• Le réseau «Économie et développement urbain durable» a comme ambition de contribuer au développement de la recherche économique dans le domaine du développement urbain durable en prenant en compte les préoccupations des acteurs socio-économiques (élus, entreprises, associations). Ce réseau rassemble sept équipes de recherche : o le Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (CIRED); o le Laboratoire d'économie de la production et de l'intégration internationale (LEPII); o le Laboratoire d'économie des transports (LET); o le Laboratoire ville, mobilité, transports (LVMT); o l'École des MINES ParisTech; o le Département économie et sciences humaines du Centre scientifique et technique du bâtiment; o la Mission climat de la Caisse des dépôts. Ce livre présente les travaux exposés et partagés lors de la deuxième réunion annuelle du réseau en 2010. Ces travaux sont dédiés aux inventaires des émissions urbaines et aux politiques publiques en faveur de la maîtrise de ces émissions dans le bâtiment ainsi qu'à la problématique de l'usage des sols dans le cadre de la mise en oeuvre de politiques publiques des transports.

  • Alors que le débat public est dominé par les discours sur la métropolisation, cet ouvrage propose une autre lecture des dynamiques territoriales, à partir de travaux de recherche menés pendant deux ans sur cinq territoires français.
    La capacité de création de richesses et d'emplois ne se limite pas à quelques métropoles, des opportunités de développement existent sur de nombreux territoires, encore faut-il repérer les ressources spécifiques qui y sont localisées, s'interroger sur le positionnement des entreprises dans des chaînes de valeur de plus en plus fragmentées, prendre acte du poids de l'histoire ainsi que de l'importance des dynamiques démographiques.
    Il ne s'agit donc plus de rechercher le modèle générique de développement économique, mais de se nourrir de la diversité des territoires français et de mettre en oeuvre les politiques publiques adaptées aux problèmes spécifiques qu'ils rencontrent.
    Olivier Bouba-Olga, économiste de formation, est professeur des universités en aménagement de l'espace et urbanisme à l'Université de Poitiers. Il est l'auteur de deux ouvrages parus au Seuil, L'économie de l'entreprise (2003) et Les nouvelles géographies du capitalisme (2006), et de nombreux articles scientifiques.

    Table des matières

    Avant-propos
    Introduction
    L'obsession du modèle
    - Les limites des PIB régionaux par habitant
    - Des écarts faibles et stables de productivité régionale
    - L'importance des effets de composition
    - La géographie des très hauts salaires : les effets Piketty
    - Croissance de l'emploi et territoires : l'absence d'effet taille
    Un discours de la méthode
    - Une typologie des ressources mobilisées par les acteurs
    - Les opérateurs de changement
    - Repérer les spécialisations des territoires
    - Brève revue des troupes
    Des petits bouts de petits mondes
    - Du Made in France au Made in Monde
    - Plateau de Millevaches : à la recherche de la valeur perdue
    - Le positionnement stratégique de PSA Peugeot-Citroën
    - Industrie du futur, territoire de demain
    - Une forte conséquence méthodologique
    Les territoires de la mobilité
    - Mobilités durables
    - Mobilités domicile-travail
    - Croissance de la population, croissance de l'emploi et chômage
    Les trajectoires historiques des territoires
    - Des trajectoires basées sur les ressources
    - La difficile reconversion du sillon lorrain
    - Petite histoire d'une reconversion réussie : le territoire de Pau
    Conclusion. Ce que cachent les frontières
    Bibliographie

  • La France a-t-elle peur de ses autres ? En revenant sur les discours et les pratiques qui se formalisent depuis une quinzaine d'années, Sarah Mazouz interroge les « politiques françaises de l'altérité ». À partir d'une double enquête ethnographique conduite dans les dispositifs de lutte contre les discriminations raciales et dans les bureaux de naturalisation d'une grande ville de la région parisienne, elle montre comment s'articulent dans l'espace social les questions de l'immigration, de la nation et de la racialisation. En faisant porter l'examen de manière originale sur ces deux politiques, elle interroge les processus d'inclusion et d'exclusion à l'intérieur même du groupe national (via l'examen de la lutte contre les discriminations raciales) et à l'extérieur, entre le national et étranger (via l'étude des pratiques de naturalisation). Ce faisant, elle s'attache à saisir la relation paradoxale qui lie la République à ses autres et les logiques plurielles qui concourent à la production de l'ordre national.

