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    Il faut prêter attention aux analyses d'Amin Maalouf  : ses intuitions se révèlent  des prédictions, tant il semble avoir la prescience des grands sujets avant qu'ils n'affleurent à la conscience universelle. Il s'inquiétait il y a vingt ans de la montée des Identités meurtrières  ; il y a dix ans du Dérèglement du monde. Il est aujourd'hui convaincu que nous arrivons au seuil d'un naufrage global, qui affecte toutes les aires de civilisation.
    L'Amérique, bien qu'elle demeure l'unique superpuissance, est en train de perdre toute crédibilité morale. L'Europe, qui offrait à ses peuples comme au reste de l'humanité le projet le plus ambitieux et le plus réconfortant de notre époque, est en train de se disloquer. Le monde arabo-musulman est enfoncé dans une crise profonde qui plonge ses populations dans le désespoir, et qui a des répercussions calamiteuses sur l'ensemble de la planète. De grandes nations «  émergentes  » ou «  renaissantes  », telles la Chine, l'Inde ou la Russie, font irruption sur la scène mondiale dans une atmosphère délétère où règne le chacun-pour-soi et la loi du plus fort. Une nouvelle course aux armements paraît inéluctable. Sans compter les graves menaces (climat, environnement, santé) qui pèsent sur la planète et auxquelles on ne pourrait faire face que par une solidarité globale qui nous fait précisément défaut.
    Depuis plus d'un demi-siècle, l'auteur observe le monde, et le parcourt. Il était à Saigon à la fin de la guerre du Vietnam, à Téhéran lors de l'avènement de la République islamique. Dans ce livre puissant et ample, il fait oeuvre à la fois de spectateur engagé et de penseur, mêlant récits et réflexions, racontant parfois des événements majeurs dont il s'est trouvé être l'un des rares témoins oculaires, puis s'élevant en historien au-dessus de sa propre expérience afin de nous expliquer par quelles dérives successives l'humanité est passée pour se retrouver ainsi au seuil du naufrage.

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    « Dans Les désorientés, je m'inspire très largement de ma propre jeunesse. Je l'ai passée avec des amis qui croyaient en un monde meilleur. Et même si aucun des personnages de ce livre ne correspond à une personne réelle, aucun n'est entièrement imaginaire. J'ai puisé dans mes rêves, dans mes fantasmes, dans mes remords, autant que dans mes souvenirs.
    Les protagonistes du roman avaient été inséparables dans leur jeunesse, puis ils s'étaient dispersés, brouillés, perdus de vue. Ils se retrouvent à l'occasion de la mort de l'un deux. Les uns n'ont jamais voulu quitter leur pays natal, d'autres ont émigré vers les Etats-Unis, le Brésil ou la France. Et les voies qu'ils ont suivies les ont menés dans les directions les plus diverses. Qu'ont encore en commun l'hôtelière libertine, l'entrepreneur qui a fait fortune, ou le moine qui s'est retiré du monde pour se consacrer à la méditation ? Quelques réminiscences partagées, et une nostalgie incurable pour le monde d'avant. »A. M.

