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  • Apocalypse cognitive

    Gérald Bronner

    • Puf
    • 6 Janvier 2021

    La situation est inédite. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons disposé d'autant d'informations et jamais nous n'avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l'humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar. Le déferlement d'informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention. Nos esprits subissent l'envoûtement des écrans et s'abandonnent aux mille visages de la déraison.

    Victime d'un pillage en règle, notre esprit est au coeur d'un enjeu dont dépend notre avenir. Ce contexte inquiétant dévoile certaines des aspirations profondes de l'humanité. L'heure de la confrontation avec notre propre nature aurait-elle sonné ? De la façon dont nous réagirons dépendront les possibilités d'échapper à ce qu'il faut bien appeler une menace civilisationnelle.

    C'est le récit de cet enjeu historique que propose le nouveau livre événement de Gérald Bronner.

  • " J'aime les définitions. J'y vois davantage qu'un jeu ou qu'un exercice intellectuel : une exigence de la pensée. Pour ne pas se perdre dans la forêt des mots et des idées. Pour trouver son chemin, toujours singulier, vers l'universel.
    La philosophie a son vocabulaire propre : certains mots qui n'appartiennent qu'à elle, d'autres, plus nombreux, qu'elle emprunte au langage ordinaire, auxquels elle donne un sens plus précis ou plus profond. Cela fait une partie de sa difficulté. Un jargon ? Seulement pour ceux qui ne le connaissent pas ou qui s'en servent mal.
    Voltaire, à qui j'emprunte mon titre, a su montrer que la clarté, contre la folie des hommes, était plus efficace qu'un discours sibyllin ou abscons. Comment combattre l'obscurantisme par l'obscurité ? La peur, par le terrorisme ? La bêtise, par le snobisme ? Mieux vaut s'adresser à tous, pour aider chacun à penser. La philosophie n'appartient à personne. Qu'elle demande des efforts, du travail, de la réflexion, c'est une évidence. Mais elle ne vaut que par le plaisir qu'elle offre : celui de penser mieux, pour vivre mieux. C'est à quoi ces 1 654 définitions voudraient contribuer. " A. C.-S.

  • Le prince

    Machiavel

    " pour un prince, donc, il n'est pas nécessaire d'avoir toutes les qualités susdites, mais il est tout à fait nécessaire de paraître les avoir.
    J'oserai même dire ceci : si on les a et qu'on les observe toujours, elles seront néfastes ; si on paraît les avoir, elles sont utiles. ".

  • Le livre fait le point sur la désobéissance civile et l'état de nécessité, juridiquement, historiquement et philosophiquement. Il rassemble des témoignages, des plaidoiries exemplaires et des jugements, des argumentaires et analyses en faveur de la désobéissance civile et des éclaircissements en matière de doctrine, tant en ce qui concerne l'engagement juridique de l'état de nécessité que le rôle du juge. Il permet de comprendre les limites, les raisons et la fonction des actions de désobéissance civile. Il met en lumière la pertinence de l'argument de l'état de nécessité dans le contexte qui nous échoit désormais. Dans un style précis mais accessible, il est utile à toute personne, qu'elle soit juriste, politiste, militante, journaliste, et à toute citoyenne ou citoyen qui veut réfléchir sur ces sujets

  • Recidive. 1938

    Michaël Foessel

    Tombé presque par hasard sur l'année 1938, un philosophe inquiet du présent est allé de surprise en surprise. Au-delà de ce qui est bien connu (les accords de Munich et la supposée "faiblesse des démocraties "), il a découvert des faits, mais aussi une langue, une logique et des obsessions étrangement parallèles à ce que nous vivons aujourd'hui. L'abandon de la politique du Front populaire, une demande insatiable d'autorité, les appels de plus en plus incantatoires à la démocratie contre la montée des nationalismes, une immense fatigue à l'égard du droit et de la justice : l'auteur a trouvé dans ce passé une image de notre présent.
    Récidive ne raconte pas l'histoire de l'avant-guerre. Il n'entonne pas non plus le couplet attendu du " retour des années 30 ". Les événements ne se répètent pas, mais il arrive que la manière de les interpréter traverse la différence des temps. En ce sens, les défaites anciennes de la démocratie peuvent nous renseigner sur les nôtres. Récidive est le récit d'un trouble : pourquoi 1938 nous éclaire-t-elle tant sur le présent ?

