Vrin

  • Discours de la méthode

    Rene Descartes

    • Vrin
    • 7 Octobre 2002

    René descartes est de fait le véritable initiateur de la philosophie moderne, en tant qu'il a pris le penser pour principe.

    On ne saurait se représenter dans toute son ampleur l'influence que cet homme a exercée sur son époque et sur les temps modernes. il est ainsi un héros qui a repris les choses entièrement par le commencement, et a constitué à nouveau le sol de la philosophie, sur lequel elle est enfin retournée après que mille années se soient écoulées.

  • Il y a exactement deux siècles, dans la Phénoménologie de l'esprit, Hegel proposait une reconquête philosophique de la sagesse. Il y est parvenu par une remémoration pensante, ordonnant et justifiant, l'assomption vraie de tous les moments et aspects essentiels du lien concret, théorique et pratique, naturel et culturel, individuel et communautaire de l'homme au monde, à travers lequel l'être lui apparaît. C'est ce chemin phénoménologique de l'humanité vers elle-même, selon sa propre exigence de réconciliation spirituelle, que Hegel a tracé dans un prodigieux effort spécultatif.

  • « Tout art et toute investigation, et pareillement toute action et tout choix tendent vers quelque bien, à ce qu'il semble. Aussi a-t-on déclaré avec raison que le Bien est ce à quoi toutes choses tendent.
    Mais on observe, en fait, une certaine différence entre les fins : les unes consistent dans des activités, et les autres dans certaines oeuvres, distinctes des activités elles-mêmes. Et là où existent certaines fins distinctes des actions, dans ces cas-là, les oeuvres sont par nature supérieures aux activités qui les produisent. [.].
    Si donc il y a, de nos activités, quelque fin que nous souhaitons par elle-même, [.] il est clair que cette fin-là ne saurait être que le bien, le Souverain Bien. ».
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  • " c'est surtout en approfondissant la notion d'obstacle épistémologique qu'on donnera sa pleine valeur spirituelle à l'histoire de la pensée scientifique.
    Trop souvent, le souci d'objectivité qui amène l'historien des sciences à répertorier tous les textes ne va pas jusqu'à mesurer les variations psychologiques dans l'interprétation d'un même texte. a une même époque, sous un même mot, il y a des concepts si différents ! ce qui nous trompe, c'est que le même mot à la fois désigne et explique. la désignation est la même ; l'explication est différente.
    Par exemple, au téléphone correspondent des concepts qui diffèrent totalement pour l'abonné, pour la téléphoniste, pour l'ingénieur, pour le mathématicien préoccupé des équations différentielles du courant téléphonique. l'épistémologue doit donc s'efforcer de saisir les concepts scientifiques dans des synthèses psychologiques effectives, c'est-à-dire dans des synthèses psychologiques progressives, en établissant, à propos de chaque notion, une échelle de concepts, en montrant comment un concept en a produit un autre, s'est lié avec un autre.
    Alors il aura quelque chance de mesurer une efficacité épistémologique. aussitôt, la pensée scientifique apparaîtra comme une difficulté vaincue, comme un obstacle surmonté ".

  • Le 27 mai 1978, Michel Foucault prononce devant la Société française de Philosophie une conférence où il inscrit sa démarche dans la perspective ouverte par l'article de Kant Qu'est-ce que les Lumières? (1784), et définit la critique, de manière frappante, comme une attitude éthico-politique consistant dans l'art de n'être pas tellement gouverné. Ce volume en présente pour la première fois l'édition critique.
    Il présente également la traduction d'une conférence inédite intitulée La culture de soi, prononcée à l'Université de Californie à Berkeley le 12 avril 1983. C'est le seul moment où, en définissant son travail comme une ontologie historique de nous-mêmes, Foucault établit un lien significatif entre ses réflexions sur l'Aufklärung et ses analyses de l'Antiquité gréco-romaine. Au cours du même séjour en Californie, Foucault participe aussi à trois débats publics où il est amené à revenir sur plusieurs aspects de son parcours philosophique, et dont on trouvera les textes à la suite de la conférence.

