Fayard

  • Suite à la parution de Le Capitalisme à l´agonie, la question m´a souvent été posée : « Que faudra-t-il mettre à sa place ? » Je m´en étais tenu jusque-là au constat depuis mon avertissement qu´une crise gravissime allait éclater dans le secteur des subprimes. Il fallait maintenant passer à la prospective. Je n´avais pas de réponse toute prête (la réforme sociale n´est pas mon métier !), aussi me suis-je plongé dans l'examen de la question, laquelle est loin d´être simple. Car la crise actuelle en réunit en réalité trois, qui se combinent de manière particulièrement toxique : une crise due au fait que notre espèce se conduit comme une malpropre à la surface de la planète qui l'héberge, une crise due au fait que la maîtrise de la complexité nous a désormais totalement échappé (c´était déjà le cas avant l´invention de l´ordinateur, mais celui-ci a amplifié le problème), enfin la crise financière et économique, conséquence de la « machine à concentrer la richesse » qui constitue le coeur de nos sociétés, dont nous avons en général tiré une grande fierté jusqu´à ce qu´elle nous explose comme aujourd´hui à la figure. Avant de pouvoir dire ce qu´il faudra mettre à la place du capitalisme, bien des questions doivent être résolues : Pourquoi nous sommes-nous satisfaits d´une "science" économique incapable de voir venir une crise de l´ampleur de celle qui est en train de nous engloutir et de prôner ensuite les mesures nécessaires pour nous permettre d´en sortir ? Comment distribuer équitablement la richesse créée ? Poser les bonnes questions, dit-on, c´est déjà y avoir à moitié répondu

  • La décroissance : les uns ne jurent que par elle quand les autres s´offensent que le mot soit prononcé. Que recouvre l´idée de décroissance, qui ne semble pas être la même pour les uns et les autres ? Surtout, elle charrie son lot de contresens et de controverses, portées dans un dialogue de sourds. Nombreux les opposants à cette idée, qui utilisent des arguments plus ou moins de mauvaise foi. Serge Latouche interroge toutes les idées reçues en circulation et y apporte des réponses précises et argumentées pour mettre un terme aux inquiétudes fantasmagoriques qui l´entourent. Non la décroissance n´est pas synonyme de croissance zéro ; non elle n´est pas technophobe. Ce n´est ni un projet anti-moderne destiné à nous renvoyer vivre dans des cavernes, ni un programme visant à restaurer un ordre patriarcal communautaire, ni l´instrument qui ferait de nous des chômeurs. À droite comme à gauche, les critiques fusent : comment éliminer la misère dans nos contrées sans croissance ? Quel sens peut bien avoir la décroissance dans les pays du Sud ? Comment rallier les nouveaux pays industrialisés à la décroissance ? Qui va soutenir un tel projet : les ouvriers ? Les classes moyennes ? Et si la croissance se résumait à la production de services ? A la valeur marchande ? Etc. etc. La décroissance ? Une manière de poser à nouveau la question des valeurs, afin de construire de nouveaux rapports et une nouvelle société.

  • « Plus de dix ans après la crise de 2007, rien n'est réglé. Partout, on a retardé les solutions politiques, économiques, technologiques : plus de monnaie, plus de dette, plus de procrastination, plus de promesses ! Avec l'espoir que le progrès technique, la croissance ou la Providence résoudront tout...
    La question n'est pas de savoir si une prochaine crise va éclater, mais quand, et quels seront le déclencheur et le déroulement. Qu'elles soient financières, écologiques ou géopolitiques, ou qu'elles s'enchaînent par un effet de domino, ces crises trouveront leur source dans la priorité donnée au flux sur le stock, à la consommation sur l'épargne et l'investissement, au plaisir sur le patrimoine. J'en imagine ici les différents scénarios probables à court terme et leurs conséquences dévastatrices au niveau planétaire.
    L'heure n'est toutefois ni au pessimisme ni à la résignation, mais à l'action positive. C'est aussi l'objet de ce livre que d'aider chacun à se protéger de ces crises qui s'annoncent, et même à en tirer le meilleur. On peut avoir le sentiment que tout cela est hors de portée. Cela ne l'est pas. Cela pourrait le devenir, dans vingt ans, si l'on n'a rien fait d'ici là. Si on agit, je suis convaincu que le siècle à venir peut être prodigieux de paix, de bonheur et de sérénité pour tous. »J. A.

