• Bob Coates est un sale type. Fils du peuple, bigot, sexiste et raciste, il aime l'ordre et l'autorité.

    En cette année 1877 qui marque le début du récit, son pays est en proie à l'agitation ouvrière. Cet Américain moyen choisit de se ranger du côté du manche, il devient un nervi au service de la fameuse agence Pinkerton, qui donnera plus tard naissance à la CIA.

    Pendant cinquante ans, l'homme infiltre des luttes, attise les tensions internes, passe à tabac les grévistes, nulle abjection ne l'arrête.

    Dans ce roman inspiré de faits réels, troisième volet de la trilogie américaine (après Anthraciteet Nous ne sommes rien soyons tout), Valerio Evangelisti donne à voir les heurs et malheurs de la classe ouvrière américaine organisée du début du siècle XX.

    Valério Evangelisti, auteur italien né en 1952 à Bologne, est l'auteur de nombreux romans parmi lesquels tout le cycle SF Nicolas Eymerich.

  • Solidarité forever ; histoire globale du syndicat industrial Workers of the World Nouv.

    Avec son slogan « Faire du tort à un seul, c'est faire du tort à tous », l'IWW a donné au concept de solidarité une définition très concrète. Ce slogan, à l'image des Wobblies eux-mêmes, a voyagé aux quatre coins du monde. Les luttes d'il y a un siècle résonnent encore dans les pays du Sud en voie d'industrialisation comme dans ceux du Nord en voie de désindustrialisation. Que les ouvriers du monde entier fassent vivre l'internationalisme et l'esprit des Wobblies, et alors ils seront assez puissants pour défier le capitalisme mondial.En plein déclin des organisations de lutte au travail et de l'État-providence, cette histoire internationale et globale d'un des syndicats aux revendications les plus ambitieuses revient aux sources d'un mouvement qui a essaimé dans le monde entier et rappelle l'urgence d'explorer des formes alternatives de pratique politique et syndicale.Peter Cole, David M. Struthers et Kenyon Zimmer, historiens américains spécialistes du syndicalisme, dirigent vingt contributeurs internationaux rendant compte de contextes aussi variés que la France, l'Inde, le Mexique, l'Australie ou la Finlande.

    Peter Cole enseigne l'histoire à l'université Western Illinois et est chercheur associé au Society, Work and Development Institute à l'université de Witwatersrand. Il est l'auteur de Wobblies on the Waterfront (Université of Illinois Press, 2007).David M. Struthers est professeur assistant à l'université de Copenhague.Kenyon Zimmer est professeur associé à l'université de Texas at Arlington. Il est l'auteur de Immigrants Against the State (University of Illinois Press, 2015).

  • Pouilles, printemps 1946. D'un côté il y a les soeurs Porro, qui vivent recluses dans leur palais et ignorent le monde environnant. De l'autre les ouvriers agricoles, bousculés par la guerre et tenaillés par la faim. Les soeurs continuent à tenir leur rang, à se rendre à l'église, à se pencher sagement sur leurs broderies. Les travailleurs, eux, se mobilisent pour obtenir un emploi, nourrir leurs enfants, contenir la pression des réfugiés qui affluent dans la botte du pays. Ce jour de mars 1946 la foule se rassemble sur la place où s'élève la noble demeure pour un meeting syndical lorsqu'un coup de fusil retentit... Milena Agus a rempli les vides de cette histoire vraie grâce à son imagination. Elle fait revivre sous les yeux du lecteur les soeurs Porro, prisonnières comme les paysans de leur condition sociale mais coupables de n'avoir pas ouvert les yeux sur les cruautés de l'Histoire.
    Luciana Castellina nous relate cet épisode de l'Histoire dans le contexte trouble de l'époque: le débarquement allié en Italie du Sud, la dissolution du Parti fasciste, l'établissement du roi à Brindisi, l'arrivée des réfugiés dans les Pouilles et les révoltes paysannes. Une flambée de violence que les historiens ont quasiment passé sous silence et qui prend aujourd'hui toute sa signification.

