Bouquins

  • Vienne, ville de rêves Nouv.

    Vienne, ville de rêves

    Stefan Zweig

    • Bouquins
    • 16 Septembre 2021

    Ce nouvel inédit s'inscrit dans le sillage de l'oeuvre la plus emblématique de Zweig, Le Monde d'hier. Il nous emmène à Vienne, la ville de naissance et de coeur de l'écrivain.
    La capitale de l'Empire austro-hongrois a été le paradis de son enfance. Au fil du temps, et après bien des drames, elle est devenue pour lui un monde idéal, où les apports les plus divers finissaient toujours par se mêler harmonieusement, où l'ouverture à la modernité s'appuyait sur une solide tradition locale. Cette ville-théâtre, de 1880 à l'entre-deux-guerres, fut surtout une
    incomparable cité des arts et de l'esprit européen.
    Les textes ici réunis couvrent l'ensemble de la vie créatrice de l'auteur, de l'étudiant dilettante des débuts à l'écrivain célèbre et exilé de la fin, qui dut quitter l'Autriche quelques mois avant
    l'Anschluss. Des pans entiers de l'histoire culturelle viennoise sont ainsi explorés, avec ses valeurs sûres, ses modes passagères, ses lieux mythiques, ses poètes (Hugo von Hofmannsthal, Rainer Maria Rilke...), ses génies (Sigmund Freud, Joseph Roth, Gustav Mahler, Arthur Schnitzler...), ses inconnus et bien d'autres figures attachantes, amis plus ou moins proches que Zweig sent et analyse avec la précision de celui qui voit tout. Il retranscrit ses impressions et souvenirs dans ce style toujours accessible qu'on lui connaît. Ce faisant, témoin bouleversant d'une époque bouleversée, il tente de sauver ce qui peut l'être.
    Sa Vienne, qui nous fascine tant, est éternelle.

  • Une femme mûre de haute condition tente de délivrer un jeune homme de sa passion du jeu et accepte de se dégrader pour sa rédemption. Une histoire d'amour et de passion mais aussi une histoire de secret trop longtemps gardé et dévoilé comme une libération. Freud considérait cette nouvelle (1927) comme un chef-d'oeuvre et parlait du mariage réussi entre la qualité esthétique du texte, son " inquiétante étrangeté ", et la véracité psychologique.

  • Un manuel de résistance à l'intention des nouvelles générations. Que dire à des jeunes de vingt ans pour leur conduite dans ce monde qui part à la dérive ? La civilisation s'effondre, les valeurs s'inversent, la culture se rétrécit comme une peau de chagrin, les livres comptent moins que les écrans, l'école n'apprend plus à penser mais à obéir au politiquement correct, la famille explosée, décomposée, recomposée se retrouve souvent composée d'ayants droit égotistes et narcissiques.
    De nouveaux repères surgissent, qui contredisent les anciens : le racisme revient sous forme de racialisme, la phallocratie sous prétexte de néo-féminisme, l'antisémitisme sous couvert d'antisionisme, le fascisme sous des allures de progressisme, le nihilisme sous les atours de la modernité, l'antispécisme et le transhumanisme passent pour des humanismes alors que l'un et l'autre travaillent à la mort de l'homme, l'écologisme se pare des plumes anticapitalistes bien qu'il soit le navire amiral du capital - il y a de quoi perdre pied.
    J'ai rédigé une série de lettres à cette jeune génération pour lui raconter les racines culturelles de notre époque : elles ont pour sujet la moraline, le néo-féminisme, le décolonialisme, l'islamo-gauchisme, l'antifascisme, la déresponsabilisation, la créolisation, l'antisémitisme, l'écologisme, l'art contemporain, le transhumanisme, l'antispécisme.
    L'une d'elles explique en quoi consiste l'art d'être français : d'abord ne pas être dupe, ensuite porter haut l'héritage du libre examen de Montaigne, du rationalisme de Descartes, de l'hédonisme de Rabelais, de l'ironie de Voltaire, de l'esprit de finesse de Marivaux, de la politique de Hugo.