  • La finance fonctionne aujourd'hui en vase clos, au
    service avant tout de ses propres intérêts. Or les banques
    sont censées répondre aux besoins des sociétés. 
    De financer des projets et de gérer les risques : comment
    a-t-on pu oublier ainsi l'essentiel ? Pourquoi les États servent-
    il aussi docilement les intérêts du secteur financier ?
    Pareilles questions échappent au débat démocratique
    car le jargon qui règne dans ces milieux les rend inintelligibles
    aux citoyens. L'essai de Laurence Scialom
    ambitionne de démystifier la finance et de permettre
    une réflexion autonome de chacun sur ces interrogations.
    Il renforce les capacités d'autodéfense de nos économies
    face à une finance souvent devenue prédatrice : cessons
    de nourrir l'ogre !
    En appliquant les réformes esquissées dans cet ouvrage,
    nous parviendrions à considérer la finance avec lucidité
    et à la remettre à sa juste place.
    Laurence Scialom est professeure à l'Université
    Paris Nanterre. Elle est membre du
    conseil scientifique de l'Autorité de contrôle
    prudentiel et de résolution (ACPR) et de la
    commission consultative épargnants de
    l'Autorité des marchés financiers (AMF),
    responsable du pôle régulation financière
    du think tank Terra Nova et membre qualifiée
    de l'ONG Finance Watch.

  •   «  La dette publique est un danger pour les générations futures  », «  La France n'a pas fait de réformes depuis plus de trente ans  », «  Notre modèle social est inefficace  », «  Le Code du travail empêche les entreprises d'embaucher  », «  Une autre politique économique, c'est finir comme le Venezuela  »  ; telles sont les affirmations ressassées en boucle depuis plus de trente ans par une petite élite bien à l'abri de ce qu'elle prétend nécessaire d'infliger au reste de la population pour sauver la France.
    Ces idées ont tellement pénétré les esprits qu'elles ne semblent plus pouvoir faire l'objet du moindre débat. C'est justement l'objet de ce livre  : regagner la bataille des idées, refuser ce qui peut paraître du bon sens, tordre le cou à ces prétendues «  vérités économiques  ».
    Savez-vous qu'il y a eu plus de 165 réformes relatives au marché du travail depuis 2000 en France  ? Que nous avons déjà connu une dette publique représentant 200  % du PIB ? Que plus de la moitié de la dépense publique profite au secteur privé  ?
    Dans ce traité d'économie hérétique, Thomas Porcher nous offre une contre-argumentation précieuse pour ne plus accepter comme une fatalité ce que nous propose le discours dominant.
      Thomas Porcher est économiste. Membre des Économistes atterrés, docteur en économie à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, il est professeur associé à la Paris School of Business. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages notamment Introduction inquiète à la Macron-économie (Les petits matins) et de publications dans des revues académiques internationales.

  • Cette leçon inaugurale raconte l'expérience qu'a représentée pour Philippe Aghion l'élaboration d'une nouvelle théorie - schumpétérienne - de la croissance économique : une théorie de la croissance par l'innovation et la destruction créatrice, qui fait constamment dialoguer la modélisation avec l'analyse empirique, et qui place la dynamique de l'entreprise au coeur du processus de développement.Cette leçon aborde quelques grandes énigmes de la croissance : le rôle de la concurrence et celui de la politique industrielle ; le « paradoxe argentin » et les trappes de sous-développement ; la relation entre innovation, inégalités et mobilité sociale ; ou encore l'apparente stagnation séculaire des économies développées. Enfin la leçon propose une nouvelle façon à la fois de penser les politiques de croissance et d'apprendre sur les mécanismes de la croissance à partir des erreurs de politique économique. Philippe Aghion est professeur au Collège de France, sur la chaire d'économie intitulée « Institutions, innovation et croissance ». Titulaire d'un doctorat, d'un PhD en économie de l'université Harvard, il a enseigné au Massachussetts Institute of Technology, à l'Université d'Oxford, à University College London et à l'Université de Harvard. En 2001, il a reçu la Yrjo Jahnsson Award qui récompense le meilleur économiste européen de moins de quarante-cinq ans. Ses travaux portent principalement sur la théorie de la croissance et l'économie de la connaissance. Il est notamment l'auteur de Endogenous Growth Theory, avec Peter Howitt (MIT Press, 1998 ; Dunod, 2001), Competition and Growth, avec Rachel Griffith (MIT Press, 2006), Inequality, Growth, and Globalization, avec Jeffrey Williamson (Cambridge University Press, 1999) ; L'Économie de la croissance (Economica, 2010) ; Repenser L'État, avec Alexandra Roulet (Seuil, 2011) ; et Changer de modèle, avec Gilbert Cette et Élie Cohen (Odile Jacob, 2014).

