Coédition NENA/CODESRIA

  • L'ouvrage « Repenser les économies africaines pour le développement » est publié dans un contexte historique particulier, celui du cinquantenaire des indépendances des pays africains. C'est l'occasion de procéder au bilan et de suggérer de nouvelles alternatives. Depuis leur indépendance politique, les pays du continent africain sont en quête de modèles de développement de leurs sociétés. Aujourd'hui, après le constat de l'impasse dans laquelle se retrouvent les économies africaines, de nombreuses idées innovantes émergent et sont exprimées par les contributeurs du présent ouvrage pour édifier de nouvelles stratégies de développement. Celles-ci s'appuient sur l'expérience réussie des pays d'Asie et d'Amérique Latine, sur une nécessaire réforme de l'État et un engagement plus poussé de celui-ci dans l'impulsion du développement. Les intellectuels africains sont interpellés afin qu'ils assument leurs responsabilités en produisant des connaissances novatrices susceptibles d'être appropriées par les décideurs du public et du privé et par la société civile. La question de l'industrialisation et de la diversification des économies africaines est de nouveau soulevée face à une spécialisation étriquée ayant accru leur vulnérabilité aux chocs et ayant marginalisé d'avantage le continent dans le commerce mondial.

  • L'analyse diagnostique des dotations naturelles de la République centrafricaine montre qu'il y a de fortes potentialités nationales et d'écosystèmes diversifiés. Très mal gérée au fil du temps, l'économie s'est dégradée de façon drastique : le bien-être de la population est devenu de plus en plus critique et a atteint le phénomène de ce qu'on peut appeler « misère aiguë ». Tout en abordant le problème de gouvernance et de stabilisation du système économique, l'ouvrage s'est appesanti sur l'analyse de l'évolution structurelle et contextuelle de l'économie centrafricaine, c'est-à-dire une constatation longitudinale des actions et des activités réalisées depuis la colonisation jusqu'à 2003. D'une part, l'objet de cet ouvrage est que celui-ci peut servir de canevas pour éclairer la décision de l'homme politique, il peut lui donner un fondement rationnel de choix de politique économique. Son rôle est d'indiquer aux décideurs ou autres acteurs les affectations possibles des instruments de politique économique pour atteindre les objectifs visés, ou, les usages possibles des ressources rares, le coût de telle ou telle décision, le sacrifice que présente tel ou tel choix. D'autre part, la finalité de celui-ci se porte également sur ce que l'économiste peut apporter comme balise à un décideur pour éviter la navigation à vue : quelles sont les règles que celui-ci peut apporter pour améliorer le bien-être d'une communauté donnée.

  • Pour faire face à l'inefficacité du modèle étatique de développement des années 1960-1970, les initiatives privées et l'entreprenariat ont été encouragés comme un moyen de sortir les économies africaines au sud du Sahara de leur marasme chronique. Dans le cas de la République démocratique du Congo, ce changement d'orientation économique a entrainé l'émergence de micro et petites entreprises qui, compte tenu de leur manque de structuration, de leur évolution en marge du cadre légal, de leurs insuffisances intrinsèques à pourvoir des emplois durables et de leur faible impact socio-économique ont montré leur limite quant à leur capacité de fournir un gage de développement durable. Avec une approche méthodologique basée sur la micro-économie, la statistique et l'économétrie, ce livre scrute l'environnement économique, mais aussi légal et financier dans lequel évoluent les PME congolaises. Ce livre tente aussi de répondre aux questions liées aux facteurs de croissance, aux conditions et mécanismes qui doivent constituer le soubassement du développement des PME dans le contexte de la RDC. Un développement qui facilitera la transition vers l'ère de l'entreprise capitaliste moderne.

  • The unprecedented speed at which change occurs in different countries and in all aspects of people's lives over the last two decades; has madeit imperative to revisit the erection of any kind of barriers across countries' borders. Viewed in the context of ideological, economic, technological or developmental perspectives, there has been increasing inter-societal, or better still, inter-regional competiveness across vast geographical spaces. This has brought about a need for capacity strengthening beyond respective nationalistic frameworks, and more significantly at the level of economic functioning in order to strengthen the competitive advantage of participating member-states (Adeniran 2012:2). Against this background, Regional Economic Communities (RECs) in Africa are described as imperative platforms for grouping individual countries together within different sub-regions for the specific objectives of attaining greater socio-economic unification.

