• Daniel Maggetti donne chair à sa grand-mère qu'il n'a pas connue. Une grand-mère au regard noir, qui vous transperce quand vous la croisez. Le fait de ne l'avoir jamais rencontrée (elle est morte cinq ans avant sa naissance) permet à l'imagination de jouer avec les faits réels : chronique ou fiction, Maggetti fait de son narrateur un malicieux joueur.

    En tout cas, il dresse le portrait d'une femme puissante qui aura vécu dans le plus grand dénuement, le portrait aussi de la vallée retirée où elle a vécu. A l'en croire, pratiquement tous les habitants y sont parents et parlent un dialecte proche de l'italien.

    Grâce à quelques photos, à des histoires racontées, à des détails glanés en marge de documents, de rares objets, l'imagination s'emballe.

    Né en Suisse italienne, Daniel Maggetti a fait des études de lettres à Lausanne, Zurich et Paris ; il vit actuellement à Lausanne où il est professeur à l'université et directeur du Centre de recherches sur les lettres romandes.

  • En plein XIXe siècle, don Tommaso Barbisio, un prêtre piémontais raffiné, tombe en disgrâce et est relégué dans la cure d'un village de Suisse italienne, au fond d'une vallée reculée. Il y prend pour servante Anna Maria, une veuve âgée qui vit seule avec un enfant, dont il découvrira progressivement le passé mystérieux.

    Si don Tommaso est une figure entièrement fictive, Anna Maria a existé. Comme son mari, dont les méfaits sont à l'origine d'une légende racontée depuis des générations, elle est sortie d'un arbre généalogique aux branches aussi touffues que celles d'un coudrier jamais taillé, et ses différends avec sa belle-fille ont laissé des traces dans les archives de l'émigration tessinoise en Australie. À la frontière du récit historique et de l'invention romanesque, dans le bruissement de plusieurs langues qui s'entrechoquent, La Veuve à l'enfant met en scène deux personnages énigmatiques et intensément humains, dont la vie sera marquée par la rencontre de l'autre.

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