  • " Je n'aime pas beaucoup les lettres, ni en recevoir ni en envoyer. Sauf de toi et à toi - et quelques autres. C'est ce qu'on doit appeler l'amitié"
    Tout en prenant un malin plaisir à se déclarer réticent à ce genre d'exercice, Jean d'Ormesson déploie dans l'art épistolaire autant de brio et de virtuosité que de talents de stratège et de séducteur. Il laisse libre cours, dans cette version la moins " autorisée " de son autobiographie, à son franc-parler, sa malice, son goût de l'ironie et de la facétie.
    C'est tout l'arrière-plan de son parcours dans le siècle que l'on voit se dessiner au fil de ces échanges multiples, sous l'effet révélateur des relations qui ont le plus compté dans son existence. Le meilleur de sa correspondance, en dehors de ses grandes amitiés littéraires, gravite autour de quelques figures clés. De Raymond Aron ou Roger Caillois à Claude Lévi-Strauss, tous ont agi sur Jean d'Ormesson comme autant de maîtres et d'inspirateurs dans sa réflexion intellectuelle et philosophique et l'évolution de son oeuvre.
    " Les amitiés qui commencent par les livres sont peut-être les plus fortes ", écrivait-il à José Cabanis. Cet ensemble de " messages portés par les nuages ", selon la formule de Jean-Marie Rouart, en offre une vivante et savoureuse illustration. C'est le même amour fou de la littérature qui explique l'amitié paradoxale de Jean d'Ormesson avec des auteurs aussi distincts de lui que Michel Déon ou François Nourissier. À travers eux on découvre ici son autoportrait le plus inattendu.
    Jean-Luc Barré

  • Sous la forme d'une éphéméride, et ce sur presque tous les jours de cette année 2020, je consigne chaque délire dont notre temps est capable.Dans ce journal se croisent une petite fille de huit ans qui veut changer de sexe depuis l'âge de quatre ans ; des égorgeurs présentés comme de pauvres victimes d'elles-mêmes ; une jeune fille qui ne va plus à l'école et prophétise la catastrophe climatologique dont le clergé de son pays nous dit qu'elle est le Christ ; des femmes qui vendent des enfants pendant que d'autres les achètent ; l'Église catholique qui court après les modes du politiquement correct ; le journal Libération qui se dit progressiste en célébrant la coprophagie et la zoophilie ; des végans qui militent contre les chiens d'aveugles ; une anthropologue qui trouve qu'il y a trop de dinosaures mâles et pas assez de femelles dans les musées ; des pédophiles qui achètent des viols d'enfants en direct sur le Net ; un Tour de France qui commence au Danemark et un Paris-Dakar ayant lieu en Amérique du Sud ; un parfum élaboré par une femme à partir des odeurs de son sexe ; un chef de l'État qui, entre autres sorties, se félicite que ses ministres soient des amateurs ; Le Monde qui estime courageuse une mise en scène théâtrale qui présente Lucien de Rubempré en femme ; le pape et Tariq Ramadan pour qui le coronavirus est une punition divine - et autres joyeusetés du même genre... Entre rire voltairien et rire jaune, cette Nef des fous est un genre de journal du Bas-Empire de notre civilisation qui s'effondre.M. O.

  • Traverser la foule

    Dorothee Caratini

    " On traverse des foules toute sa vie, pour ne pas se perdre ou perdre des morceaux de soi. Je traverse la foule comme on traverse la vie, je contourne. "
    Un jour comme un autre de décembre, Dorthée se confronte à l'indicible : le suicide de son mari, qui la laisse seule avec deux petites filles face à un gouffre d'incompréhension.
    Tout ce qui entoure la mort est pénible, long, compliqué. Il faut attendre, répondre à des questions. Mais le deuil donne aussi le droit de s'affranchir des conventions. Dorothée veut qu'il éclate à la face du monde, elle veut rester qui elle est, une femme qui jouit. Pas seulement une veuve et une mère, mais une femme libre avec son imaginaire et son grain de folie. Alors, passés le choc, la colère et la doueur, elle prend ses émotions et ses enfants sous le bras, qui l'épuisent et la comblent. Les fantômes, elle les brûle.
    Ecrit dans l'urgence de la peine avec la grâce des âmes sensibles,
    Traverser la foule balance entre le réalisme, le rock et la poésie. Aussi drôle qu'émouvant, il s'en dégage une force inouïe, qu'on peut aussi bien nommer la joie ou la vie.

  • La plus longue nouvelle de Zweig, splendide histoire de passion et de transgression.
    À l'occasion d'un hommage qui lui est rendu, un vieil universitaire s'aperçoit que, parmi tous les noms qui ont été cités et sont censés avoir marqué sa carrière, il manque le principal : le nom d'un professeur d'anglais qui, il y a bien des années, lui a donné le goût de la littérature. Pour réparer cet oubli, il écrit alors ses souvenirs et le désarroi qu'il a éprouvé face à cet homme mystérieux, imprévisible et passionné qui un jour lui avoue son amour. Un récit flamboyant et audacieux qui met à nu la complexité des désirs.