  • Tandis que la tendance générale de la pensée antique et médiévale était de glorifier la guerre ou, à tout le moins, de défendre ce qu'il était alors convenu d'appeler "la juste guerre", l'idée de paix, depuis le xviie siècle, a préoccupé les esprits au point de devenir un philosophème puissant.
    [... ] C'est seulement avec le XVIIe siècle que l'homme, dont le bon sens et la raison sont alors déclarés "la chose du monde la mieux partagée", comprend enfin le prix de la paix. cela ne signifie pas la disparition des guerres. Mais tandis que les ouvrages de droit ne parlent plus seulement du jus belli, mais du "droit de la guerre et de la paix", se succèdent et se multiplient les "projets de paix", d'une paix que l'on considère même généralement comme pouvant être "perpétuelle".
    (S. Goyard-Fabre, Les difficultés invincibles des "projets de paix perpétuelle" in L'Année 1796, sur la paix perpétuelle, Vrin, 1998).

  • " nous voyons que toute cité est une sorte de communauté, et que toute communauté est constituée en vue d'un certain bien (car c'est en vue d'obtenir ce qui leur apparaît comme un bien que tous les hommes accomplissent toujours leurs actes) : il en résulte clairement que si toutes les communautés visent un bien déterminé, celle qui est la plus haute de toutes et englobe toutes les autres vise aussi, plus que les autres, un bien qui est le plus haut de tous.
    Cette communauté est celle qui est appelée cité, c'est la communauté politique. " (aristote, la politique, 1252 a 1-7 - trad. j. tricot)

  • Y a-t-il un sens à vouloir étendre le champ de considération morale aux êtres vivants, aux plantes, voire à l'ensemble des écosystèmes qui composent notre environnement naturel ? peut-on rendre responsable de la crise écologique actuelle le système de valeur anthropocentriste selon lequel l'homme est la mesure de toute chose ? sur le fondement de quelles normes morales convient-il de restreindre la classe des actions permises à l'égard de la nature ? telles sont les questions auxquelles les acteurs de l'éthique environnementale s'efforcent de répondre depuis une trentaine d'années.
    Ce volume entreprend de donner un accès à quelques-uns des travaux les plus importants accomplis dans ce domaine, en proposant tout d'abord une sélection des textes fondateurs, puis en livrant les pièces du débat qui a opposé les partisans du biocentrisme à ceux de l'écocentrisme, et enfin en présentant les arguments du pragmatisme écologique, du pluralisme moral, ainsi que la question de la préservation de la nature, sauvegardée, restaurée ou incarcérée.

  • La collection Chemins Philosophiques a pour objet de favoriser la compréhension
    de notions et d'étayer la réflexion philosophique. Chaque ouvrage offre un
    traitement cohérent et complet de la problématique par le biais de deux
    approches complémentaires de la notion concernée : un exposé de l'enjeu
    philosophique et des principales articulations théoriques de la notion, suivi
    d'une présentation de textes accompagnés d'un commentaire. Ces deux parties
    permettent ainsi au lecteur de saisir la complémentarité de la réflexion
    philosophique contemporaine et de la tradition philosophique.

  • Ulrich Rudolph retrace de manière concise et claire l'histoire de la philosophie dans le monde islamique.
    Sa présentation commence avec le processus des premières traductions gréco-arabes,avant de se concentrer sur les auteurs importants (Avicenne, Averroès, etc.), qui ont été, pour l'essentiel, également lus en Europe. Une analyse des développements ultérieurs dans l'Empire ottoman et en Iran pendant les temps modernes ainsi qu'un état des lieux des tendances actuelles de la philosophie islamique viennent clore cet ouvrage.

  • Dans les deux traités du gouvernement, publiés sans nom d'auteur, locke poursuit des fins polémiques, politiques, philosophiques.
    Il écrit le premier traité contre la théorie du droit divin des rois lié à la primogéniture, dont filmer, alors décédé, s'était fait le protagoniste. il oppose aux adversaires qui se réclament de filmer une réfutation acharnée. a cette rude école, la raison politique accède à la maturité du deuxième traité. locke, à son époque, en angleterre, sert la cause de la royauté constitutionnelle de religion réformée.
    Il préconise ce régime avant la révolution et l'applaudit après la réussite révolutionnaire de 1689. cependant les arguments qu'il invoque à l'appui de son choix doivent leur validité à l'effort dont ils procèdent. locke affirme le principe du pacte social, l'exigence de la séparation des pouvoirs. il affirme que le gouvernement légitime ne peut se fonder ni sur la conquête, ni sur l'usurpation, ni sur la tyrannie.

