SKA

  • Le dernier jour d'un condamné

    Victor Hugo

    • Ska
    • 26 Octobre 2019



    De Victor Hugo à Robert Badinter, retour sur un combat pour l'abolition de la peine de mort à travers leurs textes...

    Il est dix heures.
    Ô ma pauvre petite fille ! encore six heures, et je serai mort ! je serai quelque chose d'immonde qui traînera sur la table froide des amphithéâtres ; une tête qu'on moulera d'un côté, un tronc qu'on disséquera de l'autre ; puis de ce qui restera, on en mettra plein une bière, et le tout ira à Clamart.
    Voilà ce qu'ils vont faire de ton père, ces hommes dont aucun ne me hait, qui tous me plaignent et tous pourraient me sauver. Ils vont me tuer. Comprends-tu cela, Marie ? Me tuer de sang-froid, en cérémonie, pour le bien de la chose ! Ah ! grand Dieu
    S'il est un artisan historique de l'abolition, c'est bien notre Victor national. Ce grand bourgeois, sensible à la misère du temps, à la férocité du système pénal, fut pugnace et constant. Il fallut le mûrissement des années et le cheminement à bas bruit dans les têtes et les coeurs des arguments et des raisonnements où se mêlèrent également : compassion et croyance en l'homme. Et un siècle et demi les séparant, on pourra lire également deux discours, celui de Hugo en 1848, et celui, mémorable, de Robert Badinter, alors Garde des Sceaux en 1981.





  • Boule de suif

    Guy de Maupassant

    Une « grosse fille » au grand coeur flouée par l'égoïsme bourgeois. (Préface Max Obione)

  • Amok

    Stefan Zweig

    Quand l' amok s'empare d'un médecin ayant refusé de venir en aide à une femme dont il tombe éperdument amoureux, il est trop tard !
    A PARTIR DE CE MOMENT, je fus saisi comme par la fièvre... Je perdis tout contrôle sur moi-même... ou plutôt je savais bien que tout ce que je faisais était insensé, mais je n'avais plus aucun pouvoir sur moi... Je ne me comprenais plus moi-même... Je ne faisais plus que courir droit devant moi, obsédé par mon but... D'ailleurs, attendez... peut-être, malgré tout, pourrai-je encore vous faire comprendre... Savez-vous ce que c'est que l'amok ?
    - Amok ?... je crois me souvenir... c'est une espèce d'ivresse chez les Malais...
    Dans cette nouvelle « malaise », au propre comme au figuré, Stefan Zweig nous conte les affres d'un homme dont l'orgueil imbécile coutera la vie à une femme en détresse. Les remords et l' amok lui seront fatals. D'un seul geste anodin, d'une action banale, d'une parole insignifiante peuvent résulter un enchainement dramatique à l'image des bifurcations involontaires des destins. Préface de Jan Thirion.

  • Les frasques de Morny Vibescu, Prince Hospodar de Roumanie, amoureux forcené des culs potelés. (préface Ava Ventura)

  • 813

    Maurice Leblanc



    Une aventure parmi les plus noires des péripéties lupinesques... Notre héros y commettra un crime... découvrira l'énigme du chiffre 813... et sauvera la patrie...

    Le nom du célèbre aventurier sembla faire sur M. Kesselbach la meilleure impression. Lupin ne manqua pas de le remarquer et s'écria :
    - Ah ! ah ! cher monsieur, vous respirez ! Arsène Lupin est un cambrioleur délicat, le sang lui répugne, il n'a jamais commis d'autre crime que de s'approprier le bien d'autrui une peccadille, quoi ! et vous vous dites qu'il ne va pas se charger la conscience d'un assassinat inutile. D'accord... Mais votre suppression sera-t-elle inutile ? Tout est là. En ce moment, je vous jure que je ne rigole pas. Allons-y, camarade.
    Il rapprocha sa chaise du fauteuil, relâcha le bâillon de son prisonnier,...

