Vie Chrétienne

  • Maurice Joyeux s'est implanté et immergé en Grèce, durablement. Le livre qu'il nous donne est le fruit de l'expérience ainsi vécue et des multiples réflexions qu'elle a suscitées ou qui l'ont accompagnée.
    De nombreux « lieux » ont servi de terreau à l'aventure, pas seulement géographiques, mais aussi et surtout des lieux d'expérience humaine : les sessions spirituelles Socrate-Saint-Paul, l'accueil des réfugiés à Athènes, l'île de Tinos, l'Orthodoxie, mais également des « lieux » culturels et religieux aussi différents que ceux de la Turquie, de la Syrie, de l'Inde, de la Chine.
    Maurice Joyeux entrecroise ces divers fils, et bien d'autres encore. Le lecteur se trouve ainsi conduit à faire des liens entre des réalités qui, apparemment, n'en avaient pas : telle tragédie antique prend une résonance nouvelle au regard des situations dramatiques de notre temps ; l'itinéraire de saint Paul revêt une signification inédite à l'âge de la mondialisation ; pratique orthodoxe et règle bénédictine entrent en dialogue...
    Même s'il ne comprend pas d'emblée tous les détours du chemin, le lecteur est invité à faire confiance, à la suite de la mule qui conduit l'auteur. Et c'est tout un itinéraire qui se dessine - un itinéraire où se croisent le désir, la traversée des épreuves, la beauté et l'espérance, la révélation de Jésus en son humanité...
    Ce livre ne parle pas seulement d'une aventure vécue en Grèce pendant dix ans, il parle de notre humanité - celle d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Et il laisse résonner, malgré ou par-delà les tourments de l'histoire, l'espérance lumineuse de Pâques.

  • N'y a-t-il pas contradiction, à proposer un ensemble de Jalons pour prier tout en affirmant la non suprématie de la prière sur l'action, la relation aux autres comme premier rendez-vous de l'amour ? Eh non !
    Ces jalons à la suite d'Ignace de Loyola font expérimenter, selon la dynamique des Exercices d'où ils sont tirés, un chemin à faire, une Parole qui nous travaille, une conversion de nos images et de notre relation à Dieu, Mais au coeur de ces moyens se vit déjà un amour en actes, une fidélité amoureuse, un dialogue intime : de notre part mais aussi de Dieu.
    Au cours de cette route dans la foi, permettant de « sentir et goûter intérieurement les choses par soi-même », une douce transformation s'opère : la relation à Dieu se fait plus personnelle, et nous ouvre un quotidien où l'on peut « trouver Dieu en toute chose ».
    Dans un langage clair et structuré, l'auteur livre d'abord les aspects essentiels de la prière ignatienne explicités dans leur sens et dans la manière de s'y prendre, ainsi que des points d'attention que son expérience personnelle et ses accompagnements ont mis en relief. Chacun peut ainsi se mettre lui-même à l'ouvrage, prier, s'exercer... Puis, elle propose un itinéraire avec quelques textes bibliques. La prière progressive sur ces textes, la relecture de ce qu'ils ont fait éprouver, et la relecture du quotidien peuvent faire l'objet d'un cheminement chez soi, ou en groupe.

  • Traverser l'épreuve de la maladie peut s'apparenter à une forme d'exil : comme un exilé, le malade est projeté hors de sa vie et de ses repères habituels. Comme en exil forcé, une maladie grave bouleverse tous les liens et brouille l'identité de la personne souffrante qui subit alors les effets d'une puissance modificatrice souvent irrésistible.
    L'auteur a vécu elle-même la traversée d'une grave maladie et sa foi l'a poussée à chercher à éclairer cette épreuve par celle de l'Exil du peuple de Dieu à Babylone. La comparaison qu'elle mène entre les textes bibliques et des récits de personnes malades parus dans les librairies suit la trame-même de l'épreuve : au premier temps de la violence et de la plainte succède celui de la confiance et de l'unité, puis celui de la mémoire et de la consolation. Croiser ces récits permet à Anne-Isabelle Lacassagne, dans un langage clair et accessible, de commencer à dégager un sens à l'adversité.