  • La traite et l'esclavage colonial sont des « crimes contre l'humanité », déclare la Loi du 21 mai 2001, dite « Loi Taubira ». Ce sont des injustices historiques, moralement condamnables. Mais quelle forme politique cette conviction morale peut-elle revêtir ? Pourquoi, comment, punir ou réparer des crimes dont tous les protagonistes sont depuis longtemps disparus ? Quelle théorie de justice adopter pour traiter - appréhender et évaluer - les demandes de réparations qui émergent et quel sens donner à la notion de « réparation » ? Enfin, quelle responsabilité les générations contemporaines peuvent-elles avoir à l'égard des injustices du passé ? Écartant le langage du blâme et de la culpabilité, Magali Bessone montre que notre responsabilité contemporaine de réparer l'injustice s'ancre dans ce que nous nous devons les uns aux autres au titre de citoyens. Il dépend de nous de ne pas ignorer notre passé et de viser la transformation de nos structures sociales et politiques afin de les rendre plus justes.

  • L'idéal démocratique est accusé d'être irréaliste. Le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple serait une chimère dans les sociétés contemporaines. Il faudrait lui préférer les visées plus modestes associées à l'élection : un droit de vote égal et la satisfaction du plus grand nombre.
    La démocratie ne se laisse pourtant pas réduire à la compétition électorale. Les acteurs et les institutions politiques qui s'en réclament invoquent non seulement un marché, où rivalisent des intérêts privés, mais un forum, où s'affrontent des visions adverses de la justice. Ils attendent de la délibération collective qu'elle serve l'autonomie politique et le bien commun, mais savent aussi qu'elle peut les menacer, lorsque la liberté, l'égalité ou la publicité lui font défaut.
    Cette enquête philosophique interroge la pertinence de l'idéal démocratique pour des sociétés complexes, dotées d'institutions représentatives et soumises à la communication de masse. Elle montre à quelles conditions cet idéal peut aujourd'hui orienter la critique et l'action. Les citoyens peuvent encore aspirer à se gouverner eux-mêmes, donc à délibérer en égaux.

  • Si on considère que l'entreprise « produit » ou encore « crée de la valeur », alors on considère que l'entreprise agit, puisque « produire », « créer de la valeur » sont des actions. Dans ce cas, on devrait reconnaître que l'entreprise est un agent. Mais alors quel type d'agent? S'agit-il d'un agent responsable de ses actions? D'un agent moral?
    Ces questions d'ordres ontologiques et éthiques font de l'entreprise un objet d'étude pour la philosophie à au moins deux niveaux. L'étude et les textes commentés d'Aristote et de Philip Pettit conduisent à mieux comprendre la nature de l'entreprise, son positionnement éthique et sa finalité de création de valeur.

  • Manuels et traités de droit nous instruisent du droit positif et de l'ensemble des lois qui sont reconnues comme valides sur un territoire donné. Quelle idée du droit et de la norme juridique véhiculent-ils ?
    La norme juridique peut-elle être pensée indépendamment de toute considération morale ? Que fait exactement le juge lorsqu'il prononce le droit ? Ces questions ne sauraient être réduites à la simple opposition entre le positivisme juridique et les théories du droit naturel. Les théories normativistes du droit, les multiples variantes du réalisme juridique ou la théorie du droit comme intégrité ont permis de renouveler profondément la manière de penser la normativité du droit. Ce volume présente au lecteur un ensemble de textes qui lui permettront d'en débattre et d'en juger.
    Avec des textes de J. Austin, W. Blackstone, N. Bobbio, R. Dworkin, L. Fuller, H. L. A. Hart, O. W. Holmes, H. Kelsen, R. A. Posner, G. Radbruch, L. J. Raz, A. Ross et M. Troper.

  • Qu'est-ce que le positivisme ? Dans quel sens le positif s'oppose-t-il au métaphysique ? Les positivistes sont-ils scientistes ? Quels sont les rapports du positivisme avec l'empirisme, d'une part et le logicisme d'autre part ? Peut-on parler d'une continuité entre le positivisme de Comte et le positivisme logique du XXe siècle ?

  • La collection Chemins Philosophiques a pour objet de favoriser la compréhension
    de notions et d'étayer la réflexion philosophique. Chaque ouvrage offre un
    traitement cohérent et complet de la problématique par le biais de deux
    approches complémentaires de la notion concernée : un exposé de l'enjeu
    philosophique et des principales articulations théoriques de la notion, suivi
    d'une présentation de textes accompagnés d'un commentaire. Ces deux parties
    permettent ainsi au lecteur de saisir la complémentarité de la réflexion
    philosophique contemporaine et de la tradition philosophique.

