• Les mains du miracle

    Joseph Kessel

    À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Felix Kersten est spécialisé dans les massages thérapeutiques. Parmi sa clientèle huppée figurent les grands d'Europe. Pris entre les principes qui constituent les fondements de sa profession et ses convictions, le docteur Kersten consent à examiner Himmler, le puissant chef de la Gestapo. Affligé d'intolérables douleurs d'estomac, celui-ci en fait bientôt son médecin personnel. C'est le début d'une étonnante lutte, Felix Kersten utilisant la confiance du fanatique bourreau pour arracher des milliers de victimes à l'enfer.
    Joseph Kessel nous raconte l'incroyable histoire du docteur Kersten et lève le voile sur un épisode méconnu du XXe siècle.

  • Brève histoire de la Russie : comment le plus grand pays du monde s'est inventé Nouv.

    De quelle Russie Poutine est-il le maître ? Pour unifier ce peuple pluriel conquis tour à tour par les Vikings et les Mongols, sans véritable frontière naturelle, aussi européen qu'asiatique, la Russie a fait de ses multiples influences son identité propre, quitte à en forger les légendes.
    Mais, en jouant de ce passé, elle s'est enfermée et contrainte dans ses rapports au monde extérieur. Telle est la thèse de Mark Galeotti qui, tout en relatant avec brio son histoire en quelques chapitres enlevés, nous donne les clés pour comprendre ce pays-continent. Une réflexion passionnante et jamais coupée de l'actuelle Russie.

  • L'histoire des ducs de Bourgogne est une véritable aventure militaire, politique et artistique, qui relève autant du conte de fées que d'un Game of Thrones. La raconter est un joli défi dont Bart Van Loo s'est emparé et qui nous entraîne sur les routes médiévales, de la Scandinavie des Burgondes à Dijon, en passant par Bruxelles, Gand, Bruges et Lille.
    D'une plume enjouée et érudite, Bart Van Loo fait revivre avec passion ces grands ducs téméraires et ambitieux, dont la puissance et la splendeur firent l'admiration et l'envie
    de toute l'Europe et surtout de Paris. À leur apogée, les ducs voyageaient de Mâcon à Amsterdam sans passer une seule frontière. Ils unifièrent d'immenses territoires, dont la partie septentrionale devint le berceau de la Belgique et des Pays-Bas. De cette époque glorieuse, il reste désormais les témoignages d'artistes de génie tels Claus Sluter, Rogier Van der Weyden ou encore Jan Van Eyck, dont les oeuvres ont laissé à jamais l'empreinte de cette prestigieuse famille sur le patrimoine français.

  • À 72 ans, le Prince Charles se prépare à monter sur le trône. Avec toute la patience qu'on lui connaît. Mais qui donc se cache derrière ses sourires diplomatiques et ses apparitions médiatisées ? La première biographie française consacrée au prince Charles depuis 25 ans. C'est un homme qui attend dans l'antichambre, mais la porte n'est pas encore ouverte. Patienter toute une vie doit sembler long. Mais Charles paraît ne jamais s'ennuyer.
    Le prince de Galles préside quatre cents organisations charitables, affiche un sourire aimable et offre un mot gentil à chacun. Son apprentissage de futur roi relève de la formation permanente. Il voyage, serre des mains, coupe des rubans. Sérieux en public, facé- tieux en privé, il travaille, peint des aquarelles, cultive ses lubies et ses jardins, s'intéresse aux religions d'autrui, et le climat l'inquiète.
    Enfant, il a connu tous les chagrins. Jeune homme, il a gouté tous les plaisirs. Le polo, les jeunes filles, l'Aston Martin décapotable, les études, Shakespeare, apprendre le gallois et jouer du violon- celle, flirter, porter l'uniforme, des kilts écossais et des costumes sur mesure.
    Ce dandy a cherché l'amour, chose compliquée. Il l'a finalement trouvé avec une certaine Camilla Shand, mais on lui conseilla Diana. Leur union fut un désastre.
    Né en 1948, Charles a son idée sur l'architecture, l'agriculture bio, la médecine douce et l'économie circulaire. Il agace les experts, mais cet antimoderne fut en avance sur son temps avec l'écologie et le changement climatique. Enquête sur un grand enfant bientôt roi, qui cultive sa part de mystère.

