• Le 14 septembre 1898, Célestine R. prend sa nouvelle place au Mesnil-Roy, en Normandie, et décide de tenir son journal. « Mon intention, écrit-elle, est de n´employer aucune réticence, pas plus visà- vis de moi-même que vis-à-vis des autres » : les turpitudes de ses maîtres seront donc férocement montrées. D´abord conçu comme une étude de la condition domestique et une satire des moeurs bourgeoises, Le Journal d´une femme de chambre que Mirbeau fait paraître en 1900 s´est élargi en une dénonciation de l´intolérance qui a conduit à la condamnation de Dreyfus, et la satire bascule du côté de la diatribe. Au moment de sa parution, l´emportement impudique qui traverse le roman scandalise la critique, qui en dénonce les ignominies et n´en rend compte qu´à regret. Mais aujourd´hui, nous pouvons regarder sans moralisme la fureur dévastatrice du livre et son esthétique du monstrueux, et y voir la preuve, bien plutôt, de l´éclatante puissance littéraire de Mirbeau.Collection Classiques dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety.Édition présentée et annotée par Pierre Glaudes.

  • Les 21 juors d'un neurasthénique (1901) suivi de La 628-E8 (1907)
    Octave Mirbeau décrit la société à travers les curistes d'une station thermale et à travers les notes de voyage à travers la France, la Belgique, la Hollande et l'Allemagne.
    Les deux textes montrent l'humour et la tendresse de l'auteur.

  • Connu pour ses sympathies anarchistes, Octave Mirbeau est un écrivain engagé. Il a combattu l'antisémitisme, le nationalisme, le colonialisme, toutes les formes de domination qui asservissent l'individu. Sujets d'indignation qui intéressent notre temps et nous incitent à redécouvrir cette oeuvre.Avec Le Jardin des supplices, il invente une forme romanesque qui rompt avec les conventions de la cohérence narrative et de la vraisemblance. Ce texte offre un assemblage de morceaux disparates dans lequel la stylisation du réel en dévoile, par-delà les apparences, les aspects grotesques ou monstrueux. Mirbeau y adopte, après l'avoir longtemps cherché, le mode satirique qui va désormais faire de ses romans l'expression de son engagement passionné dans les luttes de son époque.Le Jardin des supplices et Le Journal d'une femme de chambre sont autant d'allégories qui, en pleine affaire Dreyfus, renvoient à la France antidreyfusarde sa propre image hallucinée sous un jour crépusculaire. Quelques années plus tard, La 628-E8, parodie d'un récit de voyage en automobile à travers l'Europe du Nord, est l'occasion de violentes charges contre le colonialisme belge, le militarisme, le nationalisme barrésien, la germanophobie. En 1913 enfin, Dingo, pseudo-récit de formation où un chien refait paradoxalement l'éducation de son maître, offre un tableau féroce de la France radicale.Ces quatre romans montrent combien Octave Mirbeau mérite d'être considéré comme le rénovateur du roman satirique dans la tradition de Ménippe, le philosophe cynique. Sans oublier, comme nous le rappelle son contemporain Émile Zola, qu'il fut aussi ce " justicier " compatissant, qui avait " donné son coeur aux misérables ".

  • Le 28 novembre 1888, Octave Mirbeau signe dans Le Figaro un article intitulé La Grève des électeurs. Un tel manifeste en faveur de l'abstention serait aujourd'hui impensable. Pour autant, il ne cherche point à inoculer le vice du désengagement mais à dénoncer la mystification du système électoral qui pare de la légitimité du vote les extorsions des puissants. Ce n'est pas l'idée de démocratie qu'il critique mais sa pratique au sein de la République ; les institutions abêtissent l'électeur tout en lui demandant son aval. L'anarchisme de Mirbeau fait de l'individu le centre à partir duquel la République doit être interrogée. Il prend à partie l'électeur, qu'il tutoie, sur l'absurdité de sa contribution au grotesque spectacle de sa quête aux suffrages. Par l'humour et la dérision, il attente à la respectabilité des institutions, dénonce "la protection aux grands, l'écrasement aux petits". Si Mirbeau n'érige pas d'utopie dans cette critique radicale, il nous lègue les armes capables de nous défaire du conditionnement qui annihile le plus faible ; vision suffisamment juste pour qu'elle nous dérange encore plus de cent ans plus tard !