  • Au début des années 1930, lorsque Paul Valéry écrit l´une de ses plus fameuses phrases, « Le temps du monde fini commence », il constate que le temps de l´aventure, des découvertes des nouveaux continents et de leur conquête est terminé. Aujourd´hui, son expression « monde fini » nous renvoie à l´épuisement du monde, tout d´abord de son sol et de ses richesses minières et pétrolifères, à la pollution des eaux, de l´océan, de l´air... L´exploitation totale de notre biosphère ne peut plus être que l´annonce de la fin du monde. Si nous voulons éviter la catastrophe, il convient de rompre avec le projet de développement illimité que porte l´Occident et d´entrer dans une nouvelle ère : l´Âge des limites. Nous devons impérativement abandonner le programme formulé au XVIIe siècle par le philosophe anglais Francis Bacon : « Reculer les bornes de l´empire humain en vue de réaliser toutes les choses possibles. » C´était une illusion, dangereuse et destructrice. Serge Latouche montre comment le processus qui conduit à toujours repousser les limites se manifeste dans tous les domaines (non seulement économique et écologique, mais aussi politique et moral).

  • À la chute du mur de Berlin, le capitalisme triomphait : privé d´ennemis, il cessait d´être un système économique parmi d´autres pour devenir la manière unique dont un tel système pouvait exister. Vingt ans plus tard, il est à l´agonie. Que s'est-il passé ? Une explication possible est que le capitalisme a été atteint du même mal qui venait de terrasser son rival et la complexité devrait alors être incriminée : l´organisation des sociétés humaines atteindrait un seuil de complexité au-delà duquel l´instabilité prendrait le dessus et où, sa fragilité étant devenue excessive, le système courrait à sa perte. Une autre explication : il avait besoin de l´existence d´un ennemi pour se soutenir. En l´absence de cette alternative, ses bénéficiaires n´auraient pas hésité à pousser leur avantage, déséquilibrant le système entier. Autre explication encore : du fait du versement d´intérêts par ceux qui sont obligés de se tourner vers le capital, c´est-à-dire d´emprunter, le capitalisme engendrerait inéluctablement une concentration de la richesse telle que le système ne pourrait manquer de se gripper. Entre ces hypothèses, il n´est pas nécessaire de choisir : les trois sont vraies et ont conjugué leurs effets au début du XXIe siècle. C´est cette rencontre de facteurs mortifères qui explique pourquoi nous ne traversons pas l´une de ces crises du capitalisme qui lui sont habituelles depuis deux siècles, mais sa crise majeure, celle de son essoufflement final, et pour tout dire celle de sa chute.

  • Laisser-faire contre interventionnisme, c'est sur ce thème qui met aux prises aujourd'hui nos hommes politiques, nos intellectuels et nos économistes que se sont affrontés les plus grands esprits du  XVIIIe  siècle, Diderot, Galiani, Turgot, Necker,  parmi d'autres.
    Alors que la science économique vient de naître, les «  économistes  », comme s'appellent eux-mêmes les physiocrates, deviennent un groupe influent auprès de Louis  XV et vont transformer le monde, notamment grâce à l'idée nouvelle de liberté. Mais les premières tentatives de l'appliquer politiquement, par des réformes radicales dans  le domaine de l'approvisionnement, débouchent sur de très graves crises sociales, économiques, politiques et culturelles.
    De nombreux critiques pointent la dangerosité d'un désengagement drastique de l'État et mettent en relief le caractère ambigu d'une liberté sectaire incapable de porter une émancipation socialement juste. Du grand débat sur les blés que font naître ces affrontements  brutaux, tant sur les marchés et les chemins que dans les livres et les salons,  émergent  deux visions du monde qui continuent de nous diviser aujourd'hui.
    Steven Kaplan nous plonge dans les écrits et les correspondances des protagonistes pour répondre à cette question fondamentale  : comment concilier marché et régulation, liberté et égalité  ? Ce faisant, il offre une vision renouvelée du  XVIIIe  siècle français et une manière originale de pratiquer une histoire des idées.

