• Recueillis par l'historien et écrivain Luc Weibel, voici les souvenirs de Madeleine Lamouille : les temps de l'enfance, la faim au ventre, dans les années 1900, puis l'adolescence dans une « manufacture-internat » ; l'engagement, surtout, entre 1920 et 1940, comme femme de chambre dans une famille de l'aristocratie vaudoise, puis dans une maisonnée bourgeoise de Genève. À la campagne comme à la ville, bonnes et cuisinières sont des « pipes de terre » quand leurs maîtres seraient de « porcelaine ». Mais si Madeleine Lamouille connaît sa place auprès de « Monsieur » et de « Madame », elle sait se faire entendre pour obtenir un minimum de considération. Lucide et vivant, son récit en dit long sur cet esclavagisme des temps modernes, perpétué au nom de la liberté individuelle.

    Née dans une famille pauvre du canton de Fribourg, Madeleine Lamouille (1907-1993) travaille dans les années 1920 et 1930 comme femme de chambre dans des maisonnées bourgeoises romandes. Dans les années 1970, elle raconte son expérience de domestique à l'écrivain Luc Weibel, petit-fils d'une famille genevoise pour laquelle elle a travaillé. De ces conversations naît Pipes de terre et pipes de porcelaine, publié en 1978.

  • 1926. Paris, dans le plus bel hôtel du monde. Scoop  ! Rose, 11 ans, la fille du sous-directeur, apprend qu'une diva va épouser ici en secret un célèbre aviateur. Elle le confie à son amie Suzon, jeune femme de chambre. Les employés s'affairent. Les invités s'installent. Domestique de la diva, Suzon la prépare au grand jour. Mais l'arrivée au restaurant du Ritz d'un célèbre critique gastronomique sème la panique en cuisine. Pire  ! La diva s'afflige de ne pas recevoir de lettre de son amoureux et enchaîne les caprices... Rose et Suzon arriveront-elles à faire revenir le bonheur au palace  ?
     

  • Dans Le lumineux destin d'Alexandra David-Néel, j'ai voulu, surtout, respecter le rythme de ce destin galopant. C'est d'ailleurs l'un des secrets de cette vitalité alexandrine qui tient du prodige : Mme David-Néel ne s'est jamais arrêtée. Comment en aurait-elle eu le temps ? Elle s'incarna, en une seule existence, en tant de personnages : anarchiste, bourgeoise, bouddhiste, cantatrice, orientaliste, exploratrice (elle fut la première Parisienne à pénétrer à Lhassa, en 1924), journaliste, écrivain... Comment aurait-elle pu perdre un instant, alors que sa vie, sa vraie vie selon ses plus profonds désirs, ne commença qu'à quarante-trois ans ? Quelle leçon de patience et d'endurance ! Bondissant sans cesse en avant, sans cesse en mouvement, même quand on la croit immobilisée à sa table de travail, celle qui, centenaire, faisait, à l'étonnement de son entourage, renouveler son passeport, n'a consenti à se reposer qu'en consentant à mourir, en 1969. Et encore, rien ne prouve que la mort, pour Alexandra, soit un repos éternel !

  • Accusé de complot contre la Marquise de Pompadour, le jeune Latude, âgé de vingt-trois ans, fut enfermé à la Bastille sur lettre de cachet de Louis XV. Trente-cinq ans plus tard, à l'époque où se situe ce récit, il demeure emprisonné, sans procès, sans jugement. Sur lui repose la pierre éternelle du silence. Un matin de l'hiver 1781, Henriette L. ramasse dans un caniveau le manuscrit perdu de cet infortuné Latude. Bouleversée par les confidences du prisonnier autant que révoltée par l'aberration de cet enfermement, Henriette L., la petite mercière, décide de rompre ce silence. Mais que peut une femme de sa condition face à une monarchie absolue ? « ... trois ans de suite, elle suivit son but avec une opiniâtreté inouïe dans le bien, mettant à poursuivre le droit et la justice, cette âpreté singulière du chasseur ou du joueur, que nous ne mettons guère que dans nos mauvaises passions... » écrit Michelet qui lui rend grandement hommage dans son Introduction à la Révolution Française. Le récit de Chantal Villepontoux-Chastel recrée avec force l'atmosphère des rues et des salons du XVIIIe siècle. Il nous plonge dans ce climat de décadence où l'intrigue et le complot règnent en maîtres, et dégage admirablement le portrait d'une des rares femmes du peuple ayant joué un rôle important à cette époque.

