Fayard

  • Penser l'après-Covid est vital. Deux scénarios sont envisageables. Le premier est celui d'une aggravation de la crise sanitaire, économique et sociale, faute de réponses adaptées. Le scénario alternatif est celui de la maîtrise, même imparfaite, de la pandémie et d'une refondation de l'économie mondiale sur des bases plus saines et durables.
    Pour définir où se fixera le curseur entre ces deux scénarios, tout dépendra des politiques économiques et sanitaires mises en oeuvre - de l'entreprise à l'économie mondiale en passant par un nouveau paradigme du travail et de l'emploi.  Première solution : le repli sur soi, le protectionnisme et la guerre des monnaies, terreau de tous les populismes. Seconde solution : la prise de conscience que la coopération et la solidarité sont les seuls piliers d'une sortie de crise par le haut.
    La politique à mettre en oeuvre ne peut pas être réformiste. Il faut des ruptures. Ce livre court et incisif en propose huit (revenu universel de base, transition énergétique, décentralisation, syndicalisme...). Il dessine ainsi le « chemin de crête » étroit qu'il est possible de suivre pour sortir de cette crise historique de manière équitable et pérenne.
    Chef économiste de Natixis, Patrick Artus est professeur associé à l'École d'Économie de Paris. Olivier Pastré est professeur d'économie à l'université Paris-VIII et président d'IMB Bank (Tunis). Ils sont tous deux membres du Cercle des économistes et ont publié ensemble Sorties de crise (Perrin, 2009).

  • Suite à la parution de Le Capitalisme à l'agonie, la question m'a souvent été posée : « Que faudra-t-il mettre à sa place ? » Je m'en étais tenu jusque-là au constat depuis mon avertissement qu'une crise gravissime allait éclater dans le secteur des subprimes. Il fallait maintenant passer à la prospective. Je n'avais pas de réponse toute prête (la réforme sociale n'est pas mon métier !), aussi me suis-je plongé dans l'examen de la question, laquelle est loin d'être simple. Car la crise actuelle en réunit en réalité trois, qui se combinent de manière particulièrement toxique : une crise due au fait que notre espèce se conduit comme une malpropre à la surface de la planète qui l'héberge, une crise due au fait que la maîtrise de la complexité nous a désormais totalement échappé (c'était déjà le cas avant l'invention de l'ordinateur, mais celui-ci a amplifié le problème), enfin la crise financière et économique, conséquence de la « machine à concentrer la richesse » qui constitue le coeur de nos sociétés, dont nous avons en général tiré une grande fierté jusqu'à ce qu'elle nous explose comme aujourd'hui à la figure. Avant de pouvoir dire ce qu'il faudra mettre à la place du capitalisme, bien des questions doivent être résolues : Pourquoi nous sommes-nous satisfaits d'une "science" économique incapable de voir venir une crise de l'ampleur de celle qui est en train de nous engloutir et de prôner ensuite les mesures nécessaires pour nous permettre d'en sortir ? Comment distribuer équitablement la richesse créée ? Poser les bonnes questions, dit-on, c'est déjà y avoir à moitié répondu

  • « Plus de dix ans après la crise de 2007, rien n'est réglé. Partout, on a retardé les solutions politiques, économiques, technologiques : plus de monnaie, plus de dette, plus de procrastination, plus de promesses ! Avec l'espoir que le progrès technique, la croissance ou la Providence résoudront tout...
    La question n'est pas de savoir si une prochaine crise va éclater, mais quand, et quels seront le déclencheur et le déroulement. Qu'elles soient financières, écologiques ou géopolitiques, ou qu'elles s'enchaînent par un effet de domino, ces crises trouveront leur source dans la priorité donnée au flux sur le stock, à la consommation sur l'épargne et l'investissement, au plaisir sur le patrimoine. J'en imagine ici les différents scénarios probables à court terme et leurs conséquences dévastatrices au niveau planétaire.
    L'heure n'est toutefois ni au pessimisme ni à la résignation, mais à l'action positive. C'est aussi l'objet de ce livre que d'aider chacun à se protéger de ces crises qui s'annoncent, et même à en tirer le meilleur. On peut avoir le sentiment que tout cela est hors de portée. Cela ne l'est pas. Cela pourrait le devenir, dans vingt ans, si l'on n'a rien fait d'ici là. Si on agit, je suis convaincu que le siècle à venir peut être prodigieux de paix, de bonheur et de sérénité pour tous. »J. A.

