Temps modernes (de 1492 à 1799)

  • Oublions les westerns. Durant trois siècles, l'Amérique du Nord a été sillonnée, à l'échelle continentale, par des aventuriers de langue française. Coureurs de bois, trappeurs, interprètes, ces hommes, en quête de fourrures, se sont constamment mêlés aux Amérindiens.
    En partant sur la piste de dix voyageurs, natifs de la France ou du Canada, Gilles Havard fait surgir des scènes saisissantes : adoption d'un jeune Français par des Iroquois du XVIIe siècle, pirogues chargées de peaux de castor ou de bison descendant la rivière Missouri, fêtes du nouvel an empruntant aux cérémonies indiennes, retrouvailles lors des grandes haltes de caravanes... À travers ces destins hors du commun se dessine une autre histoire de la colonisation européenne, occultée par le récit américain de la conquête de l'Ouest : une histoire d'échanges, de métissages, mais aussi de violences, dont les têtes d'affiche sont des Français et des Amérindiens.
    Cet ouvrage explore une Amérique oubliée, fantôme - effacée des mémoires, absente des livres d'histoire. S'appuyant sur des récits de voyage, les archives des deux continents et les témoignages de descendants, enrichi de cartes et d'images inédites, il donne vie à un monde jusqu'ici invisible.

  • Laissez-vous guider : la révolution française Nouv.

    Pour revivre notre histoire à travers les édifices aujourd'hui disparus !
    Stéphane Bern et Lorànt Deutsch, deux grands passionnés d'histoire et de patrimoine, vous entrainent dans un parcours historique à Paris, qui vous fera revivre les grandes heures de la Révolution française.
    Une balade qui va vous plonger plus de 200 ans en arrière et au cours de laquelle éléments originaux, croquis et gravures, défi lent à côté des lieux majestueux du passé, comme la tour du Temple ou encore le cirque du Palais-Royal.
    De la place de la Bastille, où tout a commencé, à la place de la Concorde, qui a vu l'exécution du roi de France, nos deux guides d'exception vous raconteront les anecdotes et les évènements incontournables de cette période.
    LAISSEZ-VOUS GUIDER AU COEUR DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE COMME VOUS NE L'AVEZ JAMAIS VUE !

  • Mazarin Nouv.

    Un écrin pour un joyau biographique. Mazarin. L'art de gouverner est le deuxième titre de la "Bibliothèque des Illustres", la nouvelle et déjà prestigieuse collection lancée en partenariat par Perrin et la BNF.
    Jules Mazarin (1602-1661), né dans les Abruzzes, qui a grandi et qui fut éduqué dans la Rome pontificale, fait le choix réfléchi et volontaire de la France dont il devient le principal ministre de 1642 à 1661, après la mort de son mentor Richelieu et avant le gouvernement personnel de Louis XIV. Ce cardinal, à la fois diplomate et chef d'état-major tour à tour vainqueur et vaincu, donne corps aux projets de son prédécesseur en assurant la paix dans l'Empire en 1648 et en concluant une longue guerre avec l'Espagne par le traité des Pyrénées (1659). Victorieux de la crise de la Fronde, qui le prend pour cible principale pendant près de cinq ans, ce mécène fastueux et bibliophile averti laisse en mourant à son royal filleul un royaume agrandi, pacifié et propre à devenir le premier de l'Europe.
    Entre modèle romain et réalités françaises, entre népotisme et vénalité, entre favori et principal ministre, Mazarin a accompagné l'avènement complexe d'un État qu'il a enrichi de son art du gouvernement, en distinguant très tôt des personnalités exceptionnelles comme Colbert ou Fouquet. Attaché à préserver la monarchie d'influences religieuses trop nettes (dévots, jansénistes), cet homme d'État à la fois passionné et froidement calculateur incarne une modernité politique méconnue.
    Le voici comme jamais en lumière par la conjugaison d'un texte limpide et d'une iconographie rare.

  • " Crois ou meurs ! Voilà l'anathème que prononcent les esprits ardents au nom de la liberté ! " Ainsi s'indigne le journaliste Jacques Mallet du Pan dans le Mercure de France du 16 octobre 1789, au tout début de la Révolution. Voilà qui s'inscrit en faux contre la thèse, solidement ancrée aujourd'hui, de deux révolutions : une bonne, celle des droits de l'homme, qui aurait dérapé pour aboutir à une mauvaise, celle de la Terreur.

