Grasset Et Fasquelle

  • Vous l'attendez depuis deux ans, le voici !
    Vernon Subutex 3, le retour de Vernon, suite et fin de la trilogie.

  • 1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
    Caché derrière divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s'inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L'Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s'enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l'angoisse, ne connaîtra plus de répit... jusqu'à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
    Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant ?
    La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au coeur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d'opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l'argent et l'ambition. Voici l'odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

  • L faut prêter attention aux analyses d'Amin Maalouf : ses intuitions se révèlent des prédictions, tant il semble avoir la prescience des grands sujets avant qu'ils n'affleurent à la conscience universelle. Il s'inquiétait il y a vingt ans de la montée des Identités meurtrières ; il y a dix ans du Dérèglement du monde. Il est aujourd'hui convaincu que nous arrivons au seuil d'un naufrage global, qui affecte toutes les aires de civilisation. L'Amérique, bien qu'elle demeure l'unique superpuissance, est en train de perdre toute crédibilité morale. L'Europe, qui offrait à ses peuples comme au reste de l'humanité le projet le plus ambitieux et le plus réconfortant de notre époque, est en train de se disloquer. Le monde arabo-musulman est enfoncé dans une crise profonde qui plonge ses populations dans le désespoir, et qui a des répercussions calamiteuses sur l'ensemble de la planète. De grandes nations " émergentes " ou " renaissantes ", telles la Chine, l'Inde ou la Russie, font irruption sur la scène mondiale dans une atmosphère délétère où règne le chacun-pour-soi et la loi du plus fort. Une nouvelle course aux armements paraît inéluctable. Sans compter les graves menaces (climat, environnement, santé) qui pèsent sur la planète et auxquelles on ne pourrait faire face que par une solidarité globale qui nous fait précisément défaut. Depuis plus d'un demi-siècle, l'auteur observe le monde, et le parcourt. Il était à Saigon à la fin de la guerre du Vietnam, à Téhéran lors de l'avènement de la République islamique. Dans ce livre puissant et ample, il fait oeuvre à la fois de spectateur engagé et de penseur, mêlant récits et réflexions, racontant parfois des événements majeurs dont il s'est trouvé être l'un des rares témoins oculaires, puis s'élevant en historien au-dessus de sa propre expérience afin de nous expliquer par quelles dérives successives l'humanité est passée pour se retrouver ainsi au seuil du naufrage.

  • «  Le poisson rouge tourne dans son bocal. Il semble redécouvrir le monde à chaque tour. Les ingénieurs de Google ont réussi à calculer la durée maximale de son attention  : 8 secondes. Ces mêmes ingénieurs ont évalué la durée d'attention de la génération des millenials, celle qui a grandi avec les écrans connectés  : 9 secondes. Nous sommes devenus des poissons rouges, enfermés dans le bocal de nos écrans, soumis au manège de nos alertes et de nos messages instantanés.
    Une étude du Journal of Social and Clinical Psychology évalue à 30 minutes le temps maximum d'exposition aux réseaux sociaux et aux écrans d'Internet au-delà duquel apparaît une menace pour la santé mentale. D'après cette étude, mon cas est désespéré, tant ma pratique quotidienne est celle d'une dépendance aux signaux qui encombrent l'écran de mon téléphone. Nous sommes tous sur le chemin de l'addiction  : enfants, jeunes, adultes.
    Pour ceux qui ont cru à l'utopie numérique, dont je fais partie, le temps des regrets est arrivé. Ainsi de Tim Berners Lee, «  l'inventeur  » du web, qui essaie de désormais de créer un contre-Internet pour annihiler sa création première. L'utopie, pourtant, était belle, qui rassemblait, en une communion identique, adeptes de Teilhard de Chardin ou libertaires californiens sous acide.
    La servitude numérique est le modèle qu'ont construit les nouveaux empires, sans l'avoir prévu, mais avec une détermination implacable.  Au coeur du réacteur, nul déterminisme technologique, mais un projet qui traduit la mutation d'un nouveau capitaliste  : l'économie de l'attention. Il s'agit d'augmenter la productivité du temps pour en extraire encore plus de valeur. Après avoir réduit l'espace, il s'agit d'étendre le temps tout en le comprimant, et de créer un instantané infini. L'accélération générale a remplacé l'habitude par l'attention, et la satisfaction par l'addiction.  Et les algorithmes sont aujourd'hui les machines-outils de cette économie...
    Cette économie de l'attention détruit, peu à peu, nos repères. Notre rapport aux médias, à l'espace public, au savoir, à la vérité, à l'information, rien n'échappe à l'économie de l'attention qui préfère les réflexes à la réflexion et les passions à la raison. Les lumières philosophiques s'éteignent au profit des signaux numériques. Le marché de l'attention, c'est la société de la fatigue.
    Les regrets, toutefois, ne servent à rien. Le temps du combat est arrivé, non pas pour rejeter la civilisation numérique, mais pour en transformer la nature économique et en faire un projet qui abandonne le cauchemar transhumaniste pour retrouver l'idéal humain...  »B.P.