  • Dire la Terre, toute la Terre : les romans de Jules Verne se lisent, de son propre aveu, comme une " géographie universelle pittoresque ". Partons donc pour un tour du monde inédit, au fil d'une des oeuvres les plus mythiques de notre littérature.De
    Cinq Semaines en ballon (1863), premier chef-d'oeuvre menant le lecteur, à la seule force des vents, de Zanzibar au Sénégal, au
    Village aérien (1901), qui annonce Tarzan, en passant par les
    Aventures de trois Russes et de trois Anglais (1871) et
    L'Étoile du Sud (1884), deux épopées sud-africaines, ou encore
    Un capitaine de quinze ans (1878), saga familiale et impitoyable plaidoyer contre l'esclavage, l'Afrique tropicale et australe est un haut lieu vernien où le romancier ne cessa d'entraîner ses héros, qu'ils soient scientifique, chasseur ou baroudeur adolescent. Ces cinq romans, dont trois rarement réédités, sont réunis pour la première fois. Ils délivrent, au fil d'aventures où se mêlent approche scientifique et épopée exploratoire, une vision flamboyante de la faune et des paysages africains.
    Ce volume contient :
    Cinq Semaines en ballon o
    Aventures de trois Russes et de trois Anglais dans l'Afrique australe o
    Un capitaine de quinze ans o
    L'Étoile du Sud o
    Le Village aérien.
    À paraître dans la série des
    Voyages dans les mondes connus et inconnus :
    La Méditerranée (2022),
    L'Amérique latine,
    L'Empire britannique,
    L'Amérique du Nord.

  • Après Lettres à un jeune poète, cette émouvante correspondance est une découverte majeure, riche de lumineuses leçons de vie
    " Dans la vie, on n'éveille jamais assez souvent le sentiment du commencement en soi, et nul besoin pour cela d'un grand changement extérieur, car nous modifions le monde depuis notre coeur même, et si celui-ci veut bien être neuf et incommensurable, celui-là se présente alors comme au jour de sa création : infini. Si nous devions nous rencontrer un jour et pourquoi cela ne se réaliserait-il pas, vous réclamez que je vous raconte l'histoire d'un commencement nouveau qui se produisit durant une période de mon enfance des plus difficiles et en quelque sorte tout à fait désespérée. Que cela demeure une promesse entre nous. "
    Cette émouvante correspondance avec la jeune Anita Forrer est une découverte majeure qui comblera tous les amoureux de l'oeuvre de Rainer Maria Rilke. Rendu pour la première fois accessible en langue française, cet échange épistolaire, qui peut se lire comme le prolongement des Lettres à un jeune poète, ouvrit à Anita Forrer des espaces spirituels insoupçonnés et donna un sens nouveau à son existence. Rilke fut son guide et son confident, comme il l'avait été quinze ans plus tôt pour Franz Xaver Kappus. Les lectrices et lecteurs d'aujourd'hui puiseront à leur tour dans ce texte inédit de lumineuses leçons de vie.

  • Dictionnaire Jésus

    Renaud Silly

    Le Dictionnaire Jésus est une oeuvre ambitieuse et cohérente. Mettant à la portée du public une somme inédite de science, sa publication est destinée àfaire date et s'inscrit pleinement dans la tradition des grands dictionnaires de "Bouquins".
    Les éditeurs du
    Dictionnaire ont fait le choix d'une équipe resserrée d'unevingtaine d'auteurs afin de gagner en cohérence, par rapport à des ouvragesbricolés avec des contributeurs recrutés à droite et à gauche qui n'auraient qu'un rapport lointain avec le propos d'ensemble. Tous les auteurs coopèrent à et approuvent un projet scientifique rigoureux porté par l'École Biblique de Jérusalem, affiliée à l'Académie des inscriptions et des Belles-Lettres. Le Dictionnaire est l'oeuvre d'une école scientifique. Ces auteurs sont des chercheurs français, belges, israéliens, américains, formés dans les domaines suivants : histoire, archéologie, philosophie, théologie, lettres. L'équipe est plutôt jeune. Elle représente donc la relève sur les sujets abordés. Les éditeurs ont conçu le dictionnaire à Jérusalem, dans la pensée que la science la plus fiable est celle qui recherche le contact direct avec son objet. Jésus doit s'étudier en priorité au pays de Jésus - conviction qui est à la base de la fondation de l'École Biblique de Jérusalem en 1890, et jamais démentie depuis lors - et au milieu de son peuple Le Dictionnaire s'est fixé comme objectif de faire connaître au public francophone les importants acquis scientifiques réalisés là où la recherche sur Jésus est la plus active : en Israël, aux États-Unis et en Angleterre, par des savants comme James Dunn, Larry Hurtado, Richard Bauckham, Serge Ruzer, Nicholas Thomas Wright, Paula Fredriksen, David Flusser etc. Cette somme ne porte pas sur Jésus, sa vie et son oeuvre un regard neuf, mais renouvelé. Les études sur Jésus bénéficient par ricochets de l'intérêt très vif suscité en Israël par l'époque où il a vécu, puisqu'elle correspond à la dernière phase de semi-indépendance juive avant la restauration en 1948 de l'État hébreu. Tout en Jésus est juif, ainsi que le montre la confrontation des Évangiles avec leur contexte. Juifs sont les milieux qui transmettent sa mémoire, juif son rapport à la Loi et à Dieu. Juifs encore son enseignement, la signification de sa Passion, la portée des rites qu'il a institués, la conception qu'il se fait de la Tradition et du statut de l'écrit. Juive est sa conception de l'Église à venir comme une communauté sacerdotale, unifiée par la célébration d'un sacrifice en mémorial. Juif enfin son extrême souci d'établir une tradition authentique pour transmettre sa mémoire. La judaïté de Jésus court ainsi depuis ses origines jusqu'à la réception de son Évangile et à la fondation du christianisme, elle offre un cadre de lecture novateur à tous les événements soigneusement répertoriés de la vie de Jésus. Le
    Dictionnaire fait une place très large, outre à sa personne, à l'enseignement de Jésus et aux rites qui se réclament de lui. Leur impact a en effet abouti à la constitution de l'Église chrétienne comme une entité autonome. IL contient 496 entrées regroupées selon 12 rubriques principales. Ces dernières insistent sur les méthodes par lesquelles la science appréhende 'l'objet' Jésus, sur son enseignement, sur la séquence Passion Résurrection et enfin sur les divers contextes géographique, historique et littéraire de son action. Un des points forts du
    Dictionnaire consiste à citer abondamment les textes anciens, de manière à garantir solidement les sources d'une connaissance complète sur Jésus. Chaque entrée contient des renvois vers d'autres entrées, de façon à ce que le
    Dictionnaire constitue un tout organique.