  • La Passion et la Résurrection du Christ sont au coeur de la foi. C'est cet événement qui a provoqué la naissance de l'Église et fait travailler la mémoire des chrétiens pour relire et comprendre les temps qui l'ont précédé. Les Évangiles sont écrits à la lumière de la Résurrection.
    Et pourtant, il existe peu de parcours qui aident à la compréhension de ce mystère central et qui proposent des exercices spirituels pour le méditer. Pour nous faire entrer plus avant dans le mystère pascal, Bruno Régent, s.j., choisit de lire la Passion et la Résurrection selon saint Luc, conviant le lecteur à une véritable retraite spirituelle. L'auteur propose en premier lieu des points de méditation, mais également des axes de réflexion théologique - le péché, le mal, le salut, le sacrifice du Christ, etc. La perspective est celle d'une meilleure intelligence du coeur de la Parole de Dieu, dans un langage clair et accessible.
    Que le lecteur soit averti : cet ouvrage n'est pas fait pour être lu d'une traite, mais il invite le priant à ruminer, dans l'ordre, en prenant le temps nécessaire, chaque chapitre. C'est tout le livre qui est exercice spirituel. Le parcours proposé demande en effet une implication personnelle. La lenteur de la démarche s'accorde avec la profondeur du mystère à découvrir. Ce beau chemin de prière sera fécond s'il laisse la première place au dialogue avec la Parole de Dieu et au coeur à coeur avec le Seigneur.

  • Aujourd'hui, la loi du marché s'impose à l'humanité tout entière : mondialisation des échanges commerciaux, domination des puissances financières, spéculation sur les produits nécessaires à la vie comme l'eau, tout doit s'acheter et se vendre. Même l'homme devient une marchandise, à l'heure des « progrès » scientifiques et biologiques. La pensée humaine est déstabilisée par cette évolution rapide et les convictions éthiques s'effritent. Assouvir ses envies personnelles devient un droit.
    Dans ce contexte, que reste-t-il de la gratuité ? Que devient la réalité du frère au sein d'un monde désincarné ? Comment retrouver le sens ?
    À ce questionnement vital, la Bible apporte des réponses, en particulier dans la lettre aux Hébreux et l'Apocalypse. L'Écriture oppose l'esprit de louange, qui n'a pas de prix, aux déviances totalitaires soufflées par le dragon du mal. C'est ce que démontre avec finesse et efficacité Michel Farin, par une exégèse renouvelée de textes dont l'actualité ne cesse d'étonner. Il nous conduit à comprendre la signification véritable du sacrifice de louange vécu par Jésus pour que justement, nous puissions devenir ce que nous sommes : des tout-petits aimés chacun par Dieu en toute gratuité.

  • En France, la politique n'a pas forcément bonne presse. C'est que sa vraie finalité est souvent méconnue : elle est un moyen de servir la personne et le bien commun. Les dérives qui apparaissent dans l'exercice du pouvoir ternissent son image et éloignent les citoyens d'un engagement au service de la vie collective. Pour l'Église spécifiquement, la politique est une façon de pratiquer la charité, coeur de notre foi chrétienne. Tout en restant vigilante sur le respect des valeurs démocratiques, l'Église invite les croyants à oser entrer en politique. Elle leur donne des repères aussi bien évangéliques que sociaux.
    Le chrétien qui s'interroge sur un tel engagement doit d'abord prendre conscience des images qu'il a de la politique : sans un effort de réhabilitation de l'action politique, ses motivations ne seront pas bien ajustées. Son discernement doit aussi prendre en considération les différentes attitudes possibles (la passivité, la colère, l'indignation...), cerner les pièges qui menacent l'engagement (l'idéologie, le goût du pouvoir...) et s'appuyer sur des critères objectifs solides (par exemple la priorité aux pauvres et à la sauvegarde de la planète ou le sens de la loi).
    Au coeur de l'actualité, avec pédagogie et grande clarté, Pierre de Charentenay conduit pas à pas le lecteur de la vision d'un monde politique abîmé et vain à la perspective d'une participation active à la conduite des affaires publiques, dans un esprit d'amour du prochain. Il lui propose des temps de réflexion au long des chapitres de cet ouvrage afin de mûrir son discernement.

