Presses de Sciences Po

  • Les personnes en situation de handicap souffrent d'une marginalité persistante face au monde du travail. Les chiffres français sont éloquents : 35 % de taux d'emploi, 19 % de taux de chômage. Pour comprendre un tel constat malgré les nombreuses politiques adoptées depuis le début du XXe siècle, l'auteure présente la situation de cette population sur le marché de l'emploi et passe en revue le foisonnement de dispositifs existants, pour la plupart mal connus et rarement évalués : quotas, droit à la non-discrimination, travail protégé et adapté, aménagements de poste, accompagnement vers et dans l'emploi, reclassement, etc.

    Cet état des lieux, éclairé des apports de la littérature internationale, montre l'importance d'un changement des pratiques et des représentations entourant le handicap au coeur des organisations, afin de favoriser l'embauche, la progression et l'épanouissement professionnels des personnes handicapées.

  • Le genre est un organisateur central de la mondialisation néolibérale actuelle. Qu'il s'agisse de comprendre la division internationale du travail, les mobilités et les migrations, les guerres ou encore la transnationalisation des mouvements sociaux, le genre est, avec les rapports de classe et de race, une clé d'analyse indispensable.En effet, les femmes constituent l'une des principales sources de profit pour le capitalisme global et, simultanément, l'un des groupes sociaux les plus actifs dans la conception et la mise en oeuvre d'alternatives à cette mondialisation.En réunissant des spécialistes internationaux sur des thématiques rarement abordées, comme le rôle des femmes du Sud et leurs mouvements, la militarisation ouverte et les guerres « de basse intensité », ou encore le travail non rémunéré des femmes, cet ouvrage renouvelle fondamentalement la critique des conséquences économiques, sociales, politiques, culturelles et idéologiques de la mondialisation.Sous la direction de Jules Falquet, Helena Hirata, Danièle Kergoat, Brahim Labari, Nicky Le Feuvre et Fatou Sow.Avec les contributions de Paola Bacchetta, Paula Banerjee, Lourdes Benería, Françoise Bloch, Francine Descarries, Uma Devi, Zillah Eisenstein, Diane Elson, Jules Falquet, Miriam Glucksmann, Jacqueline Heinen, Ruri Hito, Arlie R. Hochschild, Bruno Lautier, Lim Lin Lean, Adelina Miranda, Mirjana Morokvasic, Liane Mozère, Saskia Sassen, Fatou Sow, Fatiha Talahite, Viviene Taylor, Lise Widding Isaksen.

  • Les indices d'un désarroi des CDI n'ont cessé de s'accumuler dans un contexte où l'ombre portée du chômage et de la précarité s'étend. Ne nous trompons pas cependant de diagnostic devant la souffrance au travail et les mobilisations parfois radicales : les salariés des grandes entreprises jusqu'ici perçues comme protectrices ne sont pas entrés en dissidence.

    Aspirés par leur entreprise, ils sont disposés à jouer le jeu, mais critiquent durement les modalités de mise en oeuvre des mutations imposées par le management. Pourtant, ces dernières ne forment pas l'enjeu de mobilisations collectives : discontinues et ambivalentes, les luttes se présentent comme « alternatives ».

    Réelle, la loyauté des salariés apparaît donc paradoxale car elle n'exclut ni retrait temporaire ni protestation. Mais le rapport au travail s'éprouve dans l'expérience, où c'est la valeur personnelle de chacun qui est en jeu.

    Fondamentalement, les CDI d'aujourd'hui sont en quête d'une appropriation positive de la condition qui leur est faite. Or il leur manque les « prises » qui leur permettraient de se forger une nouvelle identité d'eux-mêmes et de constituer des collectifs solidaires.

  • L'auteur nous livre ici une réflexion stimulante sur la signification de la persistance et de l'amplification du phénomène corporatif, en s'efforçant d'échapper aux jugements de valeur simplistes récurrents le concernant.Insistant d'abord sur l'importance de la dimension identitaire de la crise "multipolaire" du monde du travail, Jacques Capdevielle met en relation le corporatisme avec la réapparition des identités de métier depuis plus d'une dizaine d'années. Puis, s'attardant plus particulièrement sur le détail des événements de 1986-1987 et de 1995, l'auteur entend montrer en quoi ce retour du corporatisme est un processus en renouvellement, qu'on ne saurait lire de façon univoque : au milieu des années 1980, il faisait écho au "silence des responsables politiques qui caractérise notre modernité" ; avec le mouvement de 1995, un nouveau cycle idéologique s'ouvre, où l'on voit les interrogations d'habitude implicites (notamment sur le rôle de l'État) se transformer en "questions sociétales explicites adressées au pouvoir politique ".Dès lors, J. Capdevielle s'interroge sur l'avenir du corporatisme, et notamment remet en cause son caractère supposé d'"exception française". Il voit dans les événements de Seattle un réveil des sociétés civiles contre l'auto-légitimation de la mondialisation, et constate à l'échelle internationale une re-légitimation générale des intérêts particuliers. Le regain du corporatisme se traduirait pour l'avenir par un élargissement inédit de l'espace public. La vertu du corporatisme, remarque l'auteur, est d'agir comme un révélateur des manques politiques.

