• Le dernier enfant

    Philippe Besson

    Prix de la Ville de Vannes 2021
    " Elle le détaille tandis qu'il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d'une beauté qui continue de l'époustoufler, de la gonfler d'orgueil. Et aussitôt, elle songe, alors qu'elle s'était juré de se l'interdire, qu'elle s'était répété non il ne faut pas y songer, surtout pas, oui voici qu'elle songe, au risque de la souffrance, au risque de ne pas pouvoir réprimer un sanglot : c'est la dernière fois que mon fils apparaît ainsi, c'est le dernier matin. " Un roman tout en nuances, sobre et déchirant, sur le vacillement d'une mère le jour où son dernier enfant quitte la maison. Au fil des heures, chaque petite chose du quotidien se transforme en vertige face à l'horizon inconnu qui s'ouvre devant elle.Prix de la Ville de Vannes 2021

  • Cette année-là, j'avais vingt-deux ans et j'allais, au même moment, rencontrer l'insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux. D'un côté, le plaisir et l'insouciance ; de l'autre, la souffrance et l'inquiétude. Le corps qui exulte et le corps meurtri. Aujourd'hui, je me demande si, au fond, tout n'était pas lié. Après Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson poursuit son dialogue avec les fantômes de sa jeunesse et approfondit son souci d'exprimer sa vérité intime.

  • Ils se sont aimés, à l'âge des possibles, puis quittés, sans réelle explication. Dix-huit ans plus tard, ils se croisent, presque par hasard, à Montréal. Qui sont-ils devenus ? Qu'ont-ils fait de leur jeunesse et de leurs promesses ? Sont-ils heureux, aujourd'hui, avec la personne qui partage désormais leur vie ? Le temps d'un dîner de retrouvailles - à quatre - chaque mot, chaque regard, chaque geste est scruté, pesé, interprété. Tout remonte à la surface : les non-dits, les regrets, la course du temps, mais aussi l'espérance et les fantômes du désir. À leurs risques et périls.

  • Une villa en Italie, le soleil trop fort, des ferries qui font la traversée vers les îles, une romancière qui peine à finir un livre, un jeune officier de l'Académie navale, un accident de voiture à des centaines de kilomètres, l'enchaînement des circonstances, la réalité qui rejoint la fiction, la fin d'un amour, le commencement d'un autre peut-être. Dans ce roman plus personnel qu'il n'y paraît, l'auteur de L'Arrière-Saison dresse le portrait d'une femme puissante et de deux hommes fragiles, en proie à des hésitations sentimentales.

  • Vivre vite

    Philippe Besson

    " Regardez-moi bien. Qui sait si je serai encore là demain... " Aussi célèbre soit-il, James Dean, symbole de la jeunesse éternelle, demeure toujours aussi insaisissable. Vivre vite, roman choral tout en nuances, dresse, à travers la voix de ses proches, le portrait intime d'un garçon de l'Indiana, inconsolable et myope, turbulent mais d'une beauté irrésistible, qui s'est donné à tous, sans jamais appartenir à personne : un acteur incandescent devenu, en trois films et un accident de voiture, une icône intemporelle.

  • Quand j'étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter : " Arrête avec tes mensonges. " J'inventais si bien les histoires, paraît-il, qu'elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J'ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier. Aujourd'hui, voilà que j'obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre. Autant prévenir d'emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale. Mais un amour, quand même. Un amour immense et tenu secret. Qui a fini par me rattraper.Prix Maison de la presse 2017.Prix Maison de la presse 2017Prix Psychologies du roman inspirant 2017