  • " Depuis que j'ai quitté le Liban pour m'installer en France, que de fois m'a-t-on demandé, avec les meilleures intentions du monde, si je me sentais " plutôt français " ou " plutôt libanais ". Je réponds invariablement : " L'un et l'autre ! " Non par quelque souci d'équilibre ou d'équité, mais parce qu' en répondant différemment, je mentirais. Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c'est que je suis ainsi à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. C'est cela mon identité ? " Partant d'une question anodine qu'on lui a souvent posée, Amin Maalouf s'interroge sur la notion d'identité, sur les passions qu'elle suscite, sur ses dérives meurtrières. Pourquoi est-il si difficile d'assumer en toute liberté ses diverses appartenances ? Pourquoi faut-il, en cette fin de siècle, que l'affirmation de soi s'accompagne si souvent de la négation d'autrui ? Nos sociétés seront-elles indéfiniment soumises aux tensions, aux déchaînements de violence, pour la seule raison que les êtres qui s'y côtoient n'ont pas tous la même religion, la même couleur de peau, la même culture d'origine ? Y aurait-il une loi de la nature ou une loi de l'Histoire qui condamne les hommes à s'entretuer au nom de leur identité ?

    C'est parce qu'il refuse cette fatalité que l'auteur a choisi d'écrire les Identités meurtrières, un livre de sagesse et de lucidité, d'inquiétude mais aussi d'espoir.



    Amin Maalouf a publié les Croisades vues par les Arabes, ainsi que six romans : Léon l'Africain, Samarcande, les jardins de lumière, le Premier siècle après Béatrice, le Rocher de Tanios et les Echelles du Levant.

  • Après trente-sept ans passés au Quai d'Orsay à occuper les postes les plus prestigieux de la diplomatie française, Gérard Araud analyse ici la longue séquence historique dont il a été un acteur et un témoin privilégié :
    « Ma carrière, commencée un an après l'élection de Ronald Reagan et conclue deux ans après celle de Donald Trump, s'est inscrite dans un moment particulier de l'histoire qu'à défaut d'un autre terme, j'appelle le « néo-libéralisme ». Fondé, en économie, sur la souveraineté du marché, sur la méfiance vis-à-vis de l'État et sur l'ouverture des frontières et, en politique étrangère, sur la conviction de la supériorité des valeurs de l'Occident. » Ses mémoires se lisent comme un essai, clair et érudit, confrontant les analyses pour expliquer l'effondrement d'un monde et comprendre celui qui vient. A la théorie s'ajoute un grand art du trait et du portrait. L'ambassadeur, à la manière d'un moraliste, incarne les anecdotes, conte incidents et situations cocasses, distille conseils aux jeunes diplomates et avis sur les ministres et les Présidents qu'il a servis.
    Haut-fonctionnaire iconoclaste, connu pour son franc-parler, son humour fin et sans concession, Gérard Araud emmène le lecteur dans les coulisses de la diplomatie : il nous donne le sentiment, soudain, d'être au coeur de la machine, d'en comprendre les rouages et les complexités (le chapitre des négociations sur le nucléaire iranien, notamment, est particulièrement passionnant).
    Un ouvrage incontournable pour ceux qui veulent comprendre comment se fait la politique de notre pays sur la scène internationale.