  • Anne Hidalgo : une ambition qui vient de loin Nouv.

    La première enquête et biographie sérieuse sur une des grandes femmes politiques d'aujourd'hui.
    Anne Hidalgo est une énigme. Elle a résisté à tant de tempêtes et de complots qu'on s'interroge. Comment a-t-elle fait pour survivre dans ce monde féroce et impitoyable de la politique ? De quelle matière est faite cette fille d'immigrés espagnols, débarqués à Lyon au début des années 1960 ?
    De la cité HLM de La Duchère, sur les hauteurs de la Saône, jusqu'aux ors des palais de la République, son parcours n'a pas été un long fleuve tranquille. Face aux bien-nés, il lui a fallu une ténacité hors du commun. Féministe de la première heure, elle a gravi les échelons du pouvoir avec une méticulosité et une persévérance qui l'ont fait longtemps passer pour une besogneuse. La petite fourmi a bien trompé son monde. Ceux qui l'ont sous-estimée, voire détestée avec constance, qui l'ont traitée de " fille de concierge ", ont été balayés de manière implacable. La maire de Paris, qui rêve de devenir " maire de France ", a, quoi qu'il advienne, un destin exceptionnel. Cette ambition d'atteindre les sommets vient de loin, des horreurs de la guerre civile espagnole, vécues par ses aïeux. Marque indélébile qu'elle porte comme un talisman. Celle que certains surnomment Miss Titane a un parcours de vie digne d'un roman picaresque.
    C'est l'épopée d'une aventurière andalouse, tombée amoureuse de la France des Lumières, chantre de la lutte contre le réchauffement climatique, devenue plus républicaine que les Français de souche, que raconte, ici, Serge Raffy, biographe de Fidel Castro. Une existence avec ses zones d'ombre, ses trahisons, ses bassesses, ses renoncements. Mais aussi sa vie de mère de famille recomposée, pas toujours simple, en particulier quand la rumeur a couru que son dernier fils était celui de François Hollande. Autre singularité : Anne Hidalgo n'a pas fait l'ENA. Presque une anomalie pour quelqu'un qui vise les plus hautes fonctions. Est-ce un handicap ? Ou une chance ?