  • Les mutations profondes du travail obligent les syndicats à s'adapter pour devenir de véritables partenaires. De nombreuses initiatives originales naissent pour défendre l'emploi et les travailleurs autrement. Plus que jamais, le syndicalisme doit se renouveler face aux défis de notre société.Pour la première fois, un livre sur les relations sociales incite à l'optimisme. Il montre, exemples à l'appui, que ni les entreprises ni le grand public ne sont condamnés à subir conflits sociaux et grèves. Le syndicaliste, l'adversaire habituel, peut devenir un partenaire.
    Aujourd'hui, de plus en plus de syndicats s'impliquent dans la gestion de l'entreprise. La recherche de la performance économique n'est plus taboue mais devient un objectif partagé par les directions et les représentants des salariés. C'est le moyen de conforter l'avenir de l'entreprise et donc l'emploi, les rémunérations.
    Les auteurs identifient les nouveaux défis que les organisations doivent maîtriser et comment de nouveaux rapports sociaux s'expérimentent dans de nombreuses entreprises à l'aide d'exemples concrets.
    L'ouvrage vise un public plus large que l'on peut l'imaginer : les cadres qui ont dans leur service élus du personnel ou militants, les 300 000 élus dans les instances représentatives ainsi que les étudiants aussi bien en sciences sociales que futurs ingénieurs et cadres qui devront gérer des équipes.

  • En 2020 sera commémoré le 10e anniversaire de la mort de Jean Ferrat. L'occasion de démontrer combien les textes qu'il a écrits et/ou interprétés (notamment d'Aragon) sont singulièrement modernes. La foi et les convictions de Jean Ferrat, les combats d'idées qu'il a menés, résonnent avec force dans l'actualité. Capitalisme, libéralisme, socialisme, démocratie, dictature, mais aussi entreprise, travail, syndicalisme, mais aussi environnement, Europe, mondialisation, mais aussi paix, solidarité, fraternité, humanité, amour... (et bien d'autres sujets) : ce livre confronte le lecteur à « une » formidable lecture du monde, car la poésie et les engagements personnels de Jean Ferrat inspirent la manière dont nous devons regarder le monde, celle aussi dont nous pouvons le rêver et le construire.

    Denis Lafay est journaliste, il a rencontré Jean Ferrat il y a une quinzaine d'années.
    Laurent Berger est le secrétaire général de la CFDT.
    Cédric Villani est mathématicien et député.
    Étienne Klein est physicien et philosophe.
    Tous les quatre sont passionnés par l'oeuvre de Jean Ferrat.

  • «Quand on parle de moi, il y a toujours l'usine. Pas facile de parler d'autre chose.» Dans un monologue destiné au plus jeune de ses fils, Louis Catella se dévoile. Mouleur syndicaliste aux Fonderies et Aciéries du Midi, il s'épuise dans la fournaise des pièces à produire et le combat militant. Il raconte aussi la famille, l'amour de Rose, le chahut des garçons, les efforts rageurs pour se payer des vacances... Une vie d'ouvrier, pas plus, pas moins. Jusqu'au grand silence du 16 juillet 1974. Louis meurt accidentellement. Et pourtant l'impossible monologue se poursuit, retraçant la vie sans père de ce fils qui n'avait que sept ans au moment du drame. Partagé entre le désir d'échapper à ce fantôme encombrant dont tout le monde tisse l'éloge et la peur de trahir, c'est à lui maintenant de devenir un homme. Ce roman intense brosse la chronique de la France ouvrière des années 60-70, le récit intime de l'absence, la honte et la fierté mêlées des origines. «Un beau livre de deuil mais aussi d'affranchissement.» Livres-Hebdo

  • Dans l'histoire du travail, les femmes ont joué un rôle méconnu, voire ignoré, par la plupart des historiens et sociologues. Quelques historiennes, au cours des dernières décennies se sont employées à pallier ce manque. Se nourrissant de leurs travaux, Rolande Pinard propose ici une analyse sociohistorique de l'activisme des travailleuses ayant contribué, dans le mouvement ouvrier, à élaborer le sens social-politique du travail. Richement documentée, cette recherche soutient que, de leur solidarité initiale avec les travailleurs, les travailleuses ont progressivement été marginalisées dans les formes de syndicalisme qui ont suivi. En bout de ligne, l'émancipation par le travail a quasi exclusivement été le lot des hommes, qui ont bénéficié des institutions (comme le syndicalisme) construites par les luttes ouvrières, sociales et politiques des salarié.e.s.