  • Publiés dans la presse à un rythme soutenu, les contes de Mirbeau ont souvent été négligés par leur auteur qui les prétendait alimentaires... Ressortis après sa mort par sa veuve, on a découvert à quel point ils étaient subversifs et drôles. Composés pour une presse bourgeoise, ils s'en prennent à la bonne conscience, au confort moral et intellectuel de lecteurs qu'il espère bousculer. Les hommes vivent dans un troupeau voué à l'abattoir sinon aux urnes... Les thèmes en sont tragiques ou grinçants, les ressorts en sont comiques, élaborés dans le cadre d'une véritable volonté de démystification : du cynisme, du cléricalisme, de l'hypocrisie... Polémiques, radicaux, ils témoignent de la vigueur de l'un des auteurs les plus saisissants et les plus inspirés de la supposée "Belle Époque"...

    Octave Mirbeau (1848-1917) toujours très lu, est considéré comme une des grandes plumes fin-de-siècle. Journaliste, pamphlétaire, critique d'art, romancier et auteur dramatique il a imposé avec Le Jardin des Supplices, Le journal d'une femme de chambre, Les Vingt-et-un jours d'un neurasthénique, son théâtre (Les Affaires sont les Affaires), sa voix d'écrivain engagé, libertaire et individualiste. Curieux inlassable, il a découvert nombre de peintres et d'écrivains devenus incontournables.

  • Le Jardin des supplices n'est pas seulement le catalogue de toutes les perversions dans lesquelles s'est complu l'imaginaire de 1900. L'ouvrage exprime aussi l'ambiguïté de l'attitude d'un Européen libéral, mais Européen avant tout, devant le colonialisme et ce qu'on n'appelait pas encore le Tiers Monde. Pour Mirbeau, la Chine est le lieu des plaisirs mortels et, par leur système pénal et l'invraisemblable raffinement de leur cruauté, les Chinois ne peuvent être à ses yeux que des barbares : Emmanuelle sur fond de guerre du Viêt-nam, comme l'écrit Michel Delon. Mais les Chinois vivent dans une société plus solidaire et matériellement moins asservie que la nôtre. Et surtout ils sont d'admirables artistes. Tel est le paradoxe de la Chine : un jardin de supplices mais aussi les plus belles porcelaines, les plus beaux bronzes que l'on ait jamais faits. «Voici donc les Barbares à peau jaune dont les civilisés d'Europe à peau blanche violent le sol. Nous sommes toujours les mêmes sauvages, les mêmes ennemis de la Beauté.»

  • Mirbeau retrace dans cet étrange hommage les dernières années de la vie de Balzac, ses relations ambivalentes avec Mme Hanska, leur tardif mariage, enfin la terrible journée de son agonie. Les éléments qu il rend publics concernant la mort du grand homme, transmis par un ancien amant de Mme Hanska, amenèrent l interdiction pure et simple de son texte. Il ne sera redécouvert qu à la fin des années 1980.

  • « L'idée m'est venue de me volontairement imposer une corvée bien autrement pénible que les corvées militaires, et, malgré la chaleur, un beau matin, je suis parti à pied, sac au dos, de Marlotte à Bourbon-l'Archambaud. » Mais après plus de deux cent cinquante kilomètres parcourus en cinq jours, la chronique de cette randonnée pédestre est loin de chanter les vertus du plein air. En guise de souvenirs, Octave Mirbeau ne récolte au cours de l'été 1884 que de dérisoires trouvailles entomologiques (une cicindèle endormie, un papillon mort) et quelques échantillons de grotesque social (du piou-piou de Montargis aux commis voyageurs de Briare) : la marche n'est pas le fait de ce tempérament bouillant et impétueux qui en supporte mal les lenteurs !

  • À peine marié, un homme découvre la véritable nature de la femme qu'il a épousée : pingre, étouffante, acariâtre, elle n'est qu'un monstre de froideur.
    Sous la forme d'un mémoire adressé à l'avocat qui devra défendre sa demande de divorce, il confesse son enfer conjugal.
    Un texte surprenant dans lequel Mirbeau s'attaque aux conventions bourgeoises et dresse un portrait de femme aussi habile que misogyne. Les adolescents apprécieront la parole intime qui se délie et triomphe dans la critique sociale.