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    A contre-courant des idées dominantes, Jean-Marie Rouart fustige les illusions de la laïcité érigée en dogme protecteur face à l'islamisme.
    L'islam n'est-il pas d'une certaine façon le révélateur de nos failles et de la fragilité de notre assise morale et philosophique ? À contre-courant de ceux qui se contentent de s'abriter derrière le laïcisme ou le séparatisme pour faire face à la montée de l'islam, Jean-Marie Rouart s'interroge sur nos propres responsabilités dans cette dérive. Ne sommes-nous pas aveuglés par ce que nous sommes devenus ? Consommateurs compulsifs, drogués par un matérialisme sans frein ni horizon, s'acheminant vers une forme de barbarie moderne, ne mésestimons-nous pas nos carences culturelles et nos faiblesses spirituelles ?
    C'est moins l'essor de l'islam que l'auteur stigmatise que l'abandon de notre propre modèle de civilisation. Pour lui le véritable défi à relever n'est pas seulement d'ordre religieux, c'est notre civilisation qui est en cause. Rappelant que notre nation s'est constituée autour d'un État, du Livre, de la littérature et d'une religion porteuse de valeurs universelles, il rappelle l'importance de ces piliers de la civilisation chrétienne pour faire contrepoids à d'autres modèles et préserver notre identité. À ses yeux, ce qu'il appelle la " mystique laïcarde " n'est qu'une illusoire ligne Maginot contre l'islam. L'athéisme, si respectable soit-il, reste impuissant à remplacer la croyance.
    C'est le livre d'un " chrétien déchiré " qui a du mal à se reconnaître, comme beaucoup, dans l'Église de l'après-Vatican II. Jean-Marie Rouart refuse de s'avouer vaincu : il s'interroge sur les moyens de conjurer le déclin d'une civilisation d'inspiration chrétienne menacée autant par l'islam que par elle-même.

  • Quarante acteurs de la vie civile, hauts fonctionnaires, responsables politiques, tous de moins de 40 ans, appellent, à un moment crucial de la vie politique nationale, à la construction d'un nouveau destin français pour la décennie qui s'ouvre. " Notre génération, née avec la chute du Mur de Berlin, fait face au retour du tragique. Du réchauffement climatique à la pandémie actuelle, des attentats terroristes à la menace de l'extrême droite, elle ne peut rester spectatrice des catastrophes qui s'accumulent.
    Nous refusons de nous résoudre à la crise permanente. Nous n'acceptons pas la fatalité du déclinisme ambiant. À l'heure où l'histoire frappe de nouveau à la porte, il nous appartient de relever le gant. Enfants de la fin du xxe siècle, nous portons, avec l'énergie et la détermination de notre jeunesse, l'espoir des meilleurs lendemains. "
    Ce manifeste initié par quarante acteurs de la vie civile, chefs d'entreprises, responsables associatifs, hauts fonctionnaires, intellectuels et élus locaux, tous appartenant à la génération montante, propose un autre chemin pour la décennie qui s'ouvre, celui d'une République écologique et altruiste. Celui d'une nouvelle échelle humaine.

  • Publié en coédition avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image (Angoulême), LeBouquin de la bande dessinée présente un état complet et structuré du savoir et de la pensée sur la bande dessinée. Pour la première fois, l'ensemble des codes de la bande dessinée et sa place dans l'histoire culturelle sont intégralement traités.
    La vitalité artistique de la bande dessinée est aujourd'hui largement reconnue, particulièrement en France. Ses créateurs sont considérés sur un pied d'égalité avec les artistes de toutes disciplines. Beaucoup d'entre eux élargissent d'ailleurs leur champ d'activité à d'autres formes, comme le roman, le cinéma, l'affiche ou la scénographie d'expositions. Intronisée " neuvième art " à la fin des années 1960, la bande dessinée a aussi suscité, particulièrement depuis une vingtaine d'années, une littérature critique de plus en plus abondante. Il manquait cependant un ouvrage de grande synthèse pour faire le point sur toutes les notions relatives à ce mode d'expression qui, pour être populaire et enfin légitimé, reste quelquefois difficile à appréhender dans sa spécificité, à mi-chemin entre les arts du livre et les arts visuels. Le présent Bouquin de la bande dessinée. Dictionnaire esthétique et thématique vient combler cette lacune, abordant le genre sous tous ses aspects, à la fois comme art, comme langage, comme littérature et comme culture à part entière. Non seulement il présente un état complet et structuré du savoir et de la pensée sur la bande dessinée, mais il se risque à défricher quelques pistes nouvelles, esquissant une véritable poétique. Avec près de cent cinquante entrées qui sont autant d'articles fouillés, ce dictionnaire satisfera la curiosité des amateurs, néophytes ou passionnés, et sera un outil irremplaçable pour les chercheurs et les enseignants. En coédition avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image.

  • Triptyque argentin

    Jordi Bonells

    " Il arrive que les affaires que l'on croit closes ne le soient point, et qu'elles se réveillent au moment le plus inattendu. "
    Mêlant trois histoires distinctes à travers une seule enquête romanesque, ce périple au coeur de Buenos Aires, de 1939 à nos jours, gravite atour d'un même motif : la distance, la fuite, la disparition.
    Le dernier tournant se situe dans le milieu des collaborationnistes de France partis s'exiler en Argentine. Il retrace les tribulations d'un acteur français de deuxième zone, Roger Coquillard, qui essaie de se reconstruire une vie, à défaut d'une carrière, dans cette capitale étrangère où rôdent toutes sortes de menaces.
    Gambit l'argentin raconte l'improbable confontration entre des joueurs d'échecs juifs arrivés à Buenos Aires en août 1939 et les "rescapés" du nazisme à l'issue de la guerre, débarqués sous de fausses identités.
    La visite raconte les péripéties d'un homme tenu pour mort après la chute de la junte militaire argentine en 1983. Il est traqué pour les exactions qu'il a commises dans un centre de détention de la police de Cordoba. Son fils est mêlé à l'affaire pour l'avoir aidé à disparaître après avoir pris une part active à ses actes criminels.
    Entre réalisme et baroque, raison et folie, Jordi Bonells livre un récit fascinant sur les jeux de l'ironie du destin des hommes.

