• Je connais tout de ces situations maintes fois rencontrées en trente ans de métier. Mais je n'ai jamais pu me faire à cette peur qui vous étreint lorsque vous sonnez à la porte d'un patient, que vous entendez dans le fond de son appartement des cris ou des râles ou, pire encore, le silence, et que vous n'avez aucun moyen de voler au secours de celle ou de celui qui a tant besoin de vous. Appeler les enfants, souvent occupés, loin, injoignables, tenter d'alerter un voisin qui a peut-être un double de la clef. En dernier recours : appeler les pompiers...

    Montpellier. Madeleine, Évelyne, Lilas, Léonor et Joseph sont infirmiers dans un cabinet médical. Parmi leurs patients, beaucoup de personnes âgées à qui ils prodiguent des soins, bien sûr, mais apportent surtout un peu de chaleur humaine. Ils se relaient auprès d'eux, créant un périmètre de protection. Parfois, il en faudrait peu pour qu'ils se laissent submerger. S'oublier et se perdre eux-mêmes, et ce serait alors tout un édifice fragile d'aide et d'assistance qui risquerait de vaciller...
    Dans ce roman bouleversant, Michèle Gazier rend un hommage délicat à ces femmes qui sont des passantes des temps modernes, aux avant-postes de la solidarité et de l'altruisme.

  • Le merle bleu est un drôle d'oiseau. Solitaire, migrateur discret du pourtour méditerranéen, vivant à l'écart dans des paysages de pierres et de ruines, il possède néanmoins un chant capable d'émouvoir et de ravir les coeurs les plus secs. Ceux de M. René et de Mme Clô, par exemple, un couple d'ornithologues âgés, repliés dans leur paisible et monotone retraite d'Uzès et qui ont fait de l'étude de cet oiseau la dernière passion de leur existence.Survient le merle bleu, en l'occurrence un jeune homme venu d'ailleurs, un migrateur lui aussi. Il dit s'appeler Alain, être écrivain. Il s'installe dans leur nid et dans leur vie. Il les change, il change à leur contact. Et c'est ainsi que le professeur désabusé, l'impérieuse bourgeoise de province et le séduisant inconnu découvrent à tour de rôle le bonheur d'être ce qu'ils n'avaient jamais été.

  • Le fil de soie, c'est le lien ténu mais indestructible qui relie Odile, créatrice célèbre de la haute couture parisienne, à son enfance provinciale, pauvre et sauvage. Le fil de soie, c'est encore ce qui tient ensemble les morceaux épars de la vie d'Odon, taillée en pièces par les aléas de l'Histoire et vouée aux incertitudes. Le fil de soie, c'est surtout l'image de la passion qui va nouer les existences de la star de la mode et de son jeune amant : brillante, légère, impalpable et à l'épreuve du temps.De ces fils, Odile et Odon vont tisser un cocon secret. Un pour deux. Peu à peu, à l'insu du monde, ils vont s'y enfermer et laisser les années accomplir la mue, opérer la métamorphose. Aux identités de hasard que la vie nous donne et parfois nous reprend, ils vont préférer le risque et la folie d'une identité que l'on invente, pour soi et pour l'autre, en effaçant toutes les frontières, en rendant invisibles toutes les coutures.

  • Un homme disparaît sur une île des Antilles. Qui était ce Maurice Gil ? Souhaitait-il s´absenter de ce monde ou commencer une nouvelle vie ? Et d´ailleurs, pourquoi disparaît-on ?
    Pour Lucie, sa petite fille, qui ne connaît de lui que ce qu´on a bien voulu lui en dire, c´est à la fois un héros et un déserteur, une icône floue et ambiguë.
    Quand, presque à son insu, elle retrouve la trace de son grand-père sur l´île de Marie-Galante, toute son existence en est rétrospectivement bouleversée.
    Pour Isabelle, la fille de Maurice, c´est une autre affaire : l´histoire d´un deuil impossible. Elle l´a laissé s´enfuir dans son exil tropical, gardant fermés ses beaux yeux indigo - de ce bleu si particulier que lui a donné son père et qu´elle a légué à Lucie. Elle n´a pas voulu voir l´immensité de son amour, de son dépit, de sa colère.
    A ces deux voix s´ajoute celle d´un Antillais, ami de Maurice, qui ne résout pas l´énigme de la disparition mais en évoque la légende, flamboyante et révoltée. La légende d´un homme qui s´efface pour se trouver.

