• Au début des années 60, l'Etat français conduit par le général de Gaulle s'engage, « au nom de l'histoire et de la géographie », dans une politique de rapprochement avec l'Etat soviétique, lui-même soucieux à ce moment de s'ouvrir à ('Occident. C'est le début de la détente, période originale, complexe, qui met un terme à l'ère relativement linéaire de la guerre froide ; l'Etat français fait alors figure de précurseur. Poursuivie sous la présidence de Georges Pompidou, la détente bilatérale, encadrée par des rencontres au sommet et des concertations politiques régulières, se concrétise : à l'accroissement sensible des échanges commerciaux répondent le développement de la coopération économique et scientifique et l'essor des relations culturelles. Pourtant, en dépit de ses succès, la détente franco-soviétique n'a pu se délivrer d'un certain nombre d'appréhensions réciproques et s'est essoufflée, vite dépassée par l'entente américano-soviétique et le rapprochement germano-soviétique, dans l'indifférence de l'opinion française. Peut-on analyser et expliquer ce phénomène ambigu ?

  • L'Europe est à nouveau travaillée par les passions nationales et nationalistes. Rassembler des documents sur l'évolution de l'idée de nation et sur l'émergence des nationalismes européens entre le Printemps des peuples (1848) et la Grande Guerre (1914), nous a paru aussi éclairant pour le présent que pour le passé. La parole a été donnée aux contemporains, acteurs ou témoins, illustres ou obscurs. Deux cent sept textes illustrent les facettes d'une question complexe. Certains, peu connus ou inédits, parfois pittoresques, donnent à percevoir et à comprendre l'histoire des sensibilités nationales, vécues d'en bas. D'autres sont des affirmations, formulées d'en haut, ayant fait date, du discours contemporain sur la nation. Tous permettent à la réflexion historique et à l'analyse de prendre appui sur des documents, souvent plus suggestifs pour l'historien que des exposés généraux.

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