    On ne présente plus Maurice Leblanc, on ne le vante plus non plus. Il est l'un des auteurs monument de la littérature policière française. Hormis les détails et le contexte qui révèlent une époque révolue évidemment, le style narratif reste d'une grande modernité. Méconnu, 813 est certainement le roman de Leblanc le plus caractéristique de la saga lupinienne. (Préface de Michel Bussi)

  • Biribi

    Georges Darien

    Froissart, le double romanesque de George Darien, raconte ses 33 mois passés dans l'enfer du bagne militaire de Gafsa, dans le sud tunisien à la fin XIX° siècle...Terrifiant !
    Ils se sont précipités sur moi, trois ou quatre, m'ont ramené les bras en avant et m'ont serré les poignets dans la chaîne infâme.
    - Encore un cran ! N'ayez pas peur de tirer dessus. Ça lui apprendra à rouspéter.
    Ça ne m'apprendra rien du tout. Ce que ça pourrait m'apprendre, je le sais depuis longtemps : c'est que le jour où j'ai jeté bas mes effets de civil pour endosser l'habit militaire, j'ai dépouillé en même temps ma qualité de citoyen et que, étant soldat, je suis un peu plus qu'une chose, puisque j'ai des devoirs, mais beaucoup moins qu'un homme, puisque je n'ai plus de droits.
    Le gendarme qui doit m'escorter m'a conduit à l'entrée de la cour, devant la route qui traverse la Kasbah et m'a fait asseoir sur une grosse pierre.
    - Attendez-moi là.
    J'attends. On doit me prendre pour une bête fauve exhibée à la porte d'une ménagerie pour attirer les curieux.
    « Je ne sais si c'est un livre, je voudrais que ce fut un cri. » Biribi est certes un roman, mais un roman vrai, un reportage romancé, décrivant l'horreur de ces établissements tortionnaires. L'oeuvre de George Darien, « est le plus rigoureux assaut que je sache contre l'hypocrisie, l'imposture, la sottise, la lâcheté » selon André Breton. Conclusion de la préface de Max Obione.

  • L'affaire Lerouge

    Emile Gaboriau

    • Ska
    • 1 Juillet 2018


    Dans l'histoire littéraire, voici le premier roman - dit policier... indispensable à votre culture livresque...

    Ceux qui avaient parlé de crime ne s'étaient malheureusement pas trompés, le commissaire de police en fut convaincu dès le seuil. Tout, dans la première pièce, dénonçait avec une lugubre éloquence la présence des malfaiteurs. Les meubles, une commode et deux grands bahuts, étaient forcés et défoncés. Dans la seconde pièce, qui servait de chambre à coucher, le désordre était plus grand encore. C'était à croire qu'une main furieuse avait pris plaisir à tout bouleverser. » Emile Gaboriau est le premier à créer la figure romanesque du policier enquêteur qui aura, comme on le sait, une descendance féconde.
    Il faut évoquer le plaisir qu'on a à relire ce classique du roman policier, au-delà de la résolution de l'affaire elle-même. L'Affaire Lerouge, et les autres livres de Gaboriau, héritiers des romans populaires, ce sont des digressions, des chemins de traverse, des péripéties compliquées, l'exploration du passé des protagonistes, l'explication des motifs du crime et du modus operandi. Cela possède un charme véritable, qui faisait les délices d'André Gide, grand amateur de polar, comme Cocteau ou Mac Orlan. » (extrait de la préface d'Hervé Delouche)

  • Le surmâle

    Alfred Jarry

    Les exploits abracabrantesques d'un champion fornicateur...
    Sous son étreinte Ellen cria douloureusement, se leva en titubant un peu, une main à sa gorge et l'autre à son sexe ; ses yeux furetèrent autour d'elle, comme un malade cherche une potion ou un éthéromane son Léthé...
    Puis elle retomba sur le lit : sa respiration, à travers ses dents serrées, avait le mê me bruit d 'imperceptible bouillonnement que font les crabes, ces bêtes qui fredonnent peut-être ce qu'ils essayent de se rappeler des Sirènes...
    Tâtonnant toujours de tout son corps vers l'oubli de la brûlure profonde, sa bouche trouva la bouche de l' Indien...
    Et elle ne se souvint plus d'aucune douleur.

    Le père du père Ubu pousse le bouchon toujours plus loin. Dans cette fable visionnaire où s'allient performance et dopage, le mélange de sexe et d'humour constitue un cocktail revigorant qui réussit si bien à Jarry dans ses oeuvres. Préface Jan Thirion.