  • Dingo

    Octave Mirbeau

    Il y a quelques années, - exactement neuf années, un mois et cinq jours, - la veille de Pâques, au matin, Vincent Péqueux, dit La Queue, qui fait le service des messageries entre la gare de Cortoise et le village de Ponteilles-en-Barcis, où j'habitais alors, me livra, venant de Londres, une boîte. De sapin grossièrement barbouillé de noir, son couvercle percé de deux ouvertures grillagées, cette boîte avait un aspect funèbre. Volontiers, on l'eût prise pour un menu cercueil d'enfant, ou pour un capot défraîchi d'automobile, ou encore pour un de ces consternants emballages dans lesquels les horticulteurs japonais expédient leurs pivoines en Europe. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • BnF collection ebooks - "C'est, dans un département lointain, une petite propriété que ne décorent aucune boule en verre, ni le moindre kiosque japonais, ni l'inévitable bassin de rocailles avec son amour nu en plâtre crasseux et son impudique jet d'eau qui retombe sur des arums de zinc."
    BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d'histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.

  • Sébastien Roch

    Octave Mirbeau

    Dans ce troisième roman signé de son nom, Mirbeau transgresse un tabou majeur : celui du viol d'adolescents par des prêtres, sujet dont on n'a commencé à parler qu'un siècle après sa publication. Aussi bien ce beau et émouvant roman a-t-il été victime d'une véritable conspiration du silence. C'est le récit du sacrifice d'un enfant dont toutes les qualités sont détruites par ses années de collège et les viols qu'il y subit. Arrivé sain de corps et d'esprit au collège des Jésuites de Vannes - où Mirbeau lui-même fit ses études et dont il a été chassé dans des conditions plus que suspectes, en 1863 - le jeune Sébastien Roch, au prénom et au patronyme hautement significatifs, est souillé à jamais et lui aussi injustement chassé sous une accusation infâmante. L'éducation jésuitique constitue un viol de son esprit, suivi du viol de son corps, au terme d'une entreprise de séduction conduite cyniquement par un prêtre machiavélique, son propre maître d'études, le Père de Kern. Celui-ci le fait encore chasser honteusement du collège sous prétexte de prétendues « amitiés particulières » avec son seul ami et confident, le taiseux et révolté Bolorec. Extrait : Un père surveillant, qui, non loin de là, lisait son bréviaire, vint se mêler au groupe. L'enfant se crut sauvé : « Il va les faire taire, les punir », pensa-t-il. S'étant informé pourquoi l'on riait de la sorte, le Jésuite se mit, lui aussi, à rire, d'un rire amusé, discret et paterne, tandis que son ventre rond, secoué de légers soubresauts, gonflait gaiement la soutane noire. Alors, pour ne plus entendre ces rires et ces voix qui lui faisaient mal, pour échapper à ses regards qui le martyrisaient, Sébastien courba la tête et s'éloigna désespéré. Dans la vaste cour, entourée d'une haute barrière blanche et fermée sur le parc par une quadruple rangée d'ormes grêles, les enfants de son âge couraient, jouaient, d'autres se promenaient, bras dessus, bras dessous, sérieux et bavards ; d'autres encore, assis sur les marches du jeu de paume, narraient les prouesses de leurs vacances. Il n'en connaissait aucun. Pas un visage ami, pas une allure familière, pas une main prête à se tendre vers sa détresse de nouveau venu. Avec une serrée au coeur, il observait que des élèves, arrivés comme lui, de la veille, comme lui dépaysés, perdus, tout bêtes, se cherchaient, se rapprochaient, commençaient des ébauches d'amitié, sous l'oeil favorable des maîtres. Seul, il restait à l'écart, n'osant faire aucune avance, de peur des rebuffades ; il sentait s'élargir le vide autour de lui, irrémédiablement, il le sentait s'élargir de tout l'infranchissable espace, de tout l'inviolable univers qui le séparait de Guy de Kerdaniel, et des autres, de tous les autres.

