Librairie Droz

  • La chanson de Roland

    Collectif

    Il existe de la Chanson de Roland, deux traditions, et l'édition du Professeur C. Segre les présente toutes deux de manière exhaustive. Le premier volume est consacré au texte de O (Oxford), corrigé là où cela s'impose, mais en indiquant exactement, dans l'apparat, les variantes du manuscrit et les conjectures de l'éditeur. Le second volume présente de manière synthétique et discute dans le détail de la tradition ß, y compris les textes nordiques (moyen-allemand, norrois, gallois, moyen-néerlandais), dont le témoignage se révèle souvent déterminant. Entre les nombreux cas où O apparaît comme le plus proche de l'archétype, et ceux où le recours aux manuscrits de la tradition ß se révèle utile, les discussions du second volume indiquent une gamme de corrections possibles, d'alternatives et d'hypothèses génétiques, et permettent de voir comme en relief le développement de la Chanson de Roland, du point de vue de son contenu comme celui du style, tel que l'atteste l'ensemble de la tradition.
    Par rapport à l'édition de 1971 de la Chanson de Roland, que le Prof. Segre avait publié à Milan, tout a été revu, remanié et mis à jour, texte et commentaire. Tous les commentaires, précédemment en italien, ont été traduits en français par les soins de Mme Tyssens, Professeur à Liège.

  • La Suite du roman de Merlin est une continuation du Merlin en prose attribué à Robert de Boron. Elle raconte les premières années du règne d'Arthur après l'élection au trône du jeune souverain. Durant ces années, Arthur consolide son pouvoir et la révélation du secret de sa naissance met un terme aux doutes de ses barons, qui l'acceptent définitivement comme roi quand ils apprennent qu'il est le fils d'Uterpandragon. Il épouse Guenièvre et reçoit la Table Ronde... Pourtant, à la différence de la Suite-Vulgate, la Suite du roman de Merlin n'est pas une simple chronique des débuts du règne d'Arthur, car l'auteur a introduit dans son oeuvre un sombre climat de fatalité. L'inévitable catastrophe qui mettra un terme à l'épopée arthurienne trouve son origine dans l'inceste commis par le jeune roi avec sa soeur, la reine d'Orcanie, relaté dès le début du roman.
    Première édition qui tienne compte du manuscrit de Cambridge, inconnu de G. Paris, manuscrit qui porte la trace d'un réel remaniement. Gilles Roussineau donne par ailleurs une très fine analyse de la langue des manuscrits dans son introduction et munit son édition de tous les outils nécessaires à sa lecture et à son étude.

  • Intitulé République des Lettres, République des Arts, ce volume de « Mélanges » témoigne du rayonnement scientifique de l'oeuvre de Marc Fumaroli et manifeste les nombreux liens d'amitié qu'il a noués au long de sa carrière à la Sorbonne et au Collège de France, pendant ses séjours dans les universités d'Europe et d'Amérique, et qu'il continue d'entretenir depuis l'Académie française. Les trente-trois auteurs participant à cet ouvrage explorent les multiples aspects de l'histoire de la culture et des représentations, des formes symboliques et des genres d'expression qui ont suscité l'intérêt de Marc Fumaroli, de la Renaissance au XIXe siècle, en passant par l'âge Baroque et les Lumières. Institutions savantes et diffusion des doctrines ou des croyances ; mythes littéraires et lieux communs de l'imagination profane ou sacrée ; figures du discours et catégories esthétiques ; action et fonctions de la rhétorique ; rapports de la parole éloquente avec la raison ­politique et philosophique, avec la vie sociale et la création artistique : autant de sujets traversés par l'érudition et la pensée de Marc Fumaroli, dont les contributions ici réunies illustrent la fécondité.

  • Dans le sillage des attentats contre Charlie Hebdo, un journal français a publié une chronique intitulée : « Tuer un homme, ce n'est pas défendre une idée, c'est tuer un homme ». Curieusement il n'était pas mentionné que la citation était de Sébastien Castellion, écrite en réaction à l'exécution de Michel Servet (1553). Démonstration éclatante s'il en fallait de l'infortune qui s'attache à la destinée posthume de l'humaniste réformé. Inconnue du grand public, ignorée ou minimisée par nombre d'historiens, sa pensée se révèle pourtant d'une rare pertinence dans les périodes où la liberté de penser et la tolérance sont en recul. Bien des signes montrent que nous entrons dans une période de ce genre. Le Jubilé de Vandoeuvres 2015 n'a eu d'autre ambition que de poser un jalon contre l'oubli d'une figure qui a contribué à faire entrer l'Occident dans le monde moderne. Quatre des meilleurs connaisseurs actuels de son oeuvre, Marie-Christine Guéraut-Gomez, Max Engammare, Michel Grandjean et Philippe Fromont ont apporté leurs éclairages complémentaires. En les publiant, nous espérons contribuer à une réflexion sur notre époque pleine de risques.