  • Les insuffisances du coeur Nouv.

    " Tous les enfants perçoivent le mensonge dans ce qui est passé sous silence. "
    Alma grandit dans une maison hors du temps où règnent les non-dits. De ses parents, taciturnes et effacés, elle ne sait que peu de choses. Sous le vernis d'un foyer bien organisé, Alma ressent des failles. Au rythme des repas dominicaux, en présence d'un grand-père ancien combattant au corps meurtri par les séquelles de la guerre, la petite-fille perçoit autant d'échos d'un conflit qu'elle n'a pas connu et qui fi nit par s'inscrire dans sa propre chair.
    Alma devient dessinatrice et rencontre un photographe, Friedrich, marqué lui aussi par une relation difficile avec son histoire familiale. Le couple donne naissance à Emil, un enfant qui souffre d'une maladie génétique rare : il est incapable de ressentir la douleur. Une notion qui lui restera étrangère, lui qui s'identifie aux super-héros, et autres êtres fabuleux de ses jeux d'enfant, habité par un sentiment d'invincibilité. Comme les deux faces inversées d'une même histoire, Emil et son arrière-grand-père, chacun marqué par sa propre infirmité, ont en commun d'être enfermés dans un monde qui les sépare de la vie ordinaire et des autres.
    Entre précision incisive et poésie fantastique, Valerie Fritsch éclaire d'une lumière crue cet abîme insondable que l'Histoire peut creuser entre les générations.

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    Le complotisme produit des effets délétères majeurs sur l'ordre mondial et l'opinion publique ; mais qui est vraiment le complotiste ?
    Le complotisme produit des effets délétères majeurs sur l'ordre mondial et l'opinion publique ;
    Pensant seul contre tous, il se persuade qu'un plan maléfique serait organisé en vue d'usurper le pouvoir ou de poursuivre des intérêts cachés. À lui, donc, de le divulguer : son domaine est celui de l'ombre, des coulisses.
    Ce Don Quichotte de l'ère moderne, dont la fake news est l'instrument, s'inscrit dans une longue tradition : les thèses extravagantes autour de l'assassinat de John F. Kennedy, ou les récentes rumeurs d'une forêt amazonienne en feu, constituent les nouvelles manifestations d'un phénomène maintes fois observé, comme dans la Rome antique, où Néron accusa les chrétiens d'être incendiaires.
    Avec érudition et un sens aigu de la responsabilité des intellectuels, Sylvie Taussig décrit les chemins tortueux du complotiste, qui pense détenir la Vérité salvatrice. Elle démontre qu'à toutes les époques, le complotisme ne fait jamais que jouer sur la peur, et plus : la passion de la peur.

  • Amok

    Stefan Zweig

    Dans cette nouvelle publiée en 1922, il est question de la folie, de la mort, de la dégradation que subit l'être humain dans son esprit et dans sa chair lorsqu'il est emporté par ses passions. Le cadre du récit est celui d'une colonie néerlandaise des tropiques, un lieu moite, malsain et brutal. Le personnage principal, un médecin éconduit par une belle Européenne, se lance à sa recherche dans une course insensée, comme l'un de ces fous qui, en Malaisie, dévalent parfois subitement les rues, armés de leur kriss, et poignardent tous ceux qui se trouvent sur leur chemin.