  • Le travail social participe centralement à l'évolution de nos sociétés contemporaines, tant du point de vue de sa contribution au problème de la vulnérabilité, de la proximité qu'il entretient avec la population, du dialogue qu'il nourrit avec d'autres champs que par les critiques qu'il suscite. De cet aspect polymorphe découle l'intérêt de le considérer, pour reprendre une expression de Nietzsche, « avec le plus grand nombre d'yeux possible ». C'est dans une telle perspective que Thierry Gutknecht se propose de rendre compte de la complexité du travail social en empruntant au philosophe Michel Foucault certains concepts clefs - pouvoir, savoir, dispositif, gouvernementalité, etc. - ainsi que sa démarche de problématisation. Il s'agit alors de « partir du bas », c'est-à-dire de la pratique et de textes de base (lois, référentiels, actes de journées thématiques, etc.) afin d'aborder certains aspects de ce champ en les posant comme problèmes demandant à être pensés d'un point de vue global. Au final, le travailleur social se retrouve interpellé quant à la centralité d'une interrogation sur le devenir de la Cité ; autrement dit, se pose la question du positionnement, non seulement éthique mais aussi politique et sociétal, du professionnel.

  • Comment l'autorité se manifeste-t-elle dans les pratiques de gestion de l'intervention sociale faisant l'objet de transformations autant au Québec qu'en Europe ? Cet ouvrage invite d'abord le lecteur à considérer les définitions de l'autorité, son histoire et ses figures de façon à en comprendre les enjeux et les processus structurant les relations de pouvoir en milieu professionnel. Les effets psychosociologiques des rapports d'autorité sur les travailleurs eux-mêmes sont analysés, ainsi que sur les diverses façons de réagir à l'autorité. À la fin de l'ouvrage nous pouvons prendre connaissance d'une approche d'intervention à visée démocratique, inspirée des travaux de la sociopsychanalyse, afin de considérer une voie différente de celle de l'auto-autorité. L'objectif de ce livre est d'offrir des pistes d'analyse aux enseignants, aux étudiants, aux intervenants et aux gestionnaires sur les enjeux de pouvoir auxquels le travail social est confronté afin qu'ils puissent y faire face autrement que par le seul affrontement ou la passivité.

  • La journée internationale de la femme est devenue une institution ! Chaque année, le 8 mars, les questions d'égalité et de mixité dans les domaines d'activité professionnelle ou domestique sont soulevées et les inégalités ou le manque de mixité dénoncés. Comme si, les 364 jours restants, la construction des hiérarchies et des divisions du travail ou des tâches selon le genre pouvait se perpétuer. Faut-il envisager des mesures contraignantes - comme l'imposition de la parité ou des sanctions en cas d'inégalités salariales - pour que les questions d'égalité dans la mixité soient sérieusement empoignées ? Depuis plus de trente ans, un passage de la parole aux actes est attendu en Suisse (mais pas seulement), afin que l'égalité des chances et des places devienne une réalité. Sans garantie de mixité déconstruit, les avancées - aux apparences parfois trompeuses - en matière de mixité, dans le travail socio-sanitaire en particulier et plus généralement dans la formation. Les contributrices à ce recueil mettent en avant les mécanismes de reproduction de la non mixité, apportent des éléments de compréhension des politiques et des pratiques institutionnelles de promotion de la mixité, et examinent de manière critique le rapport complexe entre égalité et mixité. Cet ouvrage, issu principalement de recherches et d'analyses de mesures prises sur le terrain veut contribuer au développement d'une réelle égalité des sexes dans le monde du travail.