  • Qu'entend-on par Réforme radicale ? L'expression a paru en 1957 sous la plume de l'historien G. H. Williams, qui la définissait en relation avec les Eglises protestantes magistérielles. Ce mouvement complexe naissait à l'intérieur de la Réforme, dont il partageait les principes et les instances de renouvellement religieux. Il offrait toutefois des orientations et des issues différentes, qui se sont avérées fondamentales pour le développement dans le monde moderne de valeurs telles que la liberté, la tolérance, la dignité individuelle, la sécularisation de l'Etat et de la société. L'absence d'un corpus doctrinaire et d'une organisation homogène a permis à la Réforme radicale de faire émerger des parcours individuels, communautaires et sectaires, souvent confrontés à la persécution et à la clandestinité. Les conceptions religieuses de ces hommes donnèrent naissance au spiritualisme, à l'anabaptisme et à l'antitrinitarisme. Ce volume présente une reconstruction de l'histoire du mouvement et une remise à jour du débat historiographique.

  • Les humanistes ont joué un rôle essentiel dans l'élaboration de la critique littéraire et la constitution de la poétique comme discipline distincte de la grammaire et de la rhétorique. Ils ont conditionné la réception des traités antiques, en particulier la Poétique d'Aristote et l'Art poétique d'Horace, et ont problématisé des concepts appelés à une grande fortune, comme la mimèsis, la catharsis, le decorum ou l'ut pictura poesis. Ils ont apporté des éléments théoriques originaux, élaboré des taxinomies génériques complexes et repensé les systèmes de classification des arts. Cette Anthologie offre une vision synthétique des textes théoriques latins en Europe, du Trecento à la fin du XVIe siècle. Elle présente les principaux penseurs et leur art poétique, analyse les notions clefs et propose un choix de textes emblématiques, édités, traduits et contextualisés. Un bel outil de travail pour penser l'utilité de la poésie, la création, l'histoire littéraire et les normes esthétiques.

  • Avec son célèbre blason du « Beau tétin », composé en exil à Ferrare en 1535, Clément Marot a lancé un véritable phénomène de mode, celui des blasons anatomiques du corps féminin, dont le succès ne s'est jamais démenti dans l'histoire de la poésie française. Considérés dans ce volume comme un objet d'étude à part entière, les recueils de Blasons anatomiques sont non seulement ramenés à leur origine historique sous le règne de François Ier, interrogés dans leurs intentions esthétiques et morales, mais aussi envisagés comme une véritable pierre de touche permettant de mieux apprécier d'autres pratiques qui, elles aussi, touchent au corps et à ses représentations à la Renaissance. On entend ainsi esquisser une histoire du blasonnement anatomique depuis l'Antiquité jusqu'au XVIIe siècle, à partir du travail des écrivains, poètes et prosateurs, mais aussi des graveurs, des musiciens et des peintres, et cela sous le regard complice ou suspicieux des médecins, des philosophes et des théologiens.

  • Les minutes des séances du Consistoire pour cette année nous révèlent le début de plusieurs conflits importants qui culminèrent en 1555 avec la défaite d'Ami Perrin et des Enfants de Genève face à Calvin. À la suite de la querelle entre Calvin et Bolsec à propos de la prédestination et le libre arbitre, nous retrouvons plusieurs souteneurs de Bolsec devant le Consistoire. En 1551, le Consistoire doit aussi faire front à plusieurs Genevois mécontents du pouvoir grandissant des pasteurs et du nombre de réfugiés qui cro^t rapidement. Des citoyens influents, tels que Philibert Berthelier et Jean-Philibert Bonna, un membre du Consistoire lui-même, se rebellent et tentent de restreindre l'autorité du Consistoire et des pasteurs. Ayant déjà réussi à détourner les Genevois des pratiques catholiques, le Consistoire peut maintenant se concentrer sur d'autres affaires morales. Ainsi, dans ce registre, on trouve beaucoup de personnes convoquées pour avoir dansé, joué aux jeux de hasard ou chanté des chansons profanes. Le Consistoire semble se concentrer en particulier sur le problème des blasphémateurs à tel point que, vers la fin de 1551, le Petit Conseil publie une ordonnance contre les serments frivoles et les blasphèmes. En plus, les actions du Consistoire contre la sexualité illicite continuent à être courantes, ainsi que les questions matrimoniales et les tentatives de réconciliation entre des parties adverses.