  • " J'ai souvent repensé à la mise en place du piège qui allait se refermer sur nous. À cet étrange ballet à quatre, dans lequel parfois s'immisçait un étranger. À ces va-et-vient d'une maison à l'autre, du jardin à la chambre, de la fraîcheur de la véranda à la chaleur de la plage ; ces déplacements infimes que nous accomplissions et qui tissaient à leur manière une toile où nous allions nous empêtrer. À cette langueur de juillet, lorsqu'on succombe à la paresse et que le désir s'insinue. À ces abandons progressifs : de la morale, du discernement, du sens commun. Nous aurions pu facilement tout empêcher mais aucun d'entre nous n'a pris la décision d'arrêter la machine folle. Aucun d'entre nous n'y a songé. " Philippe Besson, auteur de L'Arrière-saison et de De là, on voit la mer, nous livre un roman tout en nuances et en violence contenue, une tragédie moderne dissimulée sous les apparences d'un innocent marivaudage, le récit d'une vengeance qui doit s'accomplir.

  • Mercredi 23 juillet,Il fait froid comme en plein hiver. C'est ce froid qui saisit Arthur en premier, lorsqu'il descend sur le quai de la petite gare de Voncq. C'est ce froid qui le glace jusqu'aux os, qui fait courir le long de son échine des frissons qui le désarticulent. Il est vrai qu'il a perdu l'habitude des étés français: voilà trop d'années que ses saisons à lui sont torrides, blanches et sèches. Mais il y a plus: dans ce monde à l'écart du monde, il est indéniable que tout semble plus ténébreux, plus humide. La lumière est sale et les ciels sont lourds. Des obscurités cavalent sur les flancs des collines, s'installent au creux des vallées. Même le fleuve est noir. L'été, ça n'existe pas. Le soleil, ça n'existe pas. Il n'y a que la pluie, le plus souvent, et une sorte de grisaille sur tout. Les peupliers plient sous le vent. Arthur s'avance comme un spectre au milieu de ce théâtre d'ombres.Je l'attends au bord des rails, je tends mon cou pour l'apercevoir, je me suis composé un sourire, je crois que ce sourire me défigure quand je finis par reconnaître sa silhouette. Je vois le corps morcelé, soutenu par des béquilles, j'imagine le calvaire qu'a dû représenter son voyage depuis Marseille dans des trains de fortune. Je cours à sa rencontre. Je conserve le faux sourire, les yeux qui brillent.J'embrasse son visage de mes deux mains. Ses bras restent accrochés aux béquilles. Nous n'échangeons pas un mot.Plus tard, j'aide le préposé aux bagages à charger ses valises dans notre carriole. Arthur se tient derrière moi, en retrait, grimaçant je le sais sans le voir. Je tente de lui dissimuler mon affolement. Lui demeure plutôt calme au milieu du désordre, de l'agitation. Moi, je lutte pour ne pas m'évanouir. Quand il s'agit de le hisser dans notre véhicule, le jeune homme de la gare fait appel à du renfort. C'est trop pour lui seul.Arthur croyait avoir tout oublié mais tout lui revient "en une seule seconde", m'assure-t-il. Dans le soir, il reconnaît les façades des maisons rongées par le lierre, les murs dressés comme des remparts, les toits identiques à l'infini, et au-delà de l'enceinte de la cité, la forêt où il s'est si souvent perdu et où planent les fantômes de son passé.

  • "On m'a souvent demandé ce que devenait Vincent. Moi-même, plus d'une fois, je me suis dit : quels chemins a-t-il empruntés, cet amoureux brutalement rendu à la solitude ? J'ai fini par trouver une réponse." Ph. B. À la dernière page d'En l'absence des hommes, son tout premier roman publié en 2001, Philippe Besson laissait Vincent, son très jeune héros, dévasté par la mort de l'être aimé et résolu à rejoindre des contrées lointaines. Sept ans plus tard, Vincent revient en France après avoir erré du Moyen-Orient jusqu'en Amérique. Il ne reconnaît rien du Paris qu'il a connu. Le hasard le met en présence d'un jeune homme talentueux, brillant, charismatique qui l'entraîne dans les milieux intellectuels parisiens et les folles nuits de Montparnasse. Mais la malédiction n'est jamais loin. Ces enfants du siècle auront-ils le temps de grandir ? Ce beau livre, à la fois grave et lumineux, est un chant d'amour déchirant à la gloire des disparus. Il dit aussi, en des jours incertains, l'espoir d'un renouveau.