    Et si la Révolution tout entière avait été un immense, un désolant gâchis, et ce dès les premiers jours ? Et si ce qui a été longtemps présenté comme le soulèvement de tout un peuple n'avait été qu'une folie meurtrière et inutile, une guerre civile dont l'enjeu mémoriel divise toujours les Français ? Il fallait reprendre l'enquête en revisitant les événements, en les décryptant et en se libérant de l'historiquement correct.

    Ce récit circonstancié s'adresse à tous ceux qui souhaitent qu'on leur raconte enfin une autre histoire de la Révolution française, la vraie.

  • La biographie brillante " d'un des hommes les plus extraordinaires qui aient jamais existé ".De Richelieu demeure trop souvent l'image d'un politique froid et déterminé, animé depuis son plus jeune âge par une ambition sans limites et conduit par les seuls impératifs de la raison d'Etat. S'il est désormais admis qu'il fut à ses débuts un évêque appliqué, " l'homme rouge " est décrit surtout comme un politicien sinueux et un maître de l'intrigue.
    En réexaminant ses années de jeunesse, en relisant avec une attention nouvelle ses abondants écrits politiques et religieux, en réinterprétant l'imposante production de ses documents d'Etat, Arnaud Teyssier propose un Richelieu qui tranche sur la tradition : un grand politique certes, mais habité par une interprétation biblique du monde. Il redessine ainsi une aventure d'homme d'Etat qui reste sans équivalent dans l'histoire de France et de l'Europe: celle d'un ministre qui raisonne constamment en prêtre et lutte pied à pied contre les travers des hommes - ceux du roi, ceux des Grands, ceux des corps constitués. Tel est le vrai secret de " cette puissance morale qui a fait de lui un des hommes les plus extraordinaires qui aient existé " (
    Les Trois Mousquetaires).

  • La première biographie complète d'une grande humaniste oubliée de l'histoire.Soeur de roi (François Ier), femme de roi (Henri II de Navarre) et grand-mère de roi (Henri IV), Marguerite d'Angoulême a trop souvent été reléguée au second plan, et sa vie étudiée à travers celle des hommes qui l'ont entourée. C'est oublier bien vite qu'elle a aussi, et surtout, été une grande mécène d'artisans du livre, tels François Rabelais, et elle-même une autrice prolifique sous le nom de Marguerite de Navarre. Fervente catholique mais aussi humaniste éclairée, elle a également cherché toute sa vie à " renouveler l'Église " en protégeant les réformateurs protestants, dont Jean Calvin.
    Née Marguerite de Valois-Angoulême en 1492, puis devenue reine consort de Navarre par son second mariage en 1527, Marguerite contribua fortement à faire de la cour de son frère François Ier un lieu où intellectuels et artistes de premier plan se pressaient. Son influence politique déclinant progressivement après l'affaire des placards en 1534, elle décida de s'éloigner de la cour et de se consacrer à l'écriture. Auteur de poésie, de théâtre et de contes, elle laisse une oeuvre abondante, dont son recueil de nouvelles inachevé :
    L'Heptaméron. Si ces écrits peuvent nous sembler datés aujourd'hui, ils n'en demeurent pas moins révolutionnaires pour l'époque, éminemment modernes, et même teintés de féminisme - ils ont inspiré de nombreuses femmes de tête comme la célèbre Anne Boleyn.
    Dans cette biographie passionnante et étayée par de nombreuses sources inédites, Patricia Lojkine réhabilite une figure oubliée et pourtant, à l'image d'une Madame de Lafayette, incontournable de l'histoire intellectuelle et politique de la Renaissance.

  • « Les commencements de la Révolution sont ceux d'une extraordinaire accélération de l'histoire. Les événements s'y bousculent dans un luxe d'acteurs, d'envolées, de confusion et de coups de théâtre. Ce qui s'est passé à ce moment-là n'est intelligible que si l'on restitue les faits dans une séquence fondatrice.