  • Dans la relation des nombreuses aventures qui nous sont contées, l'idéal héroïque de la chevalerie errante anime la quête des chevaliers, qu'il s'agisse de Tristan ou des compagnons de la Table Ronde. Les joutes et les combats à l'épée se multiplient... Dans le royaume de Logres, terre d'élection des chevaliers errants, les héros sont reçus avec générosité partout... Textes jusqu'ici inédits, malgré leur grande beauté.

  • Ce volume collectif met en valeur le Calvin littéraire, à l'occasion du cinquième centenaire de sa naissance. Les contributions s'emploient à approfondir ce qui, dans le rapport du Réformateur à l'écriture et à la Bible, et dans son rayonnement auprès des écrivains du XVIe siècle (à travers une série d'échanges, d'influences, d'interactions et de rapprochements possibles), témoigne d'une appréhension humaniste des textes et de l'homme, comme de l'inscription d'une pratique littéraire dans une anthropologie humaniste. Cet "humanisme" de Calvin - avec toutes les ambiguïtés que la notion comporte - a été étudié selon trois axes majeurs : l'axe culturel bien sûr, à travers l'étude d'un milieu de formation, d'une communauté d'arrière-plans et d'un ensemble de références culturelles, antiques en particulier, mais aussi l'axe anthropologique et l'axe philologique de sa relation à l'écriture et à la langue française, qu'il contribue largement à clarifier et à simplifier en la libérant du latin. Le volume s'attache surtout à mettre en évidence les liens qui existent entre la formation de Calvin, l'anthropologie qu'il propose, et sa pratique stylistique.
    Ainsi réunies, les diverses approches des spécialistes sollicités permettent d'établir que ce qui semble inscrire Calvin dans un ordre de référence humaniste est toujours remis en cause au nom d'une anthropologie repensée, questionnant la notion d'"humanisme" même, en dialogue avec une communauté d'"humanistes". Deux aspects de l'écriture calvinienne structurent en particulier la réflexion menée dans ces pages: les tensions d'un héritage, parce que le rapport à l'écriture convoque, et repense, à travers des références humanistes et au-delà d'elles, toute une anthropologie propre; et une écriture de combat, qui permet de voir comment ce rapport aux textes et aux hommes se traduit concrètement dans un style qui a fait reconnaître Calvin comme écrivain, "illustrateur" de la langue française.

  • Cette nouvelle série de publications des registres du Petit Conseil de Genève poursuit celle entreprise au siècle passé par E. Rivoire et V. van Berchem, qui couvre les années 1409-1536, interrompue en mai 1536 avec l'adoption officielle de la Réforme, quelques semaines avant l'arrivée de Jean Calvin à Genève. Les mois suivants (mai-décembre 1536) font l'objet de la présente publication ; ils constituent une période décisive pour l'avenir de la Seigneurie. En politique extérieure, cette dernière doit affirmer son indépendance à l'égard des Bernois qui occupent, depuis février 1536, les bailliages savoyards de Gex et de Ternier, encerclant ainsi complètement Genève, et qui ont remplacé le duc de Savoie Charles III dans ses prérogatives judiciaires dans les terres de Saint-Victor et Chapitre, sous dépendance genevoise. Elle doit également défendre les intérêts de ses bénéfices ecclésiastiques en Faucigny, territoire appartenant à Charlotte d'Orléans, duchesse de Nemours, alors sous protectorat français. Enfin, en politique intérieure, soutenue par Guillaume Farel, la Seigneurie proclame des édits et prend des mesures disciplinaires pour mettre en place la nouvelle doctrine religieuse. Cette édition est enrichie de nombreuses pièces annexes provenant des Archives d'Etat de Genève, de Berne et de la Bibliothèque nationale à Paris.