  • Après l'accumulation d'horreurs de la première moitié du XXe siècle qui avaient conduit " l'Europe en enfer ", les années 1950 à 2018 apportèrent la paix et une prospérité relative à la majeure partie de l'Europe. D'immenses progrès économiques transformèrent le continent. Le souvenir des guerres mondiales s'éloigna peu à peu, même si leur ombre a continué de planer sur les esprits.
    L'Europe était désormais un continent divisé, vivant sous une menace nucléaire, qui prit parfois des contours terrifiants. Ses habitants perdirent la maîtrise de leur destin, dicté par la guerre froide qui opposait les États-Unis et l'URSS, et se trouvèrent " précipités " dans une série de crises qui menaçaient de les faire basculer dans la catastrophe. Il y eut des succès éclatants : la dissolution du bloc soviétique, la disparition des dictatures et la réunification de l'Allemagne. L'accélération de la mondialisation, la dérégulation financière, la naissance d'un monde multipolaire, la révolution des technologies de l'information ont produit de nouvelles fragilités. L'enchevêtrement de crises qui ont suivi 2008 a été l'avertissement le plus clair adressé aux Européens : la paix et la stabilité ne sont aucunement garanties et le continent pourrait bien connaître de nouvelles fractures. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère d'incertitudes.
    Dans ce livre remarquable, Ian Kershaw brosse un ample tableau du monde dans lequel nous vivons. Puisant ses exemples à travers tout le continent, Des temps d'incertitudes / L'Age global éclaire puissamment l'histoire du temps présent et jette un regard prudent sur notre futur.
    Ian Kershaw est l'auteur d'une monumentale biographie de Hitler (Flammarion, 2000 et 2001) et a publié au Seuil : Choix fatidiques. Dix décisions qui ont changé le monde (2009, " Points Histoire ", 2012), La Fin, Allemagne 1944-1945 (2012, " Points Histoire ", 2014), et L'Europe en enfer, 1914-1949 (2016, " Points Histoire ", 2018).

  • Loin des clichés, l'histoire d'un pays "phare" de l'Europe.
    Patrie de la flamboyante impératrice Sissi et du compositeur de génie Mozart, l'Autriche est un pays qui fait rêver. Mais quelle réalité se cache derrière les robes de bal tournoyantes et les délicieux cafés viennois, ces belles images d'Épinal que nous connaissons tous ? Car si l'extraordinaire richesse culturelle de l'Autriche attire et séduit, le rôle qu'elle a joué dans l'histoire de l'Europe est trop souvent méconnu. Ce petit pays de quelques millions d'habitants a autrefois porté l'empire de Charles Quint, et fut le théâtre privilégié des luttes religieuses et politiques qui ont façonné l'Europe moderne. De grands souverains s'y sont succédé, tels Léopold Ier, le rival de Louis XIV, Marie-Térèse, qui tint tête à Frédéric de Prusse, ou encore l'empereur François-Joseph, dont le long règne de soixante-huit ans fut parmi les plus populaires. Objet de terribles convoitises, l'Autriche joua également un rôle crucial dans le déclenchement des grands conflits mondiaux du XXe siècle.
    De la prise de pouvoir par la maison de Babenberg au Xe siècle aux crises identitaires des années 2000, en passant par l'Anschluss qui poussa à l'exil de nombreux artistes et intellectuels - dont Stefan Zweig et Sigmund Freud -, Hélène de Lauzun, jeune historienne passionnée et passionnante, nous offre une remarquable synthèse qui nous plonge au coeur de l'histoire d'un pays fascinant, carrefour de la civilisation européenne.