    « Trois événements, liés entre eux et par lesquels tout advient, n'avaient jamais été racontés en tant que tels. Le mercredi 17 juin, les députés du tiers état s'érigent en "Assemblée nationale". Le samedi 20, ils jurent de ne jamais se séparer avant d'avoir donné une constitution à la France. Le mardi 23 juin, ils envoient promener le roi, sa Cour et ses soldats. "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." Et le roi cède.

    « La Révolution s'est jouée et accomplie en sept jours et cinq décrets. Son destin, ses héritages y sont comme scellés. Jusqu'à la guerre civile. Jusqu'à la Terreur. »

    Le dernier opus d'Emmanuel de Waresquiel, enrichi d'abondantes sources inédites, change radicalement notre lecture de la Révolution. L'auteur raconte « ses » sept jours tambour battant en un récit alerte qui se lit comme un roman à suspense.

  • Des vaisseaux et des hommes : la marine de Louis XV et Louis XVI Nouv.

    Marine royale et marine de commerce françaises ne furent sans doute jamais aussi fortes qu'en 1789. La France maritime, et particulièrement la France des ports, est alors le moteur de la croissance du royaume. Or, à la suite des traités d'Utrecht (1713), le pays a perdu une partie de son empire colonial. En échange d'une paix sur mer de près de trente ans, le Régent puis le cardinal de Fleury ont sacrifié la marine de guerre. Directement victime des choix budgétaires et d'une politique continentale calamiteuse, elle s'effondre sous Louis XV. Par la victoire de la Chesapeake, cette marine donne pourtant leur indépendance aux États-Unis d'Amérique et permet ainsi un nouvel ordre européen.
    Par-delà le rôle indiscutable de grands ministres tels Maurepas, les Choiseul, Sartine ou Castries, Patrick Villiers restitue un siècle d'histoire d'une marine de guerre française encore trop méconnue. Il dresse le portrait de ces hommes et de leurs vaisseaux, de leurs combats et de leurs engagements, autant que de l'incompréhension dont ils firent l'objet de la part d'une société de cour tournée bien plus vers la terre que vers la mer.
     
    Professeur émérite en histoire moderne à l'université du littoral Côte d'Opale, fondateur du Centre de recherches en histoire atlantique et littorale, vice-président de la Société française d'histoire maritime, Patrick Villiers est auteur de deux thèses sur le commerce colonial atlantique, la marine royale et les corsaires. Ses ouvrages ont à cinq reprises été récompensés par l'Académie de marine.
     

  • Fin août 1572. À Paris, des notaires dressent des inventaires après décès, enregistrent des actes, règlent des héritages. Avec minutie, ils transcrivent l'ordinaire des vies au milieu d'une colossale hécatombe. Mais ils livrent aussi des noms, des adresses, des liens.
    Puisant dans ces archives notariales, Jérémie Foa tisse une micro-histoire de la Saint-Barthélemy soucieuse de nommer les anonymes, les obscurs jetés au fleuve ou mêlés à la fosse, à jamais engloutis. Pour élucider des crimes dont on ignorait jusqu'à l'existence, il abandonne les palais pour les pavés, exhumant les indices d'un massacre de proximité, commis par des voisins sur leurs voisins. Car à descendre dans la rue, on croise ceux qui ont du sang sur les mains, on observe le savoir-faire de la poignée d'hommes responsables de la plupart des meurtres. Sans avoir été prémédité, le massacre était préparé de longue date - les assassins n'ont pas surgi tout armés dans la folie d'un soir d'été.
    Au fil de vingt-cinq enquêtes haletantes, l'historien retrouve les victimes et les tueurs, simples passants ou ardents massacreurs, dans leur humaine trivialité : épingliers, menuisiers, rôtisseurs de la Vallée de Misère, tanneurs d'Aubusson et taverniers de Maubert,
    vies minuscules emportées par l'événement.

  • Race et histoire dans les sociétés occidentales (XVe-XVIIIe siècle) Nouv.