  • Depuis les travaux précurseurs de William Monter et de Bob Kingdon voici vingt ans, tous les spécialistes du XVIe siècle, des sociologues de la religion aux historiens des mentalités, des chercheurs calviniens aux historiens de la langue française, tous attendaient une édition des registres du Consistoire de Genève, cette institution de contrôle des moeurs et des idées religieuses. Ces registres dépeignent avec précision les idées et comportements du menu peuple face aux bouleversements de la révolution religieuse que fut la Réforme calvinienne. Ce premier tome couvre les années 1542-1544, années pendant lesquelles les nombreuses traces de "papisme" sont traquées dans la population (cierges, prières, livres d'Heures, etc.), années d'enseignement réformé pour des Genevois qui doivent se faire à la nouvelle religion en fréquentant sermons et leçons de catéchisme. Des affaires de moeurs au sens propre, promesses de mariage rompues, adultères ou femmes battues, sont également traitées par les membres du Consistoire, alors qu'un bâtier qui tient taverne doit absolument y placer une bible en bonne place... Il a du mal à s'exécuter.

  • Les deux pièces présentées ont la caractéristique d'être les deux seuls exemples français qui nous soient restés d'un genre dramatique qui fut en son temps aussi florissant que populaire: le jeu de Carnaval. Ces textes, souvent écrits "a grand haste", voire improvisés, rabaissant l'Eglise et la Noblesse, établissant ainsi l'égalité sociale. Le Carnaval était fait pour le peuple et les spectateurs n'y assistaient pas, mais le vivaient en apportant leur participation.

  • Ce tome XI contient six textes: "La résurection de Jenin Landore" ;"George le Veau"; "Les Trois Amoureux de la croix" ; "Le Poulier" ; "L'abbesse et Soeur Fessue" ; "L'Aveugle et le Boiteux".

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Ce deuxième tome des Registres de la Compagnie des Pasteurs de Genève au temps de Calvin présente le texte du registre B, qui contient notamment l'accusation et les discussions théologiques entre la Compagnie des Pasteurs et Michel Servet, dans le cadre du procès intenté à ce dernier par les autorités civiles.

  • Le troisième volume des Registres de la Compagnie des pasteurs de Genève marque le début, ou plutôt la « relance », d'une édition qui devra nous conduire au moins jusqu'en 1618, date du Synode de Dordrecht. C'est en juin 1966 que l'on reprit l'idée de continuer le travail de MM. Bergier et Kingdon. {p. VIII}Le Fonds national de la recherche scientifique suisse accepta de prendre à sa charge les frais de la préparation de l'édition sous la responsabilité de MM. Louis Binz et Alain Dufour.

  • Le volume de 1537 de la nouvelle série de publication des registres du Conseil est d'une grande richesse pour l'histoire juridique, économique, sociale et religieuse de Genève. Sur le plan de la politique extérieure, la situation par rapport à l'année précédente est toujours aussi pesante, sinon davantage. La Seigneurie doit lutter simultanément sur trois fronts pour sauvegarder son indépendance politique et défendre ses intérêts économiques : elle doit obtenir la reconnaissance des biens des institutions ecclésiastiques sécularisées, lutter pour sauvegarder le mandement de Thiez contre les prétentions de la duchesse de Nemours et contenir les visées expansionnistes des Bernois. En matière de politique intérieure, la Réforme est source de nombreux réglements qui suscitent un malaise parmi la population, d'autant qu'ils sont accompagnés de mesures disciplinaires impopulaires. Au fil du registre 1537, il devient manifeste que le climat de confiance se détériore entre le Petit Conseil qui, dans sa grande majorité, soutient les ministres d'une part et d'autre part la population qui s'oppose à la discipline ecclésiastique dictée et imposée par des ministres étrangers. La révolte gronde dans la rue et les syndics sont tiraillés entre les ministres et la population. Le mouvement de réforme semble fort compromis, car pour regagner la confiance de ses sujets, la Seigneurie ne peut que se désolidariser de l'action menée par les ministres, en refusant d'empêcher les citoyens qui n'ont pas signé la confession de foi de se présenter à la sainte Cène.