  •   «  La dette publique est un danger pour les générations futures  », «  La France n'a pas fait de réformes depuis plus de trente ans  », «  Notre modèle social est inefficace  », «  Le Code du travail empêche les entreprises d'embaucher  », «  Une autre politique économique, c'est finir comme le Venezuela  »  ; telles sont les affirmations ressassées en boucle depuis plus de trente ans par une petite élite bien à l'abri de ce qu'elle prétend nécessaire d'infliger au reste de la population pour sauver la France.
    Ces idées ont tellement pénétré les esprits qu'elles ne semblent plus pouvoir faire l'objet du moindre débat. C'est justement l'objet de ce livre  : regagner la bataille des idées, refuser ce qui peut paraître du bon sens, tordre le cou à ces prétendues «  vérités économiques  ».
    Savez-vous qu'il y a eu plus de 165 réformes relatives au marché du travail depuis 2000 en France  ? Que nous avons déjà connu une dette publique représentant 200  % du PIB ? Que plus de la moitié de la dépense publique profite au secteur privé  ?
    Dans ce traité d'économie hérétique, Thomas Porcher nous offre une contre-argumentation précieuse pour ne plus accepter comme une fatalité ce que nous propose le discours dominant.
      Thomas Porcher est économiste. Membre des Économistes atterrés, docteur en économie à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, il est professeur associé à la Paris School of Business. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages notamment Introduction inquiète à la Macron-économie (Les petits matins) et de publications dans des revues académiques internationales.

  • La finance fonctionne aujourd'hui en vase clos, au
    service avant tout de ses propres intérêts. Or les banques
    sont censées répondre aux besoins des sociétés. 
    De financer des projets et de gérer les risques : comment
    a-t-on pu oublier ainsi l'essentiel ? Pourquoi les États servent-
    il aussi docilement les intérêts du secteur financier ?
    Pareilles questions échappent au débat démocratique
    car le jargon qui règne dans ces milieux les rend inintelligibles
    aux citoyens. L'essai de Laurence Scialom
    ambitionne de démystifier la finance et de permettre
    une réflexion autonome de chacun sur ces interrogations.
    Il renforce les capacités d'autodéfense de nos économies
    face à une finance souvent devenue prédatrice : cessons
    de nourrir l'ogre !
    En appliquant les réformes esquissées dans cet ouvrage,
    nous parviendrions à considérer la finance avec lucidité
    et à la remettre à sa juste place.
    Laurence Scialom est professeure à l'Université
    Paris Nanterre. Elle est membre du
    conseil scientifique de l'Autorité de contrôle
    prudentiel et de résolution (ACPR) et de la
    commission consultative épargnants de
    l'Autorité des marchés financiers (AMF),
    responsable du pôle régulation financière
    du think tank Terra Nova et membre qualifiée
    de l'ONG Finance Watch.

  • À la chute du mur de Berlin, le capitalisme triomphait : privé d'ennemis, il cessait d'être un système économique parmi d'autres pour devenir la manière unique dont un tel système pouvait exister. Vingt ans plus tard, il est à l'agonie. Que s'est-il passé ? Une explication possible est que le capitalisme a été atteint du même mal qui venait de terrasser son rival et la complexité devrait alors être incriminée : l'organisation des sociétés humaines atteindrait un seuil de complexité au-delà duquel l'instabilité prendrait le dessus et où, sa fragilité étant devenue excessive, le système courrait à sa perte. Une autre explication : il avait besoin de l'existence d'un ennemi pour se soutenir. En l'absence de cette alternative, ses bénéficiaires n'auraient pas hésité à pousser leur avantage, déséquilibrant le système entier. Autre explication encore : du fait du versement d'intérêts par ceux qui sont obligés de se tourner vers le capital, c'est-à-dire d'emprunter, le capitalisme engendrerait inéluctablement une concentration de la richesse telle que le système ne pourrait manquer de se gripper. Entre ces hypothèses, il n'est pas nécessaire de choisir : les trois sont vraies et ont conjugué leurs effets au début du XXIe siècle. C'est cette rencontre de facteurs mortifères qui explique pourquoi nous ne traversons pas l'une de ces crises du capitalisme qui lui sont habituelles depuis deux siècles, mais sa crise majeure, celle de son essoufflement final, et pour tout dire celle de sa chute.

