• La civilisation du cocon ; bienvenue dans l'ère du repli sur soi Nouv.

    Sommes-nous condamnés à vivre dans des bulles et à déserter la réalité ?Apologie de la vie domestique, fuite dans des mondes imaginaires, explosion du marché du bien-être, bulles de filtres et pensée magique : chaque jour, nous déployons un véritable arsenal de protections physiques et psychiques pour mettre à distance un monde qui nous oppresse. Bienvenue dans la civilisation du cocon ! Une nouvelle société de l'entre-soi, sous perfusion de confort, en passe de nous transformer, petit à petit, en êtres hypersensibles et ne supportant plus le moindre frottement avec la réalité.Comment sommes-nous passés d'un idéal de la vie « intense » à celui d'un quotidien « subi » que nous préférons fuir, à l'abri derrière nos forteresses de coussins ? Et surtout, ces bulles sont-elles en train de remplacer, dans nos principales préoccupations, un safe-space commun qui semble aujourd'hui nous échapper : notre planète et celles et ceux qui l'habitent avec nous ?Ce livre invite à prendre conscience de ce repli généralisé et à éclater ces bulles de confort où l'on commence à suffoquer.

    Vincent Cocquebert est journaliste et collabore notamment avec GQ, Glamour ou Stylist. Il est également rédacteur en chef de Twenty, un magazine consacré à la jeunesse. Observateur amusé des tics de ses contemporains, il jette un regard lucide et tranchant sur notre époque et ses dérives.

  • La crise du COVID-19 a joué un rôle de révélateur à bien des égards. Parmi les phénomènes qui nous ont sauté aux yeux se trouvent l'extraordinaire inefficacité et l'inadaptation aux enjeux actuels de notre administration, sur fond de déconnexion et de déresponsabilisation de la haute fonction publique. La thèse défendue par Chloé Morin est que la faillite des « élites » n'est pas une somme de « petitesses » individuelles, comme on serait aisément tenté de le croire, mais le résultat d'un système dont elle décortique différents aspects. Après avoir listé et illustré les causes et les conséquences concrètes de cette maladie de l'État, l'auteure propose des solutions décapantes - en espérant qu'elles ne soient pas, comme bien d'autres avant elles, enterrées. Une lecture revigorante !

    Ancienne conseillère en charge de l'opinion publique au sein du cabinet du Premier ministre de 2012 à 2016, Chloé Morin est aujourd'hui directrice de projets internationaux chez Ipsos.

  • Que de sang et d'horreur au fond de toutes les bonnes choses.
    La Généalogie de la morale applique ce principe désacralisant : l'idéal moral (ascétique) a désormais un prix, payable non en monnaie de singe, mais en livre de chair, en unité de désir ; principe cynique, qui découvre les pieux mensonges et l'hypocrisie de la belle apparence (les bons sentiments et saintes intentions). Les hommes " modernes ", de " progrès " ont là un miroir pour leurs tabous, leurs impuissances, leurs malentendus : la mièvrerie du consensus démocratique, la moraline du troupeau, les passions tristes, émondeuses des aspérités de la vie, le tabou du pouvoir (le misarchisme), la névrose généralisée du salut, par l'art (Wagner), par la science (le scientisme), la religion (le christianisme).
    Mesurons ce que l'animal humain a perdu dans l'affaire (l'innocence et la joie de l'affirmation première de la force, la vraie méchanceté, la distance, la noblesse) et son nouvel infini : réinventer un sens fort après des millénaires de sens faible.

  • L'urgence écologique interpelle à la fois la société de consommation et la démocratie libérale. Les responsables politiques, y compris les libéraux, expliquent désormais qu'ils doivent « reprendre la main sur l'économie » et « changer de logiciel ». Or ils ne pourront y parvenir que s'ils disposent de leur propre cadre de pensée, affranchi des notions de PIB, de croissance et de pouvoir d'achat.C'est ce cadre conceptuel que Jean Haëntjens nous propose avec « l'économie des satisfactions ». Comment fonctionne cette économie ? Quelles sont ses lois ? Comment pourrait-elle renouveler la réflexion politique et économique ?Au-delà de son apport théorique, cet essai propose aussi une méthode politique pour faire advenir une société compatible avec les limites de la planète.
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    Économiste et urbaniste, Jean Haëntjens est un spécialiste de la prospective appliquée aux stratégies politiques. Il a publié plusieurs essais sur les politiques locales et notamment : Comment les géants du numérique veulent gouverner nos villes (Rue de l'échiquier, 2018) ou Éco-urbanisme (Écosociété, 2015). Il est collaborateur régulier des revues Urbanisme et Futuribles et conseiller scientifique de Futuribles International.

