• « Longtemps, je n'ai pas pris la parole. Longtemps, je me suis méfié de l'oralité. Je la trouvais vaine, voire suspecte. On se méfie des beaux parleurs, des "grandes gueules", de ceux qui bavardent à tort et à travers, souvent pour ne rien dire. Mais j'ai compris par l'expérience à quel point la parole, si elle est utilisée à bon escient, est une arme exceptionnelle, une force redoutable.
    C'est parce que j'ai l'impression d'avoir perdu des années à l'apprivoiser que je mets aujourd'hui un point d'honneur à transmettre l'art de bien parler aux jeunes pour qu'ils se libèrent des déterminismes sociaux. Les mots pour s'émanciper et refuser l'aliénation. Les mots pour débattre, plutôt que de se battre.Puisez dans ce livre de bons conseils pour nourrir et libérer votre parole. Devenez orateurs ! Si j'y suis arrivé, vous pouvez le faire ! »Avocat, Bertrand Périer enseigne l'art oratoire. Son ouvrage est un guide de référence sur la prise de parole en public.

  • « Les mots sont mes plus chers compagnons. Tous les jours, je joue avec les mots, je les manie avec délectation, dans une cour de justice, dans l'arène médiatique, dans les jurys de concours d'éloquence. Les mots m'ont révélé, m'ont fait sortir de ma réserve naturelle.
    Ce livre, à la fois ludique et érudit, est une déclaration d'amour aux mots d'un défenseur de la langue française, conscient cependant de son évolution nécessaire, et quelque part un portrait décalé. J'aspire à vous (re)donner à aimer des mots incongrus, des mots oubliés, des mots de jargon, des mots qui font rêver et des mots qui font voyager, des mots qui disent et des mots qui évoquent.
    Les mots de la loi, les mots de la foi, les mots de la table, les mots de la jeunesse, les mots de la musique. Les mots dits et les mots d'elle, les mots d'amour et les mots de tous les jours. Les mots disent tout de notre rapport au monde. Ce livre est donc un voyage délibérément subjectif dans mon univers lexical.
    Bienvenus ! ».
    Bertrand Périer

  • « La Seine est le fleuve sur le bord duquel j'aurai passé l'essentiel de ma vie. Je me suis aperçu très tard que cette mince coulée grise et verte formait le centre d'un territoire, réel et imaginaire, dont je n'avais cessé de vouloir déchiffrer le secret. »Comment raconter un fleuve ? Comment dire ses boucles, ses méandres, les villes qui le bordent, les ponts, les ports, les entrepôts ? Comment dire les générations qui l'ont façonné, ont bâti ses rives, ont cultivé ses terres ?Dans L'Or du temps, François Sureau part de la source et descend, chapitre après chapitre, vers l'embouchure. Il s'arrête avec pour seule nécessité le rêve et le souvenir. Ses haltes se transforment ainsi en autant de récits. De la géographie surgit l'Histoire, la grande, mais aussi la plus intime.Vies héroïques, riches heures d'écrivains et de peintres égarés, moments mystiques, secrets conciliabules, digressions impromptues sur le droit, la politique, l'anarchie, la diplomatie. De la source à Troyes de Samois à Évry, Bercy, Paris... François Sureau avance de proche en proche, et forme peu à peu un livre unique, étonnant, libre, où s'entrecroisent tous les grands thèmes qui le fondent.

  • Réputé pour ses stratégies offensives et son obstination, Jean-Christophe Coubris est aujourd'hui l'un des avocats les plus redoutés des hôpitaux, des médecins, de leurs assureurs et des laboratoires pharmaceutiques. Du décès encore inexpliqué de Naomi Musenga au procès-fleuve du Mediator, en passant par l'affaire des prothèses mammaires PIP ou le récent scandale de la Dépakine, il enchaîne inlassablement les dossiers sensibles. Quotidiennement confronté à l'omerta et au déni, il a décidé dans ce livre choc de faire " exploser la loi du silence " : " Je veux témoigner au nom de toutes ces victimes que l'institution médicale fait tout pour désinformer et décourager de porter plainte ! " En s'appuyant sur des cas exemplaires et souvent dramatiques, l'auteur nous raconte sa lutte déséquilibrée contre les graves dysfonctionnements de notre système sanitaire et les complicités qui les rendent possibles.