  • Carnets inédits

    Jacques Julliard

    Depuis près de quarante ans, Jacques Julliard consigne dans ses carnets réflexions, notes de lecture, portraits et récits de rencontres. Un document intellectuel et politique de premier ordre.
    Depuis près de quarante ans, Jacques Julliard consigne dans ses carnets réflexions, notes de lecture, portraits et récits de rencontres. Les observations d'un homme qui s'engagea très tôt dans le sillage des valeurs d'un socialisme puisant dans les racines profondes du catholicisme social. Dans ce document intellectuel et politique de premier ordre, il évoque ses échanges avec, entre autres, les présidents Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, sur un registre ni courtisan ni opposant, animé par une liberté d'esprit et d'expression qui lui vaut le respect de tous au-delà de ses options personnelles. Au tournant du siècle, Jacques Julliard voit ses inquiétudes se vérifier quant au devenir du socialisme : le PS perd de plus en plus son âme. Il détecte tous les signes de ce déclin et les analyse avec une lucidité clinique, à la mesure de la déception éprouvée. Il rappelle alors, en puissant écho à Péguy, la nécessité de faire entendre une voix dissidente quand il s'agit de rester fidèle à la vérité et à son idéal. La perte du paramètre religieux dans la société française l'amène à s'interroger, après Benjamin Constant et Tocqueville : une société sans religion, au sens traditionnel du terme, n'est-elle pas guettée par une religion temporelle imposée, c'est-à-dire par le totalitarisme ? Toutes les dérives de la société française, qu'il recense sans indulgence, menacent d'aller dans ce sens : l'éclipse des grands hommes, des écrivains indiscutables, des esprits supérieurs, même si on ne partage pas leurs vues ; l'éclatement d'un pays qui tend à devenir une mosaïque de communautés distinctes, sans que qu'une gauche qui se dit républicaine s'en insurge ; la dépendance des gouvernants envers l'opinion publique ; la destruction de l'École, instrument capital de l'intégration sociale et ethnique, par les " malfaiteurs de la pédagogie ". La crise des gilets jaunes, les soulèvements contre la réforme des retraites, la crise du coronavirus : autant de signes qu'une société n'ayant plus pour but que la conservation individuelle de chacun de ses membres se nie en tant que telle. Jacques Julliard appelle, en homme libre, à une forme de patriotisme de base, une union des citoyens autour des valeurs essentielles de la nation, expression de la volonté commune.

  • Le quartette d'Alexandrie est une somme appelée à faire date sur l'Égypte ancienne grâce à la combinaison de quatre regards : celui de trois Grecs, voisins curieux et assidus, et celui d'un stoïcien Égypto-grec qui leur répond avec autorité sur son histoire et ses coutumes.Entre Grecs et Égyptiens, c'est une longue histoire qui n'a cessé de s'écrire à travers le temps. Ce volume réunit les oeuvres de quatre figures majeures de ce dialogue fondamental : Hérodote, Diodore de Sicile, Strabon, dans des traductions nouvelles, qui ont visité l'Égypte à des époques différentes, entre le Ve siècle av. J.-C. et le Ier siècle de notre ère, et Chérémon d'Alexandrie, philosophe stoïcien, historien et sociologue avant l'heure, qui rend cet échange possible en usant vis à vis des trois premiers d'une sorte de droit de réponse. Son témoignage inédit apporte un éclairage essentiel sur les sources premières de la double histoire dont les continents européen et africain sont issus.
    L'ensemble des textes ici rassemblés ne donne pas seulement une connaissance ethnologique précieuse sur l'Égypte. Il permet de mieux percevoir l'histoire de cette rencontre décisive entre une Grèce éblouie et sceptique qui crut voir dans la terre du Delta son premier grand modèle, et une Égypte à la fois plurielle et égocentrique qui abrita le foyer le plus éclatant et inattendu du multiculturalisme d'Alexandrie.
    La richesse d'une telle confrontation entre deux univers distincts, dotés de peu de dénominateurs culturels communs mais non dénués de convergences religieuses, offre l'une des plus curieuses et fascinantes introductions à la vie égyptienne dans l'Antiquité, de ses croyances et de ses savoirs et de la place irremplaçable qu'ils occupent dans le patrimoine de l'humanité.

  • Le professeur Éric Caumes dénonce une imposture majeure en matière de santé publique autour de la maladie de Lyme.
    Une poignée d'irréductibles surnommés les " Lyme docteurs " en a fait un problème sanitaire de premier ordre, pourtant sans commune mesure avec sa réalité. Éric Caumes démontre comment ce phénomène a cristallisé un véritable " mal de société " alimenté par des croyances souvent véhiculées par les réseaux sociaux et certains médias, en contradiction avec des faits scientifiquement établis.
    Ce livre est le témoignage d'un professeur devenu malgré lui un expert supposé de Lyme, en raison du nombre de patients qui venaient le consulter, se pensant atteints de cette maladie. En fait, près de 90 % d'entre eux avaient une autre pathologie et beaucoup étaient traités abusivement.
    Témoignage aussi et surtout d'un expert auprès des autorités de l'État, qui a assisté, au sein de ses différentes institutions, à une dérive dont il désigne les responsables, jusqu'à évoquer " un degré de compromission inédit ". Il révèle des manoeuvres qu'il qualifie d'intimidation de la part de ces associations de Lyme, leurs pressions s'exerçant aussi sur les élus nationaux.
    Au prix d'une débauche d'examens inutiles et de traitements inappropriés et parfois dangereux, cette histoire est aussi celle de malades et de personnes en souffrance, victimes d'un manque d'écoute, pris en otages entre des associations, des médecins opportunistes et des politiques inefficaces.