  • Pratiquer une activité sportive, c'est se faire du bien, à l'esprit comme au corps. C'est bon pour le coeur, pour les jambes, mais c'est aussi un moyen de faire groupe, de faire équipe, d'oeuvrer ensemble. C'est peut-être même le plus court chemin pour faire nation et se respecter entre nations. Le sport est un langage mondial. Chacun s'y retrouve. Le sport, c'est indubitablement le partage, c'est évidemment l'ouverture. Le sport, c'est l'antiracisme, l'égalitarisme, la communion. Fondateur d'une association qui utilise la pratique sportive comme levier d'éducation et de changement social, David Blough a entendu mille et une variantes de ces inspirations morales. Il en a eu assez des détournements, des exagérations, des dissimulations que cachent ces envolées lyriques. En détaillant les différentes vertus qu'on attribue au sport, il démontre que sa pratique est trop souvent prise pour couvrir un manque de politique publique, pour redorer le blason de régimes peu recommandables, pour produire du grand spectacle au profit de multinationales dont l'éthique est le cadet des soucis. Bref, du Sport washing.

    David Blough travaille dans le secteur humanitaire et l'économie sociale et solidaire depuis le début des années 2000. Après plusieurs expériences à l'étranger et en France, il occupe depuis 2013 la fonction de directeur général de PLAY International, une ONG pionnière en matière d'innovation sociale par le sport qui développe des programmes dans plus de vingt pays et auprès de 850 000 bénéficiaires. Il partage régulièrement son expérience à l'occasion de conférences.

  • L'empire du moindre mal ; essai sur la civilisation libérale Nouv.

    Il est d'usage, aujourd'hui, de distinguer un bon libéralisme politique et culturel - qui se situerait « à gauche » - d'un mauvais libéralisme économique, qui se situerait « à droite ».
    En reconstituant la genèse complexe de cette tradition philosophique, Jean-Claude Michéa montre qu'en réalité, nous avons essentiellement affaire à deux versions parallèles et complémentaires du même projet historique : celui de sortir des terribles guerres civiles idéologiques des XVIe et XVIIe siècles, tout en évitant simultanément la solution absolutiste proposée par Hobbes. Ce projet pacificateur a évidemment un prix : il faudra désormais renoncer à toute définition philosophique de la « vie bonne » et se résigner à l'idée que la politique est simplement l'art négatif de définir « la moins mauvaise société possible ». C'est cette volonté d'exclure méthodiquement de l'espace public toute référence à l'idée de morale (ou de décence) commune - supposée conduire à un « ordre moral » totalitaire ou au retour des guerres de religion - qui fonde en dernière instance l'unité du projet libéral, par-delà la diversité de ses formes, de gauche comme de droite.
    Tel est le principe de cet « empire du moindre mal», dans lequel nous sommes tenus de vivre.

  • Sauriez-vous dire où se trouve la prison la plus proche de chez vous ? Combien de personnes y sont enfermées ? Si ce sont des hommes, des femmes ou des enfants ? Est-ce que leur temps de détention se compte en semaines ou en années ? La prison est un endroit dont on parle peu et que l'on connaît très mal, un espace où la plupart d'entre nous ne pénètreront jamais.Quand on critique l'emprisonnement systématique, on se voit souvent rétorquer : « Que proposez-vous de mieux ? » Sylvain Lhuissier fait avec cet ouvrage la preuve qu'une autre punition est possible.Car l'objectif ici n'est pas de désigner un coupable, mais de comprendre pourquoi rien ne change gouvernement après gouvernement ; d'identifier comment chaque acteur, d'un bout à l'autre de la chaîne, participe à maintenir le système en place ; mais surtout de questionner comment nous tous, citoyens, représentons à la fois une part de la responsabilité et un levier possible du changement.Sylvain Lhuissier propose de vider les prisons au lieu d'en construire de nouvelles, de réaménager les peines plutôt que de repeindre des chambres vétustes. On sait depuis longtemps que la prison est une solution inefficace contre le crime, mais quand elle s'applique en grande partie à des milliers de personnes qui n'entrent pas dans la catégorie des criminels, ne faut-il pas revoir collectivement notre copie ?