  • Sommaire: A.Legros "Que sais-je de Montaigne?"; J.O'Brien "Si avons nous une tres-douce medecine que la philosophie"; K.Sellevold "Phônai skeptikai et expressions modalisantes, ressemblances et différences"; A.Legros "Colloque pour voix sceptiques et parole(s) divine(s) entre librairie et 'Apologie'"; S.Giocanti "Quelle place pour Dieu au sein du discours sceptique de Montaigne?"; M.Habert "Aspects sceptiques de la traduction de Sebond"; J-C.Margolin "D'Erasme à Montaigne: l'écriture de l'opinion et la double voie de la croyance"; B.Pinchard "Humanisme de la chose, humanisme de la glose. Cajétan et Montaigne"; S.Geonget "Perplexité et scepticisme dans les Essais ou la souris et le ver à soie (III, i)"; O.Guerrier "Le champ du 'possible': de la jurisprudence aux Essais"; K.Almquist "Du prêt et de l'usufruit des images. Le droit de la propriété dans la pensée sceptique de Montaigne"; P.Desan "Montaigne et le doute judiciaire"; J-L.Viellard-Baron "Croire ou ne pas croire? Montaigne et la foi"; E.Naya "Le doute libérateur: préambules à une étude du discours fidéiste dans les Essais"; T.Gontier "L'essai et l'expérience. Le scepticisme de Montaigne par-delà le fidéisme"; N.Panichi "La raison sceptique comme figure de l'ethique"; A.Tournon "La question du Préteur"; J.Balsamo "La critique des dispositions testamentaires: un scepticisme peu philosophique; G.Defaux, "Montaigne et l'expérience: réflexions sur la naissance d'un philosophe sceptique - et 'impremedité'"; D.Brancher "'N'y plus ne moins que la rubarbe qui pousse hors les mauvaises humeurs': la rhubarbe au Purgatoire"; M-L.Demonet "Du jeton à l'éponge"
    A ceux qui cherchent sa "matière", Montaigne offre sa "manière"; ceux qui s'arrêtent à son style, il les renvoie à sa pensée. Terrain de la rencontre: l'art de douter et/ou de croire, le doute comme art et comme hygiène, le scepticisme comme écriture, le traitement que cette écriture fait subir aux trois grandes sciences de l'époque, théologique, juridique, médicale. Il est question dans ce volume, autour de Montaigne et avec lui, de Sextus Empiricus et de Diogène Laërce, de Raymond Sebond, d'Erasme, de Cajetan, de La Boétie, de Ponce Pilate et de Dieu, mais aussi de souris et de vers à soie, de rhubarbe purgative, de jurisprudence et de testaments; sans oublier les grand sujets attendus: éthique, raison et expérience, foi et "fidéisme", opinion et croyance... Quatre sections: traits (J. O'Brien, K. Sellevold, A. Legros, S. Giocanti, M. Habert), conférences (J.-C. Margolin, B. Pinchard, S. Geonget, O. Guerrier, K. Almquist, P. Desan), dogmes (J.-L- Vieillard-Baron, E. Naya, T. Gontier, N. Panichi), expériences (A. Tournon, J. Balsamo, G. Defaux, D. Brancher); avec une bibliographie générale et un index des noms.

  • Souvent considérée, avec la Chanson de Roland dont elle subit l'influence, comme l'une des plus anciennes oeuvres littéraires en langue française, la Vie de saint Alexis prend sa source dans une légende constituée à Edesse au cours du Ve siècle. Né à Rome (Constantinople dans la réalité historique) d'une famille de très haut rang, Alexis refuse de consommer le mariage que son père lui veut imposer et s'enfuit à Edesse, où il passe dix-sept ans incognito, en prière, mortification et privations. Puisqu'à la suite d'un miracle on veut l'élever à la dignité d'évêque, il refuse cette charge et embarque à nouveau. Porté par les vents, il retourne à Rome, où il vit encore dix-sept ans, déguisé en mendiant, logeant sous l'escalier du palais de son père, sans que personne, pas même ses parents ni son épouse, le reconnaisse. Avant d'expirer, il écrit l'histoire de sa vie sur un parchemin, afin qu'on puisse l'identifier. Ce poème anonyme en ancien français, ici accompagné d'une traduction en français moderne, est l'un des plus beaux textes hagiographiques que le Moyen Age nous ait transmis.