  • Toute une série de demandes d'asile sont traitées en Suisse par le refus sommaire et la décision de renvoi du territoire qu'autorise la clause dite de « non-entrée en matière » (NEM). Or, en agissant de la sorte, les autorités se voient confrontées à un nouveau problème : comment inciter des personnes à partir, alors qu'elles ne peuvent ou ne veulent pas quitter le pays ? Dès avril 2004, la stratégie appliquée a été de retirer le soutien financier dont bénéficiaient jusque-là ces requérant-e-s. Cette décision constitue un exemple abouti de politique de dissuasion, dont l'objectif est de susciter les départs volontaires par le biais d'une dégradation des conditions de vie des personnes concernées. À travers les regards croisés des acteurs impliqués - migrant-e-s, représentant-e-s des autorités et du monde associatif, professionnel-le-s du social et de la santé - La construction de l'invisibilité met au jour les contradictions et les effets pervers de cette politique et en révèle les retombées négatives. L'ouvrage analyse en particulier les mécanismes par lesquels les personnes à qui l'asile a été refusé échappent, en fin de compte, à tout contrôle officiel et sortent des statistiques, tout en demeurant sur le territoire. Le bilan de la suppression de l'aide sociale aux personnes frappées de NEM revêt une grande actualité face à l'émergence du phénomène d'invisibilité comme conséquence directe des politiques d'asile restrictives qu'adoptent de plus en plus les pays occidentaux.

  • La supervision professionnelle est reconnue au sein des institutions comme utile aux professionnels du travail social et de la santé, tant dans leurs fonctions d'aide et de soutien à des tiers, que dans leur vécu institutionnel ou inter-professionnel. Pourtant, depuis quelques années, la complexité croissante du fonctionnement institutionnel, le durcissement des conditions de travail et l'instauration massive de logiques de management ont provoqué l'émergence d'une nouvelle pratique comme alternative à la supervision : l'intervention institutionnelle. Il s'agit d'identifier les changements nécessaires et de les mener à bien. L'intervenant devient un leader qui permet la réalisation des changements indispensables, en étroite collaboration avec les personnes et institutions concernées. Véritable outil de travail, ce livre propose une méthodologie en cinq étapes, et pour chacune de ces étapes une fiche récapitulative ainsi que des exemples concrets. Il s'adresse aux superviseurs et intervenants institutionnels, aux directeurs et responsables d'équipes, aux professionnels de la santé et du social, et aux formateurs. La Haute école de travail social [Institut d'études sociales] souhaite, en le publiant, susciter des débats, des échanges contradictoires et de nouveaux travaux sur cette pratique nouvelle, tant est pressante la question des compatibilités entre ce dont les individus ont besoin pour travailler et les conditions de travail, qui trop souvent, hélas, pervertissent la noblesse des métiers d'aide et de soin.

  • L'économie sociale et solidaire (ESS) possède sa dynamique propre. En tant que forme d'économie, elle contrebalance les échecs du marché et les limites de l'État et c'est à ce double titre qu'elle prend une place grandissante dans la réflexion des universitaires et des décideurs publics. Elle s'appuie néanmoins sur la longue histoire de l'associationnisme qui passe par l'invention d'institutions de protection sociale (mutuelles, associations caritatives, ...) et la définition de politiques sociales (aide à domicile, handicap, insertion, ...) pour aboutir au système français actuel. À ce titre, l'ESS est un instrument disponible pour renouveler les modes d'élaboration des politiques publiques et de délivrance des services publics introduisant du partenariat entre l'État et l'ESS afin de dynamiser et de réorienter l'action publique. Différents scenarios ont déjà été éprouvés : entre complémentarité et substitution, entre partenariat et affrontement dans le domaine de la protection sociale en France. Les enjeux sont de taille, et la question de l'évaluation de l'ESS présente le risque d'être standardisée. La coopération entre ESS et biens communs, ces derniers véhiculent des valeurs communes d'universalité et de partage, offre également des potentialités non négligeables. Plusieurs études de cas sont présentées dans l'ouvrage. En Russie, au Danemark, au Québec, et en France, la diversité des rapports entre État et ESS est abordée : concurrence, volontariat, co-production et biens communs. D'autres exemples (Suède, Espagne, Grande-Bretagne et Pays-Bas) démontrent le potentiel d'innovation que représentent les relations État, secteur privé et l'économie sociale et solidaire.