    Ce livre présente les processus de racialisation qui ont ponctué la transformation de l'Europe et de ses colonies de la fin du Moyen Âge à l'âge des révolutions.  Cette histoire éclaire l'évolution des sociétés, des institutions, des cultures et des théories. Elle décrit la volonté de catégoriser les individus et les groupes, de les enclore dans des identités présentées comme intangibles, de discriminer les collectifs dominés, voire d'organiser l'oppression à grand échelle contre des populations définies par leur race. La racialisation procède par naturalisation des rapports sociaux et des caractères physiques et moraux  qui se transmettent de génération en génération, à travers la procréation. Elle repose sur une contradiction : le racisme affirme que les gens sont prisonniers de leur race et s'emploie néanmoins à gérer la transformation des races. Quatre coups de projecteur permettent de rendre compte de cette histoire : la noblesse de naissance face à l'anoblissement, la nature juive ou musulmane qui persiste dans le sang des convertis, l'origine ineffaçable des métis dans l'Amérique coloniale, la déshumanisation des Africains par la traite esclavagiste. Ces phénomènes sont les expériences séculaires sur lesquelles les auteurs des Lumières se sont fondés pour classer l'humanité en races. Ils hiérarchisent les groupes humains mais proclament aussi l'universalité des droits de l'homme. Le siècle des philosophes peut alors se lire comme le fruit d'une histoire passée, autant que comme le fondement d'une histoire inachevée, la nôtre.

  • " La traite et l'esclavage furent le premier système économique organisé autour de la transportation forcée de populations et de l'assassinat légal pour motif de liberté, pour marronnage. Ce système a perduré pour l'Europe durant plus de quatre siècles, pour la France durant plus de deux siècles. Il ne s'agit pas de se morfondre ni de se mortifier, mais d'apprendre à connaître et respecter l'histoire forgée dans la souffrance. D'appréhender les pulsions de vie qui ont permis à ces millions de personnes réduites à l'état de bêtes de somme de résister ou simplement de survivre. Il s'agit de comprendre cette première mondialisation qui a généré des relations durables entre trois puis quatre continents. Ces événements doivent être enseignés, que l'on sache qu'il y eut, dès les premiers temps, résistance sur place et solidarité transcontinentale. Interrogeons cette histoire afin que les jeunes générations détectent les liens entre le racisme ordinaire et ses sources dans le temps, et qu'elles comprennent que la République a besoin de leur vigilance et de leur exigence. Choisissons une éducation qui prépare à l'altérité et qui porte l'empreinte de la vérité, de la justice, de la fraternité. " Traite et exploitation des êtres humains, colonisation, luttes pour la liberté, réflexion sur la notion de crime contre l'humanité, formes contemporaines de l'esclavage : une mère engagée répond aux nombreuses questions de sa fille. De ce dialogue s'est construit, au fil des étonnements, indignations et admirations, un livre aussi passionnant que nécessaire.

  • Le duc du Maine Nouv.

    Une grande biographie. Naissance d'un grand historien.
    Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736), fruit des amours de Louis XIV et de Mme de Montespan, porte dès la naissance la marque infamante de la bâtardise - une marque que rien ne peut effacer, pas même l'affection d'un père si puissant. Élevé avec soin par Mme de Maintenon, intelligent, cultivé, séduisant en dépit de sa claudication, le duc du Maine est aussi un homme peu sûr de lui et en quête de reconnaissance. Louis XIV, quitte à susciter murmures, indignations et jalousies, bouscule les règles pour l'établir : il lui fait épouser Louise-Bénédicte de Bourbon, une petite-fille pleine de caractère du Grand Condé et va jusqu'à le déclarer héritier potentiel de la Couronne. C'est à la fois lui offrir une position formidable et l'exposer dans les luttes pour le pouvoir.
    En retraçant ce parcours mouvementé, marqué par des retournements spectaculaires, Pierre-Louis Lensel met en lumière un prince souvent réduit à une caricature, figure pourtant importante de la fin du règne de Louis XIV et de la Régence.
    La première biographie d'envergure de ce personnage romanesque, nourrie de nombreux inédits et servie par une plume rare qui évoque celle de Saint-Simon. Elle présente de nombreuses révélations et, par ricochet, une superbe histoire du couchant du règne de Louis XIV et de la Régence.