  • Près de vingt ans d'ajustement structurel au Sénégal ont permis de stabiliser les finances publiques et le compte courant extérieur en comprimant fortement les dépenses. La croissance économique continue, cependant, de souffrir d'un croît démographique élevé, d 'une pluviométrie instable, et d'un faible niveau de l'épargne et de l'investissement, malgré les taux de croissance positifs du PIB enregistrés depuis la dévaluation du franc CFA en janvier 1994. Même si la part de l'éducation dans le Budget de l'État s'est maintenue à un niveau élevé, les coupes claires, souvent arbitraires, effectuées dans les dépenses publiques, dans les dépenses d'investissement et de fonctionnement autres que salariales en particulier, ont réduit le volume des ressources allouées au secteur. Mais les politiques budgétaires et monétaires restrictives qu'a connues le Sénégal n'ont pas eu des conséquences négatives que sur le financement public du système éducatif. Elles ont également affecté les revenus et le pouvoir d'achat des ménages, obligeant ces derniers à modifier les ordres de priorité dans la répartition de leur Budget. Le poste des dépenses d'éducation a été d'autant plus touché par cette restructuration que les coûts des intrants (manuels, fournitures, transport) et les droits de scolarité sont devenus prohibitifs pour un nombre croissant de ménages.

  • Alors que les économies africaines subissent les programmes d'ajustement structurel, les universités africaines sont enfermées dans un dilemme par la Banque mondiale, qui manie la carotte et le bâton entre ressources et discipline budgétaire. Mauvais traitement salarial, salles de classe surchargées et délabrées, bibliothèques vides, les universitaires africains remettent en question leur utilité, s'interrogent sur la portée de leur activité et se demandent si la liberté est un droit. C'est dans ce contexte qu'il faut situer le symposium sur la liberté académique et la responsabilité sociale des intellectuels qui a eu lieu à Kampala. Le présent recueil est le fruit des débats qui s'y sont tenus. Cet ouvrage aborde la relation du capital et de l'État vis-à-vis de la liberté académique et décrit les processus historiques qui ont façonné les intellectuels en Afrique. Il met l'accent sur les problèmes d'autonomie et de démocratie. La question des financements est soulevée, ainsi que la difficulté des alliances qui remettent en cause le droit à l'indépendance.

  • « Carlos Serra s'est toujours intéressé à l'analyse scientifique de la vie des Mozambicains et aussi aux événements politiques qui ont marqué les périodes les plus récentes de l'histoire du Mozambique. Avec des études des cas qui couvrent les trois plus grandes villes du Mozambique (Nampula, Beira et Maputo), Carlos Serra essaie de comprendre et d'interpréter le comportement social d'un groupe qui lutte pour garantir sa survie quotidienne. L'analyse faite par l'auteur met le doigt sur la blessure des différentes composantes de la société, qui représentent les formes les plus profondes de l'exclusion sociale, marquées par l'humiliation extrême et la perte de la dignité humaine, principalement quand il aborde les questions concernant les hôpitaux psychiatriques, les dépôts des ordures et les mendiants. En même temps, l'auteur cherche à montrer comment quelques acteurs sociaux fournissent à travers les forces occultes une réponse à ces problèmes afin de soulager en quelque sorte la douleur de l'exclusion ».

  • Prenant à revers le regard réducteur qui fait de l'Afrique un bloc en crises ou en perdition, l'ouvrage s'engage résolument dans l'analyse de la diversité des expériences africaines de construction de l'État et de la nation, de mise en ouvre de projets de développement dans un contexte marqué par les luttes pour l'élargissement des espaces publics. Les auteurs ont judicieusement combiné approches thématiques et entrées par les acteurs, dans une perspective résolument comparatiste. Nul doute que ces regards croisés sur les expériences de démocratisation et de développement portées par les mouvements sociaux en Afrique de l'Ouest, au cours des dernières décennies, balisent de nouveaux horizons à la connaissance de l'Afrique contemporaine.