  • L'alerte a été lancée par les scientifiques : un profond changement climatique est en train de s'accomplir, qui inquiète les populations. Ces prévisions alarmantes obligent les hommes politiques et les pouvoirs économiques à se positionner? Dans l'esprit de bon nombre de citoyens, il serait temps de passer à une phase qui marquerait une rupture réelle avec la société productiviste négatrice de l'environnement. Or, dans l'esprit des dirigeants, il est au contraire temps de tirer profit de la crise environnementale.De fait, la finance s'est déjà emparée de la crise environnementale et la "valorise". Derrière les émissions de CO2 que tout le mondeou presque affirme vouloir diminuer dans le cadre du fameux protocole de Kyoto, a été taillée sur mesure une "solution" pour les industriels et les investisseurs : le boursicotage des "droits à polluer". Comme si le marché était à même de remplir les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre... Nouvel étage de la finance internationale, des marchés où s'échangent les "droits à polluer" sont depuis peu en activité.Plus de dix ans après l'entrée en vigueru de Kyoto, il est crucial d'analyser les conséquances de la "finance carbone".L'auteur décrit pour la première fois les coulisses d'un secteur émergent, promis à un avenir radieux, juqu'aux krachs certains : spécultaif et écologique.Membre d'Attac France jusqu'en 2007, président de l'association Inf'OGM, secrétaine national du Mouvement politique d'éducation poupulaire (M'PEP), Aurélien Bernier est chargé de mission dans l'environnement. Il a travaillé pendant dix ans pour l'Agence de l'environnement et la maîtrise de l'énergie (Ademe).

  • Serons-nous tous ruinés dans dix ans ? Jamais, sauf en période de guerre mondiale, la dette publique des grands pays de l´Occident n´a été aussi élevée.
    Jamais les dangers qu´elle fait peser sur la démocratie n´ont été aussi graves.
    Pour comprendre les raisons profondes qui peuvent conduire des Etats comme l´Islande ou la Grèce à la faillite, Jacques Attali retrace l´histoire de la dette publique, qui est aussi celle de la constitution progressive de la fonction souveraine et de ce qui menace de la détruire. Tel est l´enjeu de la dette publique actuelle, née avec la crise financière et nécessaire à sa solution, mais dont chacun sent bien qu´elle ne peut continuer de croître sans conduire aux pires catastrophes.

    /> Il est encore possible de régler ces problèmes, d´éviter la dépression, l´inflation et le moratoire, en repensant le rôle du Souverain et la part des dépenses publiques, en mettant en place d´autres règles comptables et une tout autre architecture financière et politique, que ce soit en France, en Europe ou au niveau mondial.

  • Depuis des mois, « la » question s'invite dans le débat : la création de l'euro ne fut-elle pas une tragique erreur et ne faudrait-il pas « en sortir » au plus vite ? Après le Brexit, le Frexit ? À Paris comme à Londres ou à Rome, le divorce semble consommé entre l'Europe et des citoyens qui ne croient plus que l'Union européenne soit capable de leur garantir prospérité et emploi, et encore moins de relever les défis des années à venir. La belle idée de fraternité européenne a cédé la place à un euroscepticisme vengeur, fondé sur les déceptions accumulées depuis la création de l'euro et le rejet des classes dirigeantes. Malfaçons originelles, dérives de la gouvernance... Les auteurs analysent comment l'Europe est arrivée au bord de la dislocation mais surtout pourquoi une « sortie » de l'euro serait une véritable folie qui pénaliserait d'abord les plus fragiles. Ils formulent aussi des propositions à la fois économiques et institutionnelles pour sauver l'euro et faire de l'Europe un pôle de prospérité et de stabilité dans un monde de plus en plus imprévisible. Chef économiste de Natixis, Patrick Artus est Professeur à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Marie-Paule Virard est journaliste économique. Elle a notamment publié avec Patrick Artus La France sans ses usines, Croissance zéro, comment éviter le chaos ? et La Folie des banques centrales.