  • Ce livre est une plaidoirie : la « radicalisation des esprits » oxyde la société française, l'« hyper » - puritanisme, aseptisation, uniformisation, conformisme, hygiénisme, sécurité, transparence, contrôle - infecte les consciences, et le contexte technologique, communicationnel, médiatique, marchand bouleverse les comportements. Éric Dupond-Moretti nous prévient : la société contemporaine et la civilisation en devenir se soumettent à des diktats et acceptent des compromis qui menacent les libertés.

    Ce dialogue avec Denis Lafay doit être lu comme un combat, un manifeste pour la Liberté qui interpelle le lecteur au plus loin dans son intimité, son humanité. Et ses responsabilités. Car il n'y a pas de droit d'être libre sans devoir à l'égard de la liberté.

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  • Elles sont neuf. Neuf femmes avocates que les projecteurs ignorent, préférant leurs confrères, les fameux « ténors du barreau ».

    Chacune de ces avocates a, dans le coeur, un procès particulier, un de ceux dont on ne se remet jamais vraiment. Elles ont défendu Guy Georges, la famille d'Ilan Halimi, Bertrand Cantat, Charles Pasqua, un Premier ministre des Balkans, ou des anonymes accusés de matricide, d'agression sexuelle, de tentative de meurtre. Ces procès, ce qu'ils disent d'elles, elles le racontent pour la première fois.

    Une passionnante plongée dans la psyché des grandes pénalistes qui confirme que la hauteur et la complexité d'un métier sont aussi une affaire de femmes.

  • Pendant trois ans, Elsa Vigoureux a suivi Frank Berton. En silence, la journaliste s'est glissée dans le quotidien du pénaliste, son temps pressé, son temps passé, ses excès, ses fulgurances. Dans ses plaidoiries de boxeur, les promesses folles qu'il fait à ses clients, les bouts d'existence qu'il arrache pour eux. Voici le journal d'un ténor du barreau, héros incertain des femmes et des hommes qui parfois incarnent l'humanité la plus misérable, la plus inacceptable. Voici l'histoire de Frank Berton, avec sa manière d'envisager le monde, de dévisager son époque.

  • Indigné, impertinent, insolent, Eric Dupond-Moretti est assurément l'un des avocats les plus brillants du barreau français. Célèbre pour ses cent quarante-trois acquittements obtenus devant la cour d'assises, il nous raconte de A à Z ses grands procès et dévoile sa vérité sur le système judiciaire. Il dénonce les attaques contre la présomption d'innocence, la pression de l'opinion publique ou des réseaux sociaux, la magistrature paralysée par le corporatisme...
    On découvre également un homme haut en couleur, d'une grande générosité, qui voue un véritable culte à sa mère, qui aime la vie et ses plaisirs et qui, en passant, nous livre sa recette de spaghettis.

  • Crimes passionnels, historiques, erreurs judiciaires, combats sociétaux...Toutes sortes de procès ont façonné l'histoire de notre pays et marqué les mémoires : Papon, Barbie, Courjault, Kerviel, Seznec, Outreau...
    À chaque fois, un homme, une femme a fait la différence. Les mots claquent, émeuvent, emportent. Maîtres Vergès, Halimi, Badinter, Dupont-Moretti se succèdent ici à la barre, prouvant qu'à défendre une cause ou un individu, c'est de l'humanité, avant tout, qu'ils se font l'avocat.

  • Recordman des acquittements aux assises, Me Dupond-Moretti aurait, selon ses détracteurs, tendance à faire relaxer tous ses clients. Il nous montre ici que la justice, elle, a une réelle propension à condamner tous ceux qui paraissent devant elle, Ecoutes tous azimuts, atteinte à la vie privée, ruses procédurales, communications à la presse qui influencent public et jurés... La guerre entre la magistrature et les avocats, souvent traités à leur tour comme des suspects, se fait de plus en plus dure.
    A travers le récit de plusieurs affaires criminelles dans lesquelles il est intervenu et qui se lisent comme des thrillers, le ténor du barreau dénonce les imperfections d'un système qui respecte de moins en moins les droits de la défense.
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  • Alice pense qu'en devenant avocate commise d'office, elle va donner du sens au serment qu'elle a prêté : DEFENDRE, avec désintérêt et probité, la veuve et l'orphelin ! Rien ne se passe pourtant comme elle l'imaginait. Entre les nuits au commissariat, les clients difficiles, sa morale à mettre de côté et les associés du cabinet qui lui mettent des bâtons dans les roues... cela a tout du sacerdoce. Inédite, cette première série de romans graphiques juridiques vous propose de suivre les aventures juridico-judiciaires d'Alice. Le + : l'insertion au fil des dessins et textes humoristiques des rubriques « LES INDISPENSABLES », qui vous permettent d'apprendre et retenir l'essentiel de la commission d'office.