  • Léonora Miano n'est pas une Afropéenne (afro-européenne). Ceux qui se définissent ainsi ont grandi en Europe.
    Marquée par l'Afrique subsaharienne, la sensibilité de l'auteur se distingue de celle des Afropéens. Ceux-ci se sont construits en situation de minorité. Ce qui détermine la perception de soi, complique l'identification et la solidarité entre Afropéens et Subsahariens.
    La France identifie à l'Afrique tous ses citoyens d'ascendance subsaharienne, privilégiant les natifs de ce continent. Cela ne favorise pas l'ancrage des Afropéens dans leur pays, leur capacité à se sentir responsables de son destin.
    Pourtant, ceux qui se sont donné un nom - Afropéens - dans lequel Afrique et Europe fusionnent, s'ils sont fidèles aux implications de cette association plus qu'à leur amertume, peuvent incarner un projet de société fraternel, anti-impérialiste et anti-raciste. Dans une France en proie aux crispations identitaires, la perspective afropéenne apparaît encore comme une utopie. De part et d'autre, la tentation du rejet est puissante.

  • Derrière l'accélération partout constatée de nos vies individuelles et de notre existence sociale, il est un phénomène plus essentiel encore, qui est devenu l'horizon absolu de la conscience occidentale : le changement était, à l'âge classique, une transition entre deux moments de stabilité. Mais notre civilisation semble entrée, avec la modernité, dans une nouvelle ère, qui fait du mouvement la loi universelle. Si la vie est évolution, si l'économie est croissance, si la politique est progrès, tout ce qui ne se transforme pas doit disparaître. S'adapter, se réformer, rester dynamique, voilà nos vertus cardinales ; la mode remplace tous nos critères, le flux prend la place de l'être, et le chiffre de la lettre.

    Alors que la crise contemporaine qui touche le monde occidental porte le symptôme d'une forme d'épuisement intérieur, et alors que notre rapport à l'accélération actuelle des innovations technologiques sera le grand défi politique des années à venir, il importe d'interroger, de façon à la fois approfondie et concrète, le déséquilibre créé par cette incapacité au repos, par cet oubli des stabilités les plus nécessaires à nos vies. Afin de redécouvrir ce que notre fascination pour le mouvement nous avait fait oublier : l'essentiel de nos existences se trouve peut-être bien plus dans ce qui est reçu et transmis, que dans ce qui est transformé. Et ce qui donne sens aux changements que nous pouvons apporter, ce ne peut être que la stabilité d'un but qui seul mérite notre effort. Il n'est pas de création spontanée qui s'épanouisse sans racines, pas de voyage vers l'ailleurs qui ne suppose un domaine familier, pas de société qui s'améliore sans chercher le bien dans ce qu'il a d'éternel. Ce qui rend possible le mouvement de toute vie, et ce qui lui donne un sens, c'est toujours ce qui demeure.

  • On savait, depuis La Violence et le Sacré, que toute société humaine est fondée sur la violence, mais une violence tenue à distance et comme transfigurée dans l´ordre du sacré.



    Dans ce nouveau livre, René Girard applique cette intuition originaire au grand recueil mythique de la mémoire occidentale, c´est-à-dire à la Bible qui est tout entière, selon lui, le cheminement inouï vers le Dieu non violent de notre civilisation. Il s´ensuit une relecture critique et proprement révolutionnaire du texte évangélique qui apparaît du coup comme un grand texte anthropologique, le seul à révéler pleinement le mécanisme victimaire. Il s´ensuit aussi la fondation d´une nouvelle psychologie fondée sur un mécanisme simple et universel que Girard appelle la « mimésis » et qui permet de faire le partage entre les processus d´appropriation, générateurs de violence, et les antagonismes, producteurs de sacré. Chemin faisant, on assiste à de magistrales analyses comparatives de Proust et de Dostoïevski, de Freud et de Sophocle, à la lumière de cette notion nouvelle et qui se révèle particulièrement féconde de « désir mimétique ».