  • L'Abbe Jules

    Octave Mirbeau

    C´est l´évocation d´un prêtre hystérique et en révolte permanente contre l´Église romaine et contre une société étouffante et oppressive. Jules Dervelle est constamment déchiré entre les besoins de sa chair et ses « postulations » vers le ciel. Mirbeau a choisi pour cadre un petit village du Perche, Viantais, inspiré de Rémalard, où il a passé sa jeunesse : chacun y vit sous le regard de tous et les exigences du corps et celles de l´esprit y sont lamentablement comprimées. Extrait : La vérité, c'est que les Robin, confiants dans les promesses du sénateur, attendaient un avancement prochain, et ne voulaient pas payer les frais de deux déménagements. Ils attendirent douze ans, dans la maison des demoiselles Lejars et, durant ces douze années, ils ne cessèrent de s'excuser, à chaque invitation nouvelle. -- Oh ! nous vous en devons, des dîners !... C'est honteux vraiment !... Mais quand nous aurons nos meubles !... Ma mère ne s'était pas trompée. C'étaient bien les Robin qui avaient sonné à la grille. Ils arrivèrent, lui, soufflant, sa figure enfouie dans le triple tour d'un cache-nez à carreaux noirs et blancs ; elle, minaudant sous une capeline de laine rouge, qu'ornait un large ruban de velours noir. -- Quel temps ! mes amis, s'exclama M. Robin, qui s'ébrouait ainsi qu'un vieux cheval, quel temps !... Et le daromètre baisse toujours.

  • BnF collection ebooks - "Voici donc le Journal de ce voyage en automobile à travers un peu de la France, de la Belgique, de la Hollande, de l'Allemagne, et, surtout, à travers un peu de moi-même. Est-ce bien un journal ? Est-ce même un journal ? N'est-ce pas plutôt des rêves, des rêveries, des souvenirs, des impressions, des récits, qui, le plus souvent, n'ont aucun rapport, aucun lien visible avec les pays visités ?"BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d'histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.

  • Octave Mirbeau parle d´abord à notre époque faite en trop grande partie de violences, de racismes, de sexualités déviantes, de folies aussi et son oeuvre s´avère être de l´ordre de celles que le temps épargne et qui révèlent toujours par leurs génies littéraires un moyen de pénétrer l´âme humaine dans ce qu´elle a de plus monstrueux comme de plus pervers. Sont réunis pour la première fois deux chefs-d´oeuvre du maître du subversif dans leurs versions intégrales :
    Livre I : « Le journal d´une femme de chambre » Le 14 septembre 1898, Célestine prend sa nouvelle place au Mesnil-Roy, en Normandie, et décide de tenir son journal. « Mon intention, écrit-elle, est de n´employer aucune réticence, pas plus vis-à-vis de moi-même que vis-à-vis des autres » : les turpitudes de ses maîtres seront donc forcément montrées. Un roman intemporel où l´ironie, le quotidien, le suspens, le sexe, l´émotion, l´arrivisme, l´ambition et tous les sentiments divers humains se mêlent dans une même harmonie jubilatoire, sans moralisme apparent et dans cette volonté d´esthétiser ce qu´il y a derrière le rideau, ce qu´on ne veut jamais voir, ce monstre qui se cache parfois en chacun de nous.
    Ce roman fit l´objet d´une adaptation fidèle à l´esprit de Mirbeau par le grand artiste espagnol Luis Buñuel en 1962, avec Jeanne Moreau dans le rôle de Célestine et Michel Piccoli dans le rôle du fils Montaigne.

    Livre II : « Le jardin des supplices » Célèbre ouvrage, à la réputation sulfureuse, regardé comme une oeuvre érotique ou nettement pornographique [...] « ces pages de Meurtre et de Sang » volontairement équivoques, se montrent également virulentes à l´endroit des milieux politiques et des crimes du colonialisme : « Nous sommes toujours les même sauvages, les mêmes ennemis de la Beauté ». - Lorenz, XV-391 ; Talvart et Place, XV-251.

    Revu, relu et corrigé par l´éditeur.

    Format professionnel électronique © Ink Book édition.