  • Ce livre consacre les recherches menées dans le cadre du Programme conjoint CODESRIA (Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique)/CLACSO (Conseil latino-américain pour les sciences sociales) sur « Les stratégies de survie et la sécurité alimentaire en milieu rural en africain et latino-américain ». La sécheresse qui a sévi en Afrique au sud du Sahara à la fin des années 1970, et au début des années 1980 est à l'origine de la crise alimentaire à laquelle sont confrontées les populations de ces zones. Cependant, c'est le monde rural qui vit plus intensément cette crise alimentaire qui est doublée d'une crise économique touchant la plupart des pays africains. La principale cause de la crise dans le monde rural est l'insuffisance du budget alloué à l'agriculture par les gouvernements africains (moins de 10 pour cent). La recherche de solutions s'impose donc du fait de la sécheresse (Afrique au sud du Sahara) ou du fait des nouvelles habitudes alimentaires introduites par la colonisation. Cette recherche de solutions passera tout d'abord par une revalorisation de l'agriculture. Ces solutions sont l'ouvre des populations elles-mêmes, surtout les femmes, et des organisations gouvernementales et non gouvernementales. Cependant, pour une plus grande efficience des solutions « modernes » préconisées par les ONG et les services de l'État, l'expérience des populations autochtones doit être prise en compte.

  • La question du financement de l'éducation en Afrique est habituellement abordée sous l'angle du montant et de l'allocation des ressources. Très peu d'attention est portée à la manière concrète dont se réalise le financement tout au long du Projet éducatif, défini comme l'ensemble des procédures qui vont de l'élaboration de la politique éducative à l'exécution des dépenses, en passant par la planification, la programmation et la budgétisation. Cet ouvrage met en évidence l'importance de cette réalisation : les défauts du Projet éducatif, au regard du financement, sont de nature à rendre vaines les prescriptions traditionnelles de politique éducative; il fait l'étiologie de ces défauts et en propose des remèdes. En tenant compte des difficultés spécifiques de la gestion des systèmes éducatifs, il étudie ensuite la forme que doit prendre celle-ci afin de prévenir de nouveaux dysfonctionnements; il propose une approche de la gestion par les résultats plutôt que par les moyens. Il met enfin en doute la pertinence des solutions structurelles au problème du financement que sont la privatisation, la décentralisation et les enclaves d'efficacité.

  • Cet ouvrage rapporte les résultats de l'étude menée par le groupe de travail du Conseil pour le Développement de la Recherche en Sciences Sociales en Afrique du Bénin. Il s'agit d'une étude-diagnostic décrivant et analysant les diverses stratégies de financement, l'allocation des ressources financières par niveau et par nature, les coûts globaux et unitaires, et les pratiques budgétaires en vigueur. Des recommandations sont formulées en vue de l'amélioration de la gestion financière et budgétaire des systèmes éducatifs africains.

  • Cet ouvrage rapporte les résultats de l'étude menée par l'équipe du Niger. Il s'agit d'une étude - diagnostic décrivant et analysant les diverses stratégies de financement, l'allocation des ressources financières par niveau et par nature, les coûts globaux et unitaires, et les pratiques budgétaires en vigueur. Des recommandations sont formulées en vue de l'amélioration de la gestion financière et budgétaire des systèmes éducatifs africains.

  • « Voici un ouvrage qui interpelle. Il permet de mieux appréhender les secousses de l'Afrique centrale. Il établit un diagnostic et apporte une contribution décisive à la recherche de solutions appropriées au développement humain social et économique de l'Afrique. Mais les travaux vont plus loin et annoncent une indispensable et riche réflexion sur la marche, la construction de communauté régionale et internationale, et le devenir de l'humanité ».
    Paul Gérard Pougoué, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur Hors Échelle, Université de Yaoundé II, Cameroun

  • Le présent ouvrage se veut une analyse sans complaisance de la politique de décentralisation en milieu rural au Sénégal, mettant en exergue son incapacité à promouvoir le développement local qui est pourtant sa principale raison d'être dans un contexte de pauvreté. Pour identifier les raisons des lacunes, l'auteur va au-delà des textes et explore la compatibilité du comportement sociologique des acteurs et du contexte culturel avec la poursuite des objectifs de développement local. Mais il existe bien des solutions à la léthargie des acteurs concernés et à la faible envergure des initiatives entreprises. Elles devraient être recherchées dans la mobilisation méthodique et citoyenne autour d'actions plus ambitieuses, plus adaptées aux terroirs respectifs, quoique ouvertes sur la modernité et parfaitement ancrées dans la culture du résultat.