  • Saint-Julien-des-Sources, six cents habitants, son bistrot, sa supérette, ses potins. Deux étrangers installés à ses marges. L'un, Hans Glawe, peintre et sculpteur allemand célèbre dont l'oeuvre hurle la violence de l'Histoire ; l'autre, Louis, dit le Blondin, aux allures de vieil hippie brûlé par la vie, et que la jeune caissière de la supérette rejoint en douce la nuit. De la fenêtre de son bureau où il écrit une étude sur Glawe, Claude Ribaute, sociologue à la retraite et dernier fils d'une famille du cru, observe sans s'y mêler le quotidien du village. Et, rayon de soleil pâle dans la monotonie des jours, Valentina, une petite fille qui ne parle pas, arrive avec sa mère et bouscule à sa manière l'ordre établi. L'étrange silence de l'enfant fait écho aux violents silences du passé. Ici, le silence crie. Auteur de nombreux romans, dont la plupart sont publiés au Seuil, Michèle Gazier a longtemps tenu la chronique littéraire de Télérama. Elle a également aidé à la découverte de grands écrivains espagnols, en traduisant des auteurs tels que Manuel Vázquez Montalbán ou Juan Marsé.

  • Professeur, mariée, un enfant, la trentaine, Lise est admise dans une maison de repos, à Saint-Libron, dans le sud de la France. Elle souffre de dépression. Sur place, elle ne tarde pas à se lier d'amitié avec Oriane, nettement plus jeune, Parisienne de bonne famille et qui souffre d'anorexie. Dans le Grand Hôtel voisin, Daisy, Américaine de la côte Est, se rétablit d'un grave accident de la route, sous le regard de Maxime, son élégant et mystérieux mari. Tout est étrange dans ce couple : l'accident a coûté la vie à Gladys, la précédente épouse de Maxime, et Daisy, blessée mais vivante, a pris la place de la défunte... La rencontre du séduisant Maxime, surnommé par Oriane et Lise « l'homme en noir », réveille en elles toutes sortes de fantasmes, d'angoisses, de souvenirs. Et la mort rôde tant dans les cauchemars que dans le quotidien sans relief de ces femmes que la cure emprisonne. Peut-on vivre, aimer dans cette bulle qu'est la convalescence ? Peut-on vraiment en sortir un jour ? Oriane, Lise, Daisy répondent chacune à leur manière à ces obsédantes questions.Écrivain, Michèle Gazier a longtemps tenu la chronique littéraire de Télérama. Elle a également aidé à la découverte de la littérature espagnole contemporaine en proposant et traduisant des auteurs, parmi lesquels Manuel Vázquez Montalbán et Juan Marsé.

  • Nativités

    Michèle Gazier

    Deux femmes conversent, une mère et sa fille. Elles se donnent, comme on dit, des nouvelles, une manière de laisser la banalité du quotidien parler à leur place et de préserver la complicité et la tendresse du silence. Mais dans le jeu de ces deux voix naissent des histoires, des histoires de naissance justement. «Nous naissons, écrivait Rousseau, pour ainsi dire en deux fois ; l'une pour exister et l'autre pour vivre.» Jean-Jacques oubliait les femmes qui naissent aussi à la vie en donnant l'existence et le prix dont elles paient ce privilège.Loin des nativités onctueuses et glorieuses de l'imagerie, les récits qui se croisent ici, drôles ou cruels, pathétiques ou tendres, tirent l'essentiel de leur force de la capacité à saisir l'ordinaire de l'événement, la nudité vécue de ce bouleversement. On y trouve, un peu, de ce qui se chante ailleurs, l'attente, l'émerveillement, le partage ; mais également et toujours ce qu'on a coutume de taire, l'angoisse, l'humiliation et cette terrible solitude face à ce qui parfois s'appelle naître et parfois aussi mourir.