  • P.-D.G. limogé brutalement à la suite d'une O.P.A. sauvage, Julien Duvernois investit ses économies dans une Rolls-Royce et se reconvertit comme chauffeur de haute remise. Découvrant qu'il est plus confortable de recevoir des ordres que d'en donner, il goûte enfin la volupté d'obéir. Époux modèle d'une violoncelliste angélique, père d'une adolescente dans le vent et ex-mari d'une belle avocate, il se retrouve en casquette de livrée et gants blancs au volant de la "belle anglaise", symbole de la richesse et du pouvoir. Sa présence d'esprit, sa classe et son charme ne manquent pas de séduire ses clients, mais ils sont mis à rude épreuve. Comme on loue une Rolls pour jouer la comédie des apparences, un passager peut en cacher un autre, et les risques du métier sont considérables. Piloter la "belle anglaise" vous fait vite franchir les limites de la prudence et de la loi. Julien se voit confier des missions qui dépassent sa fonction et il est entraîné dans une suite d'aventures périlleuses, cocasses et pathétiques où il engage sa liberté et même sa vie. Mais, grâce à ses talents insoupçonnés, il se sort de situations extrêmes sous le regard étonné ou ravi de sa femme et de son ex. Les rôles s'inversent et le chauffeur ex-patron doit très vite, pour son salut, diriger les opérations. Un roman, enlevé et malicieux, en marge d'un grand feuilleton télévisé en six épisodes.

  • Je n'ai pas voulu ici raconter une histoire, moins encore mon histoire. J'ai cherché à rendre un sentiment qui m'a suivie pendant nombre d'années et qui se tapit encore, très caché - car on n'en guérit pas - derrière tous les autres : le sentiment d'exil. Il me semblait que ce malaise méritait d'être dit.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Dans un monde sans électricité, sans chauffage central, sans téléphone et sans télévision, voici deux petites filles qui sautent à la corde aux environs de 1900, dans une ville de province. Elles sont jolies, espiègles, observatrices. On leur a appris que les enfants naissent dans les choux, qu'il faut fermer les yeux en changeant de chemise, et que l'enfer, avec ses démons cornus, attend les petites filles distraites au catéchisme. Au pensionnat religieux où elles sont élevées, elles font la révérence à Mère Eudoxie, mais rentrées chez elles, dans leur grand jardin, elles font la pirouette sur la pelouse, jupons par-dessus tête... Un jour, les Soeurs très émues leur annoncent leur départ : c'est le drame de la séparation de l'Église et de l'État, drame vivement ressenti par les deux petites filles. Plus tard, Gette et Gégé, devenues de belles jeunes filles, découvrent Paris, les expositions, le théâtre, la poésie, le monde fascinant des livres. Elles rêvent d'échapper à l'atmosphère étriquée de la province, et sont sur le point d'y réussir, quand la guerre éclate. Plus tard, elles reviendront s'installer définitivement à Paris.

  • À l'automne 2017, lors d'une chasse fastueuse au Château de Valençay, Dimitri Naboukof, jeune ambitieux sorti brillamment de l'École Mondiale d'Administration, se trouve brutalement plongé dans les intrigues politiques et passionnelles. Les plus hauts dignitaires soviétiques s'apprêtent en effet à fêter le centième anniversaire de la Révolution d'octobre 1917 et le vingt-cinquième anniversaire (1992) de la conquête du monde. Les peuples soumis par Moscou souffrent, mais la révolte par les armes et la violence est devenue dérisoire. Seuls en face du Kremlin, il ne reste que la Chine et le Christianisme. Emporté dans un torrent d'intrigues politiques, Dimitri Naboukof prend part à l'impitoyable guerre pour le pouvoir au Kremlin. Ses amours résisteront-ils aux forces et aux ambitions qui se déchaînent au sein du Politburo ? Un fantastique roman où s'épanouit la puissance de l'âme russe et où gronde la soumission apparente des peuples vaincus... On avait sans doute oublié que « le 13 octobre 2017 » c'était aussi le centième anniversaire de la dernière apparition de Fatima.