  • Il faut se rendre à l´évidence : les réussites ne sont plus le fruit du travail, mais le fait de hold-up. Pas le hold-up magnifié par le cinéma, aux temps héroïques des « casses du siècle », et qui défiait crânement le capitalisme... Non, le nouveau hold-up prospère au coeur même du capitalisme. Au sein des banques, via les dérégulateurs qui disposent d´un arsenal d´armes terriblement efficaces (lobbying, effet de levier, titrisation...) pour faire main basse - en toute légalité - sur des milliards de profits. Au sein de l´entreprise, sous le nom de disruption, cet acte qui consiste à braquer un marché pour le transformer en monopole comme, par exemple, chez Apple, Google ou Facebook. Et, au-delà, à travers le nouveau récit du capitalisme (« tout tout de suite ! »), en contaminant l´ensemble de la société où chaque individu est sommé de rêver de hold-up pour espérer faire face à la précarité... Cet essai enlevé et nourri d´exemples montre comment le hold-up, forme illégale d´appropriation apparue au XVIIIe siècle aux Etats-Unis, s´est muté en paradigme absolu de notre société mondialisée et immédiate. Surgit alors une question essentielle qui nous concerne tous : est-il encore possible de retrouver le sens du collectif - de faire société - dans une société du hold-up ?

  • Alors même qu'elle n'a pas encore épuisé ses développements propres, la crise financière s'est déjà dépassée elle-même. Elle s'est dépassée économiquement en une récession meurtrière. Elle s'est dépassée politiquement car le dérèglement financier finit par apparaître pour ce qu'il est vraiment : le symptôme d'un dérèglement d'une tout autre nature et d'une tout autre échelle. C'est un modèle d'ensemble qu'une sorte de " catalyse par les points extrêmes " rend d'un coup visible, et surtout odieux. Comment la société a-t-elle pu tolérer si longtemps de tels niveaux d'inégalités ? Pourquoi a-t-il fallu atteindre le point d'obscénité de l'enrichissement de la finance pour produire enfin une mise en question ? Quelles forces ont oeuvré si longtemps à installer et défendre pareille configuration du capitalisme ? Et aussi, maintenant, quelles sont les voies de sortie, à quelles transformations radicales faut-il procéder ? Le livre fait des propositions. De la refonte totale des structures bancaires en un " système socialisé du crédit " jusqu'au desserrement des deux contraintes qui écrasent le salariat - celle de la rentabilité actionnariale et celle de la concurrence internationale sans rivage -, il s'agit de saisir l'opportunité historique d'une " nouvelle donne ", seule à même de dénouer une crise sociale extrême.

    Frédéric Lordon est directeur de recherche au CNRS ; ses travaux portent sur le capitalisme financiarisé. Il développe également un programme de recherche spinoziste en sciences sociales. Derniers ouvrages publiés : Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme (dir.), Presses de Sciences Po, 2008 ; Jusqu'à quand ? Pour en finir avec les crises financières, Raisons d'agir, 2008.

  • " 1950 : 9,5 millions de retraités ; 66 ans d´espérance de vie en France. 2010 : 16 millions et 81 ans. 2030 : 21 millions de retraités. " La publicité est parfois le meilleur révélateur de la réalité des problèmes que soulève la démographie, de leurs causes et de l´urgence qu´il y a à les traiter.
    Sauf que la France n´est qu´une minuscule partie du problème et que les défis d´aujourd´hui ont à la fois changé d´ampleur et se sont compliqués. Il n´y aura pas de véritable explosion ni de famine mondiale due à la surpopulation, ni de migrations de type invasif. Mais l´inégalité dans le temps, la répartition et l´espace atteint des niveaux presque insupportables.
    Avec le souci d´objectivité et de clarté qui a fait le succès de leurs précédents ouvrages, notamment La Guerre des capitalismes et Un monde de ressources rares, le Cercle des économistes dresse l´état des lieux et des scénarios.

