• Gitan, orphelin, fils de prostituée, Valentin est voué à l'errance. Qui voudrait s'embarrasser du Simploque, bon à rien, pas même à mendier ? On aimerait qu'il passe à la trappe, mais la mauvaise herbe est tenace. On croit que le gitan est parti, qu'il est loin déjà, alors qu'il se sera mis d'accord avec son ombre : va faire un tour, moi je reste. On le voudrait plus loin, qu'il déguerpisse, ouste ! On le voudrait mort, fini, cassé, les bras en croix, la langue pendante. Et, même mort, fini, cassé, on l'assassinera encore, et le faire mourir trois fois ne suffira pas. Car le gitan a plus d'un tour dans son sac, vieux traficoteur ! Voleurs de poules et ensorceleurs, on dit tout et son contraire, mais seuls les gitans savent de quoi sont capables les gitans. Capables de tout. Tio égorge les femmes par dépit. Légitimus protège les petits va-nu-pieds qu'il fait travailler sur la décharge. Grâce à Gina, la fille de joie qui lui offre son coeur, Valentin survivra. Né pour donner la parole aux siens, il les sauve en endossant leurs peines et leur cruauté. Ainsi va-t-il, nourrissant la légende et la grandeur des gitans.

  • Sur une route de campagne, le camion du déménageur tombe en panne. Emma, la vieille Juive, se fait installer quelques meubles sous les cerisiers en fleurs. Elle tient " salon imaginaire " quand un jeune Gitan la surprend. Ils se flairent, ils se maudissent. Ils n´ont décidément rien de commun. Pourtant quelque chose les rapproche. Est-ce le hurlement lugubre du Kapo, l´appétit de vivre de la jeune Emma, les plaintes de l´Ours ? Ou des yeux derrière des barbelés ?
    Les accents les plus insolents mais aussi les plus heureux de la comédie animent cette pièce incantatoire contre l´oubli.

  • Grand-Chapital, le professeur parisien, erre dans les campagnes à la recherche de Rose-Monde, la femme qu'il aime passionnément et qu'il a perdue. Epuisé, il trouve refuge chez un brave curé, le père Casuel, et devient peu à peu une figure familière du petit village bourguignon. Mais, un jour de marché, il achète à des forains un jeune fauve aux yeux verts, verts comme les yeux de Rose-Monde, et entreprend, chaque nuit, son dressage dans l'église. Le scandale est si grand que Chapital doit quitter le village et chercher un nouvel abri à l'auberge des Vents coudés. Il a appris grâce à son fauve à aimer les églises et décide de passer une annonce dans La Gazette des clochers: «Cherche choristes pour remplacer cloches d'église hors d'usage.» Fifi Dallibert, le grand cocasse aux yeux tristes, l'éternel adolescent, et Mains-malades, le motard dévoré par la passion de la mécanique, répondent aussitôt à son annonce...

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