  • C'est une vieille histoire, une fascination originelle, ancrée - indestructible.
    Philippe Le Guillou est encore enfant lorsqu'il découvre le célèbre portrait du cardinal de Richelieu peint par Philippe de Champaigne. C'est un éblouissement.Qui ne serait impressionné par ce prélat de campagne, évêque de Luçon devenu député aux États Généraux, cardinal au service de l'État, aumônier et surintendant de la maison de Marie de Médicis, principal ministre de Louis XIII pour qui il oeuvra aussi comme chef des opérations militaires ?D'un tableau à l'autre, de livres d'histoire en promenades en Touraine, l'auteur cerne cet homme intransigeant. D'une plume qui se fait pinceau, il rappelle son intelligence redoutable, son ambition insatiable, son obsession de l'unité de l'État. Un homme d'ombre et de lumière, de complots et de coups d'éclat, que son corps malade ne laissa jamais en paix.Irrésistiblement, une fascination nous gagne. La même que celle qui foudroya l'auteur enfant devant la cappa magna du tableau de Champaigne, la main décharnée, osseuse, et la barrette, rouge comme une fleur de sang.

  • La véritable histoire du procès de Louis XVI.Le 21 janvier 1793, à Paris, Louis XVI est guillotiné publiquement. L'événement est considérable par sa radicalité. Henri III et Henri IV avaient été assassinés ; Louis XVI est exécuté au terme d'un jugement rendu au nom de la nation et de la République. La Révolution est victorieuse. Elle s'était réalisée peu à peu depuis 1789, quand le roi avait dû réunir les États généraux. D'affrontements en crises, elle s'était affirmée contre le monarque jusqu'à le chasser du trône le 10 août. Le 21 janvier marque une nouvelle ère pour le pays, ainsi que pour les pays européens : ce qui s'accomplit ce jour-là se veut exemplaire pour les peuples désireux de se libérer des princes et des rois. Conséquence inattendue, la guerre se généralise à tout le continent.
    La détermination nécessaire pour en arriver là explique le titre de ce livre : outre le fait que le mot " exécution " désigne une peine capitale appliquée après sentence d'un tribunal et évoque une destruction délibérée, il désigne plus largement une opération effectuée en appliquant des règles et des procédures, réalisée au terme d'un projet mûri.
    Pendant plusieurs mois, en effet, les Français hésitèrent à fixer le sort du souverain déchu et se déchirèrent d'abord pour définir les modalités du procès, ensuite pour savoir s'ils allaient le tuer. L'exécution légale a été un choix extrêmement difficile à faire, qui a laissé plus de traces mémorielles que l'acte lui-même. C'est pourquoi, l'ouvrage s'intéresse plus aux querelles et aux rapports de forces entre groupes révolutionnaires, qu'à l'examen de la responsabilité du roi et à sa personnalité. À côté du destin tragique de Louis XVI et de la rupture du lien du pays avec la monarchie en janvier 1793, la France se cherche entre Révolution et République dans ces mois d'automne-hiver 1792-1793 : c'est là que se trouve le coeur du livre. (Jean-Clément Martin)

  • L'apparition d'un fantôme à un maréchal-ferrant de Salon-de-Provence conduit celui-ci à gagner la cour de Versailles pour porter au roi un message qui demeurera secret : ce mystère historique sert à l'auteur d'observatoire pour étudier les hommes, modestes ou puissants, du temps de Louis XIV, le dialogue entre la raison et l'imagination, le jeu du pouvoir et de la religion. Dans une première partie, cet ouvrage montre comment l'événement a passionné l'opinion publique en France et en Europe. La deuxième partie est consacrée à la réaction officielle, replacée dans le sillage du prophétisme mais aussi dans le contexte de ce temps de crises, où la fiscalité et les querelles religieuses pèsent lourd. Une troisième partie permet de suivre toutes les lectures de cette étrange historiette au fil du temps jusqu'à nos jours. Ainsi, la visite d'un modeste artisan à la cour de Versailles offre une vue panoramique des croyances et des convictions, des réalités politiques et des réactions sociales en cette fin du XVIIe siècle, et invite à voyager à travers le temps pour voir comment chaque génération a pu ensuite réinterpréter ce singulier épisode.