    René Girard, cette fois, approche du but, de cette anthropologie générale qui est, de son propre aveu, le projet ultime de son oeuvre : c´est pourquoi il nous donne là peut-être un des livres clés pour comprendre les mystères de notre monde et de ses plus lointaines, de ses plus archaïques généalogies.

  • «  L'Empire  » c'est l'Amérique ou, plus exactement, l'Occident que l'auteur estime avoir vu s'effondrer dans une circonstance biographique récente (l'abandon du peuple kurde...) dont le récit ouvre le livre et qui lui rappelle quelques-uns de ces événements discrets, presque invisibles, venus à pas de colombe, mais qui ont renversé, naguère, le cours de l'histoire de l'Antiquité.
    Les «  cinq rois  » ce sont les cinq nouvelles puissances (ottomane, perse, arabe, chinoise, russe) qui avaient, pensait-on, leur splendeur, leur passé mais aussi leur avenir derrière elles et qui profitent de cet effacement de l'empire, voire du discrédit qui frappe la prédication occidentale, pour revenir au-devant de la scène et tenter d'imposer leur ordre.
    Le résultat est un livre bref, captivant, nourri d'histoire ancienne et biblique, mais allant chercher dans l'actualité comme dans l'expérience et la vie de l'auteur, pour brosser un tableau hélas peu rassurant de l'état du monde.
    Qu'est-ce qu'une «  démocratie autoritaire  »  ?
    Pourquoi les valeurs libérales sont-elles, partout, battues en brèche  ?
    Que s'est-il, réellement, passé à la bataille de Chéronée  ? de Pydna  ? et en quoi ces scènes anciennes nous renseignent-elles sur l'issue de la guerre qu'ont déclarée à l'Occident Poutine ou les islamistes radicaux  ?
    Est-il bien raisonnable, en état de guerre, de vivre à l'heure de cette chasse à l'homme, de cet appel à la délation, de ce lynchage permanent dont bruit désormais Internet  ?
    Telles sont quelques-unes des questions posées dans ce livre provocateur mais savant, combatif mais s'efforçant de fournir en repères une époque désorientée.

  • « C'est un fait : notre époque n'a plus le sens de l'honneur. Et c'est pourquoi, ayant perdu le goût de l'audace et du panache, elle est parfois si ennuyeuse. Alors que le cynisme et le scepticisme progressent chaque jour dans les esprits, il m'a semblé nécessaire d'évoquer les hautes figures de quelques hommes que j'ai eu la chance de connaître et de côtoyer. Comme Athos ou Cyrano, c'étaient de très grands seigneurs. Ils avaient sauve l'honneur de notre pays en 1940. Gaulliste de la première heure, mon grand-père maternel était l'un d'entre eux. Sa vie passée a guerroyer, en Afrique, en Europe ou en Extrême-Orient, pleine de fracas et de combats épiques dont on parle encore aujourd'hui, est l'illustration d'une certaine idée de l'honneur. Qu'aurait-il pense de notre époque ? Je ne le sais que trop. C'est vers lui que je me tourne naturellement lorsqu'il m'apparaît que mes contemporains manquent par trop d'idéal. Ce héros d'hier pourrait-il, par son exemple, nous inspirer aujourd'hui ? C'est dans cet espoir, en tout cas, que j'ai eu envie, soudain, de revisiter sa grande vie. » J.-R. V.d.P.