  • Cette autobiographie imaginaire part d'une histoire vraie. En 1518, un ambassadeur maghrébin, revenant d'un pélerinage à la Mecque, est capturé par des pirates siciliens, qui l'offrent en cadeau à Léon X, le grand pape de la Renaissance. Ce voyageur s'appelait Hassan al- Wazzan. Il devient le géographe Jean-Léon de Médicis, dit Léon l'Africain. Ainsi, après avoir vécu à Grenade, sa ville natale, à Fès, à Tombouctou, au Caire, à Constantinople, Léon passe plusieurs années à Rome, où il enseigne l'arabe, écrit la partie hébraïque d'un dictionnaire polyglotte, et rédige, en italien, sa célèbre "Description de l'Afrique", qui va rester pendant quatre siècles une référence essentielle pour la connaissance du continent noir. Mais plus fascinante encore que l'oeuvre de Léon, c'est la vie, son aventure personnelle que ponctuent les grands événements de son temps : il se trouvait à Grenade pendant la Reconquista, d'où, avec sa famille, il a dû fuir l'Inquisition; il se trouvait en Egypte lors de sa prise par les Ottomans; il se trouvait en Afrique noire à l'apogée de l'empire de l'Askia Mohamed Touré; il se trouvait enfin à Rome aux plus belles heures de la Renaissance, ainsi qu'au moment du sac de la ville par les soldats de Charles Quint. Homme d'Orient et d'Occident, homme d'Afrique et d'Europe, Léon l'Africain est, d'une certaine manière, l'ancêtre de l'humanité cosmo- polite d'aujourd'hui. Son aventure méritait d'être reconstituée, d'une année à l'autre, d'une ville à l'autre, d'un destin à l'autre.On pouvait difficilement trouver dans l'Histoire un personnage dont la vie corresponde davantage à ce siècle étonnant que fut le XVIe siècle. A cela s'ajoute le style d'Amin Maalouf, celui d'un grand écrivain.
    Amin Maalouf est l'auteur des Croisades vues par les Arabes, paru aux éditions Jean-Claude Lattès en 1983, devenu un classique en plusieurs langues.

  • Samarcande

    Amin Maalouf

    Samarcande, c'est la Perse d'Omar Khayyam, poète du vin, libre penseur, astronome de génie, mais aussi celle de Hassan Sabbah, fondateur de l'ordre des Assassins, la secte la plus redoutable de l'Histoire.
    Samarcande, c'est l'Orient du XIXe siècle et du début du XXe, le voyage dans un univers où les rêves de liberté ont toujours su défier les fanatismes.
    Samarcande, c'est l'aventure d'un manuscrit né au XIe siècle, égaré lors des invasions mongoles et retrouvé six siècles plus tard.
    Une fois encore, nous conduisant sur la route de la soie à travers les plus envoûtantes cités d'Asie, Amin Maalouf nous ravit par son extraordinaire talent de conteur.
    A la suite d'Edgar Allan Poe, il nous dit : « Et maintenant, promène ton regard sur Samarcande ! N'est-elle pas reine de la terre , Fière, au-dessus de toutes les villes, et dans ses mains leurs destinées ? »

  • " Depuis que j'ai quitté le Liban pour m'installer en France, que de fois m'a-t-on demandé, avec les meilleures intentions du monde, si je me sentais " plutôt français " ou " plutôt libanais ". Je réponds invariablement : " L'un et l'autre ! " Non par quelque souci d'équilibre ou d'équité, mais parce qu' en répondant différemment, je mentirais. Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c'est que je suis ainsi à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. C'est cela mon identité ? "
    Partant d'une question anodine qu'on lui a souvent posée, Amin Maalouf s'interroge sur la notion d'identité, sur les passions qu'elle suscite, sur ses dérives meurtrières. Pourquoi est-il si difficile d'assumer en toute liberté ses diverses appartenances ? Pourquoi faut-il, en cette fin de siècle, que l'affirmation de soi s'accompagne si souvent de la négation d'autrui ? Nos sociétés seront-elles indéfiniment soumises aux tensions, aux déchaînements de violence, pour la seule raison que les êtres qui s'y côtoient n'ont pas tous la même religion, la même couleur de peau, la même culture d'origine ? Y aurait-il une loi de la nature ou une loi de l'Histoire qui condamne les hommes à s'entretuer au nom de leur identité ?
    C'est parce qu'il refuse cette fatalité que l'auteur a choisi d'écrire les Identités meurtrières, un livre de sagesse et de lucidité, d'inquiétude mais aussi d'espoir.
    Amin Maalouf a publié les Croisades vues par les Arabes, ainsi que six romans : Léon l'Africain, Samarcande, les jardins de lumière, le Premier siècle après Béatrice, le Rocher de Tanios et les Echelles du Levant.

