• Convaincu de l'innocence de Calas exécuté en 1762, Voltaire met sa plume au service de la justice pour demander sa réhabilitation. Le négociant huguenot était accusé du meurtre de son fils qui voulait se convertir au catholicisme.
    Avec une ironie mordante et un style inimitable, l'écrivain plaide pour le respect des croyances et l'esprit de tolérance.
    Une réflexion très actuelle sur le système judiciaire, la responsabilité des juges et les effets pervers des lois.

  • On sait tout de Candide, sauf une chose : quel rapport l'auteur avait-il avec ses personnages? Les a-t-il imaginés ou connus? A-t-il partagé certaines de leurs aventures? Est-il caché dans un coin du roman pour les observer? Ce regard que Voltaire pouvait porter de l'intérieur sur sa création, c'est justement celui qu'au-delà des connaissances acquises, on a eu l'audace de tenter de porter sur Candide. Cette édition change l'interprétation du plus étudié, mais aussi de plus secret des contes voltairiens. Il s'y présente de façon nouvelle. Ce n'est plus seulement, comme on l'a dit, un «catalogue de tous les malheurs humains», mis au service d'une campagne «philosophique» contre la doctrine de la providence. C'est, dans sa genèse et dans sa structure, un voyage sentimental au pays de la mémoire.

  • Voltaire Micromégas Après une étape sur Saturne où il se fait un compagnon de voyage, philosophe comme lui, Micromégas, habitant de Sirius, vient visiter la terre des hommes, « notre petite fourmilière » : occasion de péripéties nombreuses et de dialogues variés. Puis, à la Þn du livre, les deux personnages reprennent leur voyage, on ne sait vers quelle destination. Le lecteur ne les accompagne plus.
    Il demeure aux côtés des Terriens, ses semblables.
    Si l'étrangeté dont joue Voltaire dans ce conte qu'il publie en 1752 est d'abord celle des deux voyageurs, des autres mondes habités et du voyage interstellaire, c'est bien ensuite celle des Terriens qu'il met en scène : étrangeté physique, puis intellectuelle et philosophique. Le livre ainsi nous invite à changer de rôle, à philosopher nous aussi, non sur des créatures imaginaires, mais au contraire sur l'Homme. A l'évidence, Voltaire s'amuse. Son rire pourtant n'est pas gratuit : Micromégas est une histoire philosophique, une magniÞque leçon de « gai savoir ».

    Edition présentée et annotée par Jean Goulemot.

  • Edition enrichie (Préface, notes, annexes, chronologie et bibliographie)Un jeune Huron d´ascendance bretonne débarque à Saint-Malo en 1689. Il découvre un coin de province française, retrouve une famille, reçoit le baptême, s´illustre par un fait d´armes contre les Anglais et, pour finir, tombe amoureux de la belle et dévote Mlle de Saint-Yves. Pour obtenir sa main, il doit revenir de la Cour avec un brevet d´officier. Il gagne donc Versailles. Mais ses éclats naïfs le conduisent à la Bastille. Car les mésaventures de l´Ingénu - étymologiquement « l´homme libre » - n´illustrent pas seulement les déboires de la loi naturelle au royaume des superstitions, elles font de ce nouveau Candide le symbole des innocents persécutés. Le conte satirique, où Voltaire pourfend avec allégresse ses ennemis de prédilection - l´Infâme et la canaille, la tartuferie et l´arbitraire -, ménage à ses lecteurs un retournement inattendu et, malicieusement, s´achève sur un mode presque parodique, en roman sentimental. « C´est un phénomène unique, s´exclama Grimm, qu´un septuagénaire écrivant avec cette grâce, ce feu, ce charme et cette prodigieuse facilité ! » On trouvera dans ce volume des textes de circonstance qui éclairent la genèse et le sens de l´oeuvre : La Bastille, poème (1717), l´Epître à Uranie (1722), les Entretiens d´un sauvage et d´un bachelier (1761), la Relation de la mort du chevalier de La Barre (1766) et des extraits de la Correspondance (1762-1767).
    Edition d´Edouard Guitton.

  • Lire Zadig, ce n'est pas seulement partager les aventures orientales d'un jeune Babylonien en quête de bonheur. C'est aussi accepter le rire salutaire de Voltaire, c'est découvrir ses interrogations et parfois ses inquiétudes sur la condition humaine. C'est enfin être invité à poursuivre le combat contre toutes les formes de fanatisme et d'intolérance.