  • Peu de régions auront autant que l'Andalousie sollicité l'imagination et le rêve. Peut-être même est-elle la région d'Europe où les vérités et les légendes ont fait le plus de ravages dans les esprits parfois les plus éminents.
    On a fini par attribuer à toute l'Espagne certains de ses traits : les patios, le fl amenco, Carmen, les gitans, les courses de taureaux, l'architecture hispano-mauresque, la fi ction d'un lieu où chrétiens, juifs et musulmans auraient vécu en harmonie au Moyen Âge... Paré des charmes exotiques d'un Orient lui aussi fabriqué, ce pays attachant, étranger à l'Europe et quasi africain, est une invention, l'envers de la « légende noire » de l'Espagne, des écrivains romantiques français et anglais, ce qui n'a pas empêché le national-catholicisme franquiste, avec son rejet des Lumières et du monde moderne, d'entretenir à sa façon ce même cliché d'un
    paradis perdu. Aujourd'hui encore, la nostalgie d'une Andalousie supposée « communautariste » ne manque pas de rencontrer quelques échos.
    L'histoire réelle, elle, nous raconte que les délimitations ne remontent pas au-delà du XIXe siècle et qu'il est difficile de soutenir que l'Andalousie ait jamais connu l'unité. Le passé s'y articule autour de trois pôles, Grenade, Cordoue et Séville (mais pas Cadix, ville moderne qui se prête mal à l'exotisme...), aux destins bien différenciés. Quant à faire de la conversion/expulsion des juifs et plus tard des morisques l'épisode le plus signifi catif de la politique intolérante de la monarchie espagnole, c'est commettre un anachronisme
    que la recherche historique la plus récente a mis en évidence.

  • « Messieurs, l'Angleterre est une île, et je devrais m'arrêter là » : cette phrase, par laquelle le politologue André Siegfried ouvrait en Sorbonne son cours d'histoire des îles Britanniques, est, au fil des décennies, entrée dans la légende. C'est que l'Angleterre ne cesse, depuis toujours, de fasciner les Français, qu'ils voient en elle un pays au charme un peu désuet, incapable d'oublier complètement sa grandeur victorienne, ou bien, à l'inverse, le royaume de la libre entreprise, où viennent s'installer de plus en plus de jeunes « décideurs » du continent. Mythes séduisants, qui recouvrent évidemment une réalité plus complexe.

    Pour la cerner, plongeons dans le récit de ces deux millénaires d'histoire, depuis la conquête romaine à nos jours, en passant par l'époque saxonne, les déchirements religieux, l'hégémonie coloniale ou encore l'affirmation d'une puissance mondiale jusqu'à l'accord du Brexit, conclu durant la crise de la Covid-19.
    Un récit non exhaustif, bien entendu, mais qui vise à faire apparaître les moments phares et les lignes de force d'un passé vivace, qui donne les clés pour comprendre le présent.

  • Jean-François Dunyach retrace l'histoire générale de l'ensemble de l'île de Grande-Bretagne, de sa formation géologique jusqu'au Brexit de 2020 et la rupture effective d'avec l'Union européenne. Embrassant un vaste panorama, il retient les dates et les événements les plus communément admis pour en donner un tableau le plus accessible possible. À la lumière de l'actualité, l'accent est évidemment mis sur la dimension européenne de cette histoire, afin d'offrir une mise en perspective et une meilleure compréhension des enjeux contemporains. Mais par-delà, la question se pose : comment une quasi-presqu'île de l'Europe est-elle un jour devenue le plus vaste empire de l'histoire, dont le Commonwealth est aujourd'hui l'héritage ?