    En 2012, étudiant à l'Ecole Centrale de Paris, Sylvain Lhuissier croise la route du GENEPI, association étudiante où il fait du soutien scolaire à la maison d'arrêt de Fresnes. En 2014, il co-fonde l'association Chantiers-Passerelles pour développer les alternatives à la prison et changer le regard des citoyens sur la justice et la peine. En 2018, il participe à la création, au sein du Ministère de la Justice, de l'Agence du travail d'intérêt général et de l'insertion professionnelle.

  • Le 21 décembre 1914, Freud écrit qu'il prépare " une théorie de la névrose avec des chapitres sur les destins de pulsions, le refoulement et l'inconscient ".
    Il commence en mars 1915 à composer ces trois essais qu'il présente, dans la lettre du 1er avril à Lou Andreas-Salomé, comme " une sorte de synthèse psychologique de ses conceptions antérieures ". La rédaction est achevée le 4 mai, en même temps que celle du Complément métapsychologique à la doctrine du rêve et de Deuil et mélancolie. Ces essais seront rassemblés en 1924 sous le titre Métapsychologie, dans le volume V des Gesammelte Schriften. Sigmund FREUD. Direction scientifique : Jean Laplanche. Direction de la publication :
    André Bourguignon, Pierre Cotet. Notices, notes et variantes par Alain Rauzy.
    Traduit par Janine Altounian, André Bourguignon, Pierre Cotet, Jean Laplanche et Alain Rauzy. Préface de François Robert.

  • Toutes les analyses l'annoncent : la Chine deviendra immanquablement la première puissance économique du monde. Alors que la dynamique de développement américaine et son aura politique semblent en panne, la Chine réalise une percée multiforme unique au monde. Que ressortira-t-il de l'affrontement entre les deux grands adversaires ? Déjà, l'expansionnisme chinois suscite des réactions de méfiance croissante chez ses partenaires. Mais la Chine nourrit des ambitions de conquête à long terme mûrement réfléchies, tandis que les autorités américaines en sont à gérer le court terme... Dressant le portrait de la situation de ces deux pays, l'auteur analyse les enjeux de cette rivalité et nous alerte : entre la démocratie et la dictature, à la première de démontrer sa force et sa vitalité.

    Pierre-Antoine Donnet est journaliste, ancien rédacteur en chef de l'Agence France-Presse.

  • Achevée pour l´essentiel en 1913, la Sociologie de la religion est le grand manuel synthétique qui fait pendant aux études de Max Weber (1864-1920) sur le protestantisme, le judaïsme et les religions de l´Asie. Initialement conçue comme une section de l´ensemble posthume Économie et société, cette étude fait ici l´objet d´une édition séparée et d´une nouvelle traduction annotée et commentée. Max Weber y livre les outils d´une approche à la fois systématique et remarquablement subtile des pratiques religieuses : la Sociologie de la religion n´est pas seulement une source d´inspiration pour le sociologue, l´historien ou l´anthropologue, mais aussi une leçon de tolérance par l´éducation à la finesse du regard. Dans celui de Max Weber, assoupli par un exercice savant, patient et permanent du comparatisme, une alternative comme celle des «primitifs» et des « civilisés » n´a pas lieu d´être. En rupture avec l´évolutionnisme ethnocentrique de son époque, Weber insiste moins, sans les nier, sur les différences culturelles et «inter-religieuses» que sur les lignes de conflit internes à toutes les religions. Une violente tension sociale oppose selon lui le pôle occupé par les détenteurs professionnels du «savoir» religieux, attachés à la définition de dogmes et à la préservation de la stabilité des institutions, au pôle où se retrouvent à la fois des « prophètes » et des « virtuoses » religieux en rupture avec les rites et les institutions, ainsi que des laïcs toujours soucieux de rappeler que la religion doit aussi répondre à des attentes «magiques» de bienfaits dans la vie quotidienne et de secours face à l´âpreté du destin.