  • Les portes claquent et les quiproquos s'enchainent dans ce bordel au nom évocateur... (Préface de Max Obione)

    « RAPHAËLE (une prostituée) Faites-vous bien feuille de rose ?
    MADAME BEAUFLANQUET (une bourgeoise innocente se méprenant sur la nature de l'établissement et de ses occupantes) Feuille de rose ! (à part) ah oui des confitures de Turquie (haut) je n'en ai jamais mangé. (Les femmes se mettent à rire) FATMA Elle ne connaît pas feuille de rose ! Qu'est-ce qu'elle fait alors ?
    RAPHAËLE Et petit salé alors ?
    MADAME BEAUFLANQUET Ah ! ça oui.
    RAPHAËLE Vous connaissez la levrette ?
    MADAME BEAUFLANQUET Oui.
    RAPHAËLE Le postillon - le gamin - soixante-neuf - la paresseuse - la brouette ?
    MADAME BEAUFLANQUET (étonné) Oui, je connais ces choses (à part) quelles drôles de question font les femmes de Turquie. On m'avait dit aussi que les odalisques étaient d'une ignorance. RAPHAËLE Elle me va cette petite femme là. Aimez-vous à bouffer le chat ?
    MADAME BEAUFLANQUET Oh ! j'adore les chats.
    RAPHAËLE Ah ! bien puisque nous avons les mêmes goûts, je vous offrirai le mien. »

    Ska publie cette curiosité théâtrale signée Guy de Maupassant. « La pièce essayant de marier Eugène Labiche et la pornographie crasse penche du côté de la grosse farce aux ressorts graveleux. » selon Max Obione dans sa préface. Cette comédie qui se déroule dans un bordel sordide vaut par la personnalité de l'auteur de La Maison Tellier et celle des spectateurs prestigieux qui l'ont vue.

  • Sidéral

    Antoine Blocier

    • Ska
    • 1 Avril 2021

    Ce qui n'est pas encore « réel » est néanmoins planifié, voire plausible à brève échéance... Une enquête criminelle sidérante...

    Dans un futur très proche, notre vieille planète usée par des décennies d'exploitation sans vergogne, de pollutions gigantesques, d'épidémies hors de contrôle, de famines aux millions de victimes, de terrorismes aveugles et une guerre économique sans merci est devenue invivable. Certains cherchent comment fuir vers un astre plus accueillant, d'autres croient encore possible d'y faire cohabiter huit milliards d'individus. Ultime tentative de réconcilier l'Homme avec l'Humain, la mission Rencontre est envoyée dans la Nouvelle Station Spatiale. Or, deux morts suspectes à bord de ce fleuron de la technologie internationale vont envenimer la situation.

    Ancien de Scotland Yard, reconverti en auteur à succès, Eliott Purcell va mener l'enquête, quatre cent quinze kilomètres plus bas. Une investigation sous tension internationale, où la rapacité du capitalisme mondialisé et les expérimentations transhumanistes seront de rudes adversaires. S'il faut un jour quitter la planète, qui en aura la possibilité ? Si les cerveaux sont numérisés pour voyager dans l'espace sur de longues durées, qui sera légitime pour les reconnecter ? Si une exoplanète est à portée d'imagination, sera-t-elle gérée selon les principes libertariens, discrètement à la manoeuvre dans le projet Rencontre ?




    Antoine Blocier signe ici un roman inclassable. À la fois polar, anticipation, réflexion philosophique, plaidoyer pour un autre monde, cette histoire très documentée s'appuie sur des faits de société, des travaux scientifiques en cours, dont certains semi-clandestins. Sauvons la planète ou quittons-la ?

  • Aphrodite

    Pierre Louys

    • Ska
    • 1 Février 2018


    La belle et sensuelle courtisane et le beau sculpteur vivent une passion tragique à Alexandrie, au temps des Ptolémée...