  • De la fin du Saint-Empire à nos jours, l'histoire de l'Allemagne revisitée.Cette histoire globale de l'Allemagne s'articule autour des grandes césures politiques de son histoire. Elle commence en 1871, avec la création du Kaisereich qui réalise son unité politique : l'Allemagne devient un empire, forgé entre 1850 et 1870, en un enchaînement funeste grâce aux guerres d'unification voulues par Bismarck en 1864, 1866 et 1870. Suit l'affermissement de sa puissance économique par ses révolutions industrielles. Viendront ensuite, la Première Guerre mondiale et le diktat du traité de Versailles, la République de Weimar, l'arrivée d'Hitler et son accession au pouvoir avec le NSDAP, le glissement et l'infiltration de l'idéologie nazie au coeur de la nation, la Seconde Guerre mondiale, les camps d'extermination, la défaite, le partage du pays entre RDA et RFA mais aussi ce formidable moment d'histoire, qui dépasse le cadre de la seule Allemagne,qu'est la réunification en octobre 1990.
    Tenant compte des dernières recherches historiographiques, Marie-Bénédicte Vincent relève le défi de faire comprendre cette histoire à la fois riche et douloureuse au moyen d'une grande synthèse. Retraçant de manière concise l'évolution de l'Allemagne depuis le XIXe, elle insiste notamment sur les échanges, les circulations qui traversent les frontières politiques tout en analysant les courants idéologiques, politiques et culturels. Un futur classique.

  • Une synthèse globale par un spécialiste incontesté.On connaît la sentence de Churchill : " La Russie est un rébus enveloppé de mystère au sein d'une énigme. " Son histoire résulte d'une longue construction de plus d'un millénaire, élaborée sous deux dynasties, celles des Riourikides et des Romanov, avant un XXe siècle placé sous l'égide de la " grande révolution d'Octobre ". Cette dernière va générer un projet sociétal, à l'échelle mondiale, prétendant construire une société plus juste, socialiste, et capable de rivaliser avec le monde capitaliste occidental. Jean-Pierre Arrignon, étudiant aussi bien les événements politiques, économiques, militaires, artistiques et culturels qu'architecturaux, décrit avec passion les spécificités de l'édification de ce pays-continent qui, à travers les siècles, a traversé les pires épreuves et a toujours su se reconstruire. Considérant la Russie comme la fille aînée de Constantinople, il rend toute sa place à une dynamique culturelle fondatrice d'une civilisation dont l'Église orthodoxe est l'un des piliers - et la langue russe le cicérone. À travers cette vaste fresque, il s'attache à ce que l'on comprenne la Russie avant de la juger - elle qui reste en effet mal connue et souvent critiquée. À ce que l'on apprenne, aussi, à apprécier ses inépuisables richesses.
    Une somme brillante et enlevée, qui fera date.

  • L'émergence et le déclin de l'hyperpuissance hispanique demeurent l'un des phénomènes les plus spectaculaires de l'Histoire. De l'union de la Castille avec l'Aragon à la fin du xve siècle à l'échec de l'Invincible Armada devant l'Angleterre, quatre souverains ont gouverné un pays qui a été engagé sur tous les fronts : en Méditerranée face à l'Empire ottoman et aux Barbaresques, en Europe du Nord face aux Pays-Bas révoltés et aux princes du Saint Empire passés à la Réforme. Des villes aussi diverses que Tunis et Oran, Bruxelles et La Haye, Naples, Lisbonne et Vienne ont été régies par les souverains de la péninsule. La défense de la foi catholique a conduit ceux-ci à intervenir dans les affaires françaises et anglaises, à se faire l'âme de coalitions victorieuses à Pavie, à Lépante, à Malte, à Mühlberg, à Saint-Quentin... Pourtant, les incessantes luttes guerrières menées par les Rois Catholiques (Isabelle et Ferdinand), Charles Quint et Philippe II aux quatre coins de l'Europe n'ont pas suffi à bâtir une puissance durable. Supportées par la seule Castille ou presque, les guerres ont littéralement épuisé les populations et les finances de l'Espagne - l'or et l'argent américains eux-mêmes n'ont pas permis d'inverser la tendance. La majestueuse synthèse de Michèle Escamilla sur ce siècle d'or, sans précédent ni équivalent (y compris en langue castillane), se déploie à travers l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Elle fait apparaître d'exceptionnelles figures de rois et de reines, de guerriers, de saints, de poètes. Elle nous révèle l'une des pages les plus riches, les plus glorieuses, les plus colorées, parfois les plus pathétiques de l'Histoire.