  • Alec, dessinateur d'âge mûr, et Ève, romancière à succès d'un unique livre mythique, sont les seuls occupants d'un minuscule îlot de la côte atlantique. Ils ne se fréquentent pas, jusqu'au jour où une panne inexplicable de tous les moyens de communication les contraint à sortir de leur jalouse solitude.
    Comment s'explique ce black-out ? La planète aurait-elle été victime d'un cataclysme ? Des menaces de conflit nucléaire et de terrorisme à grande échelle planaient déjà. Y aurait-il eu, quelque part dans le monde, un dérapage dévastateur ? Qu'en est-il de l'archipel tout proche ? Et du pays ? Et du reste de la planète ?
    Alec va peu à peu dénouer le fil du mystère. Grâce à son vieil ami Moro, devenu l'un des proches conseillers du Président des Etats-Unis, il parvient à reconstituer le déroulement précis des événements. Si l'on a échappé au désastre, découvre-t-il, c'est d'une manière si étrange, et si inespérée, que l'Histoire ne pourra plus jamais reprendre son cours d'avant.
    La rencontre tumultueuse de nos contemporains déboussolés avec des « frères inattendus » qui se réclament de la Grèce antique, et qui ont su se doter d'un savoir médical beaucoup plus avancé que le nôtre, fait la puissance dramatique de ce roman, tout en lui donnant des allures de conte moderne.
    A travers la fiction et la parabole, l'auteur traite ici de manière romanesque les grands sujets abordés dans plusieurs de ses essais (Les identités meurtrières, Le naufrage des civilisations).

  • Prix Goncourt 1993. L'histoire de ce roman tourne autour d'un personnage illustre dans tout le Moyen-Orient et dont nul ne sait s'il fut réel ou légendaire : Tanios-Kichk ; et quand Amin Maalouf commence son récit, ce patronyme désigne un rocher sur lequel les enfants n'ont pas le droit de jouer. Tanios avait, autrefois, assassiné un prélat qui lui avait "dérobé" une femme. Par la suite, Tanios avait erré en Méditerranée avant de tomber dans un piège tendu par la famille dudit prélat trente années après le meurtre de leur ancêtre. Tanios est assassiné, puis transformé en rocher dans la région des Monts-Liban... On pourrait dire que cette légende est le sujet de ce roman. Or, ce n'en est que le point de départ... Le livre que l'on va lire, en effet, est l'enquête menée par un narrateur dont la famille a été mêlée à l'assassinat de Tanios-Kichk. Dès lors, dans une construction romanesque savante et pleine d'aventures, le lecteur entreprend un grand voyage dont le thème pourrait ainsi se résumer : comment et pourquoi naissent les légendes ?

  • En racontant la vie et les aventures des dix-huit personnages qui se sont succédé au 29e fauteuil de l'Académie française depuis 1634, Amin Maalouf ne retrace pas seulement cette « généalogie en partie fictive » dont parlait son prédécesseur Lévi-Strauss ; il nous fait revivre de manière charnelle, incarnée, quatre siècles d'histoire de France.
    Si « un roman est un miroir que l'on promène le long d'un chemin », selon le mot de Stendhal, le roman de la France que nous relate ici l'auteur est une Légende des Siècles à partir d'un fauteuil.
    Son premier occupant se noie dans la Seine, Montherlant se suicide dans son appartement avec vue sur la Seine, et l'Académie elle-même siège dans un petit périmètre longé par la Seine, entre le Louvre et le quai Conti ; unité d'un lieu à partir duquel se déploie le kaléidoscope d'une histoire en train de se faire.
    Le pouvoir des rois et des cardinaux, des hommes d'épée et des négociateurs, l'autorité grandissante ou déclinante des philosophes et des savants, l'influence des poètes, des librettistes, des dramaturges et des romanciers : autant de visages de la gloire qui nous parlent des âges différents de la Nation.
    Les conflits d'idées et d'égos, les cabales pour faire trébucher Corneille, Voltaire ou Hugo, les intrigues de couloir et les histoires d'amour contrariées tissent la trame de cette si singulière histoire de France. On revisite ici la querelle du Cid et la révocation de l'Edit de Nantes, la Fronde et le jansénisme, l'expulsion des jésuites et l'émergence de la franc-maçonnerie, la Révolution de 1789, l'insurrection du 13 Vendémiaire et le coup d'état du 18 Brumaire, le Second Empire, la guerre de 1870 et la Commune de Paris, l'invention de l'anesthésie et celle des funérailles nationales, l'Affaire Dreyfus et les grandes guerres du XXe siècle...
    À partir d'un simple fauteuil, lieu de mémoire fragile et chaleureux posé sur les bords de la Seine, Amin Maalouf nous fait redécouvrir les riches heures du passé de la France, la permanence de son « génie national », ainsi que ses constantes métamorphoses.  