  • Cette leçon inaugurale raconte l'expérience qu'a représentée pour Philippe Aghion l'élaboration d'une nouvelle théorie - schumpétérienne - de la croissance économique : une théorie de la croissance par l'innovation et la destruction créatrice, qui fait constamment dialoguer la modélisation avec l'analyse empirique, et qui place la dynamique de l'entreprise au coeur du processus de développement.Cette leçon aborde quelques grandes énigmes de la croissance : le rôle de la concurrence et celui de la politique industrielle ; le « paradoxe argentin » et les trappes de sous-développement ; la relation entre innovation, inégalités et mobilité sociale ; ou encore l'apparente stagnation séculaire des économies développées. Enfin la leçon propose une nouvelle façon à la fois de penser les politiques de croissance et d'apprendre sur les mécanismes de la croissance à partir des erreurs de politique économique.
     Philippe Aghion est professeur au Collège de France, sur la chaire d'économie intitulée « Institutions, innovation et croissance ». Titulaire d'un doctorat, d'un PhD en économie de l'université Harvard, il a enseigné au Massachussetts Institute of Technology, à l'Université d'Oxford, à University College London et à l'Université de Harvard. En 2001, il a reçu la Yrjo Jahnsson Award qui récompense le meilleur économiste européen de moins de quarante-cinq ans. Ses travaux portent principalement sur la théorie de la croissance et l'économie de la connaissance. Il est notamment l'auteur de Endogenous Growth Theory, avec Peter Howitt (MIT Press, 1998 ; Dunod, 2001), Competition and Growth, avec Rachel Griffith (MIT Press, 2006), Inequality, Growth, and Globalization, avec Jeffrey Williamson (Cambridge University Press, 1999) ; L'Économie de la croissance (Economica, 2010) ; Repenser L'État, avec Alexandra Roulet (Seuil, 2011) ; et Changer de modèle, avec Gilbert Cette et Élie Cohen (Odile Jacob, 2014). 

  • Laisser-faire contre interventionnisme, c'est sur ce thème qui met aux prises aujourd'hui nos hommes politiques, nos intellectuels et nos économistes que se sont affrontés les plus grands esprits du  XVIIIe  siècle, Diderot, Galiani, Turgot, Necker,  parmi d'autres.
    Alors que la science économique vient de naître, les «  économistes  », comme s'appellent eux-mêmes les physiocrates, deviennent un groupe influent auprès de Louis  XV et vont transformer le monde, notamment grâce à l'idée nouvelle de liberté. Mais les premières tentatives de l'appliquer politiquement, par des réformes radicales dans  le domaine de l'approvisionnement, débouchent sur de très graves crises sociales, économiques, politiques et culturelles.
    De nombreux critiques pointent la dangerosité d'un désengagement drastique de l'État et mettent en relief le caractère ambigu d'une liberté sectaire incapable de porter une émancipation socialement juste. Du grand débat sur les blés que font naître ces affrontements  brutaux, tant sur les marchés et les chemins que dans les livres et les salons,  émergent  deux visions du monde qui continuent de nous diviser aujourd'hui.
    Steven Kaplan nous plonge dans les écrits et les correspondances des protagonistes pour répondre à cette question fondamentale  : comment concilier marché et régulation, liberté et égalité  ? Ce faisant, il offre une vision renouvelée du  XVIIIe  siècle français et une manière originale de pratiquer une histoire des idées.