  • Dans la complexité de notre époque actuelle en pleine métamorphose, l'audace prophétique doit permettre de réapprendre à écouter le langage de Dieu dans un monde devenu sourd et individualiste. Car au coeur de l'homme subsiste une quête, celle d'une Parole qui invite à vraiment Vivre. Saint Ignace de Loyola l'avait déjà compris en son temps : le profond désir de l'homme est la rencontre intime avec son Seigneur. Mais pour que ce désir s'éveille, il est nécessaire que des témoins s'expriment.
    Quel est le contexte dans lequel un chemin d'intériorité peut s'ouvrir ? L'itinéraire d'Ignace peut nous guider, notamment les Exercices spirituels qu'il propose, qui permettent d'engager notre liberté créatrice pour inventer des réponses évangéliques.
    Léo Scherer, dans un langage simple accessible à tous, veut donner le goût d'entrer dans l'aventure des Exercices en décrivant leurs nombreux fruits. Il évoque des témoins d'hier et d'aujourd'hui, qui ont tous en commun d'avoir puisé leur dynamisme dans ces Exercices. Laissons-les nous éclairer sur nos chemins d'humanisation, afin d'accueillir le Dieu qui vient, dans la foi qui traverse et dépasse l'absence.

  • « L'aumônier en milieu carcéral, plus qu'en tout autre milieu de vie, est un crucifié. Il sent l'immense difficulté qu'aura l'homme qu'il a appris à connaître, à aimer, à retrouver place et dignité dans une société qui paraît l'avoir rejeté une fois pour toutes. Il se sent alors, lui aussi, écrasé, impuissant, écartelé. N'est-ce pas cela, douloureusement ressenti, qui le met sur la bonne route, celle du Christ ? » P. Jacques Glangeaud, aumônier de prison.
    Monique Lorrain partage dans ce livre, à travers des notes prises au quotidien, son expérience dans la prison de Korhogo, au nord de la Côte d'Ivoire. Sans fard, ni pathos, elle présente avec simplicité et profondeur les femmes et les hommes qu'elle y a rencontrés et elle nous livre le chemin spirituel intense que les détenus lui ont permis d'effectuer.

  • La vie communautaire et une nécessité pour les croyants. Comme le dit l'adage : « Un chrétien isolé est un chrétien en danger. » C'est bien pourquoi, dès les débuts du christianisme, de petites communautés de foi avaient vu le jour. Encore maintenant l'appartenance à un groupe d'échanges paroissial ou à une équipe locale de mouvement d'Église vient souvent compléter la fréquentation de la messe dominicale. Toutes ces cellules d'Église ont en commun, malgré leur diversité, d'être des lieux fraternels de partage d'une parole autour de la foi commune.
    Faire vivre ces petites communautés de foi ne va pas forcément de soi : qui dit groupe dit aussi besoin d'organisation et expérience de fragile fraternité. Cet ouvrage souhaite répondre à ce défi. Il propose une sorte de guide pratique pour le fonctionnement heureux de tout groupe chrétien. Les fiches qui le composent sont inspirées des manières de faire éprouvées de la Communauté de Vie chrétienne. Elles ne cherchent pas à imposer une spiritualité particulière, mais visent simplement à partager une méthodologie qui peut guider l'animation de toutes sortes de groupes d'Église. Cet outil aidera tous les membres du groupe à se maintenir dans une disponibilité intérieure féconde et vigilante, pour rester dociles à l'Esprit Saint qui nous rejoint dans nos vies personnelles.

