• « Notre division était anéantie ; ne pouvant avancer par la route, je passais par les champs où s'entassaient derrière moi des hommes et des chevaux blessés et mutilés, dans un état des plus horribles. Décrire ces horreurs est au-dessus de mes forces. » Sous la plume du lieutenant Andreev, qui en 1812 combattait, tout jeune homme, dans les rangs de l'armée russe, l'atroce bataille de la Moskova se dérobe. Comment saisir ce que fut la campagne de Russie pour ceux qui la vécurent ?
    Proposer pour la première fois une histoire humaine de la guerre qui opposa l'Empire français à l'Empire russe, en s'appuyant sur des sources jusque-là négligées et des matériaux d'archives inexplorés : tel est l'objet de ce livre. Les sans-grade, civils ou simples soldats, y tiennent le même rang que les héros de guerre ; la voix du peuple russe s'y mêle à celle des grognards de la Grande Armée, pour éclairer d'un jour nouveau l'affrontement des deux géants qui déchira l'Europe.

    Illustration : Olivier-Marc Nadel © Flammarion.
    © Flammarion, 2012, pour l'édition originale © Flammarion, 2014, pour la présente édition en coll. « Champs »

  • Du tsar Alexandre Ier, son éternel rival, Napoléon en exil disait : « Il peut aller loin. Si je meurs ici, ce sera mon véritable héritier en Europe. » Napoléon est bien mort à Sainte-Hélène, en 1821 ; mais Alexandre le suivit dans la tombe dès 1825, à l'âge de quarante-huit ans. Et sa disparition brutale, survenue dans des circonstances troublantes, ajouta encore au mystère de celui que ses contemporains appelaient le « sphinx ».
    S'appuyant sur des archives jusque-là négligées et sur des documents inédits, cette biographie éclaire d'une lumière nouvelle le destin complexe d'Alexandre. Elle peint l'enfance du grandduc, couvée et régie par sa grandmère, Catherine II ; elle décrit son accession brutale au trône en 1801, à l'âge de vingt-trois ans ; les débuts brillants de son règne ; et surtout son duel avec Napoléon, qui culmine avec l'invasion de la Russie par la Grande Armée et l'incendie de Moscou en 1812. Sur l'échiquier titanesque qu'est alors l'Europe, le jeune tsar devient une pièce centrale.
    La gloire, pourtant, Alexandre en est las : à mesure que les années passent, son salut le préoccupe toujours plus. Une obsession qui prend d'étranges chemins, puisqu'il envoie à Rome, peu de temps avant de mourir, un émissaire secret au pape Léon XII.
    L'enquête de sa biographe montre que la tentation catholique a bien effleuré le tsar Alexandre... Est-il vraiment mort, d'ailleurs, en 1825 ? Le doute subsiste...

  • La Russie est-elle européenne ? Qu'est-ce qu'être russe ? Depuis le xvie siècle, la Russie entretient un lien complexe et ambigu avec l'Europe occidentale. À la tête d'un véritable État-continent s'étendant de l'Europe à l'Asie, les tsars de Russie puis les leaders soviétiques n'ont cessé de s'interroger sur l'identité de leur pays et les relations à nouer avec l'Europe, tour à tour perçue comme modèle de modernité et d'efficacité ou comme source de danger et de subversion. D'Ivan le Terrible à Vladimir Poutine, les décideurs russes ont été confrontés à ce « dilemme » : fallait-il imiter l'Europe pour mieux la dépasser, ou bien s'en protéger ? D'une plume alerte, en s'appuyant sur un vaste ensemble documentaire, Marie-Pierre Rey explore les tourments de l'identité russe, à la croisée de l'histoire des relations internationales et de l'histoire des représentations.

  • Le 31 mars 1814, à l'issue d'une bataille féroce qui a fait quinze mille morts en moins de vingt-quatre heures, le tsar Alexandre Ier entre triomphalement dans les rues de Paris. C'est la fin de la campagne de France menée par les Russes et leurs alliés, et l'effondrement du régime napoléonien. L'occupation russe durera le temps d'un printemps. Cette brève période, méconnue, est pourtant cruciale dans notre histoire. Politiquement d'abord : Napoléon abdique à Fontainebleau et part pour l'île d'Elbe, cependant que Louis XVIII, revenu d'Angleterre, accède au trône. Sur le plan géographique, ensuite : le traité de Paris fixe les nouvelles frontières de la France, prélude au congrès de Vienne qui, quelques mois plus tard, redessinera la carte de l'Europe. Culturellement enfin : les Cosaques, qu'on croise en bonnets de fourrure dans les allées des Tuileries, laisseront des traces durables dans les mémoires. En s'appuyant sur de nombreuses sources tant françaises que russes, Marie-Pierre Rey offre un nouveau regard sur la campagne de France et fait toute la lumière sur cet épisode clé de l'histoire de l'Europe.

