• Michel Offerlé pose la question, plus complexe qu'il n'y paraît, de ce qu'un patron peut faire. De quelle manière les chefs d'entreprise contribuent-ils, par leurs pratiques économiques et politiques, à la pérennisation et à la transformation d'un système qu'ils habitent et qu'ils servent ?
    Il est question ici des patrons dans toutes les acceptions du terme (les petits, les grands, les moyens, les hauts), les artisans, les chefs d'entreprise, les entrepreneurs, les managers, les dirigeants.
    Il est question ici de politique dans tous les sens du terme. Car les patrons, directement ou indirectement, interviennent en politique : ils contribuent à la construction des problèmes publics, concourent à la "vie de la Cité", votent, agissent par leurs défections et par leurs mobilisations - feutrées ou sonores -, ou imaginent d'autres manières de produire ou de diriger ( l'"entrepreneuriat engagé") ; voire, pour certains d'entre eux, participent à la conquête et à l'exercice du pouvoir avec leur culture de "manager".
    Pour comprendre ce qu'un patron peut faire, ce qu'il peut faire faire ou peut laisser faire, voire ce qu'il ne veut pas faire, Michel Offerlé s'est appuyé sur plusieurs centaines d'entretiens réalisés en atelier de recherche ces dix dernières années et sur soixante-dix entretiens originaux qui ont toujours porté sur le parcours biographique de l'interviewé, la direction de son entreprise, son rapport à la politique et aux hommes politiques et ses pratiques de l'engagement.
    À partir de cet éclairage original, l'auteur met aussi en perspective les stratégies patronales durant l'actuelle pandémie.

  • Les partis politiques sont des organisations qui structurent le fonctionnement de la politique et du politique dans de nombreux États.
    Cet ouvrage, plusieurs fois réédité et mis à jour, permet tout à la fois de fournir des connaissances factuelles sur les partis en France et à l'étranger, et de réfléchir historiquement et sociologiquement à la définition de ce type de groupements, aux circonstances de leur genèse, à leur fonctionnement interne et à leur contribution à l'offre politique. Il met aussi en perspective leur place actuelle au sein des configurations qui les contraignent, notamment dans les rapports que ces organisations entretiennent avec l'État, les mouvements sociaux ou les médias.

  • Que patronne au juste le Patronat, comme on appelait jadis le CNPF et comme on qualifie depuis 1998 le Medef ? Au-delà de l'exposition médiatique de ses dirigeants successifs, Ernest-Antoine Seillière et Laurence Parisot, que sait-on du patronat ? Que représente-t-il vraiment et comment est-il organisé ? De quel poids pèsent les grands groupes en son sein et est-il la voix de toutes les entreprises ? Quel rôle a-t-il joué dans les grandes décisions politiques récentes ? Cette enquête sociohistorique propose une plongée dans ce monde complexe dont on fantasme la toute-puissance autant qu'on en méconnaît le fonctionnement. Donnant la parole aux acteurs d'aujourd'hui comme aux figures d'hier, aux grands patrons comme aux entrepreneurs de toutes les régions et secteurs, aux permanents comme aux bénévoles, cet ouvrage éclaire ce que fut la défense de la « cause de l'entreprise » ces dernières années. Et pose cette question centrale : qu'en est-il du pouvoir du Medef et au Medef ? Professeur à l'ENS, après l'avoir été à l'université Paris-I, membre de l'équipe « Enquête, Terrain, Théories » du centre Maurice-Halbwachs (ENS-EHESS) et du comité de rédaction de la revue Genèses, spécialiste de la sociologie des organisations et des mobilisations politiques, Michel Offerlé a notamment publié Les Partis politiques, Un homme, une voix ? Histoire du suffrage universel, Sociologie de la vie politique française, Sociologie des organisations patronales et, avec Jacques Lagroye, Sociologie de l'institution. 

  • Partir de la propre parole des patrons sur leur vie quotidienne : l'enjeu de cet ouvrage collectif, dirigé par Michel Offerlé, est de présenter une synthèse vivante et informée sur les patrons en France. Le monde patronal, ou plutôt les mondes patronaux, sont plus souvent évoqués voire caricaturés que véritablement étudiés. Cet ouvrage fournit une documentation riche, dense et accessible, aussi bien quantitative que qualitative, sur les métiers de patron.
    " Chef d'entreprise vous ne pouvez pas expliquer ce que vous faites, parce que c'est un monde à part "
    " Créer quelque chose, créer une entreprise, c'est déjà lutter contre la peur "
    " Les hommes politiques n'ont pas l'ombre d'une idée de savoir comment une société conduit sa stratégie "
    " C'est vrai qu'on ne peut pas se comparer aux gens de là-haut, les parachutes, les machins, les trucs "
    " L'idée, c'est pas d'être millionnaire, c'est de se faire plaisir et de faire tourner une boîte et qu'on s'en tire et qu'on en vive agréablement "
    " J'ai une certaine satisfaction, enfin c'est un peu idiot mais je fais vivre treize personnes "
    " Je veux gagner de l'argent ! Moi j'ai pas le temps. Je suis comme ça ! Je suis un homme pressé, très pressé ! "
    Qu'ils soient grands, très grands, petits ou moyens, qu'ils travaillent dans le bâtiment, l'industrie, le commerce ou les services, les patrons sont au centre de cet ouvrage, produit d'une enquête collective menée par des chercheurs confirmés et par de jeunes sociologues, sur ce métier beaucoup plus fantasmé, vilipendé ou héroïsé que véritablement connu.
    À partir de trente-six entretiens largement reproduits et commentés, il s'agit de comprendre qui sont les patrons en France, quelle place ils occupent dans la société française, quelle vision ils en ont. Il s'agit de réfléchir sur les différences qui traversent les mondes patronaux et sur ce qui les unit puisque, spontanément, la catégorie " patrons " et " patronat " fait sens - même si ce sens est ambigu.
    Ce livre est le premier portrait de groupe précis et coloré qui permet, au travers de ces multiples histoires de vie, de comprendre de manière vivante et approfondie qui sont les patrons en France.

  • Un millier de lettres, plus encore en temps de covid, sont envoyées quotidiennement au chef de l'État. Qui sont les Français qui s'adressent ainsi au président ? Que lui écrivent-ils et pourquoi ?
    Des interpellations véhémentes ou menaçantes aux requêtes désespérées, en passant par l'expression de revendications ou de positions politiques, ces missives révèlent quelque chose de l'opinion en même temps qu'elles véhiculent une vision de la fonction présidentielle. Si certaines sont bien acheminées sur le bureau du chef de l'État, quand la plupart sont orientées vers les administrations compétentes ou reçoivent des réponses types, toutes les lettres sont préalablement triées et soupesées, transformées en chiffres, en graphiques et en tableaux. Les courriers jugés représentatifs deviennent l'une des fenêtres par lesquelles un président de la République peut jauger les protestations, évaluer sa popularité et le consentement de ses concitoyens aux politiques qu'il conduit.
    En pénétrant dans le Service de la correspondance présidentielle et en accédant aux courriers adressés aux présidents de la République, principalement sous François Hollande, mais aussi sous Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron et, indirectement, sous François Mitterrand, cette enquête de sociologie politique offre une analyse inédite de certains rouages de l'Élysée. À côté d'autres moyens de mesure de l'opinion que sont les manifestations, les débats médiatiques, les sondages ou les réseaux sociaux, les lettres au président permettent d'appréhender ce que celui-ci pourrait potentiellement savoir de ce que vivent et pensent " les Français ".

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