  • En ces premières années du XXIe siècle, le monde présente de nombreux signes de dérèglement. Dérèglement intellectuel, caractérisé par un déchaînement des affirmations identitaires qui rend difficiles toute coexistence harmonieuse et tout véritable débat. Dérèglement économique et financier, qui entraîne la planète entière dans une zone de turbulences aux conséquences imprévisibles, et qui est lui-même le symptôme d'une perturbation de notre système de valeurs. Dérèglement climatique, qui résulte d'une longue pratique de l'irresponsabilité... L'humanité aurait-elle atteint son « seuil d'incompétence morale » ? Dans cet essai ample, l'auteur cherche à comprendre comment on en est arrivé là et comment on pourrait s'en sortir. Pour lui, le dérèglement du monde tient moins à une « guerre des civilisations » qu'à l'épuisement simultané de toutes nos civilisations, et notamment des deux ensembles culturels dont il se réclame lui-même, à savoir l'Occident et le Monde arabe. Le premier, peu fidèle à ses propres valeurs ; le second, enfermé dans une impasse historique. Un diagnostic inquiétant, mais qui débouche sur une note d'espoir : la période tumultueuse où nous entrons pourrait nous amener à élaborer une vision enfin adulte de nos appartenances, de nos croyances, de nos différences, et du destin de la planète qui nous est commune.

  • Les jardins de Lumière, c'est l'histoire de Mani, un personnage oublié, mais dont le nom est encore, paradoxalement, sur toutes les lèvres. Lorsqu'on parle de "manichéen", de "manichéisme", on songe rarement à cet homme de Mésopotamie, peintre, médecin et prophète, qui proposait, au IIIe siècle de notre ère, une nouvelle vision du monde, profondément humaniste, et si audacieuse qu'elle allait faire l'objet d'une persécution inlassable de la part de toutes les religions et de tous les empires. Pourquoi un tel acharnement ? Quelles barrières sacrées Mani avait-il bousculées ? Quels interdits avait-il, pour faire retenir un cri à travers le monde". Plus que jamais, en cette époque déroutante qui est la nôtre, son cri mérite d'être entendu. Et son visage redécouvert.
    C'est à Mani que ce livre est dédié, c'est sa vie qu'il raconte. Sa vie, ou ce qu'on peut en deviner encore après tant de siècles de mensonge et d'oubli.
    Amin Maalouf est l'auteur des Croisades vues par les Arabes, de Léon l'Africain, et de Samarcande.

  • Ossyane est un homme complexe et douloureux, rencontré par un narrateur - qui pourrait être Amin Maalouf lui-même - alors qu'il est au soir de sa vie, et qu'il se trouve à Paris pour un mystérieux rendez-vous. C'est une longue et belle histoire que celle d'Ossyane, qui traverse les cinquante dernières années en passant par Beyrouth, Haïfa et la France, mêlant la Résistance et le conflit israélo-arabe. Ossyane, donc, venu du Liban et qui, par le hasard de ses études à Paris, devient un héros de la Résistance. Il rencontrera Clara, une jeune juive, qu'il épousera à la Libération et dont il aura une fille. Mais une guerre est à peine terminée que l'autre - celle du Proche-Orient déchiré - commence... Ossyane et Clara seront donc séparés par l'histoire. Ils seront séparés, aussi, par la folie qui s'empare d'Ossyane. Ce n'est qu'à la dernière page du roman qu'ils se retrouveront.