  • Dans un contexte professionnel et organisationnel en tension, notamment avec l'établissement de nouvelles normes de gouvernance de l'intervention sociale, le travail social connaît de profondes mutations. Les professions et les formations qui le structurent, se trouvent engagées dans des situations paradoxales entre prescription et autonomie. On relèvera par exemple, l'augmentation des exigences alors que les ressources diminuent ; l'injonction d'insérer des personnes précarisées dans un système économique générant lui-même de la précarisation. Dans le champ de la formation, les différents cursus et l'accent mis notamment sur le développement des compétences engendrent l'ajustement des programmes et l'adaptation des formateurs et des enseignants-chercheurs. Les contributions réunies dans Dynamiques du travail social en pays francophones permettent d'entrevoir les conditions de renouvellement des métiers du social et les régulations mises en oeuvre dans chacun des cinq pays francophones convoqués (Belgique, France, Luxembourg, Québec, Suisse). En dépeignant des paysages contrastés et en soulevant des questions ouvertes issues d'expériences hétérogènes, l'ouvrage vise à alimenter la réflexion et les débats des praticiens, des étudiants, des professeurs-chercheurs et des usagers au sein du travail social.

  • Le domaine social se trouve de plus en plus contraint par la logique du New Public Management, ses normes et ses critères de bonnes pratiques. Résister à ces logiques constitue pour les praticiens du social un défi humain et professionnel incontestable. Mais quelles sont les formes que prend cette résistance ? Les positionnements professionnels révèlent que les options choisies impliquent nombre d'innovations dans les pratiques, regards renouvelés sur les situations et analyses évolutives des phénomènes sociaux. Par leurs expériences et réflexions au sein d'un secteur en tension, chercheurs et acteurs du terrain rendent compte d'un réel engagement professionnel et personnel. Le caractère bilingue - français/allemand - de ces écrits (chaque article étant résumé dans l'autre langue) permet de croiser des approches diversifiées et offre un large panorama, sorte d'état des lieux du travail social tel qu'il se déploie dans nos sociétés de type néo-libéral, et en Suisse en particulier.

  • La crise financière et sociale manifeste qu'une page de l'histoire se tourne. Les mécanismes et les dispositifs de régulation traditionnels, le rôle de l'Etat social, les dépenses liées aux prestations sociales ainsi que les fondements institutionnels de l'intervention publique sont profondément remis en cause par la prégnance du néo-libéralisme d'une part et par les mouvements sociopolitiques de la rue d'autre part. L'intervention sociale doit être repensée à l'aune de ces bouleversements qui génèrent sentiments d'incertitude et contradictions notoires. De fait, les mutations environnementale, économique, politique, sociale, culturelle, familiale, personnelle nécessitent une recomposition de cette intervention et une définition de nouveaux paradigmes pour les travailleurs sociaux. Les contributions réunies dans Le travail social à la recherche de nouveaux paradigmes offrent des analyses orientées vers l'avenir du travail social. Elles ouvrent également des perspectives sur un ancrage citoyen porteur d'aspiration et de sens, qui a comme objectif la participation du plus grand nombre à la (re)construction d'une démocratie réellement soucieuse de partage du bien commun.

  • Esta obra revela una San Carlos de Bariloche donde coexisten la ciudad turística con otras ciudades no tan visibles para el observador externo: la de las desigualdades, la de la informalidad, la de las disputas por el acceso a la tierra y a entornos de privilegio. Una ciudad donde el Estado está presente a veces en articulación y a veces en conflicto con actores sociales y organizaciones. María Mercedes Di Virgilio dice en el prólogo que «el carácter turístico de la ciudad no solo marca su presente sino que, también, marcó su historia. Resulta novedoso advertir cómo la condición de destino turístico configuró el proceso de urbanización de la ciudad y organizó la dinámica inmobiliaria y, por ende, su morfología actual». El libro invita a abrir las páginas y encontrar una ciudad más compleja y menos bidimensional. Para ello, sociólogos, abogados, trabajadores sociales, arquitectos e historiadores cruzan sus miradas con el objetivo de comprender las dinámicas urbanas de Bariloche de manera interdisciplinaria e integral.