  • Le souvenir des grèves de Mai 68 reste vivace en France. Pourtant, ici comme ailleurs, le nombre et les jours de grève baissent depuis vingt ans. Ce recul marque-t-il l'avènement dun monde du travail pacifié et assagi ou n'est-il que leffet de la pression exercée par la menace du chômage et de la précarité sur les salariés ?Fort dune approche historique, théorique et empirique de la grève, en France comme en Europe, cet ouvrage met en évidence l'ambivalence des évolutions actuelles : les mutations de lemploi ont contribué à affaiblir lusage de la grève comme recours pour les salariés, mais les métamorphoses de la grève n'impliquent pas pour autant l'extinction des mobilisations protestataires dans le monde du travail.La grève n'est plus aussi centrale au sein des conflictualités sociales. Elle s'inscrit plus souvent dans un halo de mobilisations qui relèvent d'autres registres contestataires (pétitions, manifestations, etc.) mais qui reprennent à leur manière l'esprit de coalition et de résistance qui la caractérise depuis sa naissance.

  • Pourquoi travaille-t-on ? Pour le salaire mais pas seulement. À partir d'une enquête ethnographique réalisée auprès des caissières de supermarchés en Belgique, Isabelle Ferreras montre que le travail inscrit les travailleurs dans un espace public, et combien il est animé par une aspiration à la justice. Contrairement à ce que l'on ne cesse de répéter sur la fin du travail et la dépolitisation des travailleurs, elle démontre que le travail, à l'heure de la flexibilité, est source de sens et d'engagement. Il est une expérience de nature proprement politique.
    L'expérience du travail a changé : Dans une société où 70% des emplois se trouvent dans les services, le rapport permanent à la clientèle génère chez les employés des attentes accrues d'égalité et de respect, en opposition radicale avec le régime d'interaction qui prévaut dans l'entreprise, pétri d'inégalité et d'arbitraire.
    Au fond, par quel enchantement les individus laisseraient-ils leur qualité de citoyen à la porte de cet espace public qu'est l'entreprise ? Pourquoi le travail salarié constituerait-il une limite au projet démocratique ? Ce livre aborde de front ces questions-clés qui hantent les démocraties capitalistes. Il remet la question du traval au-devant de la scène politique.

  • Le tourisme a longtemps été réservé aux élites sociales. Sa diffusion n'intervint qu'au XXe siècle pour les milieux populaires, grâce notamment aux syndicats qui ont permis à des milliers de salariés de partir en vacances.Ce livre aborde le tourisme sous l'angle syndical et social, à travers l'association Tourisme et travail, proche de la CGT, et sans doute la plus emblématique. Cette expérience témoigne du projet syndical d'éducation populaire dépassant la simple activité de loisir. Des militants se sont spécialisés dans le tourisme, pour en faire un élément de la dignité ouvrière.Mais face aux changements sociaux et culturels, aux modifications des politiques publiques, à la professionnalisation et à la concurrence marchande liée à l'essor du tourisme de masse, le tourisme social a connu évolutions et difficultés.Ce livre croise les histoires des associations de tourisme, des loisirs populaires et du mouvement syndical pour examiner sous un angle nouveau l'espoir, né en 1936, d'un tourisme populaire, social et éducatif.

  • Les ressources humaines en entreprise peuvent-elles contribuer à la sortie de crise ? C'est à cette question qu'une quinzaine de chercheurs et auteurs reconnus, tous lauréats ou finalistes du prix RH Sciences Po/Syntec Recrutement/Le Monde répondent ici.Cinq thèmes majeurs guident leur réflexion : 1) l'inefficacité de stratégies RH qui renvoient à des conceptions ou des modèles d'organisation inadaptés; 2) la question de la crise du travail et du sens du travail ; 3) celle des pratiques managériales et de leurs liens avec les pathologies du travail ; 4) les rapports emplois-travail dont le problème des seniors, et des jeunes qui subissent le plus les transformations du travail ; 5) le renouvellement de la gestion du recrutement, la nécessité d'améliorer l'articulation entre politiques publiques et pratiques d'entreprises pour atteindre la « flexicurité » appelée par tous.Reconstruire les rapports entre savoir et action, développer un management factuel, trouver une nouvelle rationalité des ressources humaines, une autre façon de construire et d'atteindre la performance, tels sont, selon les auteurs, les sujets sur lesquels devraient se concentrer les directions des ressources humaines.LES AUTEURSÉric Albert - Norbert Alter - Rachel Beaujolin-Bellet - David Courpasson - François Dupuy - Nicolas Flamant - Bernard Gazier - Serge Guérin - Hubert L'Hoste - Yves Moulin - Jeffrey Pfeffer - Jacques Rojot - Géraldine Schmidt - Jean-Claude Thoenig - Bénédicte Vidaillet

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