  • Mussolini aurait inventé la retraite pour tous et donné un toit à chaque Italien, tout en redressant l'économie du pays. Défenseur de la justice et féministe dans l'âme, il aurait finalement été un grand dirigeant et un « bon » dictateur, quasi humaniste. C'est en tout cas l'image que continuent de véhiculer une partie de la presse italienne et les nationalistes : le fascisme avait ses bons côtés.
    À l'heure où le populisme gagne du terrain partout en Europe, il était temps de rétablir la vérité. Jeune historien à la plume aiguisée, Francesco Filippi s'attaque à tous les mythes entourant le fascisme, décryptant les lois de l'époque et dénonçant une à une les affabulations nées de la propagande.
    Un manuel d'autodéfense pour en finir avec les raccourcis de la pensée actuelle, un passé fantasmé qui crédite le régime fasciste de réalisations sociales et économiques bénéfiques à l'Italie qui, dans les faits, sont inexistantes.

  • Russie et communisme sont-ils accidentellement liés ? L'histoire de l'Union soviétique doit-elle être traitée indépendamment de l'histoire russe ? Est-elle l'histoire d'un peuple ou celle d'un régime et de ses dirigeants ?
    Ce manuel, brossant un panorama complet des trois quarts de siècle qu'a duré l'Union soviétique, se propose de restituer, au-delà des clivages idéologiques et des dogmatismes, l'histoire de la Russie au XXe siècle. Profitant des nouvelles connaissances mises au jour par l'ouverture des archives de l'Union aux historiens, il dévoile les rouages de relations de pouvoir plus complexes qu'on ne le croit. Mais, surtout, il montre que faire l'histoire de l'Union soviétique, c'est aussi éclairer la vie d'un peuple partagé entre adhésion et résistance passive. En somme, il révèle un moment essentiel de l'histoire millénaire de la Russie.
    2e édition

  • La Russie de ce début du XXIe siècle mène quatre combats.
    Le premier est territorial. En Ukraine, en Géorgie, en Syrie, dans l'Arctique, le néo-impérialisme russe y projette sa puissance militaire et son savoir-faire diplomatique.
    Le deuxième est symbolique. La forteresse du Kremlin, les missiles nucléaires, les défi lés militaires et un patriotisme kitsch incarnent la création de cette nouvelle identité.
    Le troisième est « biopolitique ». Il cible la sphère privée des citoyens. L'orientation sexuelle, le rapport à la religion et à l'éducation, les contacts avec l'étranger, deviennent des enjeux publics.
    Le quatrième est mémoriel. Il réhabilite Staline et refuse les traumatismes du passé. L'Histoire devient le réceptacle des rêves d'une grandeur révolue.
    À l'apogée du règne de Vladimir Poutine, Sergueï Medvedev nous livre une analyse lucide de la situation de la Russie et du futur qu'elle nous réserve.
    Sergueï Medvedev est né en 1966. Historien spécialiste de la période postsoviétique, son travail s'enrichit des apports de la sociologie, de la géographie et de l'anthropologie de la culture.

  • Une synthèse vivante et novatrice sur l'affrontement franco-allemand de 1870-1871.Si les images de la guerre de 1870-1871 ont fortement imprimées les consciences, la réalité et les enjeux de ce conflit demeurent méconnus. Pour éclairer cette matrice des affrontements franco-allemands consécutifs, Alain Gouttman a réouvert tous les dossiers : les circonstances du déclenchement du conflit, le déroulement des opérations jusqu'aux capitulations de Sedan, Metz et Paris, les raisons de la suprématie militaire allemande, la Commune de Paris et la réaction versaillaise... Se faisant, l'auteur resserre les liens qui unissent des événements trop souvent étudiés de manière disparate et propose une vision totale du conflit.

