• La rencontre annoncée dans cette correspondance entre deux génies de la poésie russe du XXe siècle est un événement littéraire exceptionnel. Boris Pasternak et Marina Tsvetaeva s'étaient rencontrés à Moscou en 1918. Ce n'est qu'en 1922 qu'ils se sont véritablement découverts à travers leurs écrits respectifs. Pendant quatorze années, ils ont entretenu une correspondance d'une intensité rare dans laquelle se tissent, étroitement mêlées, passion sentimentale et poésie. Dessinant une courbe en arc de cercle, la relation se noue, suit un mouvement ascendant jusqu'à atteindre un pic paroxystique, décroît, se dénoue et finit par se défaire définitivement. Il faut lire les lettres de Tsvetaeva et de Pasternak comme leur poésie, comme une oeuvre à part entière. Véritable laboratoire d'écriture, mais également laboratoire de la vie, car c'est au gré de ces lettres que se façonnent les événements majeurs de leur biographie. Les mots échangés sont dérobés à la vie, au quotidien, à la famille.

  • Si Marina Tsvetaeva (1892-1941) compte aujourd'hui parmi les grands poètes russes du XXe siècle, on ledoit au destin et au tempérament hors du commun de sa fille, Ariadna Efron (1912-1975), seule survivante d'une famille broyée par la Terreur stalinienne. Aprèsseize ans de Goulag, elle consacre les vingt dernièresannées de son existence à faire publier l'oeuvre de Marina. La « fille prodige » deviendra le premier éditeur de sa mère.

    Je t'aime affreusement est une lettre fictive qu'Ariadna aurait pu écrire, depuis le premier jour de sa libération, en 1955, jusqu'à sa mort, en 1975. Une lettre d'outre-tombe adressée à celle qui est mortedepuis longtemps pour lui dire ce qu'elle n'a jamaissu : les sentiments qu'elle, Alia, a éprouvés auprès d'une mère à la personnalité excentrique et exaltée,qui lui a transmis le meilleur et le pire, le goût de lalittérature et la condamnation à l'exil. Une lettre où elle laisserait enfin éclater sa colère, face à l'injustice, face au sacrifice d'une vie vouée à ce seul devoir : sauver de l'oubli la poésie de Marina Tsvetaeva. Pour y dire aussi l'impuissance, le pardon, et le mystère d'un père absent. Pour faire entendre la voix de cette fillette aux grands yeux bleus, qui a vécu à l'ombre de sa mère, à l'ombre de l'histoire.

    Formée à la philosophie et au théâtre, Estelle Gapp collabore depuis dix ans à l'émission Ça peut pas faire de mal de Guillaume Gallienne sur France Inter. En 2017, elle a produit, sur France Culture, un documentaire intitulé Ariadna Efron (1912- 1975), dans les labyrinthes de l'histoire. Je t'aime affreusement est son premier récit.

  • L'une et l'autre

    Collectif

    Ces romancières ont une oeuvre, un lectorat fidèle et sont estimées des libraires. Elles sont habitées par la passion des mots et ont chacune une voix puissante et singulière. Elles ont choisi des auteures qui leur sont proches, et racontent ces vies de femmes habitées par la création.
    En creux, on devine à travers ces héroïnes un peu d'elles-mêmes et beaucoup des femmes en général, leur rapport à liberté, le choix d'avoir des enfants, l'amour. Collectif littéraire, L'une et l'autre est aussi un livre sur les femmes d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

empty