  • En cette année 1916 où la guerre dévore chaque jour sa ration de chair humaine, les survivants n'ont d'autres ressources que d'offrir leur corps en sursis à la douceur du désir et à la violence des étreintes.Vincent, le narrateur, est un très jeune homme particulièrement beau et intelligent. Il découvre la passion dans les bras d'Arthur, un jeune soldat qui tente d'échapper pour quelques jours à l'horreur des tranchées ; et dans le même moment, il noue une amitié amoureuse avec Marcel Proust que la séduction de cet adolescent trouble.Une correspondance s'établit alors entre les trois protagonistes : des lettres d'amour déchirantes entre Vincent et Arthur, qui devine que la guerre va le broyer, et des lettres troublantes entre Vincent et Marcel Proust, qui tente d'éclairer le jeune homme sur les dangers terribles que sa sexualité va lui faire courir.La dernière partie de ce roman impudique et violent est consacrée à la confession de la mère d'Arthur. Cette femme effacée a toujours travaillé chez les parents de Vincent et c'est à lui qu'elle décide de révéler le secret qui l'oppresse.http://www.philippebesson.comPrix Emmanuel-Roblès 2001Prix premier roman de Culture et bibliothèques pour tous de la Sarthe 2001

  • Une histoire simple et déchirante par l'auteur de "En l'absence des hommes".
    Thomas meurt. Thomas accepte de mourir. C'est ici, dans la maison de Saint-Clément, la maison de l'enfance, qu'il choisit d'attendre de mourir. Je suis auprès de lui. C'est encore l'été. J'ignorais qu'on pouvait mourir en été.Je croyais que la mort survenait toujours en hiver, qu'il lui fallait le froid, la grisaille, une sorte de désolation, que c'est seulement ainsi qu'elle pouvait se sentir sur son terrain. Je découvre qu'elle peut tout aussi bien exercer sa besogne en plein soleil, en pleine lumière. Je songe que Thomas l'accueillera en pleine lumière."Un jour, Thomas apprend qu'il est gravement malade et qu'il va probablement mourir. La nouvelle touche en plein coeur ce jeune homme si vivant, si amoureux. Comment supporter une telle épreuve? Lucas, son frère va l'accompagner pendant ces quelques mois. Ils iront se réfugier dans la maison d'enfance, la maison blanche de l'île de Ré. Non pas pour attendre la mort mais pour vivre intensément chacune des heures qui leur est donnée.On retrouve dans ce nouveau roman les qualités de "En l'absence des hommes", premier roman très remarqué de Philippe Besson paru en janvier 2001."Son frère" a été adapté par Patrice Chéreau, avec Eric Caravaca et Bruno Todescini. Le film sera diffusé sur Arte au printemps 2003, puis sortira en salle. Il a reçu l'Ours d'argent du Festival du film de Berlin (la Berlinale).www.philippebesson.com

  • "L'été finit à Florence, ville des princes et des énigmes.Mon histoire, elle, commence.Je m'appelle Luca et j'ai disparu.Deux êtres sont à ma recherche: Anna, ma compagne, tout en courage et en douleur, et Leo, jeune homme mystérieux qu'on voit souvent rôder aux abords des gares. Que je vous dise: Je suis mort. Pourtant c'est bien moi qui parle." Luca a été retrouvé noyé, à Florence, dans les eaux de l'Arno. Anna Morante, sa compagne, cherche à connaître les causes exactes de ce décès: accident, suicide, meurtre ? Pourquoi trouve-t-on des traces de somnifères dans le sang de Luca, lui qui n'en prenait jamais? Au cours de son enquête, Anna découvre l'existence d'un nommé "Leo Bertina"... Une autre voix conduit le roman, celle du disparu. Si Luca est mort, ça ne l'empêche pas de commenter les conséquences de son décès, et de s'apercevoir qu'il n'est peut-être pas si souhaitable de survivre à sa propre mort... Il se désole d'infliger aux survivants une si lourde douleur. Il se désole plus encore de voir Anna se démener pour apprendre un secret qui va l'anéantir.