    Sous la direction de Pierre Dockès et Jean-Hervé Lorenzi, il dessine le paysage paradoxal du monde à venir, écartelé entre la nécessité d´une meilleure répartition des ressources énergétiques et de l´épargne, l´inépuisable besoin en ressources humaines et les risques présentés par les transhumances sud/sud ou sud/nord.

  • InéditLa présente mondialisation ne ressemble à aucune de celles qui l´ont précédée. Elle n´est pas que commerciale, mais aussi financière. Ni vraiment localisée, ni seulement délocalisée, se déroulant dans un environnement fini, elle se démultiplie en raison des technologies de communication. Loin d´asseoir la suprématie d´un seul pays comme jadis, elle dessine l´émergence de nouvelles puissances. La mondialisation rend indispensable un « nouvel usage du monde ». La question demeure de savoir comment le rendre salutaire. Il y a d´inévitables défis pour notre pays, la France. Elle doit, elle peut les relever, si toutefois elle en montre la volonté et s´en octroie les moyens.Hervé Gaymard, vice-président du conseil général de la Savoie, a occupé plusieurs postes ministériels. En décembre 2006, il a remis au Premier ministre son rapport sur les pays émergents et les relations que la France doit établir avec eux.Les droits d´auteur du présent ouvrage sont entièrement reversés à la Fondation pour la Recherche médicale et à la Fondation Abbé-Pierre.

  • Venise n´a pas toujours été une ville morte, une ville musée saturée de touristes telle que nous la connaissons aujourd´hui. Durant cinq siècles, la Sérénissime fut une cité grouillante, commerçante, souvent belliqueuse, à la tête d´un empire qui domina une grande partie du monde occidental et oriental, avant de céder la place à la Grande-Bretagne.
    Comment un républicain aussi convaincu que Jean-Claude Barreau peut-il choisir l'oligarchie vénitienne comme modèle pour notre société ? Parce qu´elle inventa un capitalisme intelligent, respectueux de son peuple, fondé sur le sens de l´État de ses élites. Parce qu'avoir de l'argent impliquait plus de devoirs que de droits. Bien avant les protestants de Max Weber et leur célèbre éthique, les Vénitiens inventèrent le capitalisme moderne (la Bourse, les banques, la lettre de change, la comptabilité double), mais aussi l´écologie au quotidien, une certaine forme de laïcité, le non cumul des mandats et la justice égale pour tous. Parce que les riches qui dirigeaient ce monde avaient à coeur de le préserver, de le faire fructifier et non de le consommer.  Comment construire un capitalisme à visage humain ? La question est d´une grande urgence. Venise nous donne une partie de la réponse.

  • Le temps du Toujours Plus est terminé. Pour les droits comme pour les déficits. Notre situation est aussi dégradée que celle des Grecs ou des Portugais. Nous allons donc affronter les mêmes épreuves. Ce sera l´heure de vérité, l´occasion de rebâtir la France. Voici le livre d´après la vraie crise. Celle-ci combine le surendettement de l´Etat et les folies de la finance. La faillite qui menace est l´aboutissement d´une dérive de quarante ans. Car, pour entretenir ses illusions, la France s'est droguée au déficit et a fait de sa jeunesse sa variable d´ajustement. A l´arrivée, nous sommes ruinés et notre modèle est perverti.Face à ces dangers, la droite dénonce les dérives des finances publiques et la gauche celle de la finance privée. Pour François de Closets et Irène Inchauspé, toutes les questions doivent être posées et méritent des réponses sans tabou. Pourquoi la France ne s´est-elle pas davantage mobilisée face au défi aventureux de la mondialisation ? Pourquoi a-t-elle laissé son industrie s´étioler dans les délocalisations et ses fleurons passer sous contrôle étranger ? Pourquoi L´Etat est-il incapable de moderniser l´administration pendant que le nouveau capitalisme pressure le monde du travail? Pourquoi a-t-on permis au système bancaire d´empoisonner les collectivités locales avec des emprunts toxiques ?Au terme de cette enquête sans concessions mettant au jour la réalité économique, sociale et financière de notre pays, on comprend que l´avenir n´est pas écrit. La France dispose de plus d´atouts dans son jeu qu´aucun autre pays. Elle est à reconstruire. Voici comment.