  • Jusqu'ici, Amin Maalouf avait seulement effleuré l'histoire véridique de sa propre famille ; de Léon l'Africain au Périple de Baldassare, en passant par Le Rocher de Tanios ou Les Echelles du Levant, tel ou tel épisode, plus ou moins transfiguré, de l'aventure des siens se trouvait ainsi exploré, ou « romancé ». Mais jamais il ne s'était décidé à en faire une relation exacte et méticuleuse. Avec ce livre, c'est l'inverse : au sommet de son art, serein, avide de son propre passé, il plonge dans sa généalogie, et cette immersion fascine par sa radicalité, par son ampleur.
    Car Amin Maalouf précise d'emblée que sa famille est sa seule patrie. Qu'il se sent l'obligé de ses origines et que celles-ci, plus que toute autre détermination, disent la vérité de son être. Chez les siens, en effet, on naît naturellement nomade, cosmopolite, polyglotte ; et c'est la famille, le lignage sacré, qui fonde l'identité diasporique des êtres qui, comme lui, vont, depuis le Liban, essaimer de par le monde.
    La trajectoire de ceux qui l'ont précédé, elle lui fut restituée, un jour, à la faveur d'une valise encombrée de papiers, de photographies, de traces. Et c'est en enquêteur obsessionnel, en archiviste des siens, qu'il s'y plonge à l'occasion d'un deuil : l'histoire des Maalouf, dans ce livre, commence au milieu de XIXème siècle, sur des terres montagneuses qui appartiennent alors à un Empire Ottoman en proie à ses ultimes convulsions, et qui va bientôt se désintégrer.
    Dans cette famille, on est tantôt mystique, tantôt franc-maçon. On aime le Liban mais on cultive la passion de l'exil. On célèbre les vertus du commerce, mais aussi celles de l'enseignement et des lettres. Un grand-oncle d'Amin, Gebrayel, choisira de partir pour Cuba, tandis que le frère de celui-ci, Botros, restera au Liban. Ces deux hommes - celui qui part, celui qui reste - résumeront à eux deux la fresque qui nous est ici contée, dans sa tension entre l'ici et l'ailleurs.
    L'auteur, piqué au jeu de son enquête, se plait alors à revisiter les secrets, les amours et les légendes de sa tribu. Il ira même jusqu'à Cuba pour y retrouver, dans une scène éblouissante, un lointain cousin égaré dans une société en pleine déliquescence castriste.
    Devant un tel livre, on ne peut qu'être ébloui par la façon dont Amin Maalouf s'est acquitté d'une tâche écrasante : le rendez-vous d'un grand écrivain avec la cohorte de fantômes qui l'ont fait tel qu'il est. Un rendez-vous de mots où l'anecdote, l'histoire et le roman se mêlent dans leur commune substance : l'émotion.

  • "Ce que la présence de cette femme a apaisé en moi, ce n est pas la soif charnelle d'un voyageur, c'est ma détresse originelle. Je suis né étranger, j'ai vécu étranger et je mourrai plus étranger encore. Je suis trop orgueilleux pour parler d'hostilité d'humiliations, de rancoeur, de souffrances, mais je sais reconnaître les regards et les gestes. Il y a des bras de femmes qui sont des lieux d'exil, et d'autres qui sont la terre natale."
    Parti sur les routes en 1665, le narrateur de cette histoire, Baldassare Embriaco, Génois d'Orient et négociant en curiosités, est à la poursuite d'un livre qui est censé apporter le Salut à un monde désemparé. Sans doute est-il aussi à la recherche de ce qui pourrait encore donner un sens à sa propre existence.
    Au cours de son périple, en Méditerranée et au-delà, Baldassare traverse des pays en perdition, des villes en feu, des communautés en attente. Il rencontre la peur, la tromperie et la désillusion ; mais également l'amour, à l'heure où il ne l'attendait plus.
    Amin Maalouf a déjà publié six romans : Léon l'Africain, Samarcande, Les Jardins de lumière, Le Premier Siècle après Béatrice, Le Rocher de Tanios (Prix Goncourt 1993) et Les Echelles du Levant.