  • L'univers est gouverné par une loi générale de la putréfaction. Dieu, les anges et toutes les créatures naissent du chaos, comme les vers apparaissent à la surface du fromage. Nous sommes des dieux, et tout est Dieu : le ciel, la terre, l'air, la mer, les abîmes et l'enfer...
    Tel est le credo qu'un certain Menocchio, meunier du Frioul dans l'Italie du XVIe siècle, eut à défendre devant le Saint-Office avant de périr sur le bûcher. Lecteur infatigable, exégète à ses heures, hérétique malgré lui, il s'était constitué une bibliothèque au hasard des rencontres, hors de toute discipline culturelle, prélevant librement dans les textes, élaborant sa propre vision du monde.
    Avec cette étude magistrale, devenue un classique de l'historiographie, Carlo Ginzburg inventait la micro-histoire et renouvelait la connaissance d'un monde resté longtemps mystérieux, celui de la culture populaire.

  • - 50%

    D'une enfance dorée aux sombres années du règne espagnol : un roman tragique.Le sort de Marie-Louise d'Orléans (1662-1689), fille de Philippe d'Orléans, donc nièce de Louis XIV, et première épouse du roi Charles II d'Espagne, a de quoi nourrir l'imaginaire romantique. Tous les éléments sont réunis pour en faire une héroïne tragique : la naissance princière, l'enfance dans une cour enchantée, le mariage forcé, l'époux horriblement contrefait, la belle-mère hostile, la mort subite (due à un empoisonnement ?) et, à l'arrière-plan, des soupçons de galanterie et même de sorcellerie, à l'ombre de la plus puissante des légendes noires, celle de l'Inquisition espagnole. Son histoire est le drame d'une princesse qui, comme tant de ses semblables, n'est qu'un outil de la politique internationale : elle doit quitter sa famille et son pays pour épouser un homme inconnu, vivre dans une cour étrangère et se consacrer corps et âme à son royaume d'adoption - de surcroît rongée par l'obsession d'une maternité impossible. Mais Marie-Louise ne parviendra jamais à se détacher véritablement de sa patrie et de sa famille. L'Espagne lui demeure étrangère : elle a la faiblesse de le laisser voir à ses sujets, on ne le lui pardonnera pas. Pourtant, si mal aimée de son vivant, elle finira par être regrettée, autant de la population que de son mari, qui évoquera plus d'une fois, avec nostalgie, sa beauté et sa grâce.

  • - 53%

    Le dernier grand roi d'Espagne.
    Rarement autant que Philippe II d'Espagne (1527-1598) un souverain de l'époque moderne n'a souffert d'une image si durablement négative. Les réalisations effectives de son règne en ont parfois été négligées, tout comme l'environnement culturel, politique ou religieux dont il était le produit et qui s'imposait à lui.
    L'héritage que lui lègue son père, Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique, est un cadeau empoisonné : s'il ne parvient pas à recueillir la dignité impériale, il se trouve malgré tout placé à la tête d'une gigantesque " monarchie composée ". Celle-ci fait de lui le souverain d'entités politiques disposant chacune de droits particuliers, territoires souvent sans continuité géographique les uns avec les autres. La configuration d'un tel ensemble rend délicats son gouvernement et sa conservation. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, un empire dispose d'une dimension véritablement mondiale. Il n'était pas forcément écrit que la présence de l'Espagne en Amérique ou en Asie serait pérenne. Autre évolution géopolitique majeure, l'expansion ottomane qui menace l'Europe chrétienne. Philippe II est également confronté au plus grand schisme de l'Eglise chrétienne d'Occident, la réforme protestante. La seconde moitié du règne est enfin marquée par l'émergence d'une nouvelle puissance maritime agressive, l'Angleterre. Il faut ajouter à cela ce que Geoffrey Parker appelle la " révolution militaire ", qui débute au XVIe siècle. Faire la guerre devient beaucoup plus onéreux, du fait de nombreuses évolutions techniques. Plus que jamais, il est nécessaire pour un souverain de maîtriser des mécanismes financiers complexes s'il veut asseoir sa suprématie.
    Le présent ouvrage suit Philippe II confronté à ces formidables défis, en tentant de nuancer certains des lieux communs attachés à sa personne. Si on lui prête d'avoir laissé guider sa politique par un fanatisme religieux, les décisions implacables qu'il prend sont davantage inspirées par une " raison d'Etat " à laquelle il se voue sans limites. En dépit d'une foi intense qui a pu lui valoir à juste titre le qualificatif de " roi prêtre ", il instrumentalise bien souvent cette religion pour la mettre au service des intérêts de sa dynastie. La " monarchie catholique " est un empire expansionniste qui ne dit pas son nom. Présenter Philippe II comme un souverain " absolutiste " serait également anachronique. En revanche, il se dégage de cette biographie novatrice la figure d'un personnage animé d'une forme de misanthropie, de mépris pour ses semblables, qui, s'accusant avec les années, est responsable en bonne partie des grands échecs de la dernière décennie du règne, en particulier la défaite de "l'invincible armada".

