• Le phénomène du populisme n'a pas encore été véritablement pensé. C'est en effet surtout à caractériser sociologiquement les électeurs populistes que se sont attachés la plupart des livres sur le sujet ; ou à discuter ce dont il est le symptôme (le désenchantement démocratique, les inégalités galopantes, la constitution d'un monde des invisibles, etc.) ; ou encore à sonner le tocsin sur la menace qu'il représenterait.

    Cet ouvrage propose de le comprendre en lui-même, comme une idéologie cohérente qui offre une vision puissante et attractive de la démocratie, de la société et de l'économie. S'il exprime une colère et un ressentiment, sa force tient au fait qu'il se présente comme la solution aux désordres du présent. Il est pour cela l'idéologie ascendante du xxie siècle, à l'heure où les mots hérités de la gauche semblent dorénavant résonner dans le vide.

    L'auteur en présente une théorie documentée, en retrace l'histoire dans celle de la modernité démocratique et en développe une critique approfondie et argumentée. Il permet ainsi d'en finir avec les stigmatisations impuissantes et dessine les grandes lignes de ce que pourrait être une alternative mobilisatrice à ce populisme.

  • Une impression d'abandon exaspère aujourd'hui de nombreux Français. Ils se trouvent oubliés, incompris, pas écoutés. Le pays, en un mot, ne se sent pas représenté. Cet essai, en forme de manifeste, a l'ambition de contribuer à le sortir de cet état inquiétant, qui mine la démocratie et décourage les individus. Pour remédier à cette mal-représentation, il veut former, par le biais d'une réflexion collective et participative, l'équivalent d'un Parlement des invisibles. Il répond au besoin de voir les vies ordinaires racontées, les voix de faible ampleur écoutées, la réalité quotidienne prise en compte.

    Dans une édition amplement mise à jour et augmentée, cet ouvrage cet ouvrage formule les principes et les conditions de mise en oeuvre d'un type d'expérimentation sociale, politique et intellectuelle qui s'avère aujourd'hui plus essentiel que jamais.

  • Nos régimes sont dits démocratiques parce qu'ils sont consacrés par les urnes. Mais nous ne sommes pas gouvernés démocratiquement, car l'action des gouvernements n'obéit pas à des règles clairement établies.
    À l'âge d'une présidentialisation caractérisée par la concentration des pouvoirs dans les mains de l'exécutif, le problème n'est plus seulement celui de la « crise de la représentation ». Il est devenu celui du mal-gouvernement, dont il est urgent de comprendre les mécanismes pour instaurer un nouveau progrès démocratique.
    Ce livre propose d'ordonner les aspirations qui s'expriment aujourd'hui dans de nombreux secteurs de la société civile et dans le monde militant autour de ces questions en distinguant les qualités requises des gouvernants et les règles organisatrices de la relation entre gouvernés et gouvernants. Réunies, celles-ci forment les principes d'une démocratie d'exercice comme bon gouvernement.

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  • Depuis les années 1980, les plus riches n'ont cessé d'accroître leur part des revenus et des patrimoines, inversant la précédente tendance séculaire à la réduction des écarts de richesse.
    Les facteurs économiques et sociaux qui ont engendré cette situation sont bien connus. Mais la panne de l'idée d'égalité a aussi joué un rôle majeur : il n'y a donc rien de plus urgent que de refonder cette notion pour sortir des impasses du temps présent.
    L'ouvrage contribue à cette entreprise en retraçant l'histoire des deux siècles de débats et de luttes sur le sujet et en élaborant ensuite une philosophie de l'égalité comme relation sociale. Grâce à un éclairage inédit sur les théories de la justice, Pierre Rosanvallon montre que la reconstruction d'une société fondée sur les principes de singularité, de réciprocité et de communalité est la condition d'une solidarité plus active.

  • L'idéal démocratique règne désormais sans partage, mais les régimes qui s'en réclament suscitent partout de vives critiques. L'érosion de la confiance dans les représentants est ainsi l'un des problèmes majeurs de notre temps. Mais, si les citoyens fréquentent moins les urnes, ils ne sont pas pour autant devenus passifs : on les voit manifester dans les rues, contester, se mobiliser sur Internet. Pour comprendre ce nouveau Janus citoyen, cet ouvrage propose d'appréhender les mécanismes d'institution de la confiance et l'expression sociale de la défiance comme deux sphères et deux moments distincts de la vie des démocraties. L'activité électorale-représentative s'organise autour de la première dimension : c'est elle qui a été classiquement étudiée. Mais la seconde n'a jamais été explorée de façon systématique. C'est à quoi s'attache Pierre Rosanvallon en proposant une histoire et une théorie du rôle structurant de la défiance dans les démocraties.

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  • L'État-providence est toujours en crise. Mais celle-ci a changé de nature. Au-delà des lancinants problèmes de financement et de gestion, au-delà des questions posées sur l'efficacité du système de redistribution, ce sont les principes organisateurs de la solidarité et la conception même des droits sociaux qui se trouvent remis en cause.
    C'est à une refondation intellectuelle et morale de l'État-providence qu'il faut aujourd'hui procéder. Pierre Rosanvallon explore, dans ce livre, les formes que pourrait prendre un État actif-providence lié au développement de la citoyenneté sociale. Il invite notamment à enrichir la notion de droit social, à reformuler la définition du juste et de l'équitable, à réinventer les formes de la solidarité. Cette recherche est indissociable d'une pratique plus active de la démocratie et d'une idée renouvelée de la nation.
    Ce livre propose une rediscussion d'ensemble de la question sociale. Il prolonge et renouvelle profondément les analyses désormais classiques que l'auteur avait menées dans La Crise de l'État-providence.