  • Ce volume présente une grande diversité d'approches sur la personne et l'oeuvre du réformateur français. L'histoire religieuse occupe évidemment la première place, mais elle s'enrichit de la philologie, de l'histoire du livre et du droit, ou des rapports de spécialistes plus spécifiquement littéraires. On a voulu que l'attention prêtée à l'homme et à son oeuvre, à la genèse et au développement de celle-ci, s'appuie sur l'étude des rencontres biographiques et intellectuelles, des discussions, des collaborations, des influences et des ruptures qui rapprochent, distinguent le réformateur de ses contemporains, ou l'opposent à eux. L'élargissement du cadre historiographique, si sensible dans les études calviniennes de ces dernières décennies, en direction des réseaux sociaux et institutionnels, ou des questions liées aux moyens et aux supports de la communication (écriture, prédication, livre imprimé) va ainsi de pair avec la mise en relief du rôle et de la physionomie individuelle du réformateur. Il en ressort l'image d'un réformateur, certes exclusiviste dans certains de ses choix, mais dont la pensée manifeste aussi une capacité d'adaptation polymorphe.
    Avant-propos de Olivier Millet. Articles de O. Carpi-Mailly, F.P. van Stam, M. Turchetti, F. Higman, M. Engammare, E.M. Braekman, J.E. Olson, D. Ménager, J.-F. Gilmont, Y. Tatarenko, Ch. Burger, I. Backus, M.-M. Fragonard, B. Roussel, M. Reulos, P. Lienhardt, V. Mellinghoff-Bourgerie, F. Lestringant et A. Pettegree.

  • Professées en latin entre 1559 et 1563 à l'Auditoire de Genève, les Praelectiones in librum prophetiarum Jeremiae sont l'oeuvre de la fin de la vie de Calvin. Sténographié sur place, dédicacé à l'Electeur Palatin, l'ouvrage est publié en septembre 1563 par Jean Crespin, accompagné des Lamentationes (non reprises ici). Au XVIe s., il n'a connu que trois éditions et une traduction en français en 1565, puis n'a été repris que dans des éditions collectives à partir du XVIIe s. Calvin donne ses leçons selon le principe de la lectio continua : chaque verset est cité (souvent déjà glosé) en latin, puis accompagné d'un commentaire de longueur variable. La richesse de ces commentaires peut s'explorer d'un quadruple point de vue : d'abord, celui de la rhétorique: il s'agit d'une argumentation pour la parole prophétique de Jérémie auquel l'auteur s'identifie, explicitement ou non. Celui de la philologie (extrême attention à la lettre du texte bien que Calvin ne soit pas un hébraïsant confirmé). Celui de l'histoire avec un intérêt marqué pour les realia bibliques. Celui enfin du "style biblique", qui met en tension les principes de la copia (anaphores, synonymie) et de la brevitas (épiphonèmes). La présente édition élucide les citations et allusions aux nombreux interpretes antiques, médiévaux ou contemporains de Calvin, ainsi qu'à la Bible. Le texte des Prælectiones est encore comparé à celui des sermons sur Jérémie, donnés en français. Un index et la publication de l'édition française de 1565, disponible en POD et sur le site Calvin et Genève 16, sont des outils qui facilitent la consultation.

  • OEuvre du célèbre juriste Jean Bodin, De la démonomanie des sorciers deviendra rapidement le manuel de référence des juges siégeant aux procès de sorcellerie. A l'aube de la plus intense période de persécution en France, le juriste se propose de définir "le sorcier", d'élucider ses machinations clandestines, et de fournir un mode d'emploi visant à faciliter l'instruction des procès en sorcellerie, depuis les dénonciations et les interrogatoires jusqu'au bûcher. Bodin se distingue de ses prédécesseurs par sa démarche comparatiste, par des intérêts hétérodoxes qui dépassent largement les cadres de la théologie chrétienne, et par la considérable érudition qu'il apporte au service de sa cause. Basée sur l'editio princeps de la Démonomanie (1580), la présente édition inclut les variantes de 1587, ainsi qu'un appareil critique destiné à faciliter la lecture de cet impitoyable traité.

  • Les registres de ce dixième volume du Consistoire de Genève datent de 1555, une année clé pour le succès de Calvin et de son régime disciplinaire. Une émeute en mai donne l'occasion au réformateur et à ses partisans de purger la ville des opposants à la discipline calviniste et au parti alors au pouvoir. Après ces événements, l'autorité de Calvin et du Consistoire n'est plus jamais remise en question de son vivant. Les registres de 1555 fournissent un aperçu fort intéressant sur les conflits qui secouent Genève à cette époque. Ils montrent aussi une certaine continuité avec les actions prises par le Consistoire pendant les années précédentes ; par exemple, le blasphème et la paillardise restent parmi les délits les plus poursuivis. Cependant, ayant accru son pouvoir, le Consistoire est maintenant capable d'intenter des actions contre des comportements qui avaient été largement négligés auparavant. La magie et la superstition, par exemple, sont plus vigoureusement combattues, surtout en ce qui concerne la consultation de guérisseurs. Pendant les années successives, le Consistoire élargira d'avantage son champ d'action et deviendra encore plus efficace dans ses efforts de changer le comportement des Genevois.

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