  • Ce livre raconte une histoire d'amour. Ou plus exactement, il relate de nombreuses histoires d'amour. L'amour d'un pays, le Cambodge, dévasté par des années de guerre, depuis les années 1970. L'amour d'un peuple, et particulièrement des personnes les plus fragiles, les handicapés et les pauvres, qui sont légion à cause des mines antipersonnel laissées par les belligérants. L'amour de l'Évangile, de la voix de Dieu qui nous invite à L'aimer à travers les faibles et à tracer notre chemin de vie avec courage et confiance.
    Ce livre présente des héros ordinaires, qui vivent ces histoires d'amour et que leur lutte quotidienne pour surmonter leurs fragilités rend forts.
    Le premier de ces héros est Enrique (Kike) Figaredo, un jésuite espagnol qui consacre sa vie au peuple cambodgien, depuis sa première affectation dans un camp de réfugiés à la frontière thaïlandaise en 1985, puis pendant les années de la « Maison de la Colombe » dont il fait un centre fraternel pour personnes handicapées et perdues, jusqu'à sa nomination comme préfet apostolique de Battambang en 2000. L'itinéraire de « l'évêque des fauteuils roulants » devient sous la plume de l'auteur une source d'inspiration et de méditation sur l'altruisme, le refus du désespoir, la grandeur humaine et le dépassement de soi.
    À côté de Kike, nous rencontrons également des personnes engagées dont la passion et l'amitié deviennent contagieuses : des jésuites et des religieuses, mais surtout des figures, à la détermination admirable, de ce peuple cambodgien si attachant.

  • La famille, dans ses multiples facettes, fait l'objet d'une attention toute particulière de la part de l'Église. La publication d'Amoris Laetitia et le récent synode sur la famille en témoignent. Dans ce sillage, la spiritualité d'Ignace de Loyola apporte une contribution à la fois contemplative et concrète, en ce qu'elle est attentive, depuis sa fondation, au mystère de l'Incarnation. Comment bien vivre en famille ? L'objectif de ce livre est de prendre appui sur la spiritualité ignatienne pour aider à faire grandir les relations familiales et les membres de la famille spirituellement et humainement. Les intuitions de saint Ignace, appliquées à la vie de famille, se révèlent extrêmement fécondes : que ce soit dans la prière, l'écoute, la relecture de vie ou l'aide au discernement pour la prise de décision. Cet ouvrage se fonde sur l'expérience vécue par de nombreuses familles au cours de haltes spirituelles ignatiennes. Il n'est pas un manuel de savoir-vivre, ni un catéchisme sur la famille, mais il propose des exercices à pratiquer en famille ou personnellement, permettant au lecteur de prendre conscience des enjeux spirituels inhérents à la vie familiale, pour elle-même et pour le service de nos frères et soeurs du monde.

  • Israël n'a cessé de relire son passé et c'est au coeur de cette relecture qu'est née son espérance messianique. Jésus a invité les disciples d'Emmaüs à relire avec lui sa vie et sa mort dans l'histoire d'Israël pour qu'elles y prennent sens et signification. C'est donc une longue tradition qui nous invite à trouver dans la lecture de la vie une voie de progrès spirituel. Aussi trouvera-t-on, dans cet ouvrage un ensemble de textes de spiritualité autour de la mémoire et de son rôle dans la rencontre du Dieu vivant. Il n'y a pas de vie chrétienne sans racines bibliques profondes. Dans la joie même et la ferveur de la rencontre, l'Esprit ramène au mémorial, comme à Emmaüs. Il n'y a pas non plus de progrès spirituel en dehors de la durée assumée, du passé relu et unifié dans l'accueil de l'avenir. Jésus dans sa mission sait d'où il vient et où il va. C'est dans cette conscience que son présent devient l'aujourd'hui du Père. À l'inverse, l'histoire et l'expérience nous offrent bien des exemples de générosités anarchiques qui peuvent prendre, ici ou là, les couleurs de l'Évangile, mais ne construisent pas le Royaume de Dieu. Pour bâtir sur le roc, il faut accepter de s'asseoir et prendre humblement conscience des forces et des faiblesses qui nous habitent en nous disposant à l'action de l'Esprit. C'est tout cet effort de lucidité spirituelle qui est évoqué dans ces pages pour y découvrir un chemin vers Dieu. Il passe par des méthodes : prière d'Alliance, révision de vie... Elles peuvent paraître austères et contraignantes ; à qui les assume avec persévérance et souplesse, elles se révéleront libératrices. Loin de nous refermer sur une épuisante recherche de perfection, elles nous ouvriront aux joies de l'action de grâces et de la louange.