  • Avant de tenir pour Télérama la chronique littéraire où l'on sait qu'elle excelle, Michèle Gazier a enseigné pendant treize ans. A ce titre, qui pouvait mieux qu'elle dépeindre les désillusions des universitaires placées par les hasards de l'exil au tréfonds de lointaines banlieues où elles ont la charge d'inculquer leur savoir à des adolescents rebelles ? L'angoisse est un état d'esprit. Michèle Gazier incarne la fragilité brûlante de ses héroïnes. Ce livre transperce. Il suggère de bouleversantes images et leur instille, couche après couche, l'acharnement têtu d'une succession de fondus enchaînés. C'est comme si, obsédée par la persistance des détresses entrevues, Michèle Gazier montrait encore et encore le visage d'une femme défaite, éternellement renouvelée et cependant toujours étrangement la même. Une prof. Presque une enfant passée sans transition des bancs du lycée à la chaire du maître. Une prof. Une enseignante pleine d'imagination, qui, décalque de ses soeurs submergées par l'insidieuse usure, abandonne un jour toute idée de lutte, et devient, folle recluse, l'otage consentante d'une situation, d'un vocabulaire, dont l'infantilisation confine à la ruine de l'esprit. A l'aune de cet abandon, la raison s'emballe. Rien de surprenant à ce que les rêves brisés de ces nonnes laïques entraînent le lecteur jusqu'à l'extrême bord de la vie.

  • Céline attend un enfant, un garçon. On l'appellerait Clément, propose le père. Un prénom comme un autre, plutôt doux et paisible, mais qui réveille chez Céline le spectre d'une vieille légende familiale. Celle du père de son grand-père, de Clément, Clément le joueur, Clément l'homme qui aimait les femmes. Un fantôme d'autant plus impressionnant et redoutable qu'il est auréolé de silence.Pour exorciser le maléfice, écarter de Clément l'ancien, Céline cherche à savoir la vérité sur son ancêtre maudit. Auprès de sa mère, Florence, auprès de son grand père, Julien. Trois générations tentent de dessiner sur la même feuille, comme sur un palimpseste, le portrait d'un homme qui avait le démon chevillé à l'âme. Trois générations, trois langues - le français, le castillan, le catalan -, la guerre d'Espagne, la Résistance, les frontières passées et repassées : c'est le poker de la vie qu'on a l'orgueil de na pas quitter même quand les cartes sont mauvaises. C'est l'héritage de Clément.

  • De Anorexie à Zan, vingt-six petites mises en appétit d´une femme d´aujourd´hui qui court sans cesse entre le bureau, les dîners professionnels et nourrit malgré tout sa famille et ses amis d´une façon bien à elle. Elle fait sourire un quotidien gourmand où nous nous reconnaissons tous, et brosse avec ironie le tableau de quelques travers de notre époque.
    Cette traductrice et amie de Manuel Vázquez Montalbán, née à Béziers d´une famille espagnole et catalane, et dont l´Andorre fut le lieu privilégié de son enfance, nous fait partager son goût pour la péninsule Ibérique, les repas conviviaux, nous ouvre l´intimité des cuisines où se préparent les plats, se font les devoirs, les mises au point familiales et les confidences.

  • Dans la torpeur estivale d'une petite station thermale des Pyrénées où elle accompagne ses parents, une jeune fille, mal dans sa peau peut-être, s'invente un mystère : celui des garçons d'en face. Deux gamins que l'on tient enfermés dans une grande maison-citadelle et qu'on ne sort qu'à la nuit, en secret, pour une destination inconnue. Des monstres, affirme la rumeur. La jeune fille veut connaître l'autre côté du mur - ou du miroir -, affronter du regard la réalité interdite, la violence du difforme.Bien des années plus tard, elle raconte ces trois semaines d'été. Le temps a effacé quelques lignes d'ombres et de troubles, mais il en a aussi créé d'autres, plus subtiles, plus profondes.
    Le souvenir et l'écriture du souvenir inventent également des mystères, des fictions et des monstres. Celle qui raconte est la même, mais pourtant une étrangère, comme le papillon se souviendrait de la chenille. C'est peut-être aussi que les frontières sont invisibles.