  • Il y a les procès historiques, les affaires médiatiques, il y a les acquittements parfois et les polémiques souvent.
    Et puis il y a l'homme derrière la robe d'avocat.
    Libre. En colère. Révolté.
    Éric Dupond-Moretti, à la barre, livre ses vérités.

  • Ce journal inédit couvre les années 1939 à 1945, consignant les événements, petits et grands, de la guerre, la défaite, l'Occupation et la Libération. Curieux de tout, l'avocat alors au sommet de son art, sillonne Paris et la province et consigne avec un rare talent normatif le fruit de ses rencontres, avec le mérite constant, et rare, de s'interdire toute réécriture. Laissant ainsi transparaître ses atermoiements et ses avis changeants. Son journal déborde. Portraits, anecdotes, détails méconnus foisonnent. Maurice Garçon connaît tout le monde : on croise autant de politiciens que de criminels notoires et de figures du grand monde... Une plongée sans précédent dans les années-noires.

    Edition établie, présentée et annotée par Pascal Fouché et Pascale Froment.

  • Le guide pratique de procédure à l'usage de l'avocat a été conçu comme un vade-mecum (étymologiquement « viens avec moi »). De nombreux magistrats, avocats et anciens avoués ont confronté leur expérience pour dégager la quintessence des différentes procédures civiles, commerciales, sociales et pénales qu'un avocat doit maîtriser.
    Il présente de manière chronologique et stratégique l'ensemble des démarches à suivre et les questions à se poser à chaque étape de la procédure. Il est enrichi de plus de 200 modèles d'actes d'avocat et de procédure.
    Il accompagne les élèves avocats dans leur formation, les jeunes avocats pour leurs premiers pas devant les juridictions et les avocats plus expérimentés sur de nouveaux champs d'expertise.
    Cette nouvelle édition, actualisée, fait la part belle à la réforme de la procédure de divorce contentieuse issue de la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice, entrée en vigueur le 1er janvier 2021, aux nouvelles dispositions en matière d'application des peines, au décret n° 2020-1452 du 27 novembre 2020 portant diverses dispositions relatives notamment à la procédure civile et à la procédure d'indemnisation des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions, sans oublier l'arrêté du 20 mai 2020 relatif à la communication par voie électronique en matière civile devant les cours d'appel.

  • Mettez vos idées en discours et votre public en mouvement Reprendre l'offensive, renverser la table, passer de celui qui galère à celui qu'on désire. Et surtout : faire que le public accorde à votre savoir, à votre projet, à votre produit, à vos compétences, l'attention et la valeur qu'ils méritent. Voilà ce que peut vous apporter la rhétorique.

    S'appuyant sur le savoir des orateurs de l'Antiquité comme sur la recherche contemporaine en psychologie de la persuasion, Victor Ferry donne en douze leçons les outils et l'inspiration pour vous aider à trouver votre style et à développer votre influence.

    Leçon 3 : Assouplissez votre pensée - Leçon 6 : Avant de dire, commencez par montrer - Leçon 8 : Écrivez votre histoire - Leçon 9 : Ne confondez plus convaincre et persuader - Leçon 10 : Jouez avec leurs émotions - Leçon 12 : Prenez les commandes Avec ce livre, vous n'allez pas devenir un bon orateur, vous allez devenir un grand orateur.

  • Toute communication est rhétorique, dès lors qu'on cherche à faire valoir un point de vue. Les conversations quotidiennes, les discours politiques et médiatiques prouvent à chaque instant que la plupart de nos raisonnements sont fondés sur des valeurs et supposent des conflits d'intérêts, ce qu'Aristote avait compris bien avant nous.
    C'est pourquoi ce livre étudie, à la lumière des traités anciens comme des recherches contemporaines, les principaux procédés relevant de l'art de persuader dans les domaines littéraire et extra-littéraire. Il explore le champ complet de la matière et s'intéresse autant aux figures qu'aux arguments.
    Conçu comme un ouvrage de référence, ce livre s'adresse principalement aux étudiants en lettres, en philosophie et en communication, mais concerne également tous ceux qui désirent mieux convaincre et déjouer les pièges du discours.