  • L'Esprit Saint est à l'oeuvre dans l'histoire de Jésus et de l'Église. Son action est le fil conducteur de l'ensemble des écrits de saint Luc : l'Évangile, suivi des Actes des Apôtres. Mais cette action de l'Esprit ne tient pas d'un programme qui serait à réaliser. Au contraire, Luc laisse entendre que l'homme ne peut maîtriser totalement son histoire, que l'objectivité scientifique n'est pas de mise devant la transcendance de Dieu et que c'est la question du sens qui est en jeu : celle d'entrer avec confiance dans le Royaume de Dieu.
    Avec clarté, Michel Farin s'attache à montrer la liberté de l'Esprit Saint - et la liberté de notre réponse- dans cette lecture méditative de l'oeuvre de saint Luc, qui fut le premier interprète du travail de l'Esprit depuis la naissance de Jésus jusqu'à sa Résurrection, puis dans la propagation de la Foi.

  • Une parabole est une énigme posée à l'intelligence spirituelle du lecteur : que signifie-t-elle ? Quels déplacements spirituels fait-elle opérer ? Parmi les paraboles de l'Evangile, l'une des plus connues est celle des talents, au chapitre 25 de Matthieu. On croit facilement comprendre sa pointe : mettre en valeur les dons reçus de Dieu et ne pas les enterrer. Bruno Régent montre, avec le ... talent qu'on lui connaît, que cette conclusion courante est bien en-deçà des multiples interprétations possibles de son sens. Déjà la traduction du grec au français en est une. Puis, au fur et à mesure du texte, l'auteur propose des options et des glissements de sens ; chaque verset découvre des horizons inattendus. Finalement, c'est au lecteur lui-même de décider, pour sa vie, du sens de l'énigme. Il est aidé pour cela, après le commentaire du texte, par le développement des thématiques principales de la parabole, puis par l'éclairage qu'elle apporte à d'autres passages de l'Evangile selon saint Matthieu. En annexe, les échos des Pères de l'Eglise enrichissent la réflexion.

  • Bien des chrétiens désirent préparer ou prolonger l'écoute de la Parole de Dieu entendue lors d'une messe dominicale ou d'une fête religieuse. Méditer l'homélie ou lire un commentaire biblique est nourrissant pour la foi. Mais sentir la Parole prendre Vie au plus intime de soi-même n'est possible que dans le dialogue confiant avec le Seigneur.
    Et pourtant, beaucoup se trouvent encore bien démunis pour prier à partir des textes de l'Écriture Sainte. Ignace de Loyola a expérimenté une façon de procéder qui porte beaucoup de fruit et que Jean-Claude Sailly reprend dans cet ouvrage. Il offre au lecteur, pour chaque dimanche et fête de l'année liturgique, des pistes pour prier sur les textes du jour, relire sa vie et l'offrir à Dieu. Les indications sont simples mais essentielles, faciles à mettre en oeuvre mais engageantes. Les portes d'entrée proposées par l'auteur laissent toute la place à l'oeuvre de l'Esprit Saint, qui « intercède pour nous par des gémissements inexprimables » (Romains 8, 26).
    Cette invitation à la prière est à suivre à son propre rythme, avec « un coeur large et généreux » désireux de se laisser transformer par l'amour du Seigneur. Un livre indispensable pour vous accompagner au long de l'année liturgique.