  • Au XIXe siècle, du fait de l'éloignement de l'île du continent, du fléau des tempêtes, des aléas de la pêche, les habitants de Groix s'étaient organisés en escadres d'une vingtaine de bateaux et chaque soir, un équipage quittait le banc de germons pour rapporter la pêche à terre, tandis que les autres continuaient à « taper dans la mate ». Autant d'escadres, autant d'amiraux responsables de l'action de pêche et de la répartition égalitaire des gains entre les hommes. Les malchanceux, les moins vaillants, touchaient la même somme que les gagneurs. De ces communautés originales, deux escadres seulement subsistaient en 1902. Gwenaël Quentrec'h avait été et restait le meilleur amiral de Groix. Non seulement il avait le don de découvrir les bancs de germons, mais il jouissait d'une autorité, d'une compétence et d'une petite fortune qu'il savait mettre à la disposition de son prochain. Pour raconter la lutte du dernier amiral de Groix pour sauver son escadre, Henri Dumoulin a choisi la forme romanesque la plus libre et la plus discrète. Il offre un livre plein d'aventures, de suspense, de rudesse et de tendresse cachée. Avec, au premier plan, la mer nourricière et meurtrière, que les femmes haïssent comme une rivale envoûtante et funeste...

  • Si l'on sait qu'en 1610 Henri IV a été assassiné par Ravaillac, on connaît moins les dix années qui ont précédé ou suivi ce crime : pour la France, prospérité retrouvée et amorce de construction européenne à quinze, pour le roi, c'est le temps des amours tumultueuses entre son épouse Marie de Médicis et la plus perfide et la plus nocive de ses maîtresses, Henriette de Balzac d'Entragues. Elle a « la beauté mais aussi l'esprit du diable ». Elle ne sera pas tout à fait étrangère à la mort du souverain... par sa complicité peut-être, en tout cas, par son silence. Sept ans plus tard, Louis XIII donna l'ordre de tuer Concini qui avait été aussi un artisan du complot de Ravaillac. Henri IV vengé par son fils, tel est le jeu de bascule dans lequel fut plongée la France à partir de 1610. Jean Castarède émet l'hypothèse que l'assassinat du roi n'est pas seulement l'action d'un exalté. Il brosse alors un stupéfiant parallèle avec un autre assassinat célèbre, celui du président Kennedy, à propos duquel il détient des éléments inédits, révélés ici pour la première fois. Il prouve qu'il y a eu, là aussi, si ce n'est complot, plusieurs complicités. Enfin, au-delà de l'enquête policière, ce livre dévoile les ressorts psychologiques cachés des princes qui nous gouvernent et la fascination exercée sur eux par les femmes. On y trouve les jeux de l'amour, de l'intérêt et du pouvoir, dans une France qui n'a pas beaucoup changé depuis des siècles, mais dont les crises ne sont, fort heureusement, plus dénouées par des assassinats.

  • Rouen à l'époque des fiacres, les plages normandes à celle des costumes de bain rayés, la vie provinciale d'une vieille famille bourgeoise avec ses préjugés, ses tabous, traditionnaliste, bien pensante et pudibonde, mais aussi solidement attachée à « l'esprit de famille » - tel est le cadre d'un monde où le confort s'installe lentement et où le poêle, la lampe à pétrole et le seau de toilette restent les ustensiles de base. C'est son enfance dans ce milieu ouaté que l'auteur, aujourd'hui à l'âge de la retraite, raconte à ses vingt-quatre petits-enfants. Il la raconte avec humour, esprit et attendrissement et on n'oubliera pas les personnages étonnamment pittoresques qui surgissent à chaque page. C'est l'époque où les opérations chirurgicales se pratiquent à domicile ; où l'on voit voler sur les champs de courses les premiers aéroplanes, apparaître les premières voitures - et où la dot des jeunes filles garde toute son importance. Un récit extraordinairement attachant, qui se lit comme un roman.

  • En 1910, un jeune écrivain inconnu publiait dans "Le Mercure de France" et dans "La Revue de Paris" plusieurs séries de poèmes en prose, d'inspiration orientale, qui provoquèrent l'admiration de Mistral, d'Anna de Noailles, de Pierre Louys, de Kipling. C'était Le Jardin des Caresses. Depuis cette époque, ce grand petit livre n'a pas quitté les vitrines des libraires, et il a été traduit dans toutes les langues. Citer les autres ouvrages de Franz Toussaint, qui ont eu et continuent d'avoir, la même faveur du public, est superflu. Poète et romancier, prestigieux traducteur de quelques chefs-d'oeuvre asiatiques qu'il nous a véritablement révélés, il occupe dans notre littérature une place tout à fait spéciale, qu'ombragent les plus nobles palmes.