  • La Maréchale

    Octave Mirbeau

    Mirbeau s´est d´abord avancé masqué et a publié, sous au moins deux pseudonymes, pour plusieurs commanditaires, une dizaine de romans écrits comme nègre (notamment L'Écuyère, La Maréchale, La Belle Madame Le Vassart, Dans la vieille rue et La Duchesse Ghislaine). Il y fait brillamment ses gammes, varie les modèles dont il s´inspire et inscrit ses récits dans le cadre de romans-tragédies, où le fatum prend la forme du déterminisme psychologique et socioculturel. Et, déjà, il trace un tableau au vitriol de ce « loup dévorant » qu´est « le monde », et de la « bonne société » qu´il abomine et dont il connaît les dessous peu ragoûtants pour l´avoir fréquentée pendant une douzaine d´années. Il a publié La maréchale, sous le pseudonymes d'Alain Bauquenne. Extrait : Un grand bruit d'eau venait de la chaussée, fouettée par une subite averse : et c'était dans la nuit une galopade d'ombres agrandies de parapluies énormes, un roulis de voitures, des lumières qui filaient, des cris, des portières claquées. Puis, comme les valets de pied accouraient, le caoutchouc ruisselant, le pardessus troussé comme une robe, il rentra. -- Vous savez, mon cher ! fit la comtesse d'Andilly en se levant, si mes chevaux ont une fluxion de poitrine, je vous enverrai la note, comptez-y !... Adieu ! adieu ! Embrassez votre maman pour moi !... Vrai ? Vous ne voulez pas que je vous reconduise, amiral ? Vous allez fondre, je vous préviens !... Viens-tu, Sabine ? Il doit être une heure indue. Elles traversèrent le trottoir, dans une envolée de pelisses et de mantilles. -- Bonne nuit, ma chérie ! dit la baronne, qui montait en voiture, avec un joli merci des yeux à son amant qui l'aidait. -- Bonne nuit ! répliqua la duchesse. -- Elle la baisa au front par la portière. -- Couvre-toi bien !

  • Contes III

    Octave Mirbeau

    Octave Mirbeau a publié plus de 150 contes et nouvelles, dans divers journaux et revues : Gil Blas, L'Écho de Paris, Le Journal... Une partie de ces contes ont été regroupés en recueils : Contes de la chaumière, La vache tachetée, La pipe de cidre, etc. Extrait : Bientôt, notre maison devint silencieuse, et presque farouche. De même qu'elle avait chassé les amis, elle chassa les pauvres, ces amis inconnus, ces amis éternels de nos révoltes et de nos rêves. Aux misérables qui passent, elle ne souriait plus, comme une espérance, une promesse de joie et de réconfort. Par les routes, par les sentes, sur les talus, derrière les murs, ils s'étaient dit, sans doute, la mauvaise nouvelle. Aucun ne s'arrêtait plus devant sa claire façade, autrefois si hospitalière, si inviteuse, maintenant protégée contre l'imploration des sans-pain et des sans-gîte, par l'effroi de deux dogues, gardiens de nos richesses, et aussi par l'insolence des domestiques qui aiment à se venger sur les faibles des duretés de leur asservissement.

  • Ce livre numérique présente "La Mort de Balzac: Une histoire de double méprise et trahison (L'édition intégrale)" avec une table des matières dynamique et détaillée. Notre édition a été spécialement conçue pour votre tablette/liseuse et le texte a été relu et corrigé soigneusement.
    La Mort de Balzac est un ensemble de trois sous-chapitres initialement destinés à figurer dans La 628-E8 de l´écrivain français Octave Mirbeau, en 1907, et retirés au dernier moment, à la prière de la fille octogénaire de Mme Hanska, la comtesse Mniszech : Mirbeau le justicier aurait été par trop à contre-emploi et a préféré céder aux instances de la vieille dame. Le récit de la mort solitaire de Balzac et de la trahison de Mme Hanska est aussi, pour Mirbeau, une occasion de se venger par avance, comme s'il en avait eu un obscur pressentiment, de sa propre compagne, l´ancienne actrice Alice Regnault, qui allait à son tour le trahir ignominieusement au lendemain de sa mort.
    Octave Mirbeau (1848-1917) est un écrivain, critique d'art et journaliste français. Il connaît une célébrité européenne et de grands succès populaires, tout en étant également apprécié et reconnu par les avant-gardes littéraires et artistiques, ce qui n'est pas commun.