  • Jésuite, frappé à 55 ans par une paralysie, Pierre-Marie Hoog plonge dans l'univers des malades pendant dix mois, sans savoir ce qui va se passer... Quand il n'a pas trop mal, il écrit des notes que nous lirons lentement : des mots comme extraits d'une gangue de non-savoir sur ce qui va advenir, de l'angoisse traversée au bout de la nuit, de la con fiance avec les soignants qui permet à des personnes fragilisées de prendre des décisions risquées. Tout malade à l'hôpital est un être humilié : cette expérience radicale de pauvreté va lui permettre de communier aux souffrances des personnes qui viennent à lui. « C'est au-delà du voir, au-delà de l'entendre, quand je suis entièrement dépossédé, que tout commence, cette jointure entre la vie et la mort, cette jointure où l'on rencontre Dieu. Le lieu de ma plus grande faiblesse peut être le lieu de ma plus grande grâce. La grande souffrance qu'il arrive que nous ayons à traverser peut nous acheminer vers Dieu qui, lui aussi, s'y révèle démasqué des images que j'ai faites de lui. » À travers ce livre, Pierre-Marie Hoog recherche avec passion l'inexplicable et inépuisable miséricorde de Dieu, le don gratuit de Dieu, l'évidente tendresse de Dieu dans la rencontre de chaque personne.

  • La parabole des invités aux noces, au chapitre 22 de l'évangile selon saint Matthieu, est bien mystérieuse : un roi qui invite pour les noces de son fils, mais qui fait périr ceux qui ne viennent pas dans l'incendie de leur ville ; qui veut remplir la salle de fête, mais qui jette dehors dans la nuit l'invité qui ne s'est pas mis sur son trente-et-un ! Qui est ce roi inconstant ? Fait-il bon être invité ? Bruno Régent nous éclaire sur cette énigme, en identifiant dans le contexte de la parabole et dans le texte lui-même des indices d'interprétation. Bien au-delà de la lecture allégorique classique (qui assimile le premier groupe d'invités au peuple juif et le second à l'Eglise) dont il remet en question la pertinence, il entraîne le lecteur sur des chemins inattendus : ce roi est-il vraiment violent ? Quel appel faut-il entendre ? Notre réponse est-elle libre ? Comment se montrer digne du roi ? Où se situe la joie de la fête dans ces noces ? Au lecteur alors d'entrer en itinérance, en quête du sens spirituel et missionnaire de cette parabole. Pour l'y aider, l'auteur propose des temps de réflexion et des pistes de prière à partir des Exercices spirituels de saint Ignace, ainsi que des idées d'animation de groupe, tandis que les dessins de Charles Henin l'invitent à se glisser dans la scène selon sa propre représentation. Un écho de la parabole dans l'évangile selon saint Luc et des extraits des commentaires des Pères de l'Eglise, présentés par Michel Fédou, s.j., complètent cet ouvrage.


  • « Ainsi peut naître l'hymne (...) Quelque chose m'est arrivé, qui m'a surpris. Qui m'a invité au détour, comme un buisson qui brûlerait sans faire de cendres. Par là Dieu m'est advenu. Ou bien, par là je suis allé vers lui. J'ai crié, de douleur ou de joie, de honte ou de bonheur. Un cri d'abord sans voix. Peut-être un rugissement. Ensuite, il me faudra écrire le cri. (...) Car il s'agit de traduire une rencontre. Je la traduis avec des mots. (...) Ecrire pour le chant, c'est écrire pour d'autres. Mais non pas prétendre écrire le chant d'un autre. C'est offrir à l'autre l'écriture de mon cri pour qu'il puisse lui-même s'en saisir, en faire son chant. »


    Didier Rimaud, chantre de Dieu, décrivait ainsi son art. Le présent livre, au-delà de l'hommage au grand poète qui a renouvelé le chant liturgique, se veut invitation au lecteur pour qu'il fasse sa prière des textes de Didier Rimaud.