    « Elle marcha très lentement par la chambre, les mains croisées autour de la nuque, toute à la volupté d'appliquer sur les dalles ses pieds nus où la sueur se glaçait. Puis elle entra dans son bain. Se regarder à travers l'eau était pour elle une jouissance. Elle se voyait comme une grande coquille de nacre ouverte sur un rocher. Sa peau devenait unie et parfaite ; les lignes de ses jambes s'allongeaient dans une lumière bleue ; toute sa taille était plus souple ; elle ne reconnaissait plus ses mains. L'aisance de son corps était telle qu'elle se soulevait sur deux doigts, se laissait flotter un peu et retomber mollement sur le marbre sous un remous léger qui heurtait son menton. L'eau pénétrait dans ses oreilles avec l'agacement d'un baiser. » « [...] revivre, par une illusion féconde, au temps où la nudité humaine, la forme la plus parfaite que nous puissions connaître et même concevoir puisque nous la croyons à l'image de Dieu, pouvait se dévoiler sous les traits d'une courtisane sacrée, devant les vingt mille pèlerins qui couvrirent les plages d'Éleusis... »

    Telle est l'invitation de Pierre Louÿs, entre autres. Cette évocation invite le lecteur à découvrir « cet ouvrage signé d'un grand auteur trop méconnu en dépit du succès du roman, encensé par François Coppée au moment de sa sortie. » nous informe Max Obione dans son avant-propos et d'ajouter : « Sexe et tragédie, ces deux ingrédients romanesques indispensables de la littérature, celle qu'on aime. »

  • Hombres

    Paul Verlaine

    • Ska
    • 29 Avril 2020


    Quand la poésie du pauvre Lelian transcende ses amours mâles...

    [...] Mes amants n'appartiennent pas aux classes riches :
    Ce sont des ouvriers faubouriens ou ruraux,
    Leurs quinze et leurs vingt ans sans apprêts sont mal chiches
    De force assez brutale et de procédés gros.

    Je les goûte en habits de travail, cotte et veste ;
    Ils ne sentent pas l'ambre et fleurent de santé
    Pure et simple ; leur marche un peu lourde, va preste
    Pourtant, car jeune, et grave en l'élasticité ;

    Leurs yeux francs et matois crépitent de malice
    Cordiale et des mots naïvement rusés
    Partent non sans un gai juron qui les épice
    De leur bouche bien fraîche aux solides baisers ;

    Leur pine vigoureuse et leurs fesses joyeuses
    Réjouissent la nuit et ma queue et mon cu ;
    Sous la lampe et le petit jour, leurs chairs joyeuses
    Ressuscitent mon désir las, jamais vaincu.
    ...
    Hombres de Paul Verlaine est un recueil de poèmes parus sous le manteau et faisant l'apologie des amours au masculin. Miss Ska se devait de faciliter l'accès à ces merveilles érotiques et fortes. Voilà qui est fait quand les mots du poète s'accordent à sa sexualité, comme un alcool puissant et que résonne sa musique du désir de foutre en cul. Un fleuron de la collection Perle Rose. (Avant-propos d'André Lacaille)

  • Gamiani

    Alfred de Musset

    Mourir d'amour, tel est le but de la comtesse Damiani au cours de deux nuits d'excès. (Préface Max Obione)


  • Dévergondages, fessées et pétarades, entre autres, relatées par une fillette passablement délurée...

    « Et m'écartant les fesses, elle me cingla la chair à l'endroit coupable, sur les parois mêmes du trou indiscret. Je rugis, je me tordis. Il fallut toutefois supporter aussi le fouet dans cette partie sensible, après avoir eu les fesses et les cuisses toutes meurtries. Le sang coulait, le balai était brisé, ma tante était fatiguée de me fouetter, elle cessa enfin la correction, mais avant de me laisser aller, elle se fit apporter un bol rempli de vinaigre et m'épongea le derrière. La cuisson fut horrible. Ma croupe fit alors un si brusque mouvement que le bol de vinaigre s'échappa des mains de ma tante et que je me relevai et m'enfuis au milieu des rires des gens du village qui venant à passer devant le jardin avaient assisté à ma correction et s'en étaient divertis. »
    Dans ce couvent de novices impudiques on trouve les figures du tribadisme les plus débridées. N'est-ce point pécher ? Dès lors, le vice doit être châtié. Les châtiments s'imposent pour dresser les récalcitrantes, remettre dans le droit chemin les déviantes, les joyeuses, les petites amoureuses du plaisir enfantin. Alors la fessée corrige, les martinets entrent en action, les badines s'abattent sur les jolis petits culs, mais, comble d'ironie diabolique, l'éducation féroce mène aussi à la jouissance. (Extrait avant-propos de Franq Dilo)

  • Noire Côte Vermeille

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 27 Juin 2020

    Paul Feder, menant jusque-là une existence confortable, se transforme en marin marginal quand il se retrouve plongé dans une aventure tragique au rythme soutenu. Incapable de rester à quai lorsque rodent l'injustice et le danger, Feder, le catalan, s'entoure d'une bande chaleureuse et solide prête à tout risquer à ses côtés.