  • Rédigées en 1746, sans nom d´auteur, et aussitôt condamnées au feu par le Parlement de Paris, les Pensées philosophiques prennent à partie le christianisme, et au-delà toutes les religions révélées : ou la foi est compatible avec la raison humaine et les religions doivent accepter le doute et la critique et se réformer pour rejoindre « la religion naturelle » ; ou elle ne l´est pas, et comment admettre alors que Dieu exige des hommes qu´ils lui sacrifient leur raison ?
    Cette alternative, c´est celle que pose le déisme, avec la volonté de placer la raison au coeur des systèmes religieux (dogmes, croyances, témoignages, miracles, Livres saints, etc.). Si l´on crédite généralement les Lumières d´avoir posé les bases philosophiques de la tolérance et de la laïcité, on ignore le plus souvent le rôle joué par le déisme dans le combat de la foi et de la raison. Les Pensées philosophiques, livre subtil qui mobilise toutes les ressources du style pour faire du lecteur son allié, est la première oeuvre philosophique à porter sur la place publique le débat qui oppose les déistes aux tenants des religions établies.

  • Les Lois sont sans doute le dernier des dialogues écrits par Platon. Dans les douze livres de cette somme législative d´une extraordinaire ambition, le philosophe se prononce sur un nombre exorbitant d´aspects de la vie humaine et civique, produit une véritable histoire politique de l´humanité, et rappelle, avec une clarté qui n´a guère d´équivalent dans les autres dialogues, les principes généraux de sa « physique » et de sa cosmologie : le bonheur du citoyen dépend de l´excellence de la cité, laquelle doit prendre modèle sur l´ordre du monde.
    Les Lois soumettent le devenir de la cité - ses ressources, les conflits qui la menacent et les remèdes qu´on peut y apporter, l´éducation de l´ensemble des citoyens, leurs comportements, jusqu´aux plus intimes, les coutumes et croyances traditionnelles - à des principes communs et intangibles. Ce code de lois écrites passe au crible d´un examen rationnel les conditions d´existence de la cité excellente : de la loi sur la date de la cueillette des fruits jusqu´à celle qui condamne l´athéisme, en passant par les recommandations relatives aux moeurs sexuelles, rien n´échappe à l´autorité du législateur.
    Le premier ouvrage de philosophie politique et de philosophie du droit est également l´un des chefs-d´oeuvre de Platon.

  • Les Lois sont sans doute le dernier des dialogues écrits par Platon. Dans les douze livres de cette somme législative d´une extraordinaire ambition, le philosophe se prononce sur un nombre exorbitant d´aspects de la vie humaine et civique, produit une véritable histoire politique de l´humanité, et rappelle, avec une clarté qui n´a guère d´équivalent dans les autres dialogues, les principes généraux de sa « physique » et de sa cosmologie : le bonheur du citoyen dépend de l´excellence de la cité, laquelle doit prendre modèle sur l´ordre du monde.
    Les Lois soumettent le devenir de la cité - ses ressources, les conflits qui la menacent et les remèdes qu´on peut y apporter, l´éducation de l´ensemble des citoyens, leurs comportements, jusqu´aux plus intimes, les coutumes et croyances traditionnelles - à des principes communs et intangibles. Ce code de lois écrites passe au crible d´un examen rationnel les conditions d´existence de la cité excellente : de la loi sur la date de la cueillette des fruits jusqu´à celle qui condamne l´athéisme, en passant par les recommandations relatives aux moeurs sexuelles, rien n´échappe à l´autorité du législateur.
    Le premier ouvrage de philosophie politique et de philosophie du droit est également l´un des chefs-d´oeuvre de Platon.

  • L'enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes En dépit des efforts de la propagande officielle, il est devenu difficile, aujourd'hui, de continuer à dissimuler le déclin continu de l'intelligence critique et du sens de la langue auquel ont conduit les réformes scolaires imposées, depuis trente ans, par la classe dominante et ses experts en « sciences de l'éducation ». Le grand public est cependant tenté de voir dans ce déclin un simple échec des réformes mises en oeuvre. L'idée lui vient encore assez peu que la production de ces effets est devenue progressivement la fonction première des réformes et que celles-ci sont donc en passe d'atteindre leur objectif véritable : la formation des individus qui, à un titre ou à un autre, devront être engagés dans la grande guerre économique mondiale du XXIe siècle. Cette hypothèse, que certains trouveront invraisemblable, conduit à poser deux questions. Quelle étrange logique pousse les sociétés modernes, à partir d'un certain seuil de leur développement, à détruire les acquis les plus émancipateurs de la modernité elle-même ? Quel mystérieux hasard à répétition fait que ce sont toujours les révolutions culturelles accomplies par la Gauche qui permettent au capitalisme moderne d'opérer ses plus grands bonds en avant ?