    En contrepoint des chapitres présentant le poète, sa vie et son oeuvre, les auteurs, à partir d'hymnes choisies, proposent des indications pour la méditation ; ces suggestions pourront être source d'inspiration pour prier avec les poèmes rassemblés en fin d'ouvrage.

  • S'accorder au dessein de Dieu. Voilà bien l'objectif affiché par saint Ignace de Loyola dans ses Exercices spirituels. Ce livret offre à « celui qui donne » les Exercices les moyens d'accompagner le parcours et l'expérience de « celui qui les reçoit ». En complément du parcours spirituel proposé sur les quatre semaines, saint Ignace a ajouté toute une série de règles variées, destinées à aider le retraitant et son accompagnateur dans le discernement à effectuer. Elles concernent aussi bien la manière de reconnaître les divers mouvements spirituels intérieurs, les « motions » selon le vocabulaire ignatien, que le rapport à la nourriture, la façon de donner l'aumône ou encore l'appartenance à l'Église, s'ancrant dans le concret de la vie. Après avoir explicité les différentes motions, Jean-Marie Carrière se livre à une analyse fine et exhaustive de l'ensemble des règles prônées par saint Ignace, articulées de manière précise aux Exercices. Au fil de cette étude se dégage la nécessité de « sortir de soi », autrement dit de se libérer de ses « attachements désordonnés », pour construire son humanité dans une vie d'union à Dieu. Si chaque lecteur peut se laisser instruire par l'expérience de saint Ignace et les éclaircissements détaillés de l'auteur, les accompagnateurs spirituels tireront tout particulièrement profit de cet ouvrage dans leur mission de « conduire toujours plus vers Dieu, en qui nous pouvons atteindre la vraie liberté » (Evangelii gaudium n° 170).

  • Le temps du Carême nous est offert pour « nous donner davantage à la prière, témoigner plus d'amour pour le prochain, retrouver la pureté du coeur et nous libérer de nos égoïsmes », disent les préfaces liturgiques. Avec ce livre, Jacques Fédry nous invite à profiter de ce temps pour transformer notre coeur par la prière, en méditant chaque jour la Parole de Dieu. Couvrant les trois années A, B et C, l'auteur commente l'évangile de chaque jour du Mercredi des Cendres jusqu'à Pâques et achève la méditation proposée par une courte prière. Il engage le lecteur à revenir au texte (reproduit en entier pour plus de commodité) et à faire le lien avec sa propre vie, pour formuler sa prière personnelle à partir de ce qu'il vit et de ce qu'il sent, selon la méthode d'Ignace de Loyola. Vécus au fil des jours, ces exercices proposent un chemin vivifiant vers Pâques.

  • Si nous aimons Dieu, nous ne pouvons nous contenter d'une petite prière de temps en temps, d'une messe à l'occasion d'un mariage ou d'un enterrement.... Quelques rencontres de plus en plus espacées ne nourrissent pas une relation d'amitié, encore moins un amour partagé. Or Dieu, lui, est présent pour nous à chaque instant, débordant d'un amour de toujours à toujours : « Tu as du prix à mes yeux et je t'aime » (Is 43, 4).
    A partir de cette conviction, Marie-France Bergerault veut témoigner que ce mystère (au sens fort) de la rencontre avec le Dieu Vivant est source de joie, de plus en plus intense à mesure qu'elle se consolide dans la célébration régulière des sacrements, ces signes particuliers où la rencontre prend chair. Si tous s'enracinent dans la Passion et la Résurrection du Christ, l'auteur pointe plus particulièrement les sacrements de l'initiation chrétienne (baptême, eucharistie et confirmation) car ils participent pleinement du Mystère pascal, ainsi que celui de la réconciliation, qui manifeste le visage miséricordieux du Seigneur.
    Bien loin d'un catéchisme ou d'un traité théologique, cet ouvrage souhaite simplement inviter le lecteur à prendre conscience de la vie lumineuse de ressuscité à laquelle il est appelé à travers les sacrements et à y réfléchir au moyen de propositions d'exercices.