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  • Le 16 octobre 2020, la décapitation de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie dans un collège de banlieue parisienne, a constitué un nouveau cap pour le contentieux terroriste islamiste en France, provoquant une sidération générale. Treize jours plus tard, trois personnes perdaient la vie dans une église à Nice et le Moyen-Orient s'embrasait jusqu'à livrer une guerre d'idées à la France et à son Président, pour blasphème. Ces événements ont confirmé pour l'auteure la nécessité de réhabiliter le coeur de ce que l'idéologie islamiste tend à détruire : le sens des mots, du langage et donc de notre humanité.
    Ce livre repense la crise de l'expression et du langage que l'idéologie salafo-jihadiste met en lumière depuis son apparition sur le territoire français. À partir de l'analyse de l'expression populaire « J'vous l'jure sur le Coran de la Mecque », l'auteure dévoile l'existence d'une béance, d'un trou identitaire. Son usage révèle une quête de référencement à une culture mal connue mais également la béance existante entre un individu et sa religion. Face à ce trou, des « entrepreneurs religieux », qu'ils soient Frères musulmans, salafistes, tablighis ou jihadistes, ont investi le champ laissé par ce qui n'a pas été inscrit dans le récit familial comme national. L'islamisme masque les trous présents dans l'islamité fracturée et mal représentée en France, dans l'arabité encore abimée par le passé colonial, mais témoigne aussi d'un désir d'existence dans un monde ordonnancé par les Autres. À défaut de pouvoir refermer le trou d'un passé meurtri, quelques propositions tentent de dépasser la logique de haine associée à la mémoire du monde arabo-musulman, pour reconstruire un espace où l'histoire et les mots se réconcilient.

  • Entre 1966 et 1996, la France a procédé à 193 essais nucléaires en Polynésie. Le dernier sous la présidence de Jacques Chirac. En trente ans, le programme a laissé des traces : dans la société polynésienne, dans les corps de ses habitants et de nombreux vétérans, dans l'environnement de ce territoire vaste comme l'Europe. Grâce à l'exploitation de 2 000 pages d'archives déclassifiées, de centaines d'heures de calculs et des dizaines de témoignages, ce livre présente le résultat d'une enquête de plus de deux ans sur cette expérience collective, traumatique et encore taboue.
    Fruit d'une collaboration inédite entre un scientifique expert du nucléaire, un journaliste du média d'investigation Disclose et Interprt, un collectif d'architectes spécialisés dans l'analyse criminalistique, ce travail met au jour ce qui a longtemps été caché au public : les conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires français dans le Pacifique.

  • Chine et terres d'islam ; un millenaire de géopolitique Nouv.

    La Chine et le monde musulman représentent aujourd'hui environ la moitié de l'humanité. L'histoire de leurs relations est ancienne. Elles sont à l'origine de constructions impériales et de phénomènes d'acculturation qui ont façonné l'Eurasie et le Moyen-Orient. Leurs échanges se développent aux XIIIe et XIVe siècles sous l'impulsion de dynasties mongoles. Le choc de la modernité européenne a modifié les rapports de force, mais il n'a pas été suivi d'une démocratisation ou d'une occidentalisation de ces sociétés. De puissantes résistances s'y opposent. Atavismes ou traditions politiques réinventées semblent légitimer l'adhésion à des valeurs communes et des gouvernances autoritaires. En réalité, chaque acteur fait preuve d'un inépuisable pragmatisme avec des moyens de pression qui vont de la guérilla aux leviers idéologiques les plus divers.

  • Thanatocapitalisme : essais et entretiens Nouv.

    Ce que nous nommons la croissance aujourd'hui est en fait une excroissance, une prolifération qui détruit l'organisme social. D'une vitalité inexplicable et mortelle, ces excès métastasent et prolifèrent à l'infini. Arrivée à un certain stade, la production devient destructrice. Le capitalisme a depuis longtemps dépassé ce point critique. Ses pouvoirs destructeurs produisent non seulement des catastrophes écologiques ou sociales, mais aussi des catastrophes mentales.
    Les effets dévastateurs du capitalisme suggèrent l'influence d'une pulsion de mort. Sigmund Freud n'a initialement introduit le concept de pulsion de mort qu'après bien des hésitations. Il avoua immédiatement après qu'il "ne pouvait pas penser autrement " car ce concept avait acquis un grand pouvoir sur lui. Penser le capitalisme aujourd'hui ne peut se faire sans l'acceptation de cette pulsion.

  • Les candidats : novices et professionnels en politique Nouv.