  • Quinze ans après l'adoption des programmes d'ajustement, le marché du travail est l'un des secteurs qui a le plus ressenti les effets de cette politique. Depuis 1980, la crise s'est traduite par de nombreuses pertes d'emplois et une réduction sensible des recrutements de l'Etat, principal employeur. La déprime de l'emploi dans le secteur industriel illustre également la crise prolongée qui affecte l'économie du pays. Ce livre est le fruit d'une collaboration entre chercheurs universitaires et professionnels qui se sont engagés à mener une réflexion critiqué sur l'ajustement structurel et l'emploi au Sénégal. Cette recherche collective éclaire la problématique de la relance économique au Sénégal. Elle établit qu'à elle seule, la politique d'ajustement par la main-d'ouvre, faite de pression sur le facteur travail et de réforme du Code du travail, ne saurait être une panacée destinée à tonifier l'économie sénégalaise.

  • L'Afrique subsaharienne est en perte de vitesse depuis le début des années 1980. Selon la Banque mondiale, les pays africains ont commencé à marquer le pas au cours des années 1970. Et si la tendance actuelle se poursuit, ils se retrouveront au niveau des plus pauvres pays de l'Asie du début du siècle. Déjà plus de treize pays, représentant un tiers de la population, ont aujourd'hui un revenu par habitant plus faible en termes réels que lors de leur accession à l'indépendance (Banque mondiale 1989). Pour les pays d'Afrique de l'Ouest, la récession est telle que le taux global d'investissement est retombé en dessous de son niveau de 1960, ce qui est un bon indicateur du développement de l'afro-pessimisme dans cette région. Bien que les causes de cette crise soient multiples et complexes, celle-ci résulte principalement cependant du fait que les économies africaines sont structurées autour de la production et de l'exportation de deux ou trois matières premières. Or les termes de l'échange se sont brusquement effondrés au cours des années 1980 et le pouvoir d'achat des exportations des pays d'Afrique noire est aujourd'hui la moitié de ce qu'il était il y a dix ans. (Oliveira et Diomandé 1993). Par exemple, les exportations de café n'ont rapporté à la Côte d'Ivoire en 1992 que 46,5 milliards de francs CFA et celles de cacao juste 247 milliards de francs CFA en 1985 (Bamba et al. 1992). L'économie ivoirienne étant structurée autour de la production et de l'exportation de café et de cacao, il en résulte que le taux de croissance du PIB ivoirien en termes nominaux est négatif depuis 1987 alors que la population continue de croître au taux de 3,8 % par an.

  • La stratégie du commerce extérieur a occupé depuis longtemps une place importante dans les débats sur la croissance et le développement. Cet intérêt ne s'est toutefois retrouvé ni dans la théorie de la croissance où le commerce extérieur a été quasi-absent, ni dans celle de l'économie internationale traditionnelle où l'analyse s'est limitée depuis longtemps aux effets statiques d'allocation de ressources. De nouveaux développements théoriques ont vu le jour depuis la fin des années soixante-dix, mettant l'accent sur des effets externes dynamiques qui pourraient être entraînés ou découragés par le type de stratégie commerciale appliqué ainsi que par d'autres instruments d'intervention de l'État dans le domaine de formation du capital humain et d'absorption ou de maîtrise de la technologie. Ce document comprend deux sections. La première traite des apports théoriques des nouvelles théories du commerce international et de la croissance endogène; la deuxième est une tentative de tirer les implications pour les PVD en ce qui concerne l'analyse de la stratégie de croissance en relation avec la politique du commerce extérieur. Dans cette dernière section, on passera brièvement en revue le type de travaux empiriques qui ont été inspirés, du moins partiellement, par ces nouvelles théories

  • La crise financière de septembre 2008 a été le produit inévitable de la longue crise systémique du capitalisme des oligopoles généralisés amorcée dans les années 1970. En réponse à cette crise, le capital a réagi par des politiques de concentration qui ont imposé la domination directe et exclusive d'une poignée de grands groupes de monopoles sur l'ensemble des systèmes productifs à l'échelle mondiale. La financiarisation de ces groupes, qui n'est que la conséquence de cette centralisation du capital et la seule garantie de leur ponction d'une rente impérialiste de monopole, constituait le talon d'Achille du système. Les politiques de l'impérialisme collectif de la triade (États-Unis, Europe, Japon), qui s'emploient à restaurer le système tel qu'il était avant 2008, sont voués à l'échec. Dans ces conditions, le conflit Nord/Sud s'installe sur le devant de la scène. En prenant des initiatives indépendantes, les pays du Sud peuvent saisir l'occasion de cette crise pour avancer dans la construction de la seule alternative efficace et possible à la domination des monopoles impérialistes.