  • Brahma observait la carte. Il devait aller en direction du nord pour combattre les Hoysala. Il en avait parlé à l'empereur Chandragupta qui l'avait approuvé. Brahma était un jeune homme de souche noble, grand, mince, le nez busqué, une petite moustache ornant sa lèvre supérieure. Une barbe courte et noire donnait à son visage un aspect d'adolescent alors qu'il avait vingt-cinq ans.

  • Marie se croit heureuse. Elle aime Luc, Luc l'aime, et il aime son métier : architecte. Il construit un somptueux palais pour un milliardaire à Marrakech. Marie y rencontre Nadège. Nadège fascine Marie : c'est une call-girl. Peu à peu, Marie prend la place de Nadège... Délivrance ? Déchéance ? Plaisir ? Les femmes ont toujours payé cher leur audace... Mais aujourd'hui, elles se la font aussi payer.

  • - Raconte, Marie-Romaine ! - Mais que voulez-vous que je vous dise, mes enfants, je ne suis qu'une pauvre femme et ma vie est si ordinaire... Ordinaire, l'aventure de ces femmes, venues au début du siècle d'Italie, de Pologne ou d'ailleurs, pour construire, avec leurs familles, la Lorraine du fer ? Est-ce si sûr ?

  • D'Afrique Noire en Amérique latine et en Asie, un périple mouvementé ; de Kwame N'Krhumah à Lumumba, Chombé, Mobutu, Sékou Touré ou Senghor, un regard attentif et lucide. Le portrait d'un Tiers monde où poussent, pêle-mêle, espoirs et désillusions, discours libertaires et pratiques despotiques. « Quand deux déradeurs se croisent, la vie d'aérodrome commence. En 1953, avec Jean Rouch, je suis partie pour l'Afrique Noire. Depuis, la promenade intercontinentale a continué. Dans ce texte, plein de trous de mémoire, j'ai essayé de raconter certains épisodes de cette errance qui pourrait se résumer ainsi : S'il trouvait un puits dont l'eau serait la plus fraîche et la plus abondante, le nomade boirait plus qu'un dromadaire. »

  • André Guillot est né à Dieppe en 1943. Il est technicien géomètre dans une entreprise de travaux publics et aussi organiste dans la région de Rouen. Marqué dans son enfance par l'après-guerre et les conversations des adultes sur cette époque épouvantable, il a attendu de passer la cinquantaine pour exprimer au travers de ses lettres, les souvenirs racontés par ses proches.

  • Joie de vivre et gentillesse, tel est l'apanage de Jean-Pierre Foucault. Les auditeurs de RMC ne s'y sont pas trompés. Par millions, ils attendent chaque matin ce compagnon toujours de bonne humeur qui leur communique son entrain. Devenu vedette, Jean-Pierre Foucault est resté lui-même. Ses admirateurs et surtout ses admiratrices provoquent une petite émeute lors de chacun de ses déplacements. Mais tout se passe là encore avec le sourire. À partir de 9 h 30, chaque jour, l'antenne de RMC devient radio bonne humeur et bon humour. En dialoguant avec les auditrices, en racontant des histoires drôles, en commentant gaiement les événements de l'actualité, les faits divers, les records les plus étonnants, Jean-Pierre Foucault et Léon créent chaque matin toutes les raisons de mieux passer la journée. Dans ce livre, on retrouvera tous les grands moments de l'émission, mais aussi des souvenirs, des anecdotes de Jean-Pierre Foucault et Léon. Bref, toutes les raisons d'avoir plus souvent le soleil au coeur.