    Il faisait un vrai temps d'hiver dans le midi. Le vent du nord soufflait en tempête dans un ciel cristallin où aucun nuage ne parvenait plus à s'accrocher. Le petit cimetière était noir de monde. Paul frissonna, il avait oublié les morsures du vent. Le cercueil descendait au bout de ses cordes. Les fossoyeurs avaient du mal car son ami était lourd, lourd comme cette peine qui l'écrasait. C'était cette nuit, dans l'appartement du XIVe arrondissement de Paris où Paul vivait depuis dix ans, un téléphone avait sonné. Au bout du fil il n'avait pas reconnu la voix, tant elle était cassée, rompue. Cette voix venait d'ailleurs, d'un monde de tristesse lointain et monotone qu'il ignorait.
    - Paul ?
    - Oui ... qui est-ce ?
    - Paul, François est mort.





    Paul Feder, vrai de vrai Catalan basé à Paris, aime les femmes, la cuisine et les bons vins. L'amitié et la fidélité sont sa religion. Clairement engagé du côté du coeur, cet humaniste ne supporte pas l'injustice. Sur mer comme sur terre, cette fiction réjouira les amateurs d'aventures. Gildas Girodeau sait écrire comme personne une palpitante fiction instructive, porteuse de valeurs qui au lieu d'alourdir le propos le dynamise avec bonheur. La suite des aventures de Feder viendra bientôt réjouir les lecteurs.
    Noir Côte Vermeille rassemble les deux premières aventures de Paul Feder : Rouge Tragique à Collioure et Malaguanyat. La Suite catalane comprend également Nuclear parano et La Dans des Cafards parus chez Horsain.

  • Le Monde est un bousillage

    Jose Noce

    • Ska
    • 27 Juin 2020

    Les troubles d'un ex prof plongé dans une paranoïa éblouie sous le soleil d'Italie. Une villégiature riche et débilitante à la fois, un roman original arrosé au limoncello et baigné du bruit des cigales...


    [...] Pensez, se souriait-il en haussant involontairement les épaules, il fallait, entre autre, qu'il la rencontre, elle, et dans la plus grande discrétion, cette magnifique pute de luxe, si redevable en haut lieu de tant d'intelligentes compassions.
    Il ne put pas s'empêcher de produire un petit rire sarcastique à peine étouffé.

    Eh oui cette bombe humaine était paradoxalement le catalyseur indispensable de l'histoire, une effigie vivante du raffinement libidinal.
    En définitive, se marmonnait-il de plus en plus grassement, elle n'a pratiquement rien su cette diablesse. Elle avait le feu vert sommital c'est tout. Et comme lui, le compagnero, elle avait circonstanciellement carte blanche.
    Elle serait la « chèvre-émissaire », ça l'avait fait sourire l'expression, le temps d'une séduction éclair.
    Il fallait vite charmer, dévoiler...
    Elle, elle avait dit avec un petit accent de l'Est qu'elle allait : « Dessiner avec son corps des courbes asymptotiques », c'était exactement ses termes. Asymptotiques, putain !
    Maintenant qu'il y pensait, il lui apparut qu'elle était sans aucun doute possible du type péripatéticienne, mais très cultivée, en tout cas beaucoup plus que ce qu'il en avait pu imaginer au premier contact...
    Elle avait même rajouté avec une moue enfantine : « Autour d'une érection concupiscente de macho gras »...
    Dingue !


    Un beau jour sur une petite île, un type est débarqué d'un hélico avec une oreille en moins, et un petit trou en plus dans la tempe. Sur le point de trépasser, on le ranime avec toutes sortes de petits cailloux blancs aiguisés comme les dents des requins du même métal. Doucement, avec plus ou moins de tact, on ressuscite sa surprenante réalité. Entre flashback émoussés et thérapies de pointe, notre homme, ex professeur de lettres, va revivre, dans tous les sens du terme, le parcours de son existence rocambolesque. Aussi le voyage autour du monde de ce drôle de zigoto est-il à cataloguer dans le registre : pertes et fracas...
    Après Villa confusione, José Noce nous entraîne à nouveau dans son imaginaire frappadingue. Il a emprunté son titre à Nietzsche. À lire, à l'ombre des pins, un limoncello à portée de gosier... Que du bonheur !