    Soulignant l'aspect pluridimensionnel de la formation de la classe ouvrière, Rolande Pinard rappelle que comprendre le travail d'un point de vue critique implique de tenir compte de ses différents agents à travers les périodes historiques de transformation du capitalisme.

  • L'Histoire du Premier Mai de Maurice Dommanget est le seul ouvrage majeur réalisé, en langue française, par un témoin contemporain sur cette vaste manifestation. Il y développe une réflexion sur les luttes socio-politiques qui ont amené cette date à être la journée internationale des travailleurs à partir de 1889, puis la fête du travail, jour chômé. Un important travail de recherche lui a permis de nous donner à lire les heures sombres et glorieuses de ces manifestations, qui commémorent le 1er Mai sanglant de 1886 à Chicago. Au travers de cette réédition, c'est tout un pan de l'histoire sociale du XXe siècle qui se déroule, sous nos yeux, jusqu'aux années soixante-dix.

    Instituteur, pédagogue, syndicaliste actif et chercheur, Maurice Dommanget, (1888-1976) est l'auteur de plus d'une cinquantaine d'ouvrages importants d'histoire sociale. À son décès, il lègue ses archives à l'Institut français d'histoire sociale, à Paris.

  • Face à la complexité du monde du travail, la société doit pouvoir compter sur une discipline scientifique qui en étudie les différents aspects et qui forme des personnes aptes à comprendre et à solutionner les problèmes qui en découlent. Le champ des relations industrielles occupe cette fonction depuis près d'un siècle en Amérique du Nord. À l'occasion de son 75e anniversaire, l'École de Relations industrielles de l'Université de Montréal a demandé à ses professeurs et professeures de joindre leurs voix pour produire un ouvrage qui mettrait en évidence le riche savoir et l'excellence de la recherche de cette discipline. En acceptant l'invitation, ces spécialistes répondent ici, avec enthousiasme et rigueur, à des questions d'actualité concernant le monde du travail, notamment celles-ci :

    La gestion des ressources humaines est-elle « humaine » ?
    Quel rôle joue l'éthique dans ce domaine ?
    Comment améliorer l'image du syndicalisme auprès des jeunes ?
    Existe-t-il des différences de valeurs entre les générations dans une même organisation ?
    Les programmes d'accès à l'égalité au Québec fonctionnent-ils vraiment ?
    Les entreprises transnationales ont-elles une responsabilité sociale ?
    Que sait-on de la santé et de la sécurité des jeunes au travail ?
    Pourquoi avons-nous besoin de recherches comparatives transnationales en relations industrielles ?
    Comment devenir un négociateur compétent ?
    Les relations industrielles en questions

  • Mammouth

    Antonio Pennacchi

    Bleu de travail et bleus à l'âme. Tels sont les signes distinctifs de Benassa, le coriace leader syndical de l'usine de câbles Supercavi. Depuis vingt ans, dans chaque manif, chaque grève, les ouvriers ont scandé avec lui : « Un pour tous, tous pour un ! » Mais en Italie comme ailleurs, la loi du marché torpille peu à peu l'unité syndicale et les idéaux révolutionnaires. Le drapeau rouge est en berne et Benassa broie du noir. Ça tombe bien : les patrons aussi en ont assez de cet énergumène et ont décidé de lui faire une offre qui ne se refuse pas...
    Entremêlant le récit des quelques jours qui précèdent sa décision, faits d'armes du syndicat et portraits savoureux des ouvriers de Supercavi, ce roman d'Antonio Pennacchi compose une peinture drôle et fraternelle de la classe ouvrière.

  • Alors que de nombreuses voix invitent à nouveau la CFDT à "changer radicalement sa pratique" vis-à-vis de la base, cet ouvrage permet de comprendre les ressorts réels des transformations qui ont affecté la Confédération française démocratique du travail depuis mai 1968.
    Comment la CFDT - qui a compté jusqu'à 2 millions d'adhérents - est-elle passée du socialisme autogestionnaire au réformisme apolitique en moins d'une génération ? A égale distance des thèses adverses de la "trahison historique" face au néolibéralisme et de l'"adaptation" nécessaire devant la crise, Nicolas Defaud montre, grâce à un travail à partir d'archives et à une sociohistoire inédite de l''appareil syndical, comment la confédération d''origine chrétienne est passée du mouvement ouvrier et du syndicalisme de transformation sociale au "syndicalisme de proposition" qu''elle a labellisé.
    Retraçant à la fois les débats d''idées et les basculements sociologiques profonds qui touchent la population de ses militants, l''auteur propose un autre point de vue pour aborder l''évolution du syndicalisme à travers l''histoire de la CFDT, le syndicat qui voulait être le "bureau d''études de la classe ouvrière".