  • Europe

    Richard Werly

    • Nevicata
    • 19 Octobre 2020

    L'Union européenne est en péril et le lecteur trouvera des réponses sur la déchirure du drapeau dans cet ouvrage...
    Le drapeau bleu étoilé de l'Union européenne est déchiré. Le divorce chaotique avec le Royaume-Uni, puis le coup de massue de la pandémie ont fait entrer cette communauté d'États unique au monde dans une période de turbulences dont l'issue peut encore être fatale au rêve européen. Laisser s'éteindre les étoiles d'une Union, forgée à partir des années 1950 pour sortir de l'engrenage des guerres et des rivalités mortelles, serait la pire des renonciations.
    Ce petit livre n'est pas un guide. Il ne prétend pas dire tout sur le processus qui a conduit à l'Union européenne d'aujourd'hui. Mais il est une flamme que nous voulons entretenir. Il souffle sur les braises d'un dessein européen qui doit impérativement renaître.
    Pourquoi ces déchirures dans le drapeau ? Pourquoi ce ressentiment contre « Bruxelles » alors que l'adhésion au projet européen demeure massive et réelle ? Le besoin d'Europe exige un droit d'inventaire. Le voici. Parce que pour convaincre les peuples, il faut d'abord - et toujours - s'efforcer de les comprendre.
    Un grand récit suivi d'entretiens avec Béatrice Giblin, Ivan Krastev, Mark Mazower, Alain Lamassoure et Paolo Rumiz.
    Ce témoignage et ces entretiens permettront au lecteur de comprendre le destin de l'Europe ! Parce que pour connaître les peuples, il faut d'abord les comprendre...
    À PROPOS DES AUTEURS
    André Gattolin est sénateur français (LREM) du département des Hauts de Seine, vice-président de la Commission des Affaires européennes du Sénat.
    Richard Werly>/b> est le correspondant pour les Affaires européennes du quotidien suisse Le Temps. Il a créé et dirige la collection L'âme des peuples.

  • Quand une armée s'identifie à un pays. Depuis sa naissance, " l'armée a été, pour les Italiens, l'interprète d'un sentiment national commun, facteur de cohésion et exemple permanent d'une détermination tenace et généreuse ". C'est ainsi que, dans son discours aux soldats du 4 mai 2011 à Turin, le président de la République italienne, Giorgio Napoletano, soulignait la connexion du fait militaire et du fait politique dans le processus de
    nation building que son pays avait connu depuis cent cinquante ans. La création de l'armée, le 4 mai 1861, est en effet contemporaine de l'unification du pays sous la férule du Piémont et la proclamation du royaume d'Italie, le 17 mars.
    Un peu plus de cent cinquante ans plus tard, les forces armées sont déployées dans les Balkans, au Proche- et au Moyen-Orient, en Asie centrale, en Afrique du Nord, centrale et orientale, dans l'espace méditerranéen. Elles ont su surmonter une kyrielle de guerres éprouvantes - nationales, coloniales, mondiales, civiles... Elles ont également dû s'adapter à la monarchie, au fascisme et à la République, après avoir subi des défaites et des débâcles importantes, mais aussi remporté des victoires.
    S'appuyant sur une vaste bibliographie d'origine et sur une quantité considérable d'archives civiles et militaires, l'auteur décrit dans le détail la montée en puissance de l'armée italienne par étapes successives, et montre comment et à quel point elle incarne depuis sa création les vicissitudes de l'histoire de l'Italie - jusqu'à faire corps avec elle. Un livre magistral.

  • L'invasion arabo-musulmane de l'Espagne wisigothique, initiée en 711 pour culminer en 719 avec la conquête de la Gaule narbonnaise, a été l'événement aux conséquences les plus considérables de l'histoire d'Espagne.On oublie souvent que, pendant des siècles, la majeure partie de la population fidèle à la religion chrétienne et la minorité juive ont été soumises à un régime de très forte discrimination. Celui-ci reposait sur la ségrégation sociale, l'absence de liberté religieuse, l'exploitation économique et fiscale, l'immersion culturelle et, en cas de protestation ou de révolte, sur la plus sévère répression. La dureté de ce régime s'est accentuée au fil du temps et a fini par provoquer, dès le XIIe siècle, la complète disparition des communautés chrétiennes et juives d'al-Andalus.Ce livre offre une vision complète de la situation de ces chrétiens espagnols, appelés mozarabes, unique peuple européen médiéval à avoir vécu pendant tant de générations sous la rigueur de la dhimma. Il permet de mieux faire connaître la réalité de leur vie, loin des rêves et falsifications intéressées qui alimentent le mythe de la convivialité pacifique entre cultures et religions construit en marge de la vérité de l'histoire.
    Rafael Sánchez Saus est professeur d'histoire médiévale à l'université de Cadiz. Auteur d'une douzaine d'ouvrages, il est considéré comme l'un des meilleurs spécialistes de la frontière entre maures et chrétiens dans l'Espagne médiévale.

