• La haute montagne est un domaine mystérieux de rochers et de neiges éternelles. Elle se dresse au-delà des forêts et des alpages, au-dessus de toute habitation. Personne ne peut vivre en permanence dans ce monde minéral et inhospitalier, pourtant des hommes et des femmes y séjournent par métier et par passion : les guides, les gardiens de refuge, les alpinistes... Leur histoire est faite d'aventures et de courage. C'est dans la vallée de Chamonix, au pays du Mont Blanc, la montagne magique qui attire à elle tous les rêves, que tout a commencé. Mais dans les autres vallées des Alpes, dans les Pyrénées, les Andes et l'Himalaya, la même histoire s'est répétée, les mêmes victoires, dures à accomplir, sur soi-même et sur la nature. Maintenant la haute montagne semble complètement apprivoisée. Des téléphériques amènent les touristes au coeur des aiguilles ; l'hiver, les pentes neigeuses sont bariolées de skieurs. C'est tout juste si la nature apparaît encore. On oublie alors que c'est un monde dangereux et qu'il a fallu des années et des années pour le conquérir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Des pattes de taupes portées en amulette qui aident les premières dents à sortir, une petite souris qui apporte un cadeau en échange de la quenotte tombée, le « charlatan » brandissant la dent arrachée, les crocs menaçants du loup enlaçant le Petit Chaperon rouge dans une tendresse équivoque, le loup-garou, le vampire, l'enfer représenté sous la forme d'une gueule dévorante... Autant d'images évocatrices des dents, de leur importance pour l'enfance, pour l'imaginaire. S'appuyant sur les pratiques et les croyances de la société rurale traditionnelle, Françoise Loux essaie de retrouver la cohérence et le sens encore actuels de toutes ces images, ces rêves, ces craintes qui mettent en jeu les dents.

  • Ce livre est destiné, en premier lieu, aux professionnels de la santé - infirmières en particulier - qui ont l'anthropologie au programme de leurs études. Cependant, il ne se présente pas comme un manuel, mais comme une incitation à la réflexion sur le rapport de chacun à ses traditions et sur la façon dont la dimension culturelle pourrait être introduite dans tout acte de soin. Une telle réflexion ne peut laisser indifférents tous ceux qui recherchent leurs racines, qui, s'interrogeant sur la trop grande spécialisation des soins actuels, sont à la recherche d'une médecine plus "totale", d'une réconciliation entre tradition et modernité. Enfin, réfléchir sur ses propres traditions, dans la situation de pluralisme culturel qui est celle de notre société, devrait permettre d'aborder de façon plus sereine les questions si brûlantes de l'identité ou de la différence.

  • La naissance d'un enfant attendu, moment de joie aujourd'hui, période d'angoisse et de menaces autrefois. La pesée du nourrisson, pratique de soin routinière aujourd'hui, autrefois interdit qui risquait, une fois rompu, de stopper à jamais la croissance du tout petit. La crasse, pourchassée aujourd'hui dans les moindres recoins du corps, par le rituel du bain quotidien, laissée volontairement autrefois comme couche de protection du corps. Ces trois exemples montrent la distance qui nous sépare de la conception traditionnelle de l'éducation des enfants. Pourtant cette différence n'est souvent qu'apparente. Si la forme des pratiques a profondément changé, de pair avec l'évolution de la médecine et de l'hygiène, leur contenu, leur orientation sont souvent demeurés inchangés. Hier comme aujourd'hui, elles sont fortement concernées par le maintien en santé du nouveau-né, être fragile par excellence. Ce livre montre ainsi que, loin d'être caractérisées par une absence d'hygiène et du souci de l'enfance, les sociétés traditionnelles ont une conception différente, mais non moins existante. On ne peut parler à leur propos de laxisme ou d'absence d'ordre, mais d'un ordre différent. Leur constante référence au symbolisme révèle une connaissance du corps qui imprègne encore nos façons d'être et d'agir, d'autant plus profondément qu'elle a été inculquée en nous depuis la petite enfance.

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