  • La Danse des Cafards

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 23 Novembre 2020

    Paul Féder, sa goélette, son équipage et ses amours : aventures au rendez-vous quand les nuisibles se pointent...
    Le thonier fonçait à pleine vitesse dans la nuit noire, au moins dix-sept noeuds, la mer semblait calme. Pourtant, une imperceptible houle commençait à l'agiter, menaçante respiration de la tempête approchant par le nord. En cette fin mai la lune n'était qu'un mince croissant que l'on apercevait encore vers l'ouest, entre les nuages. Le jour ne tarderait plus maintenant. Dans la timonerie éclairée par la lueur orange des instruments de bord, José sentait une boule d'angoisse durcir peu à peu dans son ventre. Décidemment ce commandement ne lui plaisait pas. Il ne l'avait accepté que contraint par la misère où il se trouvait, la crise de la surpêche du thon l'ayant privé d'embarquement. Cette année-là, tous les navires sous pavillon français étaient restés à quai, ayant largement dépassé les quotas fixés par l'Europe. Enfin, c'est ce qu'ils avaient dit, car José n'y comprenait plus rien à ces histoires de quotas. Les espagnols, eux, pouvaient encore pêcher un peu et certains bateaux passés sous pavillon Libyen continuaient tranquillement à travailler sans limite. Ils faisaient fortune avec les navires usines japonais, pendant qu'eux cherchaient désespérément à s'embarquer, même sur une « estrasse » !


    Réédité aux Editions du Horsain sous le titre La danse des Cafards ce roman appartient à la Suite Catalane. Un polar mais pas que. Une réflexion sur la fameuse Françafrique qu'à tort l'on croit morte. Ce roman a reçu le Prix Delta Noir 2015.
    (Edition papier chez Horsain, distribution Pollen)

  • Histoires épouvantables

    Gaston Leroux

    • Ska
    • 31 Mars 2021

    Le père de Rouletabille met en scène, sur une terrasse de café, cinq loups de mer qui se racontent des histoires épouvantables: C'est à qui dira, avec une délectation certaine, la plus effroyable...




    Il y a de cela bien des années, je me trouvais à Guersaü, petite station sur le lac des Quatre-Cantons, à quelques kilomètres de Lucerne. J'avais décidé de passer là l'automne pour y terminer quelque travail, dans la paix de ce charmant village, qui mire ses vieux toits pointus dans une onde romantique où glissa la barque de Guillaume Tell. En cette arrière-saison, les touristes avaient fui et tous les affreux Tartarins, descendus d'Allemagne avec leurs alpenstocks, leurs bandes molletières et leur chapeau rond inévitablement adorné d'une plume légère, étaient remontés vers leurs bocks et leur choucroute et leurs « gross concerts », nous laissant enfin le pays libre entre le Pilate, les Mitten et le Rigi. [...]



    Gaston Leroux s'amuse beaucoup à écrire ces histoires, qui sont autant d'hommages à ses maîtres, Balzac, Stendhal, Dumas, Maupassant et Mirbeau... Le maître ne perd jamais de vue que le bizarre, l'étrange, le grotesque savent très bien s'accommoder d'un zeste d'humour noir et de dérision, elles procurent toujours un délicieux frisson au lecteur bien emmitouflé sous ses couvertures par un soir de tempête. (Extrait de la préface de Roger Martin)