  • " On ne renonce jamais vraiment, on a besoin de croire que tout n'est pas perdu, on se rattache à un fil, même le plus ténu, même le plus fragile. On se répète que l'autre va finir par revenir. On l'attend. On se déteste d'attendre mais c'est moins pénible que l'abandon, que la résignation totale. Voilà : on attend quelqu'un qui ne reviendra probablement pas. " Hélène a vu en direct à la télévision les images d'un tremblement de terre dévastateur dans une ville lointaine ; son mari séjournait là-bas, à ce moment précis. Mathieu, quant à lui, a trouvé un jour dans un appartement vide une lettre de rupture. Ces deux-là, qui ne se connaissent pas, vont se rencontrer par hasard à Lisbonne. Et se parler. Une seule question les taraude : comment affronter la disparition de l'être aimé ? Et le manque ? Au fil de leurs déambulations dans cette ville mélancolique, dont la fameuse saudade imprègne chacune des ruelles tortueuses, ne cherchent-ils pas à panser leurs blessures et à s'intéresser, de nouveau, aux vivants ?

  • Un personnage de roman

    Philippe Besson

    • Julliard
    • 7 Septembre 2017

    " Je connaissais Emmanuel Macron avant qu'il ne se décide à se lancer dans l'aventure d'une campagne présidentielle. Et quand il m'a exprimé son ambition d'accéder à l'Élysée, j'ai fait comme tout le monde : je n'y ai pas cru. J'ai pensé : ce n'est tout simplement pas possible. Pourtant, au fil des mois, au plus près de lui, de son épouse Brigitte et de son cercle rapproché, sur les routes de France comme dans l'intimité des tête-à-tête, j'ai vu cet impossible devenir un improbable, l'improbable devenir plausible, le plausible se transformer en une réalité. C'est cette épopée et cette consécration que je raconte. Parce qu'elles sont éminemment romanesques et parce que rien ne m'intéresse davantage que les personnages qui s'inventent un destin. "

  • Après les succès des "Jours fragiles", d'"Un garçon d'Italie" et de "L'Arrière-saison", fidèle au rendez-vous, Philippe Besson confirme avec ce sixième roman l'étendue de son talent.
    Je suis né au milieu d'un automne, un jour de brume, un jour comme un autre, en somme. La brume, elle est là presque tout le temps. Elle recouvre tout, elle nous accompagne, elle sera là jusqu'au jour de notre mort. Elle est notre unique certitude. Ce voile sur nos visages. Ce gris dans nos regards. Ces gouttes qui perlent sur l'avant de nos bras.J'ai habité toute mon enfance dans une des maisons de poupée alignées sur le rebord de la côte, vous savez, ces maisons identiques les unes aux autres, au point qu'on pourrait rentrer chez un voisin sans s'en rendre compte. Ces maisons qui possèdent des bow-windows et un jardinet. On gare la voiture sur le côté.Je n'ai pas d'âge. Les années ont passé, je les ai perdues. Si je ne devais compter que les années heureuses, je serais encore un enfant.Je suis Thomas Sheppard, les gens m'ont toujours appelé Tom. Les gens, ce sont mes parents, les garçons qui ont grandi en même temps que moi, les vieux, les commerçants. Et Marianne, bien sûr. Personne ne m'appelle Thomas. Sauf ma grand-mère. Elle ne va pas tarder à mourir, à ce qu'on m'a dit. Alors, pour de bon, je ne serai plus Thomas pour personne.Je suis Thomas Sheppard et je n'avais jamais quitté Falmouth jusqu'à ce que les hommes m'emmènent.Aujourd'hui, je reviens.Je n'avais nulle part où aller.