  • Le 31 mars 1814, à l'issue d'une bataille féroce qui a fait quinze mille morts en moins de vingt-quatre heures, le tsar Alexandre Ier entre triomphalement dans les rues de Paris. C'est la fin de la campagne de France menée par les Russes et leurs alliés,

  • La Russie est-elle européenne ?
    À la tête d'un véritable État continent s'étendant en Europe et en Asie depuis le XVIe siècle, les tsars de Russie puis les leaders soviétiques n'ont cessé de s'interroger sur l'identité de leur pays et de se heurter à la q

  • En 1985, l'arrivée de Mikhail Gorbatchev au pouvoir ne tarde pas à bouleverser le régime soviétique établi. À l'origine soucieux de réformer le pays pour en enrayer le déclin économique, le Secrétaire Général du PCUS se lance peu à peu dans une révolution politique et sociale autant que culturelle. Glasnost et perestroïka sont à l'ordre du jour ; le pouvoir s'engage dans une remise en cause du fonctionnement socialiste de l'économie, s'oriente vers l'abolition du rôle dirigeant du Parti communiste et accorde à une société civile avide de changements des libertés inédites. Mais les réalisations ne sont pas à la hauteur des espoirs initiaux. En quelques années à peine, en butte à des difficultés croissantes, le régime soviétique implose, faisant place à une Fédération de Russie dont les contours politiques, géographiques et mentaux, fragiles, ne lui permettent pas d'échapper à une profonde crise identitaire.Qu'en est-il aujourd'hui, vingt ans après les débuts de la perestroïka ? Quel bilan peut-on dresser des deux décennies écoulées ? En quoi la Russie actuelle, modelée par les présidences successives de Boris Eltsine et de Vladimir Poutine, diffère-t-elle de l'Union soviétique de 1985 sur le plan politique, institutionnel et économique ? La société russe a-t-elle elle-même véritablement changé ? Quels sont les comportements, les aspirations et les valeurs dans lesquels les Russes se reconnaissent aujourd'hui ? C'est à l'ensemble de ces questions complexes que cet ouvrage se propose de répondre.Marie-Pierre Rey est professeur d'Histoire russe et soviétique à l'Université de Paris I Panthéon Sorbonne et directrice du centre de recherches en Histoire des Slaves. Elle a notamment publié La Tentation du Rapprochement, France et URSS à l'heure de la détente, 1964-1974 (1991), De la Russie à l'Union soviétique, la construction de l'Empire, 1462-1953 (1994) et Le Dilemme russe, la Russie et l'Europe occidentale d'Ivan le Terrible à Boris Eltsine (2002).Alain Blum est directeur du centre d'études du monde russe, soviétique et post-soviétique, directeur d'études à l'EHESS et directeur de recherches à l'INED. Il est l'auteur, entre autres, de Naître, vivre et mourir en URSS (1994) et L'Anarchie bureaucratique. Statistique et pouvoir sous Staline (avec Martine Mespoulet, 1994).Martine Mespoulet, docteur de l'EHESS en démographie et sciences sociales, est maître de conférences de sociologie à l'université d'Angers. Elle a publié Statistique et révolution en Russie. Un compromis impossible (1880-1930) (2001) et L'Anarchie bureaucratique. Statistique et pouvoir sous Staline (2003).Anne de Tinguy, chercheur au CNRS, rattachée au CERI (Centre d'Études et de Recherches internationales), est enseignante à l'Institut d'Études Politiques de Paris et à l'INALCO. Elle a notamment publié La Grande migration. La Russie et les Russes deuis l'ouverture du rideau de fer (2004).Gérard Wild est conseiller du directeur au CEPII et enseignant à l'Institut d'Études Politiques de Paris. Il a publié de nombreux ouvrages en collaboration parmi lesquels De l'URSS à la CEI : douze États en quête d'identité (1997) et L'Europe post-communiste (dirigé par Domique Colas, 2002).
    La Russie et le monde, de l'Occident à l'Asie. La Russie et son ancien empire : le difficile apprentissage d'une nouvelle vie internationale. Les Russes et leur État de 1985 à nos jours. La montée en puissance des acteurs privés : de l'économie désobéissante au marché quasi régulé. De l'omnipotence de l'État-Parti au risque autoritariste. Parcours de vies de l'URSS à la Russie. Individu, famille et population en Russie. Des différences sociales accrues. Survie et adaptation face aux changements.