  • Mikko

    Jan Thirion

    • Ska
    • 29 Octobre 2020

    Quand votre télécommande devient baguette magique... tout est possible, comme le bonheur ou bien...
    Je le jure sur la tête de mon ex. Je le jure : c'est ce que j'ai de plus précieux ; ce n'est pas un « je le jure » en l'air. La tête de mon ex, j'y tiens, même si mon ex est devenu mon ex. Je l'appelle mon ex. Depuis qu'elle est mon ex, j'ai oublié le nom que je lui donnais dans l'intimité.
    Bon alors, où est le mode d'emploi ?
    Je suis pourtant rangement, j'aime l'ordre, car je n'aime pas perdre mon temps à chercher. Depuis que je vis seul, c'est plus simple. Rien n'est dérangé. Ce que je classe reste en l'état. Alors, si je l'ai vraiment, ce mode d'emploi ne peut pas m'échapper. Il ne peut se trouver que dans la mallette des papiers importants ou dans une des chemises dévolues à ma documentation accessoire. J'appelle documentation accessoire, celle qui ne concerne pas directement mon travail. Il ne peut pas être dans mes cours. Je fais très attention à ne pas mélanger les mathématiques et le reste de ma vie. J'ai fait installer une porte blindée avec serrure Fichet cinq points entre les mathématiques et le reste de ma vie, si bien que lorsque je ne suis pas au travail, à préparer une leçon ou à corriger des copies, je me demande bien ce que peut trouver d'intéressant mon double de l'autre côté de la porte.[...]
    Un prof de math divorcé voit son quotidien soudain bouleversé par la découverte des fonctions magiques de sa zapette. Fonction imprévue ? Rendre tout possible, et n'importe quoi... Mais est-ce vraiment un cadeau du destin ? Miss Ska est heureuse de rééditer ce roman fin et plein d'humour du regretté Jan Thirion sorti chez Krakoen. On prendra plaisir à cette lecture hilarante qui néanmoins renvoie à des interrogations quasi métaphysiques : faut-il avoir tout ce qu'on veut dans la vie ?

  • Le pouce crochu

    Fortune Du Boisgobey

    • Ska
    • 1 Juillet 2017


    Une fille opiniâtre poursuit l'assassin de son père... ainsi se résume succinctement cette histoire, écrite par l'un des précurseurs du roman policier...

    « Était-ce bien une main, cette tâche noirâtre qui tranchait sur le rideau blanc ? Camille en douta d'abord, mais elle ne parvenait pas à s'expliquer cette étrange apparition. Elle crut même être dupe d'une illusion d'optique. Le feu se mourait dans l'âtre et la lumière de la lampe commençait à baisser, si bien que le salon s'emplissait d'ombre et qu'elle ne distinguait plus nettement les objets. Elle aurait voulu fermer les yeux et elle ne pouvait pas. Ce point noir la fascinait. Cela ressemblait à une araignée énorme, armée de pattes velues, et cela ne bougeait pas. Était-ce la griffe de quelque bête monstrueuse ? Camille n'était pas poltronne, et pourtant elle sentait son sang se glacer dans ses veines. »
    Selon Thierry Chevrier, du Boisgobey « nous présente des héros profondément faillibles et humains, sujets au doute comme à l'erreur, lancés dans une traque pour la vérité, tenaces, hésitants, parfois déçus de fausses apparences, vérité souvent détruite au moment où l'on commençait à y croire, au fil d'aventures toujours profondément aléatoires et surprenantes. » Si l'on voit parfois les coutures de fil blanc dans ses intrigues, le point se rapproche davantage de la broderie que du ravaudage grossier. Emile Zola si critique envers les auteurs populaires de feuilletons à succès de son époque distinguait du Boisgobey qui faisait « plus proprement que les autres ». (extrait de l'avant-propos de Franq Dilo)

  • Justine

    Marquis De Sade





    La vertueuse Justine subit les pires outrages...


    ...LE SCELERAT NOUS MET EN SANG ; il nous rencogne à la fin toutes deux dans la ruelle du lit. Les coups redoublent : la malheureuse Armande en reçoit un sur le sein qui la fait chanceler ; cette dernière horreur détermine l'extase, et pendant que mon dos en reçoit les effets cruels, mes reins s'inondent des preuves d'un délire dont les résultats sont si dangereux.

    On ne présente plus le Marquis de Sade dont l'oeuvre est un monument de littérature tenant une place à part dans l'histoire des lettres françaises (et au-delà) et de la philosophie. Toujours prisé pour ses outrances, encensé par des thuriféraires aveugles ou vilipendé pour les mêmes raisons par des contempteurs féroces, son incontestable génie littéraire, sa critique radicale de la religion, son indépassable description du mal, sa postérité criminelle exige cependant qu'il soit lu. Préface d'Ava Ventura.

  • Sniper blanche

    Jose Noce

    • Ska
    • 1 Octobre 2017


    L'hôtel Tennyson Arms sur l'ile de Salina est exceptionnel de luxe et de beauté... Malheur à ceux qui viennent troubler ce paradis...