  • Comment la raison normative évalue-t-elle les maximes d'action fournies par la raison commune ? Afin de répondre à cette question, le présent ouvrage étudie les transformations des concepts kantiens de liberté à partir de la Critique de la raison pure ; puis il expose la théorie kantienne de la normativité en réinterprétant la « loi fondamentale de la raison pure pratique » et le « fait de la raison » ; il établit alors qu'il y a une théorie pure de la normativité juridique (une métaphysique du droit) ; enfin, examinant les rapports de la philosophie pure (métaphysique) et de l'anthropologie, il s'interroge sur l'existence d'une philosophie de l'histoire chez Kant, et suggère pour finir que le kantisme dessine la perspective d'une rationalité incarnée dans des pratiques et des institutions, ce qui n'est pas sans annoncer la conception hégélienne de la Sittlichkeit.

  • La Science de la Logique est une entreprise paradoxale : pour construire une métaphysique libérée du dogmatisme des systèmes précritiques, Hegel prend appui sur le projet kantien de la philosophie critique, mais entreprend de le radicaliser pour se défaire de ses limitations. La confrontation entre Hegel et Kant proposée dans le présent ouvrage peut éclairer des débats toujours actuels concernant par exemple le rapport entre concepts et perception sensible, les liens entre normativité rationnelle et causalité naturelle, ou encore le type de justification dont peut se prévaloir la pensée métaphysique.

  • Après le Discours sur l'inégalité et l'article « Economie politique », Rousseau revient au projet, resté en chantier, de ses Institutions politiques. Il en extrait et prépare pour l'édition une partie intitulée, après quelques hésitations, Du contrat social ou Essai sur la forme de la République. Il conservera ce manuscrit bien qu'il ait renoncé à le publier en l'état : c'est une oeuvre entièrement refondue qui paraît en 1762.
    La présente édition de ce texte diffère sensiblement des précédentes par son établissement et sa présentation.
    La perspective génétique ainsi ouverte est le point d'appui d'un renouvellement interprétatif dont l'introduction et une ample partie de commentaire rendent compte. Ce texte est en effet à ce double titre essentiel: comme tournant dans la pensée de Rousseau et comme carrefour de son oeuvre.

  • Dans cet essai d'épistémologie philosophique, Nicolas Grimaldi a voulu proposer une lecture originale de la philosophie de Descartes dont il s'attache avant tout à reconstituer la genèse. Cette méthode, propre à manifester la continuité d'une pensée, a néanmoins conduit l'auteur à en découvrir les points de rupture : la pensée de Descartes serait constituée selon trois ordres successifs, correspondant à des expériences différentes. L'ordre de la vérité marque tout d'abord un pur rapport à l'esprit, trouvant son modèle dans les mathématiques ; mais Descartes, bientôt lassé des mathématiques qui n'ont pas de contenu extérieur à elles-mêmes, choisit de s'orienter vers l'ordre de l'utilité, qui vise à nous rendre " maîtres et possesseurs de la nature ". Cette " technologie du réel " soumet cependant nos démarches à la vraisemblance, et non plus à la vérité, et une telle scission engage Descartes à découvrir alors un troisième ordre, celui de la béatitude : en découvrant en nous la ressemblance et la marque de Dieu, nous faisons l'expérience de l'infini. Cette tripartition a permis de réaménager l'oeuvre sous trois rubriques : méthode, sciences et morale, et de restaurer à la philosophie de Descartes son unité spéculative.

  • La question de l'interprétation juridique fait partie des interrogations fondamentales de l'histoire du droit. Non seulement la simplicité et l'applicabilité directe des lois reste pour l'essentiel un idéal, mais encore la législation, comme la jurisprudence, sont en constante évolution. Si on ne peut donc se passer d'interprète, ou d'interprétation, dans le domaine juridique, la question devient celle de savoir quels sont les principes et les méthodes d'une telle interprétation juridique. Or, ces définitions de l'interprétation juridique sont elles-mêmes soumises à un processus historique. Le présent ouvrage part donc des définitions de l'interprétation, dites classiques, afin de les confronter et les comparer aux définitions contemporaines, et notamment à l'herméneutique juridique.
    Avec des commentaires de textes de Gammarus et de Gény.

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