    L'Assemblée élue en 2017 ne ressemblait à aucune autre. Rajeunie, féminisée, elle a aussi accueilli plus d'une centaine de novices au Palais Bourbon. Comment ces nouveaux venus se sont-ils ajustés à cette nouvelle vie ? Ont-ils transformé la politique, comme ils le promettaient, ou se sont-ils adaptés à elle ? Et d'ailleurs, pourquoi la campagne s'est-elle autant focalisée sur leur profil ? Au terme d'une enquête menée en immersion à l'Assemblée, mais aussi dans les archives, ce livre apporte des réponses à ces questions.
    Il part de l'irruption dans le monde politique de ces corps étrangers afin de brosser un tableau riche de la condition politique, d'hier à aujourd'hui. L'ouvrage est aussi une réflexion théorique sur l'attente en politique : à la fois mode de sélection des élus et instrument de leur normalisation. Il démontre l'illusion d'une promesse de changement fondée sur le seul renouvellement des personnes. En l'absence de réformes plus profondes, on se condamne à ce que tout change sans que finalement rien ne change.

  • Alors que les débats récents sur la réforme des retraites et la crise sanitaire ont attiré les regards sur les enjeux de la fin de vie, ce sont principalement les jeunes d'aujourd'hui qui supporteront les effets de cette réforme et la crise économique post-COVID19. Cet ouvrage traite de la situation des jeunes au travers de quatre prismes : le fait générationnel, les inégalités intra-générationnelles qui traversent la jeunesse, l'action publique à leur égard, et les conséquences politiques de cette situation. Après une présentation générale de la situation des jeunes en perspective comparée, spécifiant la particularité du modèle français de transition à l'âge adulte, le premier chapitre présente une cartographie des inégalités à la fois inter et intra-générationnelles, nuançant la thèse d'une « génération sacrifiée ». Les deuxième et troisième chapitres traitent de l'action publique en direction des jeunes (éducation puis politique sociale) et de la façon dont elle compense ou au contraire reproduit les inégalités sociales. Le quatrième chapitre analyse quant à lui les conséquences politiques de ces inégalités pour les jeunes générations. Le cinquième chapitre s'intéresse aux réponses que les jeunes peuvent apporter dans la lutte contre les inégalités.

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  • Économiste américaine, Anne Case est professeur émérite d'économie et d'affaires publiques, à l'Université de Princeton.
    Angus Deaton, professeur émérite à l'Université de Princeton, est prix Nobel d'économie (2015) « pour son analyse de la consommation, de la pauvreté et du bien-être ». Il est l'auteur de La grande évasion (Puf, 2016, rééd. « Quadrige » 2019).

  • Gilets jaunes, la révolte des budgets contraints Nouv.

    L'ouvrage propose un pas de côté en suivant les découvertes réalisées au fur et à mesure d'une enquête de terrain au côté des Gilets jaunes, à la fois sur la vie des ronds-points et le budget des familles : comment se déroule une occupation de rond-point et que nous apprend-elle sur la société française ? Qui sont les Gilets jaunes, et comment vivent-ils ? Le mouvement des Gilets jaunes est un formidable point d'entrée dans une foule de faits sociaux qui étaient jusqu'alors passés « sous les radars » et qu'il a brutalement rendu visibles : la route et ses enjeux, d'innombrables savoir-faire populaires, des réseaux de mobilisation insoupçonnés, des problèmes sur le marché du travail, des tensions budgétaires, un sentiment diffus d'injustice fiscale, le « système D » auquel il faut avoir recours pour faire face à toutes ces contraintes. Seul le croisement de ces différents éléments permet une compréhension large des Gilets jaunes et d'une frange socialequ'on entendait peu s'exprimer jusque-là.

  • Troubles dans le travail

    Marie-Anne Dujarier

    • Puf
    • 1 Septembre 2021

    Mot ubiquitaire, institution et valeur, le travail est au coeur des enjeux écologiques, sociaux et existentiels.
    Mais qu'est-ce donc que le travail ? Peut-on dire qu'un gamer, un stagiaire, un robot, un bureaucrate, un aidant familial, un consommateur ou un chien d'aveugle... travaillent ? Ce livre montre que la catégorie de pensée a pris trois significations sociales : l'activité, la production utile et l'emploi. Or elles sont aujourd'hui fréquemment disjointes dans notre société, caractérisée par de nombreux emplois inutiles et destructeurs, des emplois dont on ne peut pas vivre, des activités vitales non rémunérées, d'autres qui sont profitables mais qui ne sont pas vécues comme du travail, et même des productions utiles sans activité. La polysémie du mot et sa moralisation restent cependant forts utiles pour maintenir et justifier des rapports de force.