  • Banquiers, maîtres de Florence, papes, humanistes et mécènes, les Médicis ont incarné la Renaissance italienne. Du XIVe au XVIIIe siècle, ils ont été des acteurs majeurs de l'échiquier politique européen.
    De Cosme l'Ancien à Laurent le Magnifique et Cosme Ier, premier grand-duc de Toscane, l'ascension des Médicis a été exceptionnelle : ils ont marié leurs filles à des rois, ont prêté de l'argent aux monarques, sont devenus papes et ont été au coeur des grands courants sociaux, culturels et politiques de leur temps. Rois sans couronne, ils ont été les maîtres de la République de Florence.
    Encourageant et subventionnant les génies naissants, la Renaissance toscane a rayonné grâce à eux du plus magnifique éclat.
    De la Florence de Dante à la veille de la Révolution française, Marcel Brion fait revivre les passionnants destins de cette captivante lignée.

  • L'Ancien Régime n'a pas existé. Ou du moins n'a-t-il existé qu'après coup, aux yeux des Constituants de 1790, qui n'avaient à l'esprit que les dernières vicissitudes du gouvernement.
    En réalité, la monarchie de Louis XVI avait peu à voir avec celle de Louis XII. À travers deux ou trois siècles de bouleversements, le pouvoir avait évolué d'un royaume féodal à l'administration centralisée et autoritaire du XVIIIe siècle.
    Yves-Marie Bercé évoque la nature exacte de ces gouvernements. Il dépasse le court terme de la rupture révolutionnaire et présente la France des rois, ses rites, son système de valeurs, la vie quotidienne et celle de ses institutions, dans leurs constantes évolutions.

  • La Révolution hors des sentiers battus.Ce qui est postulé dans cette nouvelle manière de considérer la Révolution est que rien n'a été énigmatique, ni l'éclatement des événements, ni l'usage de la " terreur ", ni les atrocités en Vendée ou l'entrée dans des guerres de conquête. Tout s'explique par les rapports de forces entre factions et partis antagonistes, mais aussi par les résonances, parfois imprévues, des " journées " ou des batailles. Se dessine ainsi l'itinéraire d'une aventure collective qui s'engage dans une entreprise de régénération et qui se transforme peu à peu, sous l'effet des conflits et des rivalités, en une authentique révolution voulant créer un monde nouveau. Les contraintes imposées par une guerre inexpiable, où la défaite signifiait la disparition de la nation, radicalisèrent les choix au point de changer la nature même de la Révolution, de diviser entre eux ses partisans et de la faire évoluer, chaotiquement, entre coups d'Etat et révolutions de palais. Si bien qu'en définitive, tout s'acheva lorsqu'en rétablissant la paix un général ambitieux imposa aussi un nouveau régime.

  • Comment l'élan démocratique de 1789 a-t-il pu donner naissance à la violence terroriste de 1793 ? Cette question obsédait déjà les contemporains, qui y voyaient non seulement un défi politique et une épreuve morale mais aussi un scandale logique. " Ce qui sera à jamais incompréhensible, c'est le contraste inouï de nos principes et de nos folies ", écrit le révolutionnaire Dominique-Joseph Garat dès 1795.
    Timothy Tackett n'instruit pas le procès de la Révolution, il décrit le processus révolutionnaire. Dans un livre très neuf, s'appuyant sur les correspondances, pour la plupart inédites des acteurs des journées révolutionnaires, le grand historien américain restitue le sens des événements et des engagements, au plus près de la manière dont ils furent vécus, et des émotions politiques qui s'y exprimèrent. Après avoir expliqué dans Par la volonté du peuple (1997) comment l'on devenait révolutionnaire, l'auteur montre ici avec brio comment l'on peut devenir terroriste.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Serge Chassagne
    Professeur à l'université de Californie, Timothy Tackett est spécialiste de la Révolution française. Plusieurs de ses livres ont été traduits en français, dont Par la volonté du peuple. Comment les députés de 1789 sont devenus révolutionnaires (Albin Michel, 1997) et Le roi s'enfuit. Varennes et l'origine de la Terreur (La Découverte, 2004 et 2007).