  • Dans un contexte de mondialisation, alors que les modes de régulation se structurent de plus en plus à l'échelle internationale, la prise de décision sur les enjeux sociétaux fondamentaux tend de plus en plus à échapper aux acteurs locaux et régionaux. En même temps, en raison du désengagement des États, un nombre croissant de responsabilités sont transférées aux acteurs locaux, aussi bien en ce qui a trait au développement économique qu'à l'offre de service aux citoyens, souvent avec des ressources inférieures à celles des États. Les collectivités locales sont ainsi confrontées à deux défis : réagir de façon active et réflexive aux restructurations de l'économie mondiale et expérimenter des formules innovatrices de développement pour répondre aux aspirations et aux besoins des citoyens.

    À partir de cas issus du Québec, du Canada, de la France et du Brésil, cet ouvrage présente un survol des enjeux qui touchent les acteurs locaux qui doivent innover afin de faire converger le développement économique et le développement social, et favoriser l'émergence de milieux socialement innovateurs. Il montre que c'est à travers des tensions et des compromis entre les citoyens porteurs d'innovations sociales et les instances publiques à toutes les échelles que peuvent se construire des processus de transformation institutionnelle, que ce soit en matière de syndicalisme, d'immigration, de genre ou de développement territorial. C'est grâce aux démarches participatives, partenariales et collaboratives mises en place par les acteurs sociaux à partir d'expérimentations sociales que la société pourra se transformer.

  • Le SNUipp-FSU (Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC) est un jeune syndicat, né en 1992. Sa conception novatrice d´un syndicalisme rassembleur, samanière de parler du métier, des élèves et des personnels lui permettent, dès les élections professionnelles de 1996, de devenir le premier syndicat des enseignants du primaire. Concevant le travail syndical comme une action et une réflexion sur les conditions d´exercice du métier, en vue de parvenir à la réussite scolaire de tous les élèves, le SNUipp s´est bâti sur l´idée d´une transformation nécessaire de l´école. Au coeur des débats sur l´école, son action se fonde sur des échanges avec l´ensemble de la profession, afin d´élaborer des propositions concrètes et de proposer des initiatives unitaires. Au-delà des actions syndicales « classiques », le SNUipp développe aussi des initiatives plus originales dans le paysage syndical français. Ainsi, il organise chaque année une Université d´automne qui réunit chercheurs et enseignants sur les questions d´éducation, mais également d´égalité et de justice sociale.

  • Reçu au siège du PS - une première -, Ernest-Antoine Seillière (président du Medef de 1997 à 2005) lâche : « Monsieur le Premier secrétaire, vous n'êtes pas souriant avec les télés et les photographes ». Réponse de François Hollande : « C´est parce que vous me broyez la main ! » - Prisonnier en Allemagne au début de la guerre, Francois Ceyrac (président du CNPF de 1972 à 1981) fut formé au métier de terrassier par des ouvriers... communistes.
    - Laurence Parisot (présidente depuis 2005) aime tant son personnel qu'elle ne supporte de partager l'ascenseur avec personne.
    Tout le monde connaît ou croit connaître le Medef. Pourtant, s'il est une organisation qui reste opaque, c'est bien celle qui représente les patrons.
    Anecdotes et révélations émaillent ce livre où des portraits mi-figue mi-raisin d'Yvon Gattaz, Jean Gandois ou d'Ernest Antoine Seillere, mais aussi de Denis Kessler et Denis Gautier-Sauvagnac (patron de l´UIMM), apportent un regard décalé sur notre histoire économique et sociale récente. Dévoiler cette grande pudique qu´est cette étrange maison : telle est la prouesse que se fixe l´auteur.