  • Après une trentaine d'années d'expérience avec les mesures d'incitation, et d'avantage comparatif, il est opportun de revoir ces concepts à la lumière des études empiriques et des discussions qu'ils ont provoquées dans la littérature. L'expérience de l'ajustement structurel dans les pays en développement a suscité un nouvel intérêt dans la structure de protection, ainsi que les mesures de la protection et de l'efficacité. La littérature sur ces indices a deux racines principales : la théorie de la protection et l'analyse coût-bénéfice. L'incitation au niveau des prix de l'extrant est mesurée par le taux de protection nominale (TPN), et au niveau de la valeur ajoutée par le taux de protection effective (TPE). Le fondement théorique de ces indices est bien établi, les principales sources étant Balassa (1965), Balassa et al. (1971), et Corden (1966 et 1971). Ensuite, Schydlowsky (1967) a argumenté que l'incitation du profit, plutôt que l'incitation de la valeur ajoutée, est celle qui importe dans les décisions de l'entreprise. Cette idée a conduit Balassa et al. (1982) à proposer plusieurs indices d'incitation au niveau du profit ou du rendement du capital. En même temps, plusieurs économistes de la Banque d'Israël ont développé le coefficient de coût en ressources intérieures (CCRI)1 comme un critère d'investissement. Ce dernier indice a souvent été comparé avec le TPE, à cause de sa structure similaire au TPE. En dépit d'un débat illuminant dans la littérature (cf. Balassa et Schydlowsky 1972; Bruno, 1972), il s'est néanmoins réparti une opinion selon laquelle le CCRI mesure la même chose que le TPE. Encore récemment, la Banque Mondiale a publié par son Institut de Développement Économique un article (Helmers, 1988), qui assure l'égalité entre ces concepts sans, néanmoins, établir les conditions sur lesquelles repose cette égalité potentielle.

  • L'impératif démocratique, avec ses défis, s'est superposé à celui, ancien mais toujours d'actualité, du développement. Si cet idéal a un sens, c'est celui de convertir les pays africains en un espace public bâti sur le débat pluraliste, sur les institutions qui garantissent le succès de ce débat dans le jeu serein des pouvoirs et des contre-pouvoirs. C'est aussi celui de les doter d'une démocratie fondée sur la force de la rationalité qui cherche les solutions les plus fertiles aux problèmes des populations, et sur l'éthique d'une responsabilité collective dans la quête de la justice sociale et du bonheur du plus grand nombre. C'est enfin une nécessité pour des minorités ethniques, des catégories sociales, y compris des femmes et des enfants, des groupes défavorisés, etc. qui n'ont pas toujours la liberté et les moyens de se protéger contre l'arbitraire et de se faire entendre afin de peser sur les décisions qui affectent leur existence. Aussi, dans le champ africain, est-il tenu comme de meilleur ton de s'intéresser à l'univers des dominés, du « bas », à la résistance ou, selon des préoccupations volontaristes, aux thèmes du développement, de la démocratisation. Cette question est d'autant plus pertinente que depuis les années 1990, la recherche sur les politiques de l'ethnicité, de l'appartenance et de la citoyenneté en Afrique s'est élargie à la problématique de l'autochtonie. Cette étude porte sur l'intégration sociopolitique des minorités ethniques dans ce nouveau contexte de démocratisation au Cameroun. L'interrogation principale est de savoir si le multipartisme et la démocratisation ouvrent de nouvelles perspectives à ces groupes dominés, ou si, dans le cas contraire, ce changement politique minerait plutôt leur position : ouverture en termes de leur participation à la vie politique, d'amélioration de leurs conditions de vie et, dans la perspective des mouvements sociaux, en termes d'organisation et de création d'associations de défense de leurs intérêts. Affaiblissement en termes de perte des acquis sociopolitiques de la période du parti unique.