  • Les 7 et 8 mars 2007 s'est tenu au palais de justice de Paris un procès suivi dans le monde entier : celui des "caricatures". Un an auparavant, Charlie Hebdo avait décidé de publier des caricatures du Prophète Mahomet, accompagnées d'un appel à la lutte contre l'islam radical - ce nouveau mal totalitaire. On voyait en Une le Prophète, débordé par les extrémistes, se tenant la tête entre les mains : « C'est dur d'être aimé par des cons.... » Deux jours d'audience agitées, sous haute protection, comme au théâtre de notre démocratie, combattante et menacée. Avec en première ligne, Philippe Val, Elisabeth Badinter, François Hollande, François Bayrou et tant d'autres, défendus par leurs avocats : Georges Kiejman et Richard Malka. Face à eux, des associations réclamant la censure du journal : la Mosquée de Paris et l'UOIF, entres autres.
    Ce qui se joua, pendant ces deux journées, devant la presse internationale ? Le droit de se moquer des idées, des religions. Le droit à la caricature. Le droit à l'irrévérence. Le droit au libelle, à l'excès, dans la tradition française du dessin de presse, du libelle révolutionnaire. Le droit à l'ironie salvatrice. Les débats furent âpres, décisifs ; juridiques aussi.
    Il était temps de rendre aux citoyens deux textes fondateurs - les plaidoiries de Malka et Kiejman - éloges superbes de la liberté de pensée, déconstruisant le totalitarisme en chemin ; moquant les censeurs ; défendant, comme une valeur supérieurement belle, le droit à rire non des êtres mais de leurs idées ; et confiant au lecteur les tendres armes démocratiques pour continuer de rire, d'éveiller, de croire ou de ne croire en rien.
    Plus tard, on le sait, Charlie Hebdo titrera "Charia Hebdo", sera incendié, puis connaîtra le drame de janvier 2015, avec son cortège de morts. Le procès de l'année 2007 est historique : comme un noeud, comme la répétition originelle d'un drame qui ne cessa de se répéter. 

  • Pourquoi les Juifs sont à jamais glorieux.
    Où est Ninive aujourd'hui - et que s'y passe-t-il vraiment ?
    Proust et le Zohar, Claudel et le Livre d'Isaïe.
    Vivons-nous, ou non, le retour des années 1930 ?
    Pourquoi il n'est pas demandé de croire, mais de savoir.
    Comment le Royaume des Hébreux a inspiré l'idée française de République - et quand ce fait a été occulté.
    Lacan et la Kabbale.
    Ce qu'Auschwitz eut d'unique.
    Quand un talmudiste invente la langue française.
    Pourquoi l'antisionisme est le masque de l'antisémitisme de masse.
    Alexandre Kojève et le prophète Jonas.
    A quand un Talmud musulman ?
    Une conversation avec Romain Gary, une confidence de Michel Foucault.
    Partir ou rester ?
    Le sable contre la terre.
    /> Solal le fort, et sa couronne de carton.
    Qu'est-ce qu'un « Peuple Élu »?
    Quand Louis Althusser jetait les bases de la grande alliance judéo-catholique.
    Ce que veut dire « être Juif ».
    Itinéraire personnel, familial, intellectuel, d'un philosophe qui, trente-sept ans après Le Testament de Dieu, donne L'Esprit du Judaïsme.

  • Il était une fois... où l'auteur dramatique de Du vent dans les branches de sassafras et le romancier de Tamerlan des coeurs (le même homme !) se donnèrent le mot pour faire l'école buissonnière. Et écrire des poèmes. Ce furent les Innocentines.

    Innocentines, enfantines, comptines... Moments de grâce où dansent les mots sans rides, où la fraîcheur de l'inspiration allie le rire à l'émotion. Source vive. Invitation à une cure de jouvence !

    " Chez moi ", " La Sologne ", " Intimité ", " Le zizi perpétuel ", " Petite ritournelle impériale ", " Le plus beau vers de la langue française ", " Les cuisses de Colette ", " Le courant d'air ", " Les jumeaux de la nuit ", on aimerait citer toutes ces petites histoires, si légères, si drôles, pathétiques parfois, et dont chacune délivre un univers original.

    Ces " Poèmes pour enfants et quelques adultes " sont un dimanche dans l'oeuvre d'Obaldia. Et, pour nous tous, une merveilleuse récréation.