  • Au début des années 1930, lorsque Paul Valéry écrit l'une de ses plus fameuses phrases, « Le temps du monde fini commence », il constate que le temps de l'aventure, des découvertes des nouveaux continents et de leur conquête est terminé. Aujourd'hui, son expression « monde fini » nous renvoie à l'épuisement du monde, tout d'abord de son sol et de ses richesses minières et pétrolifères, à la pollution des eaux, de l'océan, de l'air... L'exploitation totale de notre biosphère ne peut plus être que l'annonce de la fin du monde. Si nous voulons éviter la catastrophe, il convient de rompre avec le projet de développement illimité que porte l'Occident et d'entrer dans une nouvelle ère : l'Âge des limites. Nous devons impérativement abandonner le programme formulé au XVIIe siècle par le philosophe anglais Francis Bacon : « Reculer les bornes de l'empire humain en vue de réaliser toutes les choses possibles. » C'était une illusion, dangereuse et destructrice. Serge Latouche montre comment le processus qui conduit à toujours repousser les limites se manifeste dans tous les domaines (non seulement économique et écologique, mais aussi politique et moral).

  • Depuis des mois, « la » question s'invite dans le débat : la création de l'euro ne fut-elle pas une tragique erreur et ne faudrait-il pas « en sortir » au plus vite ? Après le Brexit, le Frexit ?
    À Paris comme à Londres ou à Rome, le divorce semble consommé entre l'Europe et des citoyens qui ne croient plus que l'Union européenne soit capable de leur garantir prospérité et emploi, et encore moins de relever les défis des années à venir. La belle idée de fraternité européenne a cédé la place à un euroscepticisme vengeur, fondé sur les déceptions accumulées depuis la création de l'euro et le rejet des classes dirigeantes.
    Malfaçons originelles, dérives de la gouvernance... Les auteurs analysent comment l'Europe est arrivée au bord de la dislocation mais surtout pourquoi une « sortie » de l'euro serait une véritable folie qui pénaliserait d'abord les plus fragiles.
    Ils formulent aussi des propositions à la fois économiques et institutionnelles pour sauver l'euro et faire de l'Europe un pôle de prospérité et de stabilité dans un monde de plus en plus imprévisible.
     
     
    Chef économiste de Natixis, Patrick Artus est Professeur à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Marie-Paule Virard est journaliste économique. Elle a notamment publié avec Patrick Artus La France sans ses usines, Croissance zéro, comment éviter le chaos ? et La Folie des banques centrales.
     
     

  • Sur le quatrième président de la Ve République, des dizaines de livres ont été écrits, dont bien des biographies ; j'ai publié pour ma part dans Verbatim (3 tomes), il y a plus de dix ans et à sa demande, une partie des notes prises pendant les dix ans que j'ai passés à ses côtés à l'Élysée.
    Dix ans après sa mort, voici ce que je pense de lui. Ce récit est nourri par de nombreuses révélations sur son action. On trouvera ici l'histoire de notre aventure commune, depuis notre rencontre en 1966, jusqu'à la fin de son second mandat. Je voudrais par ce livre répondre aux questions que chacun se pose à son égard : qui était-il ? A-t-il menti aux Français sur son passé ? Aimait-il l'argent ? Quels étaient ses rapports avec ses proches ? A-t-il utilisé l'État à son service personnel ? Comment prenait-il ses décisions ? S'est-il trompé sur la réunification allemande ? A-t-il laissé une France en meilleur état qu'à son arrivée ? Était-il un homme de gauche ?
    Sur toutes ces questions et tant d'autres encore, le moment est venu pour moi de faire connaître des faits souvent considérables et encore ignorés. Ils éclaireront, je l'espère, cette période si essentielle de notre histoire.

  • Serons-nous tous ruinés dans dix ans ? Jamais, sauf en période de guerre mondiale, la dette publique des grands pays de l'Occident n'a été aussi élevée. Jamais les dangers qu'elle fait peser sur la démocratie n'ont été aussi graves. Pour comprendre les raisons profondes qui peuvent conduire des Etats comme l'Islande ou la Grèce à la faillite, Jacques Attali retrace l'histoire de la dette publique, qui est aussi celle de la constitution progressive de la fonction souveraine et de ce qui menace de la détruire. Tel est l'enjeu de la dette publique actuelle, née avec la crise financière et nécessaire à sa solution, mais dont chacun sent bien qu'elle ne peut continuer de croître sans conduire aux pires catastrophes. Il est encore possible de régler ces problèmes, d'éviter la dépression, l'inflation et le moratoire, en repensant le rôle du Souverain et la part des dépenses publiques, en mettant en place d'autres règles comptables et une tout autre architecture financière et politique, que ce soit en France, en Europe ou au niveau mondial.