  • Les droits de la défense, expression souvent entendue, mais notion finalement peu connue. Que recouvrent-ils exactement ? D'où nous viennent-ils ? Comment ont-ils évolué ? Quels sont les textes qui les consacrent ? Comment cet outil irremplaçable est-il mobilisé au quotidien dans les combats judiciaires ? Dans quelles affaires ? Devant quelles juridictions ? Avec quels succès ? Dans un Etat de droit, le respect des droits de la défense exige la vigilance de tous, policiers, procureurs, avocats et juges.
    L'outil "droits de la défense" est un bouclier qui peut empêcher qu'au nom des impératifs de la répression, l'exercice de la défense ne recule. Il est une épée quand il permet de faire progresser l'équité du procès. Ce livre apporte à tous, praticiens du droit, étudiants, justiciables, les connaissances indispensables ainsi qu'un récit passionnant de cas concrets qui montrent l'importance des droits de la défense.

  • Quelques mois après le "procès Merah" qui a déclenché les passions et suscité mille commentaires, Éric Dupond-Moretti (se) raconte. Dans un dialogue avec le journaliste Denis Lafay, le défenseur admiré ou honni d'Abdelkader Merah décortique, avec le juste recul, cette affaire hors normes. Que « dit-elle », selon lui, du fonctionnement de la justice et de l'exercice du métier d'avocat en ces temps troublés qui les questionnent âprement ?
    Du traitement des victimes, du rôle des médias, du comportement politique et du phénomène de radicalisation ? Finalement, que révèle-t-elle de la société elle-même ?
    Plongée dans les convictions et même l'âme d'un ténor du barreau.

  • L'ouvrage expose en termes didactiques, analytiques et systématiques l'ensemble des règles légales, réglementaires et professionnelles ainsi que des jurisprudences nationales, supranationales et ordinales (barreau de Paris essentiellement) qui forment la déontologie de la profession d'avocat.
    Il permettra au lecteur néophyte de maîtriser l'âme, les ressorts et le fonctionnement de ce corpus. Il permettra au lecteur averti de retrouver, pour chaque secteur de la déontologie, les données essentielles qui le constituent.
    Abondamment illustré par les arrêtés disciplinaires émanant des instances de jugement du barreau de Paris, que les auteurs connaissent particulièrement bien pour les transformer en permanence en abstracts intégrant le Code de déontologie du barreau de Paris, l'ouvrage présente la déontologie de la profession d'avocat sous un angle à la fois dynamique, synthétique et concret.
    Il s'adresse aux élèves-avocats autant qu'aux avocats confirmés. Il intéressera également tous ceux qui veulent découvrir et comprendre l'origine, la consistance, le fonctionnement et la portée de la déontologie de la profession d'avocat.

    Sous l'autorité du professeur Thierry Revet, qui, en 2007, a élaboré la première édition du Code annoté de déontologie du barreau de Paris, puis l'a continûment mise à jour en bénéficiant progressivement du concours des autres auteurs du présent ouvrage ; ces derniers (Julien Laurent, Benoît Chaffois, Charles Boërio et Kévin Moya) rédigent, par ailleurs, depuis plusieurs années, une chronique relative à l'actualité de la déontologie de la profession d'avocat.

  • Cette Pratique de défense pénale a été conçue et réalisée par un avocat, pour les avocats.
    Elle expose les droits de la défense qui peuvent être exercés au cours de poursuites pénales, devant les juridictions françaises, tels qu'ils sont organisés dans le droit positif, mais aussi pratiqués dans la vie judiciaire, de manière concrète.
    Choisir un avocat, le consulter, prendre connaissance du dossier, argumenter, interroger les témoins ou demander une expertise technique constituent ces droits de la défense, de même que l'exercice des voies de recours, pour contester une décision défavorable ou critiquer l'illégalité des poursuites, voire, s'il le faut, mettre en cause l'impartialité du juge..
    Son plan est en six parties :.
    Partie I : « L'avocat et son client : l'assistance et le conseil ».
    Partie II : « L'avocat à l'étude du dossier : l'examen des preuves du crime ou du délit ».
    Partie III : « L'avocat et le droit : la critique de la légalité du procès ».
    Partie IV : « L'avocat à l'audience : de la garde à vue à la cour d'assises ».
    Partie V : « L'avocat et l'exercice effectif des recours ».
    Partie VI : « L'avocat contre les abus et les erreurs judiciaires »..
    La quatrième édition de cette Pratique de défense pénale est à jour des lois et des jurisprudences de la Cour de cassation, du Conseil constitutionnel et de la Cour européenne des droits de l'homme les plus récentes, jusqu'à la fin de l'année 2020.