  • Il existe sur les marchés d'Orient des "fèves" mystérieuses auxquelles d'antiques superstitions prêtent le pouvoir de favoriser la naissance d'enfants mâles. Un peu partout, en effet, les naissances féminines vont se raréfier ; les "fèves" en seraient-elles la cause ? A travers une enquête à rebondissements qui les entraîne jusqu'à l'équateur, un savant français, spécialiste des scarabées, et sa compagne cherchent une explication. Ce roman d'Amin Maalouf se prête à plus d'une lecture. Roman de l'amour "maternel" d'un père envers sa fille, roman d'un homme attaché à "la féminité du monde", roman du partage de notre planète entre un Sud qui dépérit et un Nord qui s'exaspère, roman de l'effrayante rencontre entre les perversions de l'archaïsme et celles de la modernité... Mais peut-être est-ce avant tout un conte philosophique, celui de notre fin de siècle déconcertante, et aussi, un regard inquiet vers le vingt et unième, si présent déjà, et que l'auteur appelle, énigmatiquement, "le premier siècle après Béatrice". Par l'auteur de Léon l'Africain.

  • Amin Maalouf est né au Liban en 1949. Il vit en France depuis 1976. Ses livres sont traduits dans plus de 27 langues. Il a publié Les Croisades vues par les Arabes, Léon l'Africain, Samarcande, Les Jardins de lumière, Le Premier siècle après Béatrice (Grasset, 1992), Le Rocher de Tanios (Prix Goncourt 1993), Les Échelles du Levant (Grasset, 1996), Les identités meurtrières (Grasset, 1998) et Le Périple de Baldassare (Grasset, 2000).

    Le Livre:
    L'amour de loin, opéra en cinq actes de Kaika Saariaho sur un livret original d'Amin Maalouf, a été créé en août 2000 à Salzbourg, et sera repris en novembre 2001 au Théâtre du Châtelet.
    Au XIIème siècle, en Aquitaine Jaufré Rudel, prince de Blaye, s'est lassé de la vie de plaisirs des jeunes gens de son rang. Il aspire à un amour différent, lointain, qu'il s'est résigné à ne jamais voir satisfait. Ses anciens compagnons, en choeur, lui reprochent ce changement et le moquent. Ils lui disent que la femme qu'il chante n'existe pas. Mais un pèlerin, arrivé d'Outremer, affirme qu'une telle femme existe, et qu'il l'a rencontrée. Jaufré ne pensera plus qu'à elle.
    Reparti en Orient, le pèlerin rencontre Clémence, la comtesse de Tripoli, et lui avoue qu'en occident, un prince-troubadour la célèbre dans ses chansons en l'appelant son « amour de loin ». D'abord offusquée, la dame se met à rêver de cet amoureux étrange et lointain. Mais elle se demande aussi si elle mérite une telle dévotion.
    Revenu à Blaye, le pèlerin rencontre Jaufré et lui avoue que la dame sait désormais qu'il la chante. Ce qui décide le troubadour à se rendre en personne auprès d'elle. Clémence, de son côté, semble préférer que leur relation demeure lointaine. Elle ne veut pas vivre dans l'attente et ne veut pas souffrir.
    Parti en mer, Jaufré est impatient de retrouver son « amour de loin », mais il redoute cette rencontre. Il regrette d'être parti sur un coup de tête, et son angoisse est telle qu'il en tombe malade, de plus en plus malade à mesure qu'il approche de Tripoli.
    Quand le bateau accoste, le pèlerin prévient Clémence que Jaufré est là et qu'il va au plus mal. Le troubadour arrive à la Citadelle de Tripoli inconscient, porté sur une civière. En présence de la femme qu'il a chantée, il reprend peu à peu ses esprits. Les deux « amants de loin » se rencontrent, et l'approche du malheur leur fait brûler les étapes.