  • Inédit
    La présente mondialisation ne ressemble à aucune de celles qui l'ont précédée. Elle n'est pas que commerciale, mais aussi financière. Ni vraiment localisée, ni seulement délocalisée, se déroulant dans un environnement fini, elle se démultiplie en raison des technologies de communication. Loin d'asseoir la suprématie d'un seul pays comme jadis, elle dessine l'émergence de nouvelles puissances. La mondialisation rend indispensable un « nouvel usage du monde ». La question demeure de savoir comment le rendre salutaire. Il y a d'inévitables défis pour notre pays, la France. Elle doit, elle peut les relever, si toutefois elle en montre la volonté et s'en octroie les moyens.
    Hervé Gaymard, vice-président du conseil général de la Savoie, a occupé plusieurs postes ministériels. En décembre 2006, il a remis au Premier ministre son rapport sur les pays émergents et les relations que la France doit établir avec eux.
    Les droits d'auteur du présent ouvrage sont entièrement reversés à la Fondation pour la Recherche médicale et à la Fondation Abbé-Pierre.

  • Après Une brève histoire de l'avenir, Devenir soi et Prévoir l'avenir, Jacques Attali renouvelle entièrement son regard sur les quinze prochaines années, à la lumière des nouvelles connaissances accumulées dans tous les domaines, scientifiques, démographiques, idéologiques, géopolitiques, artistiques. Des menaces et des promesses du monde. Il est allé enquêter en mille endroits sur les signaux faibles qui préparent l'avenir. 
    Il en arrive à des conclusions radicalement neuves et surprenantes sur ce qui nous attend et surtout sur ce que nous pouvons faire.
    Car, même si beaucoup de nuages s'accumulent à l'horizon, les moyens ne manquent pas de construire le meilleur du monde, de devenir soi, d'éviter que la colère et la rage ne se transforment en violence planétaire, d'échapper aux menaces climatiques, au terrorisme et au suicide technologique. À condition de comprendre que la meilleure façon d'y parvenir, d'être heureux dans un monde serein, est d'aider les autres à devenir soi, de remplacer l'égoïsme suicidaire par un altruisme lucide. 
    Ainsi pourra-t-on dire : Vivement après-demain ! 

  • Le 15 septembre 2008, les dirigeants américains laissent la banque d'affaires Lehman Brothers faire faillite et déclenchent une panique financière. Pourquoi cette méprise ?
    Début 2011, la zone euro fait le choix de l'austérité budgétaire. La fragile reprise européenne est cassée net. Pourquoi cet égarement ?
    Depuis plus de trente ans, la France ne parvient pas à réduire son chômage alors que bien d'autres l'ont fait. Pourquoi cette impuissance ?
    Économiquement et socialement, ces erreurs ont été extrêmement coûteuses. Elles sont pour beaucoup dans le discrédit dont souffrent aujourd'hui les gouvernants.
    En politique économique, il y a bien des manières de faire fausse route. À qui la faute ? démonte les mécanismes de l'erreur. Il montre comment des dirigeants bien intentionnés peuvent prendre des décisions catastrophiques. Il met au jour les logiques qui les conduisent à la défaillance ou à l'échec. Et il formule des propositions pour des décisions mieux conçues et mieux exécutées.
     
    Selma Mahfouz a exercé des responsabilités au ministère des finances, au ministère des Affaires Sociales et à France Stratégie. Elle est directrice de l'animation de la recherche, des études et des statistiques au ministère du Travail.
    Jean Pisani-Ferry est commissaire général de France Stratégie et professeur à la Hertie School of Governance de Berlin. Après avoir exercé à Bercy et au Conseil d'analyse économique, il a dirigé jusqu'en 2013 le think tank européen Bruegel.

  • Le monde entier envie notre modèle social, et nous sommes assez fiers de ne laisser -  du moins en théorie  - aucun citoyen sur le carreau. Mais le miracle de la «  Sécu  » est gravement menacé par l'évolution démographique, la faible croissance économique et, surtout, par l'impéritie successive des gouvernants qui ont laissé croire que le système pourrait répondre inchangé à l'explosion des savoirs et des techniques médicales.
    Or ce système est à bout de souffle, on ne peut plus accroître les prélèvements ni raboter les dépenses  : l'asphyxie solidaire nous guette. Ni l'opinion publique ni nos dirigeants ne considèrent la protection sociale en général et l'assurance maladie en particulier comme des priorités. Morale redoutable de l'histoire  : l'inégalité règne et la qualité des soins, excellente ici, est médiocre là.
    Jean de Kervasdoué propose de profondes réformes pour éviter que les charges sociales et les bons sentiments n'étouffent notre précieuse solidarité et contribuer à sauver la «  Sécu  ».