  • Cet ouvrage est une invitation à parcourir le domaine fondamental de l'Antiquité gréco-romaine et des oeuvres que nous ont léguées les Anciens. Elle propose ainsi aux lecteurs, qu'ils soient néophytes, initiés ou bien déjà familiarisés avec la culture antique, des analyses récentes et claires appliquées à un large corpus de textes pour une meilleure compréhension et un plus grand plaisir de la connaissance.

  • Les 7 et 8 mars 2007 s'est tenu au palais de justice de Paris un procès suivi dans le monde entier : celui des "caricatures". Un an auparavant, Charlie Hebdo avait décidé de publier des caricatures du Prophète Mahomet, accompagnées d'un appel à la lutte contre l'islam radical - ce nouveau mal totalitaire. On voyait en Une le Prophète, débordé par les extrémistes, se tenant la tête entre les mains : « C'est dur d'être aimé par des cons.... » Deux jours d'audience agitées, sous haute protection, comme au théâtre de notre démocratie, combattante et menacée. Avec en première ligne, Philippe Val, Elisabeth Badinter, François Hollande, François Bayrou et tant d'autres, défendus par leurs avocats : Georges Kiejman et Richard Malka. Face à eux, des associations réclamant la censure du journal : la Mosquée de Paris et l'UOIF, entres autres.
    Ce qui se joua, pendant ces deux journées, devant la presse internationale ? Le droit de se moquer des idées, des religions. Le droit à la caricature. Le droit à l'irrévérence. Le droit au libelle, à l'excès, dans la tradition française du dessin de presse, du libelle révolutionnaire. Le droit à l'ironie salvatrice. Les débats furent âpres, décisifs ; juridiques aussi.
    Il était temps de rendre aux citoyens deux textes fondateurs - les plaidoiries de Malka et Kiejman - éloges superbes de la liberté de pensée, déconstruisant le totalitarisme en chemin ; moquant les censeurs ; défendant, comme une valeur supérieurement belle, le droit à rire non des êtres mais de leurs idées ; et confiant au lecteur les tendres armes démocratiques pour continuer de rire, d'éveiller, de croire ou de ne croire en rien.
    Plus tard, on le sait, Charlie Hebdo titrera "Charia Hebdo", sera incendié, puis connaîtra le drame de janvier 2015, avec son cortège de morts. Le procès de l'année 2007 est historique : comme un noeud, comme la répétition originelle d'un drame qui ne cessa de se répéter. 

  • Imaginons trois enfants et une flûte.
    Anne affirme que la flûte lui revient parce qu'elle est la seule qui sache eu jouer; Bob parce qu'il est pauvre au point de n'avoir aucun jouet; Carla parce qu'elle a passé des mois à la fabriquer. Comment trancher entre ces trois revendications, toutes aussi légitimes ?
    Aucune institution, aucune procédure ne nous aidera à résoudre ce différend d'une manière qui serait universellement acceptée comme juste.
    C'est pourquoi Amartya Sen s'écarte aujourd'hui, résolument et définitivement, des théories de la justice qui veulent définir les règles et les principes qui gouvernent des institutions justes dans un monde idéal - dans la tradition de Hobbes, Rousseau, Locke et Kant, et, à notre époque du principal penseur de la philosophie politique, John Rawls. Sen s'inscrit dans une autre tradition des Lumières, portée par Smith, Condorcet, Bentham, Wollstonecraft, Marx et Mill : celle qui compare différentes situations sociales pour combattre les injustices réelles.
    La démocratie, en tant que "gouvernement par la discussion", joue dans cette lutte un rôle clé. Car c'est à partir de l'exercice de la raison publique qu'un peut choisir entre les diverses conceptions du juste, selon les priorités du moment et les facultés de chacun. Ce pluralisme raisonné est un engagement politique: le moyen par lequel Sen veut combattre les inégalités de pouvoir comme les inégalités de revenu, en deçà de l'idéal mais au-delà de la nation, vers la justice réelle globale.
    Il importe d'accroître les revenus, mais aussi de renfoncer le pouvoir des individus de choisir, de mener la vie à laquelle ils aspirent. C'est ainsi qu'une personne devient concrètement libre. L'idée de justice représente l'aboutissement de cinq décennies de travail et de réflexion, mais aussi d'engagement dans les affaires du monde.

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