    Cet ouvrage propose de déplier le mot travail afin de penser ce que nous voulons faire au monde, avec des outils intellectuels affinés et scientifiquement fondés.

  • Comment des réseaux islamistes sont-ils parvenus à constituer des enclaves au coeur des quartiers populaires ? Comment des foyers idéologiques et institutionnels situés au Moyen-Orient arabe et au Maghreb ont-ils pu y diffuser avec succès leurs conceptions de l'islam ? D'Aubervilliers à Toulouse, d'Argenteuil à Champigny, Mantes-la-Jolie ou encore Molenbeek (Belgique), cet ouvrage étudie les stratégies et les pratiques des réseaux islamistes (Roubaix et Tremblay-en France viennent s'ajouter à cette liste dans l'édition augmentée).
    Il documente précisément le maillage de l'espace local qui, des lieux de culte à ceux de loisir et d'activités professionnelles, aboutit à la constitution de " territoires d'islam " en rupture avec la société française. Traçant la cartographie de cette géographie islamiste du pouvoir, les auteurs révèlent ses croisements, ses noeuds de communication, ainsi que les flux idéologiques, économiques et interpersonnels qui la traversent.
    Au centre de cette analyse, la prison offre un prisme exceptionnel et apparaît plus que jamais comme l'endroit où s'élaborent les nouvelles doctrines de l'islamisme. Dans cette édition augmentée, un chapitre inédit est consacré au vote communautaire lors des dernières élections municipales, incluant le moment Covid-19, et un autre aux parcours des responsables des attentats de 2015 : " Des Buttes-Chaumont à Charlie Hebdo ".

  • Avec ce premier livre en français destiné à un large public, le prix Nobel d'économie 2014 nous invite à partager sa passion pour cette discipline. Il défend une certaine vision de l'économie, science qui croise la théorie et les faits au service du bien commun, et de l'économiste, chercheur et homme de terrain.
    C'est dire que le lecteur pénètre dans l'atelier d'un économiste et voyage à travers les sujets affectant notre quotidien : économie numérique, innovation, chômage, changement climatique, Europe, État, finance, marché... En dressant un panorama des grandes problématiques de l'économie d'aujourd'hui, Jean Tirole nous fait entrer au coeur des théories dont il est le père.

  • Texte phare des sciences sociales, l´Essai sur le don, publié en 1925, a immédiatement suscité de nombreux commentaires. Ouvrant la sociologie durkheimienne à l´analyse ethnographique, il inscrit les sociétés du Pacifique, du potlatch amérindien à la kula mélanésienne, dans la culture occidentale.
    Dans une présentation essentielle, Florence Weber le situe dans l´histoire scientifique et politique du XXe siècle, et propose au lecteur d´explorer l´archipel des prestations sans marché.

     

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  • Nous voyons ou entendons parler tous les jours d'hommes et de femmes qui sont prêts à renoncer à leur intérêt immédiat, à leur confort, à leurs proches, et à prendre des risques, pour autrui. Et pour un autrui qu'ils ne connaissent même pas : des malades dont ils ne savent pas le nom, des SDF qu'ils veulent soulager, des migrants ou des otages qu'ils veulent sauver mais qu'ils n'ont jusque-là jamais rencontrés. Ils agissent avec dévouement et désintéressement alors que rien ne les y oblige en aucune façon. Pour que nous puissions comprendre leur engagement civique ou humanitaire, il fallait faire l'histoire de cette idée qu'il est possible de renoncer à soi-même pour autrui, de se sacrifier pour le bonheur de l'humanité, de faire de la souffrance et du chagrin une arme politique. Ce livre part donc de l'invention des héros civiques à Rome à la fin de la République et les suit à travers l'histoire, de l'humanisme italien à l'activisme révolutionnaire en passant par le culte de la gloire des monarchies européennes et la naissance du concept d'humanité.

  • Claude Lefort aura été l'un des analystes majeurs, avec Hannah Arendt, des totalitarismes du XXe siècle, tout en élaborant une des pensées les plus lucides sur la démocratie. Cet ouvrage réunit des essais-préfaces portant sur des grands textes (du XIIIe au XXe siècle) de la pensée politique occidentale. Constamment attentif au présent (et volontiers sur le ton mordant d'un polémiste), inlassable observateur de la vie politique française et internationale, il présente et redécouvre de grands classiques - Dante, Michelet, Quinet, Tocqueville - , mais propose aussi ses découvertes d'écrits nouveaux (comme le témoignage de déporté de Georges Petit ou l'essai de Cécile Vaissié sur le sort de la littérature en URSS). Lire, pour Lefort, fut toujours mettre radicalement en jeu sa propre pensée. Aujourd'hui, lire Lefort lecteur, c'est accéder au coeur d'une interrogation philosophico-politique parmi les plus puissantes de la seconde moitié du XXe siècle.