  • Après la disparition inexpliquée de son ami Robert Tiercin, Roland Mourgues décide de quitter Paris et d'aller au Koraq, où une situation lui est proposée dans un palace international. Avec ses raffineries de pétrole, ses usines d'armement et son dictateur avide d'expansion, le pays qui l'accueille n'est plus l'Éden. On y vit dans l'attente permanente de conflits que le moindre prétexte peut faire éclater. Mais à l'hôtel Al Mansour, la climatisation occidentale fait oublier les dangers. On a confiance dans la sagesse des Grandes Nations pour éviter la catastrophe. Roland se laisse aller au plaisir de nombreuses conquêtes faciles, jusqu'au jour où il fait la connaissance d'une personnalité de la ville, Michelle Kara, dont il s'éprend et devient l'amant. La guerre inévitable éclate. Les missiles, les bombes s'abattent jour et nuit sur la capitale du sud. qui n'est bientôt plus qu'un amas de décombres. Les habitants fuient. L'hôtel AL Mansour flambe. Michelle Kara entraîne Roland vers le nord du pays où elle possède, au bord du désert, une sorte de citadelle, la villa Dilmum. De nombreux amis viennent les y rejoindre. Parmi lesquels l'inquiétant docteur Awad Moussad. Des fêtes un peu troubles s'organisent pour tenter d'oublier la guerre. Mais celle-ci se rapproche inexorablement.

  • « Le Mannequin rouge existe, je l'ai vu, je le raconte ; j'ai mangé dans l'île de Tâ - sur une natte de joncs verts - du ga-râ tout simplement étrivé, et je raconte. Je raconte toujours des histoires vraies, que j'ai vécues - vécues dans mon quotidien ou mon imaginaire. Certaines sont prises dans l'actualité brute. D'autres musiquent plus carrément sur le mode étrange, cette face cachée - qu'elle soit drôle ou non - de la lumière sur les choses familières. Quoi encore ? Je pense que l'humour ne gâte jamais rien, je le cultive avec amour. Enfin : j'aime cette liberté que le récit offre à l'auteur de changer de peau - ni tout à fait le même ni tout à fait un autre - chaque fois qu'il dira Je. »

  • « Voilà un récit totalement surréaliste... C'est assez dire que ce qu'il nous raconte est d'une effroyable exactitude. Son absurdité est à la démesure du réel, voire du quotidien... Car le Roi Bissextile existe... Non seulement au sommet de l'État, mais à tous les niveaux de l'État... Il est ce personnage omniprésent par la bouche duquel le pouvoir se joue à lui-même la farce du pouvoir... Bouffon parce qu'empereur, empereur parce que bouffon... Et autour de lui s'entrecroisent des majordomes chefs et des bouffons chefs qui pourraient s'appeler Soisson, Stirn ou Lecanuet, tandis que le syndicat des insurgés demande la permission d'installer ses Chevènement ou ses Marchais sur les strapontins d'honneur... Oui, le Roi Bissextile est partout... Livre terrible, en définitive, que ce Roi Bissextile... Un mélange explosif de Tocqueville et de Pierre Dac, de Montesquieu adapté par Ubu et de Rousseau revu par Ferdinand Lop... Jean Paul Rosart a, décidément, fait oeuvre utile en poursuivant jusqu'aux dernières limites de la dérision, et quitte à démystifier d'avance sa propre démystification, son voyage au bout de notre nuit... » Jean François Kahn

  • Après tout, c'était sa faute ! Mathilde n'aurait pas dû poser tant de questions embarrassantes. Ainsi, Louise n'aurait pas été contrainte de la livrer en pâture à ses chers protégés et la vie, aux « Ormes », aurait continué comme avant... Enfin, presque, car Louise n'était pas seule à jouer avec la vie des autres dans cette maison de retraite pour vieillards fortunés. D'autant que Christian, le directeur, avait appris son métier dans de bien peu avouables circonstances. Et si les « Ormes », ce manoir au nom si tranquille, n'était que l'antichambre de l'enfer ?

  • La disparition de Félix Faure, en février 1899, est un tournant décisif dans l'Histoire de la République en France. Sous la Troisième, elle marque la victoire des partisans de la révision du Procès Dreyfus - dont le président défunt était le dernier obstacle - et l'élimination d'un homme d'État désireux de jouer un rôle personnel. Le climat politique des derniers moments de sa présidence se caractérise par une telle tension que l'Armée est sans doute à la veille d'une intervention... En reconstituant patiemment le puzzle du mystère policier, tant de cette mort mystérieuse, que du double assassinat, quelques années plus tard, de l'Impasse Roncin, André Galabru dévoile la personnalité de Marguerite Steinheil. L'amie et confidente du président que la petite Histoire a retenue comme sa « connaissance » apparaît, pour la grande Histoire, comme la clef d'une question d'importance.

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