  • Quand un écrivain réinvente l'histoire d'un tableau...
    " Au commencement, il y a cette peinture d'Edward Hopper qu'on peut voir à Chicago. J'ai dû l'apercevoir à plusieurs reprises avant de m'en procurer une reproduction, un dimanche d'ennui. Quand je l'ai installée dans mon appartement, elle m'a semblé curieusement familière. Du coup, je ne lui ai pas vraiment prêté attention. Elle a traîné, pendant plusieurs jours, dans son cadre posé contre un mur, à même le parquet (du reste, elle y est encore).Un soir, sans intention particulière, j'ai observé la femme en robe rouge de la peinture, assise au comptoir d'un café nommé Phillies, entourée de trois hommes. Je me suis souvenu aussi de la passion de Hopper pour les paysages de la Nouvelle-Angleterre. Alors, ça s'est imposé à moi, sans que j'aie rien cherché. J'ai eu l'envie impérieuse de raconter l'histoire de la femme à la robe rouge, et des trois hommes autour d'elle, et d'un café à Cape Cod.Oui, cela a été clair en un instant. "
    Philippe BessonGrand prix RTL - Lire 2003

  • Besson revisite le roman épistolaire avec une élégance d'une rare maîtrise.Sur un thème universel (la séparation), il propose une invitation au voyage,un témoignage sur la violence invisible de la rupture amoureuse,et une ode à l'écriture qui sauve.
    Lorsque l'homme qu'elle aime la quitte pour une autre femme, Louise décide de fuir Paris. Mais ni le voyage ni l'exotisme de Cuba ne suffisent à dissiper son chagrin, à détourner ses pensées de son amant. Afin de garder un contact avec lui, aussi dérisoire et masochiste soit-il, Louise décide alors de lui écrire une série de lettres, comme on lance des bouteilles à la mer.Depuis La Havane, New York, Venise, l'Orient Express et même Paris où s'achève son exil, naît une correspondance à une voix, implacablement honnête et poignante. S'y succèdent souvenirs des temps heureux, prémisses de la rupture, déchirement de l'abandon, désespoir de la solitude. Bientôt, l'évidence s'impose à Louise : la véritable destinataire de ces lettres n'est autre qu'elle-même. Tout au long de ce processus, se dessine alors la possibilité d'une guérison...Philippe Besson aime à s'imposer des contraintes formelles pour donner un cadre à ses fictions. En se réappropriant le genre du roman épistolaire, il fait de chaque lettre une méditation sur l'amour, le couple, le manque de l'absent, la solitude nécessaire à la reconstruction de soi... Et démontre que tout travail de deuil passe nécessairement par les mots. Au style singulier de Besson, tout à la fois dense et lyrique, s'ajoute l'admirable capacité à épouser une sensibilité féminine. Par ce roman optimiste, l'auteur d'Un instant d'abandon rompt volontairement avec la noirceur de ses derniers écrits.

  • L'un est un inspecteur de police de Los Angeles, marié et sans histoires. L'autre est la nouvelle coqueluche d'Hollywood, celui dont les tabloïds s'arrachent les photos. Sans l'assassinat d'un jeune prostitué dans un des quartiers les plus riches de L.A, ils ne se seraient jamais rencontrés... Alors que deux mondes opposés se télescopent dans un jeu de cache-cache mêlé de fascination et de faux-semblants, l'enquête policière va révéler bien plus que l'identité du coupable. Derrière le cliché d'une existence bien rangée, ou celui des paillettes et du glamour, se cachent la vulnérabilité et la solitude de deux êtres. Aucun n'avait prévu l'attirance violente qui les pousse soudain l'un vers l'autre. Comment ces deux hommes, icônes d'une certaine Amérique et symboles de la virilité, vont-ils faire face à l'inédit ? Et combien de temps un amour, même absolu, peut-il se maintenir en marge de la morale et des lois ? Tantôt roman noir, tantôt road movie, cet hommage aux films hollywoodiens est aussi le récit d'une ville mythique, Los Angeles, où l'omniprésente lumière californienne irradie tout, des rues aux villas de stars, en passant par les motels de Venice Beach et les rivages du Pacifique. Cette lumière vengeresse semble n'avoir qu'un seul but : révéler le mensonge des apparences, confronter les êtres à leurs secrets enfouis et à leur vérité nue.