  • Adriana Mater se passe dans un pays en guerre. Il n'est pas nommé, mais fait fortement penser à telle ou telle région des Balkans à la fin du XXe siècle. Adriana, jeune femme passionnée, est victime d'un viol : enceinte, elle refuse d'avorter. « L'enfant est le mien, non celui du violeur », dit-elle à sa soeur. C'est aussi pour se rassurer : cet être naîtra avec les deux sangs, celui de la victime et celui du bourreau. Sera-t-il Caïn ou Abel ? se demande Adriana. Devenu adulte, son fils Yonas apprend que son géniteur, qui avait fui le pays à la fin de la guerre, est de retour. Il promet de le tuer, mais ne se résout pas à le faire. « Cet homme méritait de mourir, mais toi, mon fils, tu ne méritais pas de le tuer », lui dit Adriana.
    Adriana Mater pose les questions éternelles de la condition humaine : peut-on donner la vie dans un temps de mort ? Doit-on pardonner en toutes circonstances, le pardon est-il couardise ou courage ?

  • « Mesdames et Messieurs de l'Académie,Quand on a le privilège d'être reçu au sein d'une famille comme la vôtre, on n'arrive pas les mains vides. Et si on est l'invité levantin que je suis, on arrive même les bras chargés. Par gratitude envers la France comme envers le Liban, j'apporterai avec moi tout ce que mes deux patries m'ont donné : mes origines, mes langues, mon accent, mes convictions, mes doutes, et plus que tout peut-être mes rêves d'harmonie, de progrès et de coexistence.Ces rêves sont aujourd'hui malmenés. Un mur s'élève en Méditerranée entre les univers culturels dont je me réclame. Ce mur, je n'ai pas l'intention de l'enjamber pour passer d'une rive à l'autre. Ce mur de la détestation - entre Européens et Africains, entre Occident et Islam, entre Juifs et Arabes -, mon ambition est de le saper, et de contribuer à le démolir. Telle a toujours été ma raison de vivre, ma raison d'écrire, et je la poursuivrai au sein de votre Compagnie. Sous l'ombre protectrice de nos aînés. Sous le regard lucide de Claude Lévi-Strauss. »A. M.Ce volume reprend le discours de réception à l'Académie française d'Amin Maalouf, prononcé le 14 juin 2012, suivi de la réponse de Monsieur Jean-Christophe Rufin.
    Comme le veut la tradition, ces deux textes sont suivis du discours de remise de l'épée, prononcé par Jean d'Ormesson.

  • "Chaque fois que nous évoquons les croisades, c'est à travers les récits des croisés. Mais il y a aussi ceux qui ont été envahis par les croisés. Mais il y a aussi ceux qui ont été envahis par les croisés, et qui étaient les habitants de ces territoires. Justement, Amin Maalouf publie chez Jean-Claude Lattès Les croisades vues par les arabes. Voilà l'autre bout de la lorgnette ! Il faut bien constater que les versions orientales et occidentales ne coïncident guère. Nous avons, nous, écrit notre propre vision ; pendant ce temps, ils ont écrit la leur. C'est pourquoi cette nouvelle histoire des croisades ne ressemble à aucune autre". Alain Decaux de L'Académie française. France Inter.
    "Un ouvrage remarquable qui complète plus qu'il ne contredis celui de René Grousset". Eugène Mannoni. Le Point.
    "Amin Maalouf a écrit une histoire attachante, agréable à lire, qui constitue une image renversée de ces contes de fées que sont pour nous les croisades". The New Yorker.
    "Les croisades vues par les Arabes nous offres une perspective inhabituelle de la confrontation entre l'Europe occidentale chrétienne et le Moyen-Orient musulman". The Economist. Londres.
    Amin Maalouf est l'auteur de Léon l'Africain. Les croisades vues par les Arabes, publié pour la première fois en 1983, est désormais un classique, traduit en plusieurs langues.

  • Anglais On Identity

    Amin Maalouf

    The notion of identity - personal, religious, ethnic or national - is one that has given rise to heated passions and crimes throughout the history of mankind. What it is that makes each one of us unique and dissimilar to any other individual has been one of the fundamental questions of philosophy from Socrates to Freud.In this important series of reflections, the author, a Lebanese who now lives in France, where he is a well-known writer and commentator, considers how we define ourselves and how identity is understood in the world's different cultures.