  • A partir d'une analyse minutieuse des tendances de l'économie et de la société globales, le livre opère une distinction entre déglobalisation et démondialisation : la déglobalisation désigne une reprise en main de l'économie par des acteurs appartenant à la sphère politique, au nom d'intérêts parfois opposés. La déglobalisation est une altermondialisation, mais le processus en cours est confus et peut déboucher sur quatre scénarios, suivant que l'emporteront les tendances à la coopération ou à l'hostilité d'une part, la quête de croissance des consommations d'énergie et de matière ou le désir de viabilité d'autre part.
    Pour chaque scénario, la position des principaux acteurs et leurs stratégies sont finement décrites et analysées. Le livre opte pour le scénario de "l'habiter terrestre" et propose une stratégie (notamment française, mais qui pourrait inspirer d'autres pays) pour le faire prévaloir sur les autres. Quatre nouvelles littéraires, écrites pour donner à voir chacun des quatre scénarios, complètent l'ouvrage.
    Elles sont disponibles en libre lecture sur la page ouvrage de notre site www. puf. com.

  • « Saisir la pensée scientifique contemporaine dans sa dialectique et en montrer ainsi la nouveauté essentielle, tel est le but philosophique de ce petit livre. » Cette phrase de Gaston Bachelard donne l'ambition du projet.
    En prenant pour modèle la révolution axiomatique des géométries non-euclidiennes, Bachelard démontre dans cet ouvrage publié pour la première fois en 1934 la nouveauté des théories physiques contemporaines - théorie de la relativité restreinte et générale et mécanique quantique. Celles-ci ont modifié les bases du savoir et rompu avec les représentations classiques. Bachelard en induit la nécessité de réviser en profondeur nos conceptions métaphysiques et les images qui s'y rattachent. Il analyse ainsi comment la relativité einsteinienne transforme les notions de temps et d'espace et la microphysique périme la notion de « chose ».
    À la lumière de ses analyses, la méthode scientifique apparaît comme « noncartésienne », c'est-à-dire qu'elle ne s'appuie plus sur un fondement absolu et des idées simples mais consiste, au contraire, à réviser constamment ses hypothèses pour mieux épouser la complexité des phénomènes.

  • À la fin du Moyen Âge, après des siècles d'abandon du lexique maritime antique, les écritures souveraines s'agitent soudain, car les mots d'une nouvelle accusation pénale sublime - le crime de piraterie des Latins - s'infiltrent dans les archives. Peu à peu, le lexique médiéval des « larrons de mer » se retire des rivages, tandis que s'avance le « pirate » : la France réinventait son criminel en mer au seuil de la modernité. Cette mécanique fut avant tout atlantique et royale : une invention, ou découverte, de la piraterie, telle une relique sainte du passé romain qui serait remontée à la surface avant d'être exploitée par les Valois pour ses vertus pénales.
    Cette apparition médiévale du pirate français est remarquable en ce qu'elle scrutait désormais l'obéissance des gens de mer, ainsi mis en sujétion par une inflexion terrible de la doctrine pénale. Le royaume de France, devenu une puissance maritime au XV siècle, livrait ici un nouveau récit pénal des navigations, dans lequel pirates et rois se combattaient, pour mieux transformer le statut de ses frontières atlantiques.

  • Le livre propose de substituer à la notion de "société civile" celle de "pratiques politiques autonomes", qui permet de saisir les caractéristiques particulières de chacune des initiatives prises par des associations ou des collectifs pour s'occuper d'un aspect de la vie collective ou politique d'une société. Il montre d'abord comment ces pratiques remplissent une fonction de socialisation politique que les institutions sociales ne parviennent plus à assurer.
    Il s'intéresse ensuite à un type particulier de ces pratiques : celles qui investissent le champ de la politique pour jouer un rôle dans l'activité de gouvernement. Ces pratiques composent ce qu'on nomme ici l'activisme sauvage. A partir des expériences d'exercice du pouvoir par des citoyens ordinaires, le livre analyse la légitimité de cet activisme, dégage ce qui le différencie du militantisme partisan traditionnel et montre comment il est en train de façonner une politique, en favorisant la vigilance des citoyens sur les conduites des pouvoirs en place ou en concourant aux élections locales ou nationales pour contribuer, si peu que ce soit, à changer de monde.

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