  • Au début des années 60, l'Etat français conduit par le général de Gaulle s'engage, « au nom de l'histoire et de la géographie », dans une politique de rapprochement avec l'Etat soviétique, lui-même soucieux à ce moment de s'ouvrir à ('Occident. C'est le début de la détente, période originale, complexe, qui met un terme à l'ère relativement linéaire de la guerre froide ; l'Etat français fait alors figure de précurseur. Poursuivie sous la présidence de Georges Pompidou, la détente bilatérale, encadrée par des rencontres au sommet et des concertations politiques régulières, se concrétise : à l'accroissement sensible des échanges commerciaux répondent le développement de la coopération économique et scientifique et l'essor des relations culturelles. Pourtant, en dépit de ses succès, la détente franco-soviétique n'a pu se délivrer d'un certain nombre d'appréhensions réciproques et s'est essoufflée, vite dépassée par l'entente américano-soviétique et le rapprochement germano-soviétique, dans l'indifférence de l'opinion française. Peut-on analyser et expliquer ce phénomène ambigu ?

  • Embrasser toute l'histoire russe dégage des lignes de force et des permanences structurelles, en dévoilant les réalités complexes d'un État-continent.

    Plus de 90 cartes et infographies inédites présentent l'histoire de la Russie, mettant l'accent sur les différentes régions d'un territoire immense et sur les modalités de son contrôle par l'État.

    o La Russie impériale, puissance en expansion depuis le XVe siècle, est fragilisée par une modernisation tardive et la guerre ; elle est mise à terre par la Révolution de février 1917
    o La Russie soviétique se forge dans une immense violence politique et sociale tout en donnant naissance à un monde nouveau, urbain et industriel
    o La période postsoviétique voit la Russie, après un temps de repli et d'incertitudes, tenter de renouer avec sa grandeur passée.

    D'Ivan III, «grand-prince de Moscou et de toute la Russie» au XVe siècle, à Vladimir Poutine, président d'un pouvoir central de retour sur la scène internationale, le territoire de la Russie a ainsi connu de nombreuses évolutions.

  • Plus de 90 cartes et infographies inédites présentent l'histoire de la Russie, mettant l'accent sur les différentes régions d'un territoire immense et sur les modalités de son contrôle par l'État.
    o La Russie impériale, puissance en expansion depuis le XVe siècle, est fragilisée par une modernisation tardive, la guerre, et mise à terre par la Révolution de février 1917.
    o La Russie soviétique se forge dans une immense violence politique et sociale tout en donnant naissance à un monde nouveau, urbain et industriel.
    o La période postsoviétique voit la Russie, après un temps de repli et de fragilité, tenter de renouer avec sa grandeur passée.
    D'Ivan III, « grand-prince de Moscou et de toute la Russie » au XVe siècle, à Vladimir Poutine, président d'un pouvoir central de retour sur la scène internationale, le territoire de la Russie a ainsi connu de nombreuses évolutions.

  • L'Europe est à nouveau travaillée par les passions nationales et nationalistes. Rassembler des documents sur l'évolution de l'idée de nation et sur l'émergence des nationalismes européens entre le Printemps des peuples (1848) et la Grande Guerre (1914), nous a paru aussi éclairant pour le présent que pour le passé. La parole a été donnée aux contemporains, acteurs ou témoins, illustres ou obscurs. Deux cent sept textes illustrent les facettes d'une question complexe. Certains, peu connus ou inédits, parfois pittoresques, donnent à percevoir et à comprendre l'histoire des sensibilités nationales, vécues d'en bas. D'autres sont des affirmations, formulées d'en haut, ayant fait date, du discours contemporain sur la nation. Tous permettent à la réflexion historique et à l'analyse de prendre appui sur des documents, souvent plus suggestifs pour l'historien que des exposés généraux.

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