  • Tyrannie

    Richard Malka

    Aux portes de l'Occident, un dictateur opprime son peuple au nom de la transparence et de la pureté. Dans cette prison à ciel ouvert, les enfants ont le visage masqué et les citoyens récitent en masse un petit livre dont l'idéologie venimeuse contamine peu à peu le monde...
    À Paris, dans une salle d'audience scrutée par la presse internationale, un homme, évadé de ce pays de cauchemar et seul rescapé d'un massacre, tente de justifier son crime politique. Saura-t-il réveiller les consciences ?
    Son avocat, un grand plaideur ombrageux, ambigu, sensuel, doit accomplir l'impossible : obtenir l'acquittement d'un meurtrier qui revendique son acte.
    À ses côtés, la nuit, le jour, une réfugiée politique irrésistible à laquelle il se lie de passion trouble : qui manipule qui ?
    Journalistes, témoins, psychiatres, juges ou avocats, c'est notre temps qui se joue dans ce procès du siècle, avec ses mensonges, ses secrets et ses grâces inattendues...
    Rappelant 1984 de George Orwell et Douze hommes en colère, entre utopie politique, roman d'amour et thriller judiciaire, Tyrannie est un premier roman comme la scène littéraire française n'en offre pas.

  • « J'étudiais la carte quand il m'apparut qu'il existait une ligne de chemin de fer qui allait de ma maison dans le Massachusetts jusqu'au grand plateau de la Patagonie. » Alors Paul Theroux, un beau matin d'hiver, est parti. En métro, à quelques blocs de sa maison de Medford pour se rendre à la gare de Boston, puis en train jusqu'à la mythique Patagonie, des pentes de Fitzwilliams, battues par le blizzard, aux vents secs et chauds de la Pampa, des wagons de luxe fastueux aux tortilllards pitoyables. Transpirant et grelottant au gré d'altitudes et de températures capricieuses, devant supporter l'épouvantable M. Thorneberry au Costa Rica et passant des nuits à faire la lecture à l'écrivain aveugle Jorge Borges à Buenos Aires, rencontrant au hasard d'une halte la copie conforme d'un personnage fictif d'un de ses précédents romans... Paul Theroux, inventeur d'une forme originale en littérature qui marie le voyage et l'aventure, le récit et le drame, embarque le lecteur dans un étourdissant voyage, celui qui mène « au bout de la ligne ».

  • Voici le premier récit complet de la plus grande aventure politique du XXe siècle : celle qui a porté les plus folles espérances et qui a conduit à la plus terrible catastrophe humaine de tous les temps, par sa durée et son ampleur.
    Le communisme n'a pas seulement régné sur une trentaine de pays et régi la vie de plus d'un tiers de l'humanité, il a également occupé la plupart des esprits pendant des décennies, aux quatre coins du monde. Nulle autre idéologie, nul autre système politique n'ont connu dans l'histoire une si foudroyante expansion.
    Comment expliquer ce succès, à quoi correspond-t-il, de quelle manière le communisme a-t-il triomphé, pourquoi a-t-il partout échoué, pour quelles raisons tant de vie humaines ont-elles été sacrifiées en son nom ? Seule une histoire mondiale de cette épopée permet de répondre à ces questions, de comprendre à la fois ce siècle communiste et l'héritage qu'il nous a laissé.
    D'octobre 1917 à la Révolution culturelle chinoise, de la collectivisation des campagnes à l'industrialisation menée à marche forcée, de la pénurie généralisée à la culture bâillonnée, de l'enfermement des peuples aux camps de concentration, tous les aspects de la réalité communiste, de son vécu sont ici racontés, analysés, mis en perspective.