  • Paul Bruder et Thomas Spencer sont nés le même jour. Ce hasard va les rendre inséparables. Leur enfance, insouciante et paisible, s'écoule au rythme du fleuve qui marque la frontière entre Mississippi et Louisiane. À l'adolescence, leur amitié résiste à l'épreuve des amours et des convictions naissantes. Heureux, ils ne prêtent pas attention aux orages qui s'annoncent. De la guerre de Corée à celle du Vietnam, d'Elvis à Marilyn, de la douceur des années 50 à la turbulence des sixties, leur destin va épouser les espérances et les convulsions d'un pays qui change. Mais surtout, Paul et Thomas vont croiser la route de Claire MacMullen, une jeune femme libre. Donc dangereuse. Dans une période troublée, la part obscure des individus se révèle. Et peut même les conduire à commettre l'irréparable.

  • À Los Angeles, tandis que l'Amérique s'apprête à élire un nouveau président, Laura, en proie à une résignation qui semble insurmontable, et Samuel, dévasté par la mort de son fils, vacillent au bord du précipice, insensibles à l'effervescence de leur pays. Ils ne se connaissent pas. Leurs destins vont se croiser. Pourront-ils se sauver l'un l'autre ?
    L'action se déroule le 4 novembre 2008, date de l'élection de Barack Obama. A Los Angeles comme partout ailleurs, c'est une journée d'exaltation, d'espoir de renouveau et d'attente fiévreuse. Mais tandis que l'Amérique semble retenir son souffle, impatiente de connaître l'issue de ce jour historique, pour Laura et Samuel, cette journée sera la plus longue et la plus terrible de leur vie. Car aujourd'hui Samuel doit se rendre aux funérailles de Paul, son fils de dix-sept ans qui vient de se suicider. Laura, femme seule de quarante-cinq ans, serveuse dans une cafétéria, a décidé, quant à elle, de se donner la mort le soir venu. Pour chacun d'eux, l'enjeu sera le même : comment échapper au déroulement implacable de cette journée ? Samuel pourra-t-il surmonter son chagrin, ne serait-ce que le temps de la cérémonie ? A-t-il même le droit de survivre à l'absence de celui qui n'aurait jamais dû partir avant lui ? Et quel sens donner au geste de son fils, un geste d'autant plus révoltant qu'il est inexpliqué ? Laura, elle, a mûrement réfléchi son choix. Personne ne la regrettera, ni son fils indifférent ni son ex-mari qui, lui, a su refaire sa vie. Cette dernière journée aura-t-elle un goût moins fade que toutes celles qu'elle vient de laisser derrière elle ? Un goût d'exceptionnel qui pourrait la faire changer d'avis ? Samuel et Laura ne se connaissent pas encore. Pourtant ils ont déjà beaucoup en commun. Ils vont d'ailleurs se rencontrer... au crépuscule. Roman de la mélancolie moderne, Une bonne raison de se tuer explore le sentiment de vide dans lequel nous plonge la société contemporaine. Pour décrire cette solitude, ces liens de plus en plus distendus entre les individus, Philippe Besson porte une attention soutenue à ces gestes machinaux qui forment un quotidien insipide, souvent inepte. En s'attardant sur une même et unique journée, il amplifie chaque détail, comme grossi à la loupe, et placé sous une lumière crue. Car, au fond, le lent écoulement du temps est tout ce qui reste aux personnages bouleversants de ce roman. Hommage au film d'Ettore Scola, Une journée particulière, auquel il fait écho, ce livre évoque en toile de fond une Amérique malade, mais son constat est bien plus vaste encore : le désespoir est, de toutes les menaces, la plus redoutable.