  • Notre société est-elle encore capable d'agir sur elle-même, de générer des idées et des politiques économiques et sociales ou s'enferme-t'elle dans une crise sans fin ? D'un côté, les libéraux nous conseillent de renoncer à construire un avenir volontariste et de nous laisser guider par le marché. De l'autre, l'ultra-gauche se contente de dénoncer la domination et de parler au nom de victimes réduites à l'impuissance. Au centre, beaucoup, autrefois de gauche, prenant acte du vide et de la confusion qui règne sur la scène sociale, ne croient plus qu'à la défense des institutions républicaines, synonyme, ou peu s'en faut, d'ordre et de discipline. J'ai écrit ce livre contre ces trois manières de proclamer, d'accepter, de renforcer le vide social. Sortir du libéralisme ? Rien n'est plus urgent. Mais il y a les bonnes et les mauvaises manières de le faire. La voie que j'emprunte ici passe par l'identification et la reconnaissance de nouveaux acteurs, qui cherchent avant tout à faire reconnaître leurs droits culturels et qui peuvent, sans perdre leur indépendance, régénérer l'action politique. Il est grand temps de redéfinir, au-delà de la puissance déchaînée des marchés et des communautarismes extrêmes, une politique du possible et d'obtenir de chacun l'acceptation de l'identité et des projets des autres, regardés comme égaux et différents.

  • Le difficile et douloureux débat en cours sur le financement des retraites le montre bien : les effets des phénomènes démographiques sont à la fois inévitables et irréversibles. De même que le fléchissement de la natalité dès le début des années 1960 n´a guère été remarqué à l´époque hors des milieux spécialisés, sinon par Alfred Sauvy, Michel Debré, Peter Mac Donald et déjà Pierre Chaunu, de même il est incontestable, chiffres de l´ONU à l´appui, qu´aujourd´hui la planète tout entière ou presque a cessé de " remplacer la génération " : les femmes en âge de procréer ne sont plus assez nombreuses ;
    Dans les décennies à venir, la population mondiale va certes continuer à augmenter, mais ensuite elle va nécessairement décroître. Dans le tiers monde, dans les pays occidentaux, notamment en Europe (sauf peut-être en France et chez un ou deux de ses voisins), un malthusianisme primaire a presque partout triomphé. Comment des actifs de moins en moins nombreux, pourront-ils faire vivre des inactifs de plus en plus nombreux ?
    L´humanité se trouve engagée dans un processus qu´elle n´a jamais connu. Elle doit le savoir, c´est la moindre des choses. Peut-être n´est-il pas encore tout à fait trop tard...

    Pierre Chaunu, membre de l´Académie des sciences morales et politiques, est professeur émérite à l´université de Paris-IV Sorbonne ; Jacques Renard, docteur en histoire, est ingénieur d´études à l´université de Paris-IV Sorbonne.

  • Le monde entier envie notre modèle social, et nous sommes assez fiers de ne laisser -  du moins en théorie  - aucun citoyen sur le carreau. Mais le miracle de la «  Sécu  » est gravement menacé par l'évolution démographique, la faible croissance économique et, surtout, par l'impéritie successive des gouvernants qui ont laissé croire que le système pourrait répondre inchangé à l'explosion des savoirs et des techniques médicales.
    Or ce système est à bout de souffle, on ne peut plus accroître les prélèvements ni raboter les dépenses  : l'asphyxie solidaire nous guette. Ni l'opinion publique ni nos dirigeants ne considèrent la protection sociale en général et l'assurance maladie en particulier comme des priorités. Morale redoutable de l'histoire  : l'inégalité règne et la qualité des soins, excellente ici, est médiocre là.
    Jean de Kervasdoué propose de profondes réformes pour éviter que les charges sociales et les bons sentiments n'étouffent notre précieuse solidarité et contribuer à sauver la «  Sécu  ».