    « Il saisit un fusil à lunette avec silencieux qui reposait sur un socle et le lui mit délicatement dans les bras. Sans un mot, il lui désigna une cible dans un angle. Elle s'exécuta. Elle y vida les quatre balles du chargeur avec lenteur, mais sans la moindre hésitation. En réglant à chaque fois son souffle. Il lui fit signe de reculer et alla vérifier les impacts. Une minute plus tard, ils repartaient en souriant vers le bar de l'hôtel... »
    José Noce n'a pas fini de nettoyer le monde. On parle de nettoyage éthique concernant ces missions salutaires conduites par des héros obscurs, sorte d'éboueurs planétaires. Après la compil' Sniper qui vient de paraitre, Mister Jo reprend du service... avec des dames...

  • THIRION, la compil'

    Jan Thirion

    • Ska
    • 1 Avril 2017


    « De la poésie, de l'humour et une façon d'emmener le lecteur sur ses chemins torturés », au fil de ces 15 nouvelles, par un maitre du court-lettrage.

    « Si notre fille est encore vivante à ce moment du récit, c'est qu'elle est encore utile. C'est terrible à dire, mais c'est ainsi. Je l'ai empêchée de tomber du train. Je l'aide pour mieux la sacrifier. Je sais qu'elle va périr bientôt et, cette fois, je ne ferai rien pour la tirer du mauvais pas où elle se sera fourrée. Je profite d'elle jusqu'au bout. Elle descend du train. Elle est entière, malgré des douleurs partout et sa peau qui s'abîme. Elle sent mauvais. Je ne lui ai pas donné de prénom. Elle représente l'ensemble des malheureuses qui tentent, avec un courage exemplaire, de changer le cours de leur destin. Je la regarde de près. Elle a un oeil à moitié fermé à cause d'un gravillon sous la paupière. Elle a les dents de devant cassées. Elle a faim. Elle mange ce qu'elle trouve. Elle crache du sang. Elle pisse du sang. » (Voyage à dos de caillou)
    Teintée d'humour cruel, adoucie par une immense tendresse pour l'humanité, par la justesse de ses descriptions, de ses dialogues, par l'extrême capacité de fantaisie des chemins toujours surprenants dans lesquels il nous entraînait... son écriture a toujours su louvoyer entre le trop et le trop peu, entre folie et sagesse, dureté et douceur. Cette écriture justifie à elle seule qu'aujourd'hui on rassemble une sélection de ses nouvelles, éditées chez Ska et Horsain, en une compilation qui permettra de découvrir et de savourer l'étendue de son talent singulier. Voix à part dans un concert de médiocrités convenues, Jan a souffert d'avoir été ignoré des grands éditeurs. Cependant grâce à l'édition alternative, il fait partie de ces auteurs dont l'oeuvre persistera. (Extrait de l'avant-propos de Jeanne Desaubry et de Max Obione)

  • A Demon in my Head

    Jean-Hugues Oppel

    • Ska
    • 1 Mars 2021

    Tueur professionnel, sacré métier, qui s'accorde mal de migraines troublant la vue. Et les arrêts maladies ne sont pas forcément bien vus...



    Il pleut.
    Stanley relève le col de son imperméable. Chasse une goutte qui lui pendait au nez.
    Il a plu hier. Il pleuvait déjà la veille, et le jour d'avant. Stanley s'est résigné : il pleut depuis qu'il a mis les pieds en France, sur tout le pays d'est en ouest et du nord au sud pour ne pas faire de jaloux. Pas des pluies d'orage noyant la campagne sous des trombes diluviennes ni même des averses subites et répétées, mais de l'eau brumisée en crachin lancinant qui tombe du matin au soir pour ne cesser que durant de brèves heures peu avant l'aube. Stanley n'en est pas vraiment sûr : à ces heures-là, il dort. Enfin, il essaye. Quand la douleur se fait oublier dans sa tête. Alors, somnolant dans un état semi comateux proche du sommeil, il ne veut pas prendre le risque de se réveiller tout à fait en allant vérifier la météo par la fenêtre de sa chambre d'hôtel. [...]


    Une mission chasse l'autre, mais rien ne chasse la solitude et la douleur. Le tueur se sait en danger, il en deviendrait presque humain... La plume d'Oppel, une atmosphère de totale noirceur.

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