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    Ces biens essentiels

    Céline Pina

    Céline Pina pourfend dans cet ouvrage l'idée réductrice des " biens essentiels " imposée par l'Etat face à la crise sanitaire. Elle montre en quoi l'accès à la culture pendant les périodes de crises reste un enjeu vital.La crise sanitaire a révélé ce que nous refusions de voir : la fragilité de nos sociétés, de nos institutions et de nos idéaux. Elle a confronté chacun d'entre nous à ce qui fait notre vérité d'homme et de citoyen, et l'essence même de toute société : ses " biens essentiels ". Une notion devenue cruciale, qui n'avait jamais suscité une telle prise de conscience, face aux restrictions imposées par l'État.
    Céline Pina dénonce la confusion qui s'est installée entre besoins primaires et biens essentiels, sous l'effet d'une " guerre " sanitaire qui a privilégié la part animale de l'être humain, au détriment de ce qui le rattache à la civilisation : une culture, une quête de soi, de l'autre, gage du lien social et de la préservation de nos libertés.
    Elle souligne sans détour les erreurs de nos gouvernants dans leur façon d'envisager ce qui est essentiel et ce qui ne l'est pas, et s'inquiète d'une sortie de crise qui conduirait à remettre en cause nos acquis personnels et collectifs : le système de santé, le système éducatif, la création, le fonctionnement même de notre démocratie.
    Aurons-nous enfin les moyens de reprendre notre destin en main ? Face à la seule logique sanitaire, c'est de la culture et de la connaissance que l'on peut espérer les meilleures réponses.

  • Les Essais

    Michel De Montaigne

    À bien des égards, Les Essais constituent l'oeuvre fondatrice des lettres françaises et de la pensée occidentale moderne, dont Montaigne est l'un des pères. Or rares sont ceux qui, en France, peuvent vraiment lire Montaigne, hormis les spécialistes, à cause des difficultés du moyen français. Une nouvelle édition des Essais s'imposait, non pas " modernisée " et encore moins " traduite en français moderne ", mais rajeunie et rafraîchie, pour rendre enfin accessible l'oeuvre du plus contemporain de nos classiques, le seul qui sache allier savoureusement des réflexions sur l'amour, la politique, la religion, et des confidences plus intimes sur sa santé ou sa sexualité. L'objectif de cette monumentale entreprise conduite par Bernard Combeaud, avec le concours de Nina Mueggler, est d'offrir des Essais restaurés et revitalisés, à partir de l'édition de 1595, pour que chacun puisse s'entretenir commodément avec un écrivain aux idées foisonnantes, salué par Stefan Zweig comme " l'ancêtre, le protecteur et l'ami de chaque homme libre sur terre ". Les traductions du grec et du latin sont toutes originales, les notes ont été réduites au minimum. Seules la ponctuation, l'accentuation, l'orthographe ont été systématiquement modernisées dans le souci constant de préserver la saveur originelle d'une langue si singulière, de préserver les images, les jeux de mots, les idiotismes gascons ou latinisants propres au style de Montaigne. Dans une longue préface inédite et percutante, Michel Onfray désigne l'auteur des Essais comme l'un de ses maîtres à penser et à vivre. Il explique " pourquoi et comment il faut lire et relire Montaigne ", philosophe qui apprend à " savoir jouir loyalement de son être ".

  • Du mariage

    Leon Blum

    La réédition d'un texte de Léon Blum professant des idées restées d'avant-garde sur la question des moeurs et du mariage " La pornographie au Conseil d'État " : c'est en ces termes qu'un journal d'extrême droite accueillit la pu blication de ce livre, en 1907. L'ouvrage, en effet, fit scandale dans certains milieux, dès lors que son auteur, membre à la fois du Conseil d'État et du Parti socialiste de Jaurès, y développait une conception du mariage où la liberté sexuelle des futures épouses serait désormais analogue à celle que s'autorisaient déjà les hommes. Mais il gêna aussi dans les rangs féministes et socialistes celles et ceux qui y lisaient une conception trop peu ascétique des relations entre homme et femme. Il est vrai que Blum, au-delà de la question supposée réglée un siècle plus tard en occident de la sexualité prémaritale, pose encore à nos contemporains celle du mariage en général et de la polygamie en particulier.
    Ce livre devenu mythique n'avait jamais été publié dans une édition présentée et annotée. Les lecteurs et lectrices d'aujourd'hui y découvriront, au long d'une série d'anec dotes et de courtes nouvelles, une prose " fin-de-siècle " d'un style en net contraste avec la radicalité du propos. Ils y reconnaîtront un univers mondain et sensuel proche de celui de ce camarade de Blum à La Revue blanche dénommé Marcel Proust.

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