• Le point sur la « pénalisation » de la République et ce qu'elle sous-entend : une extension de la justice pénale à des personnes jusque-là protégées ; le traitement des méfaits du libéralisme, par un recours massif à la prison ; le nouveau langage à travers lequel les individus traduisent aujourd'hui leurs relations. Une recherche des causes de ce « tournant pénal » : l'importance prise par les victimes et les médias, qui trouvent dans les associations et l'opinion un relais puissant ; l'autonomie des magistrats, qui tendent à s'émanciper de la tutelle de l'État ; un développement interne à la société démocratique, qui, face à l'insécurité, accentue l'individualisme peureux. Des propositions pour lutter contre les ravages possibles d'un tel mouvement : rapatrier le droit pénal sur quelques délits essentiels ; imaginer d'autres manières de signifier la réprobation sociale ; substituer à la logique répressive la protection des individus fragiles qu'engendrent nos sociétés.

  • En 1692, dans le village de Salem (Massachusetts), vingt-cinq notables sont exécutés pour sorcellerie sur la foi du témoignage de fillettes qui se prétendent possédées. Quelques années plus tard, les autorités reconnaissent leur erreur. Commence alors un long cycle de repentance et d'excuses. En dépit de tout ce qui les sépare, l'affaire des "sorcières de Salem" a de nombreux points communs avec celle qui fascina la France entière voici quelques mois : l'affaire d'Outreau. Dans les deux cas, les mécanismes de la panique morale jettent une lumière crue sur les croyances et les "grandes peurs" du temps. Antoine Garapon et Denis Salas dressent ici le portrait d'une époque travaillée par l'obsession de la pédophilie, la foi naïve dans la parole des enfants, une quête sans fin de sécurité, la défiance à l'égard des institutions, le culte des victimes et une culture inquisitoire sans cesse renaissante.

  • Pourquoi l'étude des rapports entre droit et littérature est-elle quasi inexistante en France alors que la tradition littéraire y est si riche ?
    Ce livre veut réparer cette incogruité en s'intéressant à la façon dont l'un interfère sur l'autre, le nourrit et le pense.
    Lafiction traite sans ménagement les grandes institutions juridiques et réinvente à sa manière le contrat, la personnalité juridique ou la loi.
    La littérature, que ce soit dans "Les frères Karamazov" ou "Les Sorcières de Salem", s'empare de la dimension dramatique du procès, qui éclaire l'éternelle confrontation de l'homme et de la loi. Et l'écrivain, de l'affaire Callas à l'affaire Dreyfus, refuse d'assister, impuissant et révérencieux aux injustices de son temps.
    La littérature s'approprie le monde du droit, récrée ses personnages, s'efforce d'imaginer la loi.
    Cet ouvrage, qui restitue les travaux d'un colloque organisé à la Cour de cassation par l'Institut des hautes études sur la justice, l'Association française pour l'histoire de la justice et l'Ecole nationale de la magistrature vient du droit et de la littérature initié par la collection "Le Bien commun".

  • A partir d'un séminaire organisé en 1993, cet ouvrage aborde les grandes transformations à l'oeuvre dans notre modèle de justice des mineurs : les nouvelles représentations de l'enfant, le rôle du juge et l'impact du pluralisme judiciaire au sein de notre justice des mineurs en sont les thèmes majeurs.

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