  • Este libro aborda el Programa Conectar Igualdad (PCI) desde diferentes perspectivas, su temario es amplio y heterogéneo -desde los sistemas operativos de las netbooks, las características de la implementación del programa, el análisis de sus aspectos cognitivos, hasta la descripción de las prácticas pedagógicas y de enseñanza que alentó-, y abarca desde las etapas previas de diseño e implementación en el 2010 hasta el 2015, su período de plena vigencia. La diversidad de enfoques y el abordaje interdisciplinar de los distintos aspectos del PCI dan cuenta de la dimensión y la complejidad de esta política pública cuyo eje fue la inclusión digital, pero que también se propuso, entre otros objetivos, el mejoramiento de los procesos de enseñanza y aprendizaje a través del cambio de las formas de trabajo en el aula o la sustitución de importaciones mediante la incorporación de componentes producidos localmente. La finalización del PCI se oficializó durante el 2018. En ese contexto, este libro cobra una enorme relevancia al presentar algunos balances posibles de una de las más ambiciosas políticas públicas que articuló educación, tecnologías digitales e inclusión social.

  • Peu défini et recouvrant des réalités parfois éloignées les unes des autres, le travail en réseau constitue un terrain de recherche exemplaire pour comprendre comment les « praticiens réflexifs » du domaine sociosanitaire s'y prennent aujourd'hui pour penser et construire leurs interventions, surtout lorsqu'ils se trouvent confrontés à des intervenants provenant d'autres horizons institutionnels et professionnels. Dans cet ouvrage, les auteurs nous livrent le fruit d'une démarche fondée sur l'analyse de cas concrets. A partir de situations de crise signalées par une directrice de structure de la petite enfance, leur recherche a été mise en oeuvre en étroite collaboration avec les professionnels-les impliqués-es dans l'intervention en réseau. Ces derniers-ères ont accepté une microanalyse de leurs actions et co-actions ainsi qu'un examen scrupuleux de leurs discours produits, avant, pendant et après les différentes séquences d'intervention. L'approche choisie pour cette recherche s'est avérée particulièrement pertinente pour appréhender les diverses compétences et enjeux entourant la dynamique des processus impliqués. Au-delà des préoccupations organisationnelles et théoriques, les auteurs ont réussi à démontrer que le travail en réseau soulève toute une série de dilemmes d'ordre déontologique, axiologique et émotionnel qui brouillent l'intelligibilité de l'action développée. Aller au plus fin de l'analyse des interactions en jeu a véritablement permis d'ouvrir des espaces de compréhension utiles au développement des savoirs et des pratiques professionnelles. Tirant bénéfice de leurs découvertes, les auteurs ont élaboré un protocole qui offre quelques perspectives d'action concrètes concernant la définition commune des problèmes et pistes d'interventions ainsi que le pilotage de l'action menée en partenariat.

  • Difficultés scolaires et comportementales des élèves apparaissent de plus en plus souvent dans les discours publics comme étant liées à l'origine « ethnique » des élèves. Les explications culturalistes ont pris le pas sur les explications de la problématique liées à l'origine sociale. Ce changement de paradigme est d'importance et déplace par là même, souvent sans véritable analyse, le type d'actions remédiatrices à apporter. L'École et l'élève d'origine étrangère met en lumière la genèse, à Genève depuis les années soixante, de l'élève étranger comme catégorie de pensée et d'action publique. Fondée sur l'analyse d'un vaste corpus, cette recherche met en évidence les actions de militants en faveur de la reconnaissance du droit à l'éducation pour chaque enfant, ainsi que les discours et mesures visant la catégorie des élèves d'origine étrangère, émanant d'acteurs politiques, de pédagogues, du Département de l'Instruction publique, ou encore des instances supranationales et nationales. La mise en évidence d'une « ethnicisation » de la question pédagogique permettra aux praticiens, chercheurs et politiciens de reconsidérer certaines habitudes de pensée et catégorisation, pour une remise en cause de l'action en milieu scolaire.