  • Ouvrage couronné par l'Académie françaiseMais où sont passés les Indo-Européens ? On les a vus passer par ici, depuis les steppes de Russie, ou par là, depuis celles de Turquie. Certains les ont même vus venir du Grand Nord. Mais qui sont les Indo-Européens ? Nos ancêtres, en principe, à nous les Européens, un petit peuple conquérant qui, il y a des millénaires, aurait pris le contrôle de l'Europe et d'une partie de l'Asie jusqu'à l'Iran et l'Inde, partout où, aujourd'hui, on parle des langues indo-européennes (langues romanes comme le français, slaves comme le russe, germaniques comme l'allemand, et aussi indiennes, iraniennes, celtiques, baltes, sans compter l'arménien, l'albanais ou le grec). Et depuis que les Européens ont pris possession d'une grande partie du globe, c'est presque partout que l'on parle des langues indo-européennes - sauf là où règne l'arabe ou le chinois.Mais les Indo-Européens ont-ils vraiment existé ? Est-ce une vérité scientifique, ou au contraire un mythe d'origine, celui des Européens, qui les dispenserait de devoir emprunter le leur aux Juifs, à la Bible ?Jean-Paul Demoule propose dans ce livre iconoclaste de s'attaquer à la racine du mythe, à sa construction obligée, à ses détournements aussi, comme la sinistre idéologie aryenne du nazisme, qui vit encore. Il montre que l'archéologie la plus moderne ne valide aucune des hypothèses proposées sur les routes de ces invasions présumées, pas plus que les données les plus récentes de la linguistique, de la biologie ou de la mythologie. Pour expliquer les ressemblances entre ces langues, d'autres modèles restent à construire, bien plus complexes, mais infiniment plus intéressants.Pour aller plus loin : jeanpauldemoule.com

  • Baptisé « Terre de glace » par les Vikings qui le colonisèrent vers 874, ce territoire isolé, aussi splendide qu'imprévisible, fascine.

    Dès le Xe siècle, les Islandais affirment leur originalité en inventant leur parlement, l'Alþingi. Il incarne l'esprit d'un peuple se pensant comme une communauté. Mais leur âge d'or prend fi n au XIIIe siècle lorsqu'ils passent sous domination norvégienne puis danoise. Après une lutte tenace et pacifique, l'île retrouve sa souveraineté en 1944.

    De la colonisation au protestantisme forcé, en passant par les « guerres de la morue », la « révolution des casseroles » ou les réponses ingénieuses à la crise de 2008, les Islandais n'ont jamais cessé d'affirmer leur identité pour devenir une nation moderne et prospère.


  • C'est en septembre 1936 que le reporter polonais Ksawery Pruszy´nski arrive dans une Espagne en proie à la guerre civile. Il y est envoyé pour couvrir les événements qui secouent la péninsule Ibérique depuis le coup d'État nationaliste du 17 juillet.

    Sur place, d'abord à Barcelone secouée par l'anarchie et la terreur, Pruszy´nski aborde le conflit sous l'angle de l'observateur politique de la révolution rouge, menée par le camp républicain. Puis en suivant le siège de Madrid, il se plonge - en véritable anthropologue - dans le passé et la culture de l'Espagne profonde afin de parvenir au plus près de l'âme d'un peuple qui s'entre-déchire. Dans la réalité saisissante du chaos de la guerre, la description de la cité assiégée fait rejaillir l'intense désarroi des victimes et l'immense héroïsme des combattants.