  • Le temps du Toujours Plus est terminé. Pour les droits comme pour les déficits. Notre situation est aussi dégradée que celle des Grecs ou des Portugais. Nous allons donc affronter les mêmes épreuves. Ce sera l'heure de vérité, l'occasion de rebâtir la France. Voici le livre d'après la vraie crise. Celle-ci combine le surendettement de l'Etat et les folies de la finance. La faillite qui menace est l'aboutissement d'une dérive de quarante ans. Car, pour entretenir ses illusions, la France s'est droguée au déficit et a fait de sa jeunesse sa variable d'ajustement. A l'arrivée, nous sommes ruinés et notre modèle est perverti.Face à ces dangers, la droite dénonce les dérives des finances publiques et la gauche celle de la finance privée. Pour François de Closets et Irène Inchauspé, toutes les questions doivent être posées et méritent des réponses sans tabou. Pourquoi la France ne s'est-elle pas davantage mobilisée face au défi aventureux de la mondialisation ? Pourquoi a-t-elle laissé son industrie s'étioler dans les délocalisations et ses fleurons passer sous contrôle étranger ? Pourquoi L'Etat est-il incapable de moderniser l'administration pendant que le nouveau capitalisme pressure le monde du travail? Pourquoi a-t-on permis au système bancaire d'empoisonner les collectivités locales avec des emprunts toxiques ?Au terme de cette enquête sans concessions mettant au jour la réalité économique, sociale et financière de notre pays, on comprend que l'avenir n'est pas écrit. La France dispose de plus d'atouts dans son jeu qu'aucun autre pays. Elle est à reconstruire. Voici comment.

  • Il faut se rendre à l'évidence : les réussites ne sont plus le fruit du travail, mais le fait de hold-up. Pas le hold-up magnifié par le cinéma, aux temps héroïques des « casses du siècle », et qui défiait crânement le capitalisme... Non, le nouveau hold-up prospère au coeur même du capitalisme. Au sein des banques, via les dérégulateurs qui disposent d'un arsenal d'armes terriblement efficaces (lobbying, effet de levier, titrisation...) pour faire main basse - en toute légalité - sur des milliards de profits. Au sein de l'entreprise, sous le nom de disruption, cet acte qui consiste à braquer un marché pour le transformer en monopole comme, par exemple, chez Apple, Google ou Facebook. Et, au-delà, à travers le nouveau récit du capitalisme (« tout tout de suite ! »), en contaminant l'ensemble de la société où chaque individu est sommé de rêver de hold-up pour espérer faire face à la précarité... Cet essai enlevé et nourri d'exemples montre comment le hold-up, forme illégale d'appropriation apparue au XVIIIe siècle aux Etats-Unis, s'est muté en paradigme absolu de notre société mondialisée et immédiate. Surgit alors une question essentielle qui nous concerne tous : est-il encore possible de retrouver le sens du collectif - de faire société - dans une société du hold-up ?

  • L'euro a provoqué une catastrophe financière, monétaire, budgétaire, économique et sociale dans les pays qui se sont donnés à lui. Il faut en sortir au plus vite, et c'est possible ! La politique monétaire doit revenir dans le domaine public, il faut mettre un terme définitif à l'« indépendance » de la Banque centrale européenne. Pour de véritables politiques sociales, industrielles et le plein-emploi, il faut sortir de l'euro. Le consensus acceptant l'ordre monétaire néolibéral incarné par l'euro, qui va de la gauche à la droite en passant par les syndicats et de nombreuses associations doit cesser ! Le PCF, le NPA, le PG, la CGT ou des structures comme Attac ne peuvent plus éviter ce sujet qui fâche. Une monnaie commune, et non plus unique, devrait permettre une nouvelle coopération monétaire et financière européenne.