  • Que se passe-t-il lorsque des parents ne sont pas en mesure d'assurer des conditions adéquates au développement ou au bien-être de leur enfant ? Comment les autorités et services concernés agissent-ils ? Quels sont les difficultés, les obstacles ou les résistances - institutionnels ou privés ? Comment les différentes instances collaborent-elles dans ce domaine ? La protection de l'enfance doit faire face à diverses situations de mise en danger ; dans de telles circonstances, le code civil suisse oblige l'État à créer des conditions garantissant le bien-être de l'enfant. Or, cela ne se passe pas sans dilemme, sans hésitation ni doute. Une équipe de chercheurs issue du domaine travail social de la HES Lucerne et de la faculté de droit de l'Université de Genève s'est penchée sur ces questions dans le cadre du Programme National de Recherche (PNR-52), « L'enfance, la jeunesse et les relations entre générations dans une société en mutation ». Au moyen d'une étude sociologique, les auteurs comparent quatre dispositifs de mise en oeuvre de la protection de l'enfance en Suisse alémanique et en Suisse romande. Ils mettent ainsi en lumière les effets des structures institutionnelles sur les procédures et sur la mise en place des mesures de protection. Chaque analyse est enrichie de regards critiques de praticiens de la protection de l'enfance. Combinant approches théorique et empirique, La protection de l'enfance : gestion de l'incertitude et du risque s'attache à analyser comment services sociaux et autorités de tutelles abordent les risques constitués par l'obligation d'agir dans une double incertitude : celle liée au développement de l'enfant et celle liée aux conséquences de l'intervention étatique dans la sphère familiale.

  • Le travail social est décrié de toutes parts. On l'accuse de soutenir des personnes qui ne le méritent pas ou de n'avoir guère de résultats tangibles à présenter. Une inconnue demeure : qu'est-ce que le travail social ? Ce manuel a pour but de répondre à cette question. Écrit par Véréna Keller, spécialiste réputée, il présente l'organisation du travail social, ses destinataires, ses finalités et sa mise en oeuvre. Il explique qui le réalise et débat de son caractère scientifique. Résolument critique, il permet d'avoir une vue d'ensemble de ce qu'est le travail social - en Suisse en particulier - et des controverses qui le traversent au début du XXIe siècle. Un ouvrage de référence non seulement pour les étudiant-e-s et professionnel-le-s en travail social, mais pour toutes les personnes intéressées par les questions sociales.

  • Un enfant de 2 ans, accueilli dans une crèche, crise et frappe un autre bambin... Faut-il voir dans ce geste, le signe précurseur - pour un enfant issu d'un milieu vulnérable - d'une trajectoire délinquante à l'adolescence ? Ou s'agit-il d'un enfant ordinaire dont l'éducation ne fait que commencer ? Et si besoin est, comment agir ? De la vision de l'enfance envisagée, dépend la réponse à ces questions et le mode d'intervention adopté. En se basant sur des expertises scientifiques et économiques réductrices, d'aucuns opteront pour une prévention précoce normative qui glisse vers une pathologisation des conduites sociales dès la petite enfance. Une toute autre posture est celle d'une prévention prévenante : malgré un environnement aux inégalités marquées, un monde dans lequel la frontière entre norme et pathologie s'est tendue, certains s'engageront pour la généralisation de conditions sociales acceptables. Divers acteurs de l'accompagnement socio-éducatif font le choix de favoriser l'épanouissement des enfants, des jeunes et des familles, de valoriser leurs potentiels et de viser la participation sociale plutôt que la stigmatisation et le contrôle. L'ouvrage Au risque de la prévention, porté par le réseau « Socialisation des mineurs », réunit des contributions d'enseignants et chercheurs en travail social, de responsables politiques et de professionnels des domaines socio-éducatifs. Réflexions théoriques et éthiques accompagnent l'exposé de pratiques innovantes à fort potentiel émancipatoire. L'ouvrage apporte ainsi des éléments au débat sur le modèle de société que nous souhaitons.

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