  • « On ne peut servir Dieu et l'argent ». « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ». « Rendez à César ce qui est à César ». Ces versets de l'Évangile nous sont connus. Peut-être trop d'ailleurs, si bien que nous n'y prêtons plus attention... Quel rapport entretenons-nous vraiment avec l'argent ? Acceptons-nous de regarder lucidement nos attitudes face à nos possessions ? Nos biens ne constituent-ils pas un obstacle sur notre chemin à la suite du Christ ? Ne sommes-nous pas possédés par nos richesses ? Parmi les quatre évangélistes, saint Luc en particulier se montre sensible à la question de la richesse et de ses dérives. A partir de son expérience d'animation d'ateliers bibliques, Bernard Pommereuil scrute le troisième évangile et invite le lecteur à y découvrir un véritable appel à changer nos coeurs, en proposant que l'argent devienne, paradoxalement, un lieu pour notre conversion. Le parcours qu'il propose comprend quatre étapes : le point de départ est le désir de suivre Jésus. Il devient alors nécessaire de poser des choix de vie essentiels et de ne pas être dupes de nos contradictions internes, pour enfin cheminer vers la gratuité totale. Afin d'ancrer notre réflexion dans le concret, l'auteur nous interpelle au moyen de questions pertinentes au fil des textes commentés.

  • Les débats actuels autour des lois de bioéthique renvoient à la dérive de nos sociétés occidentales vers la seule considération de l'individualité et de ses droits, occultant l'origine créatrice de l'homme. L'humanité n'est-elle qu'une juxtaposition d'individus ? Ou bien est-elle un peuple de personnes uniques, vivant de relations fondées sur un Amour unique ?
    Dans ce livre, Michel Farin montre avec brio que la dimension personnelle de l'existence de tout homme ne prend corps que dans la « chair unique » qui s'institue dans une noce, ainsi que le décrit le deuxième récit de la Création dans la Genèse. Cette noce se déploie dans l'engendrement d'un peuple de frères. Pourtant, la fraternité est mise à mal par l'esprit trompeur, qui conduit à l'idolâtrie de l'humanité pour elle-même et par conséquent à la violence (celle de Caïn), à la mort de la confiance et à l'oubli de l'Alliance nouée par Dieu. Dieu n'a de cesse alors de renouveler son Alliance, d'inviter l'humanité à la vie, c'est-à-dire à devenir son Épouse, à jamais en Jésus Christ.
    Les intuitions de l'auteur, à partir de son analyse fine des textes de l'Écriture, depuis les Livres des prophètes jusqu'à l'Apocalypse, se révèlent pertinentes et puissantes pour une meilleure compréhension du mystère de l'homme, afin qu'il soit toujours mieux respecté.

  • Bien que les réseaux sociaux multiplient le nombre des « amis », la société d'aujourd'hui présente tous les signes d'un individualisme forcené : la science repousse toujours plus loin les limites de la nature, le caractère singulier de chaque personne s'efface devant le concept d'égalité, et les distinctions de sexe, de langue ou de position sociale deviennent suspectes. L'homme se sent tout-puissant en lui-même, niant de fait la possibilité d'une transcendance. En s'inspirant de saint Paul en Galates 3, 28, on pourrait dire : Il n'y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme. Seulement moi en chaque individu.
    Mais saint Paul voulait dire tout autre chose. Il témoignait d'une autre humanité, d'une humanité ressuscitée, discrètement à l'oeuvre dans l'histoire, et qui ne pourra jamais être anéantie, car elle trouve sa source dans l'amour unique que Dieu porte à chaque homme. Nous en faisons l'expérience dans chaque geste fraternel.
    Michel Farin pointe ainsi avec acuité les impasses où conduit la vision d'une humanité qui se veut sans limite. Il insiste enfin sur le rôle particulier que l'Église est appelée à jouer universellement dans le dévoilement de cette vérité : l'humanité n'est une que tournée vers Dieu ; les hommes sont unis quand ils appellent Dieu « notre Père ».

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