  • Depuis longtemps, Paul Theroux appartient à la tribu singulière des écrivains-voyageurs qui compte déjà Stevenson, Conrad ou Valery Larbaud. Ainsi, dès qu'il voit une gare, dès qu'il croise un train, dès qu'une paire de rails scintille à l'horizon, son imagination s'ébranle, sa rêverie l'emporte... Il saute dans un wagon, stylo en bandoulière, il s'en va - heureux d'appartenir au vaste monde et au regard des gens dont il partagera la vie, le temps d'un voyage. Avec ce nouveau livre, c'est vers l'Orient extrême qu'il conduit son lecteur : d'Istambul à Dehli, de Saigon à Kuala Lumpur - avant de regagner Londres en passant par Moscou... Avec Theroux, la grande tradition anglo-saxonne de l'aventure reprend ses droits, et elle est ici portée à l'incandescence par une langue débordant d'humour et de perspicacité. Périple rythmé par les bogies, par l'imprévu, par le bizarre... On goûtera avec lui le charme des tortillards turcs, l'angoisse des wagons aseptisés du Soleil-Levant, la froideur des couchettes hiérarchique en Union soviétique. C'est dire que tout, dans ce livre, révèle l'essentiel des peuples et de leurs mémoires.

  • La tragédie humaine à laquelle est associée l'histoire du communisme est-elle la conséquence de circonstances malheureuses ou d'une politique délibérée ? Ce débat, récurrent depuis l'apparition du premier régime communiste en Russie, ne peut être tranché que si l'on prend en considération la dimension mondiale du système.
    Quelles que soient la géographie, l'histoire, la culture des pays où le communisme a triomphé, les mêmes méthodes ont abouti aux mêmes résultats. Ce ne sont pas les circonstances qui ont scellé le sort des peuples concernés, mais l'application d'une politique identique, quelles que soient les particularités nationales. Rien ne ressemble davantage à une victime russe qu'une victime chinoise, cubaine, coréenne ou roumaine.
    La guerre civile permanente que les régimes communistes ont menée contre leur population, pour imposer leur dogme, explique l'hécatombe sans précédent qui en a résulté. C'est en toute conscience que des dizaines de millions d'êtres humains ont été enfermés, torturés, déportés, affamés. C'est en toute conscience que des centaines de millions d'autres êtres humains ont été surveillés, exploités, endoctrinés, asservis.
    L'histoire mondiale du communisme, vue du côté des victimes, montre à quel point les utopistes parvenus au pouvoir n'ont pas davantage cherché à en finir avec les inégalités qu' à construire la société idéale promise : c'est à l'humanité de l'homme qu'ils s'en sont pris.

  • « Après moi, il n'y aura plus de grand Président » avait prophétisé François Mitterrand. Peut-être en effet la prose du réel devait-elle succéder à la poésie des lendemains qui chantent. Mais l'abandon du romantisme révolutionnaire ne nous condamnait pas inexorablement à celui de la volonté politique.

    Comment en est-on arrivé là ?

    Pour la première fois, ce n'est pas François Hollande qui distille ses confidences ni un ministre démissionné ses commentaires ou un journaliste ses observations, mais un conseiller de premier plan, dont le bureau, « la chambre d'Eugénie », jouxtait celui du Président de la République, qui nous fait voyager au coeur de la machine de l'Etat.

    Il ne se contente pas de raconter mille et une « choses vues », scènes et dialogues vécus. Il analyse, avec une profondeur historique éclairante, les tendances lourdes comme les traits de caractère qui ont conduit notre monarque républicain à l'abdication. Une abdication qu'il a annoncée aux Français le 1er décembre 2016 mais dont on découvrira ici qu'il y avait consenti dès le premier jour de son mandat.

    A travers ce témoignage prennent vie non seulement un Président demeuré pour beaucoup « une énigme, entourée d'un mystère, cachée dans un secret », mais aussi les figures qui veulent refonder une politique progressiste dans notre pays : qu'ont dit et fait Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Emmanuel Macron et les autres lors des grands rendez-vous du quinquennat qui s'achève ?

    Un livre politique de haute tenue.