  • Ce livre numérique présente "Les Articles d´Octave Mirbeau (L'édition intégrale - 111 titres)" avec une table des matières dynamique et détaillée. Notre édition a été spécialement conçue pour votre tablette/liseuse et le texte a été relu et corrigé soigneusement.

    Octave Mirbeau (1848-1917) est un écrivain, critique d'art et journaliste français. Il connaît une célébrité européenne et de grands succès populaires, tout en étant également apprécié et reconnu par les avant-gardes littéraires et artistiques, ce qui n'est pas commun.
    Table des matières:
    Le Comédien L´Ordure La Grève des électeurs Prélude Sur Franz Servais Les Écrivains:
    Le Journalisme Jouets de Paris Le Rêve Réclame Academiana La Littérature en justice Décorations Un enterrement civil Élémir Bourges La Noblesse et la littérature Victor Hugo Émile Zola Les Conteurs La Province La Postérité Une nouvelle pédagogie Émile Hennequin La Gaieté de demain La Comédie de la gloire Le Manuel du savoir-écrire La Maison du philosophe Quelques opinions d´un Allemand Amour ! Amour !
    Maurice Maeterlinck Propos belges Une page d´histoire L´Opinion publique Le Cas de M. de Goncourt Les Beautés du patriotisme Jean Lombard Paul Hervieu L´Enquête littéraire Rêverie Potins !
    Les Mal-vus L´Armature Clemenceau Knut Hamsun À propos du Hard Labour Sur un livre La Gloire des Lettres Merveilles de la science Edmond de Goncourt Autour d´un penseur À Waterloo M. Léon Daudet Questions sociales On demande un empereur Léon Bloy L´Espoir futur Le Mauvais Désir Notes sur Georges Rodenbach À un magistrat Fécondité Propos galants sur les femmes Espoirs nègres Le Chef-d´oeuvre Académicien ?
    Le Secret de la morale Travail Sur les Académies L´Avenir des chefs-d´oeuvre Maurice Maeterlinck L´Affaire Dreyfus Combats esthétiques:
    Claude Monet Paul Gauguin Vincent Van Gogh Eugène Carrière Camille Pissarro Auguste Rodin Claude Monet - Venise...

  • Ce livre numérique présente "La pipe de cidre (L'édition intégrale - 23 titres)" avec une table des matières dynamique et détaillée. Notre édition a été spécialement conçue pour votre tablette/liseuse et le texte a été relu et corrigé soigneusement.


    Octave Mirbeau (1848 - 1917) est un écrivain, critique d'art et journaliste français. Il connaît une célébrité européenne et de grands succès populaires, tout en étant également apprécié et reconnu par les avant-gardes littéraires et artistiques, ce qui n'est pas commun.


    Table des matières:

    Piédanat Le Colporteur Rabalan La Belle Sabotière La Pipe de cidre Conte polynésien L´Octogénaire Un gendarme Les Bouches inutiles La Première émotion En viager Paysage de foule Mémoire pour un avocat Le Polonais Monsieur Quart Les Âmes simples Les Souvenirs d´un pauvre diable Pour s´agrandir Deux amis s´aimaient Le Tambour Les Deux Voyages Paysage de foule Jour de congé

  • Contes IV

    Octave Mirbeau

    Octave Mirbeau a publié plus de 150 contes et nouvelles, dans divers journaux et revues : Gil Blas, L'Écho de Paris, Le Journal... Une partie de ces contes ont été regroupés en recueils : Contes de la chaumière, La vache tachetée, La pipe de cidre, etc. Extrait : Extrait : Je m'approchai donc du groupe, avec les manières silencieuses et prudentes dont s'accompagnent les moindres actes de ma vie ; et, sans éveiller l'attention d'aucun, tant j'avais mis de discrétion, et, si j'ose dire, de sourdine, à me mêler d'une chose où je n'avais que faire, je pénétrai au milieu de ces gens bizarres qui regardaient, sur la berge, je ne savais quoildots{} Et un affreux spectacle, auquel je n'avais nullement songé, s'offrit à moi... Sur l'herbe, un cadavre était étendu, un cadavre de pauvre, à en juger par les sordides guenilles qui lui servaient de vêtements ; son crâne n'était qu'une bouillie rouge, et si aplati qu'il ressemblait à une tartine de fraises. L'herbe était foulée, piétinée, à la place où le cadavre reposait ; sur la pente du talus, quelques petits morceaux de cervelle pourprée tremblaient comme des fleurs à la pointe d'un chardon.