  • Rien ne prédestinait Henri de Navarre à devenir Henri  IV roi de France. Et pourtant...
    Le mardi 22 mars 1594, à l'aube, Henri IV pénétra enfin dans Paris l'insoumise. Entrant au Louvre, il dit à son guide: «Monsieur le Chancelier, dois-je croire que je sois là où je suis? - Sire, je crois que vous n'en doutez point. - Je ne sais, dit le roi, car tant plus j'y pense, et plus je m'en étonne. Car je trouve qu'il n'y a rien de l'homme en tout ceci: c'est une oeuvre de Dieu extraordinaire, voire des plus grandes.»
    Le trône de France était bien pourvu en héritiers et l'adhésion de Henri de Navarre à la Réforme le disqualifiait. Il lui fallut pour y parvenir trente ans et une hécatombe. Son itinéraire est jonché de  morts, par la guerre ou la maladie. Il en émerge les mains pures, sans une égratignure. Une chance? Mais pour les chrétiens d'alors, tout ce qui advient est dû à la Providence, dont ils sont les agents obligés. Henri, d'une intelligence hors pair, se crut voué par elle à une mission : rétablir la concorde dans un pays déchiré par les guerres de religion.
    S'est-il contenté des cadeaux que lui valait l'élection divine ou a-t-il contribué au succès? Un récit fidèle à l'histoire -  mais aussi palpitant qu'un  roman - retrace au fil du temps son parcours tumultueux. Toute une époque revit, dans sa singularité. Quant au héros, il sort de l'aventure rebelle aux normes, mais pleinement homme et chargé de secrets.
    Dans ce livre, qui complète une série de biographies  où voisinent  Le Cardinal de Retz,  Mazarin  et  Marie-Antoinette, Simone Bertière déploie à nouveau son talent de conteuse, rendant clair ce qui est compliqué, redonnant vie aux personnages, restituant le climat des temps anciens. Bref, faisant du lecteur un complice pour un plaisir partagé.
     

  • Notre monde devient chaque jour plus global et, pourtant, il n'est pas doté d'une langue universelle. Traduire est donc une nécessité pour que les destins partagés ne soient pas, en réalité, des histoires cloisonnées. L'étude des traductions permet de dissiper les illusions anachroniques qui oublient la très grande inégalité entre les langues qui sont traduites et celles qui traduisent. Elle met en lumière les translations des modèles esthétiques et des normes culturelles. Elle s'écrit dans la tension entre l'hospitalité langagière, qui accueille l'autre, et la violence qui le prive de ses propres mots.

    Or cette étude peut être menée à plusieurs échelles. Dans ce livre voué à la première modernité, entre XVIe et XVIIe siècle, est d'abord privilégiée celle qui s'attache aux mots : ainsi, les premiers vers du monologue d'Hamlet dans les traductions françaises et espagnoles du XVIIIe siècle, ou encore les différentes traductions du mot qu'emploie Aristote pour désigner les « preuves » qu'il tient pour essentielles dans l'art rhétorique.

    Cependant les processus de traduction ne se limitent pas au passage des textes d'une langue dans une autre. Ils s'emparent également des oeuvres dont la langue n'est pas changée mais qui sont transformées par les formes de leur publication. C'est en ce sens que l'édition peut être considérée comme une modalité de la « traduction ». En donnant aux « mêmes » oeuvres, dans une même langue, des textes qui différent dans leur littéralité et leur matérialité, les éditions successives produisent des publics, des usages et des sens nouveaux.
    Comment comprendre la relation qui lie les oeuvres et leurs textes ? Les oeuvres paraissent défier le temps et demeurer toujours identiques à elles-mêmes. Pourtant, disséminées dans de multiples textes, elles ont migré entre la voix et l'écrit, entre différents modes de publication, entre les genres et les langues. En nouant traduction et édition, ce livre se veut une contribution à l'étude de la mobilité des écrits et de leurs significations.

empty