  • Le cinéma d'animation est au-delà du réel : canonique comme la beauté de Blanche-Neige ; iconoclaste comme Le Roi et l'Oiseau de Prévert et Grimault ; chimérique comme une créature de Ray Harryhausen ; mimétique et rebelle comme Jerry Lewis ; émerveillé comme une enfant de Miyazaki ; ectoplasmique comme Final Fantasy ; vif comme l'esquisse. Cet ouvrage traverse plus d'un siècle d'animation et démontre que le réalisme est loin d'être une affaire de prise de vues directe.

  • Si l'expression, « Que faire ? », résonnait jadis de manière exclamative, annonçant l'amorce d'une réflexion stratégique pour un ordre nouveau, l'expression individualiste : « Oui, mais, qu'est-ce que je peux faire, moi... ? » soustrait à son énonciateur de tout espoir d'agir. « Qu'est-ce que je peux faire, moi ? » Cesser de s'indigner et passer à la question suivante, travailler sans fin à une synthèse des causes valables, s'organiser au-delà des esprits de chapelle et des replis sectaires, moquer l'idéologie, réduire à des objets de la pensée les termes que la propagande cherche à inscrire au siège de la subjectivité, transcender les modalités d'organisation hégémoniques, et s'essayer à des formes instituées qui nous ressemblent. Radicalisez-vous !

  • Toute science, admet-on, commence par détacher un objet en le rendant indépendant des sujets et des situations.
    Mais cette conception étroite de la connaissance scientifique laisse subsister des zones d'ombre. La conscience n'est pas un objet. Elle est ce sans quoi rien ne pourrait être pris pour objet. La conscience n'est pas détachable des sujets, car elle s'identifie à ce qui est vécu par un sujet. De façon analogue, en physique quantique, un phénomène n'est pas dissociable de son contexte expérimental, car il s'identifie à ce qui se manifeste à grande échelle au laboratoire.
    Que faire pour ne pas laisser ces cas extrêmes de côté? Généraliser la méthode scientifique. Ne plus la borner à définir et à caractériser des objets, mais l'étendre à la coordination directe des expériences. Telle est la révolution de pensée qu'il faut accomplir pour résoudre, ou plutôt dissoudre, deux questions-limites de la science : le problème de l'origine de la conscience et le paradoxe du "chat de Schrödinger" en physique quantique.

  • Le fait d'être humain ne procède pas uniquement de nous-mêmes, comme le fait d'être d'une culture, d'une histoire ne procède pas d'un seul autre, ou d'un seul semblable, mais de l'ensemble des autres, de tous les semblables, et plus loin encore de l'autre à venir, du dissemblable, de l'étranger, de l'autre culture, de l'autre histoire.

    Où et comment se pose la question de l'honneur à cet instant ? N'est-ce pas à cette pliure que fait courir à l'espèce le mépris, l'incompréhension, le refus de l'autre ?

    Aujourd'hui nous devons faire face. Et savoir d'instinct, savoir sans le comprendre que la seule force, la seule valeur, la seule dignité, c'est de ne pas comprendre si comprendre nous fait renoncer à l'amour de l'autre. Voilà ce qui fonde, voilà ce qui fait la légitimité non seulement d'une existence mais de toute communauté.

  • Orthodoxie

    Gilbert Keith Chesterton

    • Climats
    • 17 Mars 2010

    Histoire d´une âme, « autobiographie débraillée », cet essai inclassable n´a d´autre prédécesseur que son livre-frère, Hérétiques, paru trois ans plus tôt.
    Découvert par Paul Claudel, qui en traduisit l´un des chapitres, célébré par Charles Péguy, Orthodoxie est un livre touffu, foisonnant d´images et d´idées, dans lequel Chesterton expose la vigueur de sa foi à coups de paradoxes et de fantaisies. Car le christianisme excentrique de Chesterton est une quête qui conduit à l´émerveillement de l´enfance, c´est-à-dire au royaume des fées. Dénonçant l´injustice capitaliste, les thèses matérialistes et déterministes (à commencer par la théorie de l´évolution), Chesterton leur oppose une faculté irréductible de l´homme, qu´aucune machine ne pourra jamais remplacer : son rire et sa joie.