  • Le calvaire

    Octave Mirbeau

    Cet ebook bénéficie d'une mise en page esthétique optimisée pour la lecture numérique.

    Ce roman très autobiographique d'Octave Mirbeau nous décrit l'enfer de la passion dévorante, la déchéance morale et la destruction de l'inspiration d'un écrivain, Jean Mintié, en raison de sa tumultueuse liaison avec la belle Juliette Roux.
    Loin de n'être qu'un simple exutoire à sa propre histoire sentimentale, Octave Mirbeau profite de ce texte pour également régler ses comptes avec l'armée remettant même en cause l'idée de patrie. Le chapitre 2, trop controversé pour son époque, fut supprimé lors de la première édition de cette oeuvre. La préface contenue dans cette édition numérique vous éclairera sur l'avis de l'auteur sur les critiques reçues.

  • Ce livre numérique présente "L´Abbé Jules: La révolte d´un prêtre (L'édition intégrale)" avec une table des matières dynamique et détaillée. Notre édition a été spécialement conçue pour votre tablette/liseuse et le texte a été relu et corrigé soigneusement.
    L´Abbé Jules est un roman français d´Octave Mirbeau, publié en 1888. Résumé: C´est l´évocation d´un prêtre hystérique et en révolte permanente contre l´Église romaine et contre une société étouffante et oppressive. Jules Dervelle est constamment déchiré entre les besoins de sa chair et ses « postulations » vers le ciel. Mirbeau a choisi pour cadre un petit village du Perche, Viantais, inspiré de Rémalard, où il a passé sa jeunesse : chacun y vit sous le regard de tous et les exigences du corps et celles de l´esprit y sont lamentablement comprimées. Le récit, discontinu, est coupé de deux très longs retours en arrière : l'un est consacré au passé de l'abbé Jules ; l'autre à un Trinitaire à l'esprit dérangé et obnubilé par un projet fou, le Père Pamphile. Il comporte aussi un trou de six années, celles que Jules a passées à Paris, ce qui constitue une énigme et suscite les interrogations des villageois, sans que le lecteur, à la fin, ait appris quoi que ce soit sur ce séjour parisien : sa curiosité se trouve donc frustrée.
    Octave Mirbeau (1848-1917) est un écrivain, critique d'art et journaliste français. Il connaît une célébrité européenne et de grands succès populaires, tout en étant également apprécié et reconnu par les avant-gardes littéraires et artistiques, ce qui n'est pas commun.

  • Ce livre numérique présente "Les affaires sont les affaires (L'édition intégrale)" avec une table des matières dynamique et détaillée. Notre édition a été spécialement conçue pour votre tablette/liseuse et le texte a été relu et corrigé soigneusement.
    Il s´agit d'une grande comédie classique, dans la continuité de Molière, où la peinture de caractères vivants, fortement théâtralisés, se combine à celle des moeurs édifiantes de la prétendue « Belle Époque ». Les trois unités - unité de temps (moins de 24 heures, sur deux jours consécutifs), unité de lieu (le château de Vauperdu) et unité d´action (la mise au point d'affaires par lesquelles Isidore Lechat espère doubler sa fortune) - y sont respectées. Au cours d´une fin de semaine passée dans son château du Perche, le richissime parvenu Isidore Lechat, qui dispose d'un grand quotidien indispensable à ses affaires, en traite deux qui sont susceptibles de renforcer encore sa puissance financière et sa surface sociale : d'un côté, il reçoit, de deux ingénieurs électriciens, Gruggh et Phinck, qui ont besoin d´un financeur, des propositions d´exploitation d´une chute d´eau riche de potentialités de profits, et il parvient à leur imposer sa loi ; de l´autre, il envisage de marier sa fille Germaine au fils d´un noble décavé, le marquis de Porcellet, son voisin, qu'il tient à sa merci, mais ce projet se heurte à la résistance de la jeune femme. Révoltée, intellectuellement et sexuellement émancipée, Germaine juge son père, souffre de la misère engendrée par ses vols, et choisit la liberté...
    Octave Mirbeau (1848-1917) est un écrivain, critique d'art et journaliste français.

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