  • Alors même qu'elle n'a pas encore épuisé ses développements propres, la crise financière s'est déjà dépassée elle-même. Elle s'est dépassée économiquement en une récession meurtrière. Elle s'est dépassée politiquement car le dérèglement financier finit par apparaître pour ce qu'il est vraiment : le symptôme d'un dérèglement d'une tout autre nature et d'une tout autre échelle. C'est un modèle d'ensemble qu'une sorte de « catalyse par les points extrêmes » rend d'un coup visible, et surtout odieux. Comment la société a-t-elle pu tolérer si longtemps de tels niveaux d'inégalités ? Pourquoi a-t-il fallu atteindre le point d'obscénité de l'enrichissement de la finance pour produire enfin une mise en question ? Quelles forces ont oeuvré si longtemps à installer et défendre pareille configuration du capitalisme ? Et aussi, maintenant, quelles sont les voies de sortie, à quelles transformations radicales faut-il procéder ? Le livre fait des propositions. De la refonte totale des structures bancaires en un « système socialisé du crédit » jusqu'au desserrement des deux contraintes qui écrasent le salariat - celle de la rentabilité actionnariale et celle de la concurrence internationale sans rivage -, il s'agit de saisir l'opportunité historique d'une « nouvelle donne », seule à même de dénouer une crise sociale extrême.
    Frédéric Lordon est directeur de recherche au CNRS ; ses travaux portent sur le capitalisme financiarisé. Il développe également un programme de recherche spinoziste en sciences sociales. Derniers ouvrages publiés : Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme (dir.), Presses de Sciences Po, 2008 ; Jusqu'à quand ? Pour en finir avec les crises financières, Raisons d'agir, 2008.

  • « 1950 : 9,5 millions de retraités ; 66 ans d'espérance de vie en France. 2010 : 16 millions et 81 ans. 2030 : 21 millions de retraités. » La publicité est parfois le meilleur révélateur de la réalité des problèmes que soulève la démographie, de leurs causes et de l'urgence qu'il y a à les traiter.
    Sauf que la France n'est qu'une minuscule partie du problème et que les défis d'aujourd'hui ont à la fois changé d'ampleur et se sont compliqués. Il n'y aura pas de véritable explosion ni de famine mondiale due à la surpopulation, ni de migrations de type invasif. Mais l'inégalité dans le temps, la répartition et l'espace atteint des niveaux presque insupportables.
    Avec le souci d'objectivité et de clarté qui a fait le succès de leurs précédents ouvrages, notamment La Guerre des capitalismes et Un monde de ressources rares, le Cercle des économistes dresse l'état des lieux et des scénarios.
    Sous la direction de Pierre Dockès et Jean-Hervé Lorenzi, il dessine le paysage paradoxal du monde à venir, écartelé entre la nécessité d'une meilleure répartition des ressources énergétiques et de l'épargne, l'inépuisable besoin en ressources humaines et les risques présentés par les transhumances sud/sud ou sud/nord.

  • L'alerte a été lancée par les scientifiques : un profond changement climatique est en train de s'accomplir, qui inquiète les populations. Ces prévisions alarmantes obligent les hommes politiques et les pouvoirs économiques à se positionner? Dans l'esprit de bon nombre de citoyens, il serait temps de passer à une phase qui marquerait une rupture réelle avec la société productiviste négatrice de l'environnement. Or, dans l'esprit des dirigeants, il est au contraire temps de tirer profit de la crise environnementale.
    De fait, la finance s'est déjà emparée de la crise environnementale et la "valorise". Derrière les émissions de CO2 que tout le monde
    ou presque affirme vouloir diminuer dans le cadre du fameux protocole de Kyoto, a été taillée sur mesure une "solution" pour les industriels et les investisseurs : le boursicotage des "droits à polluer". Comme si le marché était à même de remplir les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre... Nouvel étage de la finance internationale, des marchés où s'échangent les "droits à polluer" sont depuis peu en activité.
    Plus de dix ans après l'entrée en vigueru de Kyoto, il est crucial d'analyser les conséquances de la "finance carbone".
    L'auteur décrit pour la première fois les coulisses d'un secteur émergent, promis à un avenir radieux, juqu'aux krachs certains : spécultaif et écologique.Membre d'Attac France jusqu'en 2007, président de l'association Inf'OGM, secrétaine national du Mouvement politique d'éducation poupulaire (M'PEP), Aurélien Bernier est chargé de mission dans l'environnement. Il a travaillé pendant dix ans pour l'Agence de l'environnement et la maîtrise de l'énergie (Ademe).