  • Le Dictionnaire philosophique de Voltaire (aussi intitulé par son auteur La Raison par l'alphabet) a été l'une des armes les plus efficaces du combat contre le fanatisme. Il fait aujourd'hui figure d'emblème des "Lumières", et son actualité est saisissante.
    L'idée du Dictionnaire philosophique est née en 1752, lors du séjour de Voltaire auprès de Frédéric II à Potsdam. En cette même année paraît le premier volume de l'Encyclopédie à laquelle Voltaire va bientôt collaborer. Comme le projet de Diderot et de d'Alembert, mais avec la légèreté incisive d'un dictionnaire "portatif", il répond à un désir d'universalité sans imposer aucune hiérarchie de valeurs. Dans sa Préface, Voltaire écrit : "Ce livre n'exige pas une lecture suivie ; mais à quelque endroit qu'on l'ouvre, on trouve de quoi réfléchir. Les livres les plus utiles sont ceux dont les lecteurs font eux-mêmes la moitié".
    Un dictionnaire "philosophique" au XVIIIe siècle place nécessairement la discussion sur un plan religieux. De fait, cette oeuvre, traversée par l'écho des querelles qui agitent l'époque, remet largement en cause la souveraineté de l'Église catholique mais aussi la monarchie absolue. Le Dictionnaire est avant tout un instrument de combat dans un contexte de lutte contre tous les dogmes arrogants, contre toutes les certitudes tyranniques : "Il n'y a de remède à cette maladie épidémique [le fanatisme] que l'esprit philosophique, qui répandu de proche en proche adoucit enfin les moeurs des hommes, et qui prévient les accès du mal". Il s'agit d'"écraser l'Infâme", pour reprendre la célèbre formule de Voltaire.
    Par sa nature, le Dictionnaire, qui ignore la séparation entre les genres, offre à Voltaire un espace privilégié de création et de réflexion où son génie peut se déployer dans toute sa virtuosité. L'auteur y maîtrise à la perfection l'art de capter l'attention du lecteur par la variété des sujets qu'il aborde et des tons qu'il emploie (tantôt ironique, tantôt satirique, tantôt d'un enjouement faussement naïf). D'un article à l'autre, il ménage des contrastes et élabore des transitions. Au fil de la rédaction du Dictionnaire, le réseau se raffermit et se complète, devenant ainsi un merveilleux laboratoire d'expérimentation de formes littéraires (dialogue, conte, théâtre, poésie, parodie, argumentation scientifique, récit de voyage, etc.).
    De A à Z (ou plus précisément - et ironiquement ? - de "Abbé " à "Vertu"), le Dictionnaire propose deux attitudes conçues a priori comme contradictoires : répertoire concis des connaissances sur les diverses religions en même temps qu'ouvrage de polémique. En réalité, il est le lieu où l'écrivain a consigné ses réflexions, c'est pourquoi il prend aussi une valeur testamentaire. Plus que l'exposé systématique d'une philosophie, le Dictionnaire constitue un manifeste pour la liberté de pensée. Les adversaires et partisans des Lumières l'ont bien senti : le Dictionnaire a été une des armes les plus efficaces du combat philosophique. Une fois le livre paru, il a fallu organiser une tactique de diffusion et d'autodéfense. Ainsi, Voltaire ne l'a pas signé. En 1765, le Dictionnaire est condamné à être lacéré et brûlé par arrêté du Parlement de Paris.
    Plus de deux siècles après avoir été écrite, cette oeuvre admirable garde aujourd'hui toute sa virulence.

  • Selon l'expression de Lanson, les Lettres philosophiques sont «la première bombe lancée contre l'Ancien Régime». L'ouvrage connaît deux éditions: une édition anglaise (Londres, 1733) et une édition française (Rouen, 1734), qui comporte une vingt-cinquième lettre «Sur les Pensées de M. Pascal». Les Lettres anglaises sont devenues philosophiques: elle sont aussi immédiatement condamnées.

    On trouvera ici le texte de cette édition, accompagné d'un choix de variantes et d'un ensemble d'esquisses et d'avant-textes. Surtout, la présente édition fait le pari de montrer la cohérence de l'ouvrage à la suite de l'adjonction de l'anti-Pascal.

empty