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  • Le peuple est la source de tout pouvoir démocratique.
    Mais l'élection ne garantit pas qu'un gouvernement soit au service de l'intérêt général, ni qu'il y reste. C'est pourquoi un pouvoir n'est désormais considéré comme pleinement démocratique que s'il est soumis à des épreuves de contrôle et de validation à la fois concurrentes et complémentaires de l'expression électorale majoritaire. Il doit se plier à un triple impératif de mise à distance des positions partisanes et des intérêts particuliers (légitimité d'impartialité), de prise en compte des expressions plurielles du bien commun (légitimité de réflexivité), et de reconnaissance de toutes les singularités (légitimité de proximité).
    D'où le développement d'institutions comme les autorités indépendantes et les cours constitutionnelles, ainsi que l'émergence d'un art de gouvernement toujours plus attentif aux individus et aux situations particulières. Après avoir publié La Contre-démocratie (" Points Essais", 2008), Pierre Rosanvallon propose, clans ce deuxième volet de son enquête sur les mutations de la démocratie au XXIe siècle, une histoire et une théorie de cette révolution de la légitimité.

  • La démocratie constitue, depuis deux siècles, l'horizon du bien politique.
    Mais elle semble en même temps inachevée ou trahie. Une des principales raisons de ce malaise tient à une difficulté de figuration : l'avènement d'un monde d'individus rend la société moins lisible en ses différences. Il y a ainsi une tension qui se noue entre l'évidence du principe politique de la démocratie et le caractère plus incertain de son fondement sociologique. Le peuple est sacré souverain au moment où il paraît plus insaisissable.
    Dès le départ, le problème des conditions d'une " bonne " représentation politique s'est posé et il n'a pas cessé depuis. Pierre Rosanvallon s'attache à contruire l'histoire de cette question. Partant des formulations et des expériences de la période révolutionnaire, il reprend ensuite le fil des interrogations et des tâtonnements du XIXe siècle pour montrer comment s'est constituée, au tournant du XXe siècle, une démocratie d'équilibre.
    Le rôle reconnu aux partis politiques, l'adoption de nouvelles techniques électorales, la place faite à des corps intermédiaires comme les syndicats, le développement des sciences sociales même ont alors apporté des éléments partiels de réponse au déficit originaire de figuration. Ce qu'il est convenu d'appeler la " crise de représentation " doit être compris comme résultant, depuis les années 1970-1980, de l'érosion de cette démocratie d'équilibre.
    Les transformations de la société et l'épuisement des institutions se sont alors conjugués pour faire retourner la démocratie à ses apories premières. D'où le trouble et le désarroi qui accompagnent l'entrée dans ce qui marque un troisième âge de la démocratie. Poursuivant la recherche menée dans le Sacre du citoyen (Gallimard, 1992) sur l'avénement du suffrage universel, cet ouvrage constitue le second volet d'une histoire intellectuelle d'ensemble de la démocratie moderne.
    La démarche de l'historien dans ce travail, une réflexion de philosophie politique pour éclairer le citoyen.

  • La démocratie est à la fois triomphante et incertaine. D'un côté, on en appelle à davantage de pluralisme et de décentralisation, à l'extension des contre-pouvoirs ; de l'autre, on demande plus de politique et on souhaite l'instauration d'un lieu central où prendrait forme une volonté commune efficace.

    Si le procès de la centralisation et du jacobinisme a mille fois été instruit depuis Tocqueville, une autre histoire reste encore à prendre en compte : celle des fortes résistances à ce jacobinisme. Car ce « modèle » n'a pas cessé d'être massivement dénoncé en même temps qu'il était généralement décrit comme dominant : il n'est donc pas figé mais s'est largement amendé.

    Pierre Rosanvallon propose ici une nouvelle interprétation d'ensemble du système politique français.

  • L'invité des rencontres annuelles autour de la laïcité et des valeurs de la République, organisées par le conseil départemental de Haute-Garonne n'est autre que Pierre Rosanvallon, qui a choisi d'aborder le thème suivant :
    « Refonder la démocratie pour le bien public ». Cette conférence autour de la laïcité questionne notre vision de la démocratie.
    La démocratie, comme la laïcité, propose une manière de vivre ensemble.
    Notre époque se caractérise par une montée du populisme, avec une certaine résistance au futur, et ces dysfonctionnements nuisent à notre société. Mais alors comment surmonter ce malaise démocratique contemporain ? Étendre la définition de la démocratie, aller au-delà de la forme occasionnelle que représentent les élections pour se consacrer à la qualité du gouvernement et imaginer un avenir sociétal positif - sécurité collective, réduction des inégalités etc. - sont autant d'actions nécessaires pour le bien public. Refaire société, c'est remettre la laïcité au coeur de la démocratie.

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