  • Pour qui s'intéresse à l'évolution du travail au Québec, le passage à un régime néolibéral au tournant des années 1980 renvoie à un concept : la flexibilisation. Trente ans plus tard, avec la montée en flèche du nombre d'emplois atypiques, force est de constater que flexibilité rime aussi avec précarité, l'emploi atypique se distinguant trop souvent par une moindre rémunération et un accès restreint aux multiples formes de protection sociale. Comment le syndicalisme peut-il s'ajuster aux besoins différenciés d'une main-d'oeuvre de plus en plus diversifiée et employée sur des marchés du travail toujours plus segmentés ?

    L'auteur nous invite à penser le marché du travail à partir de sa périphérie, et à réfléchir à l'innovation syndicale à partir des pratiques, des stratégies et des revendications d'organisations de travailleurs se situant sur les marges de la société salariale. Dans une démarche qui vise le rajeunissement, voire la métamorphose du syndicalisme, il porte attention aux possibilités d'innovation sous-tendue par la nouvelle configuration du travail dans le capitalisme d'aujourd'hui.

    Pour ce faire, il présente un état des lieux du travail sur les marchés périphériques au Québec, en accordant une place prépondérante aux expériences des travailleurs, puis expose des pistes de réflexion sur le renouvellement de la théorie syndicale et sur le redéploiement de l'action syndicale au Québec. Enfin, il propose cinq études d'expériences portées, ici et maintenant, par des travailleurs atypiques et des organisations syndicales soucieuses de répondre à leurs besoins différenciés en matière d'organisation collective.

    L'ouvrage nous montre que les organisations de travailleurs demeurent déterminantes et constituent l'une des pistes majeures à explorer afin de repenser l'articulation des mobilisations et l'émancipation sociales à l'ère de la mondialisation néolibérale.

  • De la création de lAssociation catholique des institutrices rurales en 1936 jusquà nos jours, ce livre nous fait découvrir les grandes étapes du syndicalisme enseignant ainsi que les luttes et les gains sociaux qui en ont résulté. Des photographies historiques et des documents darchives variés illustrent cette histoire syndicale, intimement liée à celle du Québec.

  • Les lois d'exception, ou lois « spéciales », ont été au coeur de l'histoire politique québécoise des cinquante dernières années. Depuis le milieu des années 1960, entre luttes sociales et crises économiques, tous les gouvernements y ont eu recours pour interdire et réprimer l'exercice du droit de grève dans les secteurs public et privé. Ces atteintes répétées visant un droit reconnu par l'Assemblée nationale ont suscité un fort mouvement de contestation syndicale, voire de désobéissance civile dans les années 1970. Affaibli par l'adoption de lois spéciales particulièrement sévères, de décrets imposant les conditions de travail et de réformes sociales draconiennes à partir du début des années 1980, le mouvement syndical peine toujours à retrouver sa combativité. Au moyen d'une documentation inédite, Grève et paix montre pour la première fois comment les lois d'exception ont bouleversé non seulement le monde du travail, mais la société québécoise dans son ensemble.

  • Dans un premier volume, consacré à une période qu'encadrent deux dates dramatiques, 1918 et 1945, l'auteur a montré comment une courageuse expérience de collaboration sociale, née alors que l'Empire allemand venait de s'effondrer, n'a duré que quelques années ; comment aussi le recours des partenaires sociaux à l'État, dont l'arbitrage obligatoire se substituait à leurs libres accords, frayait la voie à la dictature national-socialiste. À partir de 1933, plus de syndicats, ni d'organisations patronales, mais l'embrigadement de tous dans un appareil totalitaire. Lorsque l'Allemagne sort pantelante du cauchemar hitlérien, va-t-elle tirer la leçon de ses erreurs d'avant-guerre ? Dans ce second volume, le quart de siècle qui vient de s'écouler nous apporte la réponse : la République fédérale, respectant l'autonomie des organisations de travailleurs et d'employeurs, a permis à ceux-ci d'établir entre eux un système de relations exemplaire. Cette Sozialpartnerschaft ne s'est pas établie sans peine, sans conflits, parfois spectaculaires. Même hésitante, la collaboration des partenaires sociaux contribue à un relèvement économique qu'on a pu qualifier de miraculeux. Consolidée à travers une dizaine d'années à peu près exemptes de grèves, elle mérite que les Français comprennent son mécanisme et son esprit ? et qu'ils connaissent les chefs, syndicalistes et industriels, qui courageusement et patiemment en ont été les constructeurs et en restent les mainteneurs.

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