  • L´homme a la canne grise, c´est le père de l´auteur, disparu en août 2010. Un Français d´origine catalane qui s´est engagé aux côtés des républicains espagnols avant de rejoindre la Résistance en Lozère. Mais ce père épique autant qu´admiré en cache un autre, plus fragile, guetté par la cécité. Entre présent et souvenirs, l´auteur se dévoile aussi, par touches discrètes, pudiques, sensibles.
    Avec La Fille, son précédent récit (Seuil, 2010), Michèle Gazier évoquait la branche maternelle de sa famille, explorant le lien unissant une mère à sa fille. L´Homme à la canne grise s´inscrit dans le prolongement de cette réflexion sur l´intime, la filiation et le deuil.

  • La fille

    Michèle Gazier

    Marthe est née d'une mère autoritaire et d'un père peu concerné par la paternité. À la mort de celui-ci, la veuve, ses deux grands enfants, une fille et un garçon, et la petite dernière âgée de deux ans, s'installent dans le Sud. Marthe grandit dans l'univers clos de la maison, de la famille, sous le regard omniprésent de la mère et en l'absence de toute image paternelle. La vie s'écoule, monotone, pour cette bonne élève, obéissante, éduquée dans le respect de Dieu. A côté d'elle, les autres bougent : l'aînée se marie, voyage, élève un jeune neveu, travaille. Le frère se marie à son tour et prend ses distances. Marthe, elle, reste fidèle à sa génitrice qu'elle s'interdit de contrarier. Elle s'enfonce dans le silence, et, peu à peu, le filet se resserre autour d'elle...Comment s'épanouir, aimer, à l'ombre d'une mère qui professe la vertu et la haine de la chair et des hommes?Écrivain, auteur de seize livres - romans, nouvelles, essais littéraires et écrits sur l'art - Michèle Gazier a longtemps tenu la chronique littéraire de Télérama. Elle a aidé à la découverte de la littérature espagnole contemporaine en proposant et traduisant des auteurs, alors inconnus en France, parmi lesquels Manuel Vázquez Montalbán, Juan Marsé.

  • Mont-perdu

    Michèle Gazier

    ''Est-il plus facile de rentrer au pays d'où l'on n'est pas parti que de partir du pays où l'on est né'?'' Cette énigme est peut-être ce qui résume le mieux le propos de ce roman mystérieux où la quête des origines épouse les méandres d'un périple sur le

  • Issue d'un milieu modeste, Juliette a tout pour elle. Excellente élève, elle est belle, intelligente, obstinée. Elle intègre Sciences Po, cornaquée par le père d'un copain de lycée qui a ses entrées dans le monde politique et lui trouve un point de chute à Paris, chez François de Maule. Ce dernier pourrait être son père, il tombe amoureux d'elle. Guidé par son amant, Juliette fait ses premiers pas au ministère de la Santé. Elle ne tarde pas à s'y faire remarquer par son intelligence et sa roublardise, allant jusqu'à monter une magouille portant sur le trafic de médicaments périmés. Ni vu, ni connu. Tout irait à merveille dans cette réussite fulgurante s'il n'y avait la jalousie de François...Roman de l'ambition et de la revanche sociale, Noir et Or est une histoire d'aujourd'hui, qui fait écho à ce classique de la littérature qu'est Le Rouge et le Noir, de Stendhal.Michèle Gazier est l'auteur de nombreux romans, dont Les Convalescentes (Seuil, 2014). Elle a longtemps tenu la chronique littéraire de Télérama et a aidé à la découverte de grands écrivains espagnols en traduisant notamment Manuel Vázquez Montalbán et Juan Marsé.Pierre Lepape a tenu pendant sept ans le célèbre « Feuilleton » du Monde des livres. Il est l'auteur de plusieurs biographies (Diderot, Voltaire, Gide, Sorel) et de deux essais littéraires : Le Pays de la littérature (Seuil, 2003) et Une histoire des romans d'amour (Seuil, 2011).

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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