  • Dans son discours délivré à la clôture de la 11ème Assemblée Générale du CODESRIA, à Maputo en 2005, Jomo Kwame Sundaram remarque que plus de trois décennies de stagnation économique, de privation et d'une pauvreté agrandissante ont gravement affecté le tissu économique, social et politique de l'Afrique. Par conséquent, des efforts proactifs sont d'une urgente nécessité pour la création de capacités durables pour le développement. Sundaram défend que l'opinion générale sur le développement de l'Afrique et la pauvreté est souvent erroné et dangereux. Même le FMI a reconnu que la libéralisation financière internationale n'a fait qu'exacerber la volatilité. Encore pire, des preuves tangibles ont été fournies sur le fait que certaines recommandations avancées sur la politique économique et les conditionnalités imposées aux gouvernements africains ont reflété le manque de désintérêt et la préjudice de la part de ceux qui sont supposés aider l'Afrique. C'est en tenant compte du fait que la croissance économique et le développement ne réduisent pas nécessairement la pauvreté et les inégalités que Sundaram appelle à un 'espace politique' élargi afin que les gouvernements africains puissent choisir ou mettre sur pied leur propre stratégies de développement, mais aussi développer et mettre en oeuvre des politiques de développement qui sont plus appropriées.

  • Le continent africain est riche en ressources minières et énergétiques, mais ces ressources ont été surexploitées dans l'intérêt de l'accumulation étrangère. Pourtant, pour faire marcher leur système de production et payer les importations de consommation, la plupart des pays africains dépendent dans une large mesure des revenus qu'ils tirent des ressources minières et du pétrole. Pourquoi les redevances obtenues à partir des ressources minières et énergétiques n'ont-elles pas pu libérer ces pays de la dépendance extérieure? Cet ouvrage présente neuf études de cas concernant des pays dont l'économie se fonde pour l'essentiel sur les ressources minières. A partir d'approches critiques et analytiques, des chercheurs africains soulignent l'importance de la capacité de production de biens de consommation ainsi que les priorités de tout processus de développement qui se veut orienté vers une plus grande intégration industrielle et une plus grande autonomie technologique. Par la quantité d'information qu'il contient, cet ouvrage apporte ainsi une importante contribution au débat sur le développement et l'industrialisation en Afrique; un débat dont l'absence entraîne une stagnation des politiques de développement et les confine dans un vide théorique.

  • Les auteurs de cet ouvrage qui est le produit de l'atelier conjointement organisé par le CODESRIA et la FOCSIV sur la « Culture du Développement » ont tenté et réussi à inscrire au sein même de la notion de développement, « les besoins culturels » en traçant la voie d'une nouvelle philosophie du développement, c'est-à-dire l'approfondissement en sa dimension socio-culturelle de la dimension jusqu'alors unilinéaire - quoique l'on s'en défendit - du progrès des nations. Il est aujourd'hui clair que s'interroger sur la « Culture du Développement » c'est s'engager dans une voie qui prend la question par l'autre bout : celui d'une libération des initiatives, d'une émergence auto-organisée de ce qu'il est convenu d'appeler la société civile. En effet les populations africaines ont toujours su faire preuve d'un dynamisme porteur d'innovations. Dynamisme lisible dans la créativité de ce secteur désigné sous le nom de « secteur informel » - sous la pression de la philosophie de l'encadrement, centrale dans la conscience et la pratique des élites politiques africaines - et qu'il faudrait désormais sanctionner par l'appellation positive « d'économie populaire ».

  • Avec la gestion de proximité, les ressources ont été transférées aux communes. Ceci leur permet de prendre en charge leur fonction-nement et d'assurer l'investissement. Seulement, les ressources dont une commune peut disposer peuvent paraître insuffisantes si les besoins ne sont pas hiérarchisés dans l'optique de lui apporter une solution appropriée. C'est ainsi que les collectivités territoriales ont la possibilité d'établir des priorités dans la résolution des problèmes. Les ressources sont destinées à alimenter le budget de chaque commune (emprunts, subventions de l'Etat, impôts et taxes) pour subvenir aux besoins de fonctionnement et au développement. Donc, la gestion de ces ressources doit naturellement se faire dans la logique des principes de la décentralisation et de ceux de la comptabilité publique à travers les différentes structures en charge de la question. La décentralisation postulant la responsabilisation des communes, celles-ci doivent mettre l'accent sur la mobilisation des ressources fiscales pour ne pas continuer à dépendre des ressources venant d'autres acteurs comme l'Etat et les partenaires techniques et financiers. C'est donc la question de la gouvernance de la décentralisation qui est interpellée et qui requiert l'implication de toutes les composantes de la commune pour une mobilisation effective des ressources et de leur utilisation judicieuse. Tout ceci se pose en termes de défis que doivent relever les collectivités territoriales, notamment les communes. La présente étude se propose d'analyser ce processus à travers l'exemple de la commune rurale de Kalabancoro.

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