  • Un tango en bord de mer

    Philippe Besson

    • Julliard
    • 4 Septembre 2014

    " On a été heureux ensemble... - Toi et ta nostalgie... - Et puis, un jour, ç'a été terminé... - C'est comme ça. On n'y peut rien. - Peut-être qu'on y pouvait quelque chose. Peut-être qu'on n'a pas assez essayé. Peut-être qu'on n'y a pas assez cru. - Je croyais que tu détestais les couples. La durée. Ces choses-là. Bourgeoises. " Lui est un écrivain célèbre, la quarantaine passée. L'autre est un jeune homme qui cherche encore sa voie. Quelques années auparavant, ils se sont follement aimés, déchirés puis quittés. Ils se retrouvent par hasard, au beau milieu de la nuit, dans le bar désert d'un grand hôtel en bord de mer. Une atmosphère irréelle, propice au souvenir et à la confidence... Mais la magie d'un décor peut-elle suffire à faire renaître la vérité des êtres et des sentiments ?

  • Paris-briancon Nouv.

    Paris-briancon

    Philippe Besson

    Le temps d'une nuit à bord d'un train-couchettes, une dizaine de passagers, qui n'auraient jamais dû se rencontrer, font connaissance, sans se douter que certains n'arriveront jamais à destination. Un roman aussi captivant qu'émouvant, qui dit l'importance de l'instant et la fragilité de nos vies.Lorsqu'ils montent à bord de l'Intercités n°5789, un des rares trains de nuit encore en activité, rien ne rapproche ces passagers qui se rendent dans les Hautes-Alpes. À la faveur d'un huis clos imposé, tandis qu'ils sillonnent des territoires endormis, ils sont une dizaine à nouer des liens, laissant l'intimité et la confiance naître, les mots s'échanger, et les secrets aussi. Peu à peu, derrière les apparences, se révèlent des êtres vulnérables, victimes de maux ordinaires ou de la violence de l'époque, des voyageurs tentant d'échapper à leur solitude, leur routine ou leurs mensonges. Ils l'ignorent encore, mais au petit matin, certains d'entre eux trouveront la mort. L'essentiel réside dans ce qu'ils se seront dit cette nuit-là.
    Sans se départir de son aptitude à sonder la psychologie humaine, Philippe Besson nous livre un drame au suspense savamment dosé. Métaphore de la vie qui s'interrompt, toujours sans crier gare, ce roman de la fatalité nous rappelle que nul ne maîtrise son destin. Et, si l'issue en est toujours tragique, le chemin parcouru tisse l'histoire de nos existences. Ainsi, par la délicatesse et la justesse de ses observations,
    Paris-Briançon célèbre le miracle des rencontres de fortune, et la grâce des instants suspendus, où toutes les vérités peuvent enfin se dire.

  • I am sixteen. I am as old as the century'It is 1916. Vincent is sixteen, on the brink of manhood. Vincent is aristocratic and privileged, frequenting the salons of Paris while France is at war and the city almost deserted of men. In that brutal summer, Vincent's beauty and precocity captivate two men: Marcel, some thirty years his senior, a writer and celebrated socialite; and Arthur, the twenty-one year old son of one of the servants, who is now a soldier at the front. Both relationships become love affairs of a kind - of the mind or of the body. Vincent intuitively tries to keep his passions separate, but over the weeks of indolent Parisian summer and far-off war, confidences are made, absences endured, secrets revealed. All of these men will suffer, and Vincent will lose the last vestiges of his childhood innocence. In the Absence of Men is a stunning first novel: in its daring in representing Marcel Proust as a character, in the beauty of its prose and in its delicacy of feeling. It is a quite remarkable debut.

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