  • There are ninety-nine names for God in the Koran, is it possible that there is a secret one-hundredth name? In this tale of magic and mystery, of love and danger, Balthasar's ultimate quest is to find the secret that could save the world. Before the dawn of the apocalyptic 'Year of the Beast' in 1666, Balthasar Embriaco, a Genoese Levantine merchant, sets out on an adventure that will take him across the breadth of the civilised world, from Constantinople, through the Mediterranean, to London shortly before the Great Fire. Balthasar's urgent quest is to track down a copy of one of the rarest and most coveted books ever printed, a volume called 'The Hundredth Name', its contents are thought to be of vital importance to the future of the world. There are ninety-nine names for God in the Koran, and merely to know this most secret hundredth name will, Balthasar believes, ensure his salvation.

  • Anglais Disordered World

    Amin Maalouf

    In this brilliant exploration of the post-9/11 world, leading Lebanese novelist and intellectual Amin Maalouf sets out to understand how we have arrived at such disorder. He explores three different but related aspects of disorder: intellectual (manifested in an unleashing of statements on identity that allow no possibility of peaceful co-existence or debate), economic and financial (that is exhausting the earth's resources), and climatic (the result of turning a blind eye to the consequences of rampant industrialization).
    Instead of seeing the current disorder of the post-9/11 world as 'a clash of civilisations' Maalouf sees it as the 'exhaustion of two civilisations', a period in which humanity has reached its threshold of 'moral incompetence'. Islam and the West have theoretical coherence, he says, but in practice each betrays its true ideals: the West is unfaithful to its own enlightenment values, which has discredited it in the eyes of the people to whom it has introduced democracy by force; while Islam finds itself condemned to a headlong rush into radicalism. These symmetrical disorders are only some of the elements in a global disorder that requires humanity as a whole to take responsibility for its future and face up to the urgent tasks such as climate change and the global financial crisis that threaten us all.
    Disordered World is a plea by one of the major writers of the last twenty years for intelligence, tolerance and a sense of urgency in order that we develop an adult vision of our patrimony, our beliefs, our differences and the future of the planet which is our common home.

  • From his chlidhood in Fez, having fled the Christian Inquisition, through his many journeys to the East as an itinerant merhcant, Hasans story is a quixotic catalogue of pirates, slave girls and princesses, encompassing the complexities of a world in a state of religious flux. Hasan too is touched by the instability of the era, performing his hadj to Mecca, then converting to Christianity, only to relapse back to the Muslim faith later in life. In re-creating his extraordinary experiences, Amin Maalouf sketches an irrisistible portrait of the Mediterranea world as it was nearly five centuries ago - the fall of Granada, the Ottoman conquest of Egypt, Renaissance Rome under the Medicis: all contribute to a background of spectacular colour, matched only by the picaresque adventures of Hasan's life.

  • Accused of mocking the inviolate codes of Islam, the Persian poet and sage Omar Khayyam fortuitously finds sympathy with the very man who is to judge his alleged crimes. Recognising genius, the judge decides to spare him and gives him instead a small, blank book, encouraging him to confine his thoughts to it alone.Thus beginds the seamless blend of fact and fiction that is Samarkand. Vividly re-creating the history of the manuscript of the Rubaiyaat of Omar Khayyam, Amin Maalouf spans continents and centuries with breathtaking vision: the dusky exoticism of 11th-century Persia, with its poetesses and assassins; the same country's struggles nine hundred years later, seen through the eyes of an American academic obsessed with finding the original manuscript ; and the fated maiden voyage of the Titanic, whose tragedy led to the Rubaiyaat's final resting place - all are brought to life with keen assurance by this gifted and award-winning writer.

  • Born in a Mesopotamian village in the third century, the son of a Parthian warrior, Mani grows up in a volatile and dangerous world. As battle rages for control over the Middle East between the great Roman and Persian empires, as Jews and Christians, Buddhists and Zoroastrians fight for ascendency, Mani- painter, mystic, physician and prophet- makes his way through the battlefields to preach to his incandescent doctrine of humility, tolerance and love, a doctrine that comes to be known as Manicheanism.A vivid glimpse of the ancient world in all its perfumed splendour and cruelty, an elegantly philosophical discourse on the fall of man, THE GARDENS OF LIGHT is a story of great beauty and resonance, exquisitely told.

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