  • Le difficile et douloureux débat en cours sur le financement des retraites le montre bien : les effets des phénomènes démographiques sont à la fois inévitables et irréversibles. De même que le fléchissement de la natalité dès le début des années 1960 n'a guère été remarqué à l'époque hors des milieux spécialisés, sinon par Alfred Sauvy, Michel Debré, Peter Mac Donald et déjà Pierre Chaunu, de même il est incontestable, chiffres de l'ONU à l'appui, qu'aujourd'hui la planète tout entière ou presque a cessé de « remplacer la génération » : les femmes en âge de procréer ne sont plus assez nombreuses ; dans les décennies à venir, la population mondiale va certes continuer à augmenter, mais ensuite elle va nécessairement décroître. Dans le tiers monde, dans les pays occidentaux, notamment en Europe (sauf peut-être en France et chez un ou deux de ses voisins), un malthusianisme primaire a presque partout triomphé. Comment des actifs de moins en moins nombreux pourront-ils faire vivre des inactifs de plus en plus nombreux ?
    L'humanité se trouve engagée dans un processus qu'elle n'a jamais connu. Elle doit le savoir, c'est la moindre des choses. Peut-être n'est-il pas encore tout à fait trop tard...
    Pierre Chaunu, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, est professeur émérite à l'université de Paris-IV-Sorbonne ; Jacques Renard, docteur en histoire, est ingénieur d'études à l'université de Paris-IV-Sorbonne.

  • Plus de 7 millions de salariés perçoivent un salaire inférieur à 722 euros par mois et se trouvent dans l'incapacité de se nourrir, de se loger ou de s'habiller décemment, de même que leur famille. Plus de 12 millions ont moins de 843 euros de revenu mensuel. Plus de 3 sans domicile fixe sur 10 ont un boulot à temps complet, partiel ou précaire, gagnent souvent entre 900 et 1300 euros, et cherchent pourtant soir après soir où dormir... Entre la moitié et les deux tiers des femmes qui travaillent ont un contrat au sigle étrange - CES, CIE, CEC... -, touchent moins de 750 euros par mois, ont un enfant, vivent seules ou avec un conjoint au chômage et forment 90 % des familles monoparentales...
    Nous voilà dans le monde des travailleurs pauvres!
    Alors que jamais le pays n'a été aussi riche - le PIB est en progression constante depuis les années 1990 -, la précarité s'est développée sur un mode exponentiel. En dix ans, l'intérim a augmenté de 130 %, le nombre de CDD de 60 %, les CDI de seulement 2 %. Plus d'un million de personnes bénéficient du RMI, plus de 500000 de l'allocation solidarité.
    Cela n'arrive qu'aux autres? Erreur! Tout le monde peut être concerné du jour au lendemain après un drame personnel, un événement familial, un licenciement... Au cours de cette enquête, dans la lignée du Peuple d'en bas de Jack London ou de Dans la dèche à Paris et à Londres de George Orwell, Jacques Colla a rencontré des personnes qui le savent bien: André, ancien prof surdiplômé, Éric, assureur autodidacte, Jean-François, boucher charcutier, Yves, coiffeur dans la marine reconverti sur la terre ferme, Étienne, informaticien recyclé dans le gardiennage, Roland, manutentionnaire, Jean, jardinier... Autant de travailleurs dont on n'aurait jamais soupçonné, au premier abord, qu'ils pouvaient être touchés par cette nouvelle pauvreté. Ils avaient une famille, une maison, pignon sur rue, et ils ont tout perdu.
    Le sujet dérange. Hommes politiques et médias n'en parlent que rarement. Tout au plus comptabilise-t-on, en hiver, les morts de froid, en les présentant comme des «SDF», sans autre précision. Puis l'information est reléguée au second plan.
    Le thème sera sans doute au coeur des débats dans la perspective des élections de 2007. L'occasion, donc, de poser quelques questions à ceux qui nous gouvernent ou qui en ont l'ambition...

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