    Portrait poignant d'un pays en révolution et en guerre, Espagne rouge fait la part belle à l'humain broyé par les rouages sanglants de l'histoire et les mécanismes de la domination politique.
    Né en 1907, Ksawery Pruszy´nski devient un reporter reconnu en Pologne en chroniquant de façon pertinente la montée des périls au cours des années 1930. Durant la Seconde Guerre mondiale, il combat au sein des forces polonaises sur le front ouest. Après la guerre, il entame une carrière de diplomate et meurt en 1950 dans un accident de la route aux circonstances troubles.

  • La période comprise entre le XVIe siècle et le XVIIIe siècle marque une phase essentielle dans l'émergence de l'Angleterre comme puissance majeure, soucieuse de se distinguer de ses voisins continentaux. La rupture avec la Papauté, la victoire sur l'Invincible Armada, l'exécution de Charles Ier en 1649 ou la Glorieuse Révolution de 1689 sont autant d'événements dont la mémoire conserve la trace jusqu'à nos jours. Attentif à restituer les luttes, les réformes politiques et religieuses qui marquent la période, ce livre dépeint en outre les évolutions sociales et culturelles d'une population transformée par les migrations et la croissance urbaine.
    Soucieux de présenter les derniers développements historiographiques, il précise le cadre européen des réformes britanniques, met en lumière le développement des actions civiques, souligne le rôle des colonies et donne aux voisins britanniques (Gallois, Irlandais, Écossais) toute leur place. Afin de restituer le renouvellement des connaissances et de l'analyse sur cette période, Un large choix de sources - archives, imprimés, iconographie - permet, à travers les annexes, d'approfondir les problématiques essentielles en s'initiant à la technique du commentaire de document. Enfin, un ensemble d'outils pédagogiques : chronologie, glossaire et bibliographie, donne les clefs nécessaires pour pénétrer plus avant dans l'histoire foisonnante de l'Angleterre à l'époque moderne.

  • 11 novembre 1630 : à l'issue d'une journée mouvementée, Louis XIII choisit de maintenir sa confiance à Richelieu pour s'engager, à ses côtés, dans une politique dominée par les préceptes de la raison d'État. 1er septembre 1715 : Louis XIV meurt au terme du règne le plus long et le plus brillant de l'histoire de France. D'une date à l'autre, ce siècle fut le temps des rois absolus. Louis XIII et Louis XIV portèrent à son comble la sacralité du pouvoir monarchique en mobilisant toutes les ressources littéraires et artistiques d'un siècle fécond. Les fastes dorés et solennels de la religion royale furent mis au service d'une autorité inouïe. Pour en rendre compte, les contemporains regroupèrent sous le terme générique d'« Extraordinaire », les impôts nouveaux, les tribunaux exceptionnels, les pouvoirs confiés aux intendants, etc. Assurément, le temps des rois absolus fut un temps de sidération. De révolte et de violence aussi.
    La guerre, avec son cortège de malheurs et de nécessités impérieuses, fut la manifestation la plus sensible de l'autorité royale. Elle exigea une mobilisation toujours croissante de la société et de l'État, dont elle fut la matrice. Pour la financer, le recours au crédit et à la vente d'offices modifia profondément les structures sociales du royaume. Les élites investirent massivement dans ces charges vénales qui, parfois, les anoblissaient en entretenant la confusion entre dignité sociale et service du Roi. Ainsi débutait la longue histoire d'une relation singulière entre la société française et l'État. Peut-être même faut-il dater de ce XVIIe siècle la cristallisation de certains caractères identitaires. Ne dit-on pas que les Français sont cartésiens et qu'ils parlent la langue de Molière ? Derrière ces lieux communs, se profile l'émergence d'une conscience régnicole, à défaut d'être nationale, née dans la contemplation du roi et au service de sa gloire. Car c'est dans la guerre, encore, que se forgea la communauté territoriale insérée dans le « pré carré » de Vauban.
    L'histoire des rois absolus est une histoire de France.

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