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  • Le Diable au corps est un roman de Raymond Radiguet paru en 1923. C'est le récit d'une histoire d'amour entre un jeune garçon et une femme tandis que le fiancé de cette dernière se bat sur le front durant la Première Guerre mondiale. Cette oeuvre marque les esprits par l'extraordinaire sens de la formule de son auteur, et surtout le mythe qui l'entoure (Radiguet est mort à l'âge de 20 ans). Des thèmes tels que l'adolescence, la trahison, le scandale, la parentalité, l'adultère, les doutes amoureux sont magistralement abordés dans cet ouvrage. Extrait : Je rentrai en classe. Le professeur, ironique, m'appela Don Juan. J'en fus extrêmement flatté, surtout de ce qu'il me citât le nom d'une oeuvre que je connaissais et que ne connaissaient pas mes camarades. Son « Bonjour, Don Juan » et mon sourire entendu transformèrent la classe à mon égard. Peut-être avait-elle déjà su que j'avais chargé un enfant des petites classes de porter une lettre à une « fille », comme disent les écoliers dans leur dur langage. Cet enfant s'appelait Messager ; je ne l'avais pas élu d'après son nom, mais, quand même, ce nom m'avait inspiré confiance. À une heure, j'avais supplié le directeur de ne rien dire à mon père ; à quatre, je brûlais de lui raconter tout. Rien ne m'y obligeait. Je mettrais cet aveu sur le compte de la franchise. Sachant que mon père ne se fâcherait pas, j'étais, somme toute, ravi qu'il connût ma prouesse.

  • Le Bal du comte d'Orgel est un roman de Raymond Radiguet paru en juillet 1924, peu de temps après la mort de son auteur. Cet ouvrage en français, portant sur un triangle amoureux, est considéré comme un chef-d'oeuvre du roman moraliste. L'action se déroule dans le Paris des Années folles, son écriture est fortement orientée sur une analyse de la psychologie des personnages. Extrait : De leur île, comme des voisins malveillants derrière leur judas, ils observent le vieux continent. Cette Révolution les égaye. Quoi de plus drôle, par exemple, que ce mariage de la petite cousine avec un général Bonaparte ! Mais où la plaisanterie leur semblera excessive, ce sera lors de la proclamation de l'Empire. Ils y voient l'apothéose de la Révolution. Le bouquet de ce feu d'artifice retombe en une pluie de croix, de titres, de fortunes. Cette immense mascarade, où l'on change de nom comme on met un faux-nez, les blesse. On assiste dans la Martinique à un branle-bas curieux. L'île charmante se dépeuple en un clin d'oeil. Joséphine qui se constitue une famille essaye d'attacher à la Cour ses parents les plus vagues, quelquefois les plus humbles, mais dont les noms ne datent pas d'hier. C'est aux Grimoard qu'elle a pensé d'abord. Les Grimoard ne répondent pas. Ce ne sera qu'une fois Joséphine répudiée que l'on renouera avec elle. Le marquis lui écrira même une lettre fort morale, lui disant qu'il n'avait jamais pu prendre la chose au sérieux. Il lui offre son toit. Sa haine pour l'Empire éclate. Jusque-là, il se retenait, à cause de leur parenté.

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