  • La plupart des observateurs s'accordent sur le constat que les démocraties occidentales traversent une crise du modèle social et politique qui avait prévalu durant les Trente glorieuses. Si l'ampleur de ces évolutions continue de surprendre ceux qui, après la chute du communisme en 1989, croyaient à une « fin de l'histoire » et au triomphe définitif, dans un monde globalisé, d'une « révolution libérale », la crise était, à bien des égards, prévisible.
    Face à cette évolution inquiétante, quels recours avons-nous ?
    Publiée en 1971, la Théorie de la justice de John Rawls (1921-2002) a révolutionné la pensée sociale et économique avec sa conception anti-utilitariste de la justice comme équité. Pour Rawls, l'égalité et la liberté, loin de s'opposer comme le soutiennent bon nombre de libéraux et de socialistes, sont compatibles à condition qu'elles oeuvrent pour les plus défavorisés (le «  principe de différence  »). On a souvent interprété cette approche comme un pur produit, aujourd'hui dépassé, des valeurs et des espoirs de l'après Seconde Guerre mondiale.
    La thèse ici présentée est tout autre. Plus que le contenu de la théorie, elle interroge l'actualité politique de la démarche de Rawls - Habermas parle à ce sujet d'une « braise radicale-démocratique » - et la relation constitutive entre raison et démocratie qui la sous-tend.
    La démarche contractualiste qu'il propose, sur le modèle du contrat social de Rousseau, est remarquable en ce qu'elle permet de dériver les principes de justice indépendamment de l'imposition d'une idéologie, d'une vision du Bien particulières. Cela est-il possible, se demandera-t-on  ? Oui, grâce à l'expérience de pensée de la « position originelle » où, placé sous un «  voile d'ignorance  », chacun peut découvrir en quel sens les deux principes d'égalité et de liberté sont justifiés et peuvent être publiquement l'objet, même dans un contexte pluraliste, d'un accord libre, seule source de légitimité démocratique. Loin d'être historiquement contingents, ils constitueraient les conditions mêmes de toute coopération humaine.
    Oser cet appel à « la raison humaine libre » (Kant) pour défendre la démocratie et les principes d'égalité et de liberté contre leurs ennemis était un geste « philosophiquement raisonnable » en 1971. En ce début du XXIe siècle, quel sens garde-t-il  ? Ne serait-il pas devenu « politiquement radical » ?

  • {Changer la vie }(1961) est l'autobiographie sentimentale et sociale du fils d'un cordonnier de Fougères. L'enfance fracassée par la pauvreté, l'usine à quatorze ans, la rage d'en sortir par la littérature libératrice qui le mènera au bachot et à la Rue d'Ulm. La beauté conquise n'impose qu'un devoir: changer la vie des autres.

  • Relativisme, scepticisme, dogmatisme... ces problèmes hantent depuis toujours les philosophes s'interrogeant sur la vérité, sa nature et la valeur qu'il faut lui reconnaître. Dans ce débat sans concession, Richard Rorty et Pascal Engel exposent et précisent leurs profondes divergences, offrant ainsi des voies d'accès privilégiées à une manière plus approfondie et peut-être mieux affirmée, de penser la vérité. Qu'attendons-nous de la vérité ? En avons-nous besoin ? Ces questions ont-elles seulement un sens oe

  • A l'heure où le débat politique fait de nouveau référence, avec insistance, mais aussi avec confusion, à la liberté du peuple souverain, il redevient indispensable de se demander ce qui fait précisément qu'un peuple peut se penser comme libre. La liberté d'un peuple se mesure-t-elle à la façon dont les droits des individus qui le composent se trouvent protégés ? Ou bien devons-nous considérer qu'un peuple libre est aussi, voire surtout, un peuple dont les vertus civiques sont suffisantes pour soutenir la participation des citoyens à la vie publique ? Deux modèles hantent ainsi notre imaginaire démocratique : celui du libéralisme politique, celui du républicanisme. Sont-ils incompatibles ? Peuvent-ils s'articuler, et à quelles conditions, l'un à l'autre ? Cet essai à la fois historique et critique entreprend de reconstruire la logique interne de ce dédoublement qui, dans les actuelles divisions de notre vie politique, joue un rôle de plus en plus déterminant, au point de subvertir les anciens clivages entre gauche et droite, ou entre progressisme et conservatisme.

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