  • Une analyse se termine-t-elle ? La longueur des cures passe parfois pour le résultat des conceptions théoriques et de la pratique des analystes contemporains.
    Mais en allait-il autrement il y a quelques décennies ? Freud lui-même se plaignait, en 1937, de la difficulté qu'il y avait à écourter la durée des analyses. L'immense majorité des analyses s'interrompt, au mieux, sur un effet thérapeutique heureux, mais elles ne sont pas pour autant achevées. Son procès reste-t-il seulement suspendu dans des conditions plus ou moins précaires ? Peut-il s'interrompre à un moment d'équilibre, permettant à l'analysant d'en finir avec le lien étrange qui l'attache moins à l'analyste qu'à ce qu'il ignore dans sa propre parole ? Existe-t-il au contraire une fin logique, aussi certainement calculable que les conditions qui ont présidé à l'entrée dans la cure ? Si Freud a évoqué la question de la fin de l'analyse tout au long de son oeuvre - avant tout dans les termes d'un objectif thérapeutique plus ou moins bien rempli - il ne l'abordera dans sa spécificité qu'au terme de sa vie. Tout en montrant la continuité qui existe de Freud à Lacan, G.
    Pommier tente de dégager ce qui, dans une analyse, peut logiquement se dénouer de ce qui restera indéfini. Faire la part entre le fini et l'infini est un enjeu d'importance, qui permet de délimiter ce que l'on peut attendre de l'invention freudienne.

  • Ces treize textes de Kant sur le corps et l'esprit recouvrent tous les domaines explorés par le philosophe : la métaphysique, la philosophie critique et l'éthique. Ils permettent de découvrir un versant inédit de la philosophie kantienne : le thème de la maîtrise de soi, de la diététique philosophique du corps, inspiré des grandes morales antiques.

  • Hérétiques

    Gilbert Keith Chesterton

    • Climats
    • 14 Avril 2010

    En 1905, à trente et un ans, Gilbert Keith Chesterton réunit en un volume les articles qu´il a donnés au Daily News pendant trois ans. Ce livre, Hérétiques, allait faire l´effet d´un « coup de vent dans une pièce mal aérée ». Chesterton y attaque les maux de la modernité : la croyance au progrès, le scepticisme, le déterminisme et les paroles creuses en tous genres. Ses contemporains - Rudyard Kipling, George Bernard Shaw, H.G. Wells - sont copieusement malmenés, mais avec tout l´esprit d´un homme lucide et plein d´humour, à qui il est par conséquent égal de parler sérieusement de religion...

    Valery Larbaud, qui lui rendit visite en Angleterre, devait laisser un portrait inoubliable de celui qu´on surnommait « le prince du paradoxe » : un géant, oscillant entre l´enfance et la sagesse, à qui il tombait des allumettes des cheveux lorsqu´il secouait la tête. C´est la voix de ce géant, tonitruante et espiègle, que ce livre donne à entendre.

  • Paru en 1674,«De la recherche de la vérité», d'où est extrait le livre II«De l'imagination»fait aussitôt naître une polémique. Si, comme Descartes, Malebranche retient qu'on ne peut connaître que grâce aux idées claires et distinctes, il pense en revanche que ce n'est pas le cogito qui sert de point de départ à leur connaissance mais la lumière divine.

  • Dans la galerie des rois de France, Louis XIII fait grise mine, coincé qu´il est entre son père, Henri IV, et son fi ls, Louis XIV. S´intéresse-t-on à son règne, c´est le nom de Richelieu, son ministre, qui fl amboie ; au point que les livres d´histoire sautent parfois sans vergogne de la mort du cardinal, en décembre 1642, aux débuts tumultueux du futur Roi-Soleil.
    C´est oublier que Louis a survécu six mois à son ministre : six mois ignorés de la postérité, mais capitaux pour l´histoire de France. Car entre décembre 1642 et mai 1643, il est à la tête d´un pays en guerre contre l´Espagne, au centre d´une Cour déchirée par les cabales. On sait le roi malade ; le dauphin est un enfant ; qui va assumer la régence ? La reine, Anne d´Autriche, le frère du roi, Gaston d´Orléans, les princes du sang et les grands s´allient, se brouillent et complotent, cependant qu´un quasi-inconnu nommé Giulio Mazarini progresse dans les allées du pouvoir...
    En sa longue agonie, Louis poursuivit un dessein unique : assurer le destin du trône de France. Et, en grand roi qu´il était, il y parvint

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