  • Plus de 7 millions de salariés perçoivent un salaire inférieur à 722 euros par mois et se trouvent dans l'incapacité de se nourrir, de se loger ou de s'habiller décemment, de même que leur famille. Plus de 12 millions ont moins de 843 euros de revenu mensuel. Plus de 3 sans domicile fixe sur 10 ont un boulot à temps complet, partiel ou précaire, gagnent souvent entre 900 et 1300 euros, et cherchent pourtant soir après soir où dormir... Entre la moitié et les deux tiers des femmes qui travaillent ont un contrat au sigle étrange - CES, CIE, CEC... -, touchent moins de 750 euros par mois, ont un enfant, vivent seules ou avec un conjoint au chômage et forment 90 % des familles monoparentales...Nous voilà dans le monde des travailleurs pauvres!Alors que jamais le pays n'a été aussi riche - le PIB est en progression constante depuis les années 1990 -, la précarité s'est développée sur un mode exponentiel. En dix ans, l'intérim a augmenté de 130 %, le nombre de CDD de 60 %, les CDI de seulement 2 %. Plus d'un million de personnes bénéficient du RMI, plus de 500000 de l'allocation solidarité. Cela n'arrive qu'aux autres? Erreur! Tout le monde peut être concerné du jour au lendemain après un drame personnel, un événement familial, un licenciement... Au cours de cette enquête, dans la lignée du Peuple d'en bas de Jack London ou de Dans la dèche à Paris et à Londres de George Orwell, Jacques Colla a rencontré des personnes qui le savent bien: André, ancien prof surdiplômé, Éric, assureur autodidacte, Jean-François, boucher charcutier, Yves, coiffeur dans la marine reconverti sur la terre ferme, Étienne, informaticien recyclé dans le gardiennage, Roland, manutentionnaire, Jean, jardinier... Autant de travailleurs dont on n'aurait jamais soupçonné, au premier abord, qu'ils pouvaient être touchés par cette nouvelle pauvreté. Ils avaient une famille, une maison, pignon sur rue, et ils ont tout perdu.Le sujet dérange. Hommes politiques et médias n'en parlent que rarement. Tout au plus comptabilise-t-on, en hiver, les morts de froid, en les présentant comme des «SDF», sans autre précision. Puis l'information est reléguée au second plan.Le thème sera sans doute au coeur des débats dans la perspective des élections de 2007. L'occasion, donc, de poser quelques questions à ceux qui nous gouvernent ou qui en ont l'ambition...

  • économie politique

    Phelps-E

    • Fayard
    • 17 Janvier 2007

    Destinée aussi bien aux étudiants qu'au grand public, cette introduction à l'analyse économique se veut avant tout claire et lisible. Toutes les grandes questions traditionnelles de l'analyse économique y sont traitées : choix rationnel, détermination de l'équilibre de marché, monopoles, taxation, inflation, chômage...

    Grâce à un traitement unifié de la microéconomie et de la macroéconomie, de l'équilibre des marchés et du jeu des lois et institutions, Edmund S. Phelps éclaire le problème essentiel de l'économie politique : celui du choix entre les systèmes économiques et entre les lois et politiques dont dispose une société pour coordonner et rétribuer la participation de ses membres à l'économie.

  • L'avenir du travail

    Jacques Attali

    • Fayard
    • 23 Mai 2007

    Les élèves de tous les lycées d'aujourd'hui travailleront encore en 2050. Quels métiers exerceront-ils ? À quels métiers faut-il les préparer ? Avec quelles technologies ? Dans quelles entreprises ? Selon quelles règles ? Avec quel droit du travail ? Aura-t-on plus de robots ou plus d'employés, ou les deux à la fois ? Comment la globalisation et les délocalisations qu'elle entraîne influeront-elles sur la nature des professions, sur les revenus, sur la pénibilité du travail ? Comment évoluera le mouvement syndical ? Aura-t-on plus de précarité, ou plus de protection ? Le travail intérimaire se développera-t-il ? Le chômage peut-il disparaître ?C'est à toutes ces questions et à bien d'autres encore que répond cet ouvrage dirigé par Jacques Attali.
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