même touchant l'altérité qu'on dit culturelle ?
    Une mission aux confins du Vietnam - des flancs de Sapa aux bras du Mékong - m'a conduit à reconsidérer du plus loin ce qui nous occupe aujourd'hui de si près ; ainsi qu'à sonder, dans le sort de minorités brutalement exposées à la mondialisation, la déculturation planétaire qui menace.
    Ou comment articuler dans les termes à la fois de l'entre et de l'autre ce qui paraît s'opposer : le local et le global, la connivence et la connaissance, l'entretien du Divers et la promotion d'un universel, mais qui ne soit pas universaliste ?"
    F. J.

  • « Entre les certitudes dogmatiques, les complotistes et les sceptiques en tout genre, beaucoup d'entre nous ne s'y retrouvent pas. On doit pourtant apprendre à s'orienter dans la pensée, a fortiori en ces temps d'incertitude. Ma conviction, c'est que les grands philosophes sont, par leur vie et leurs concepts, des guides incomparables. Ils nous permettent de repenser la laïcité, la démocratie, le féminisme, l'éthique, la liberté et, bien sûr, le bonheur.
    De Platon à Einstein en passant par Galilée, Descartes, Rousseau, Olympe de Gouges ou Darwin, la pensée progresse en sachant qu'elle n'atteindra jamais de point d'arrivée. »
    J.-P. Jouary

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