Pu De Paris-sorbonne

  • Tirés à part n. m. - Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte.

    En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Arnaud Esquerre partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "On y croit toujours plus qu'on ne croit. Sur le manuel vaudou d'un président" de Jeanne Favret-Saada.

    Croisant sorcellerie, droit et politique, un procès fait en 2008 par Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, à une maison d'édition ayant édité une poupée vaudou à son effigie, attire l'attention de l'anthropologue Jeanne Favret-Saada. Elle livre quelques mois plus tard une analyse magistrale de cette affaire dans un article présenté par le sociologue Arnaud Esquerre.

  • Cet ouvrage collectif et tiré d'un colloque international entend retracer, à l'aune de sources nouvelles et de questionnements renouvelés l'émergence et l'institutionnalisation de l'histoire des relations internationales comme nouveau champ académique (en France, mais en intégrant la dimension européenne - voire internationale - du sujet), des années 1920 aux années 1950, et en réalité bien au-delà.
    Il s'agit notamment d'étudier, à travers les figures bien connues des deux pères fondateurs de la discipline, Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle, les processus d'institutionnalisation qui caractérisent cette discipline d'un après-guerre à l'autre. Il s'agit pour les contributeurs de démontrer les spécificités de ce champ académique qui s'assume d'emblée comme histoire du temps présent et comme outil d'aide à la décision politique.
    Renouvin et Duroselle sont ainsi solidement replacés au sein de la communauté savante de leur époque, de même que l'ouvrage prend soin de les réinscrire dans le riche contexte politico-social de leur temps (guerres mondiales, guerre froide, construction européenne, etc.). La diffusion de cette nouvelle discipline hors des frontières nationales et le dialogue avec les historiographies étrangères est également bien pris en compte, de même que les rapports complexes avec la science politique.

  • Qu'est devenu aujourd'hui le "métier d'historien" dont parlait Marc Bloch ? En suivant le fil d'une expérience individuelle, ce livre s'interroge sur le travail de l'histoire, entendu dans un double sens. C'est d'abord le travail sur l'histoire, comme matériau de recherche, qui pose des questions intellectuelles mais aussi pratiques.

    Comment devient-on chercheur en histoire ? Que signifie lire, écrire, éditer des textes quand on est historien ? Quels sont les enjeux de l'enseignement de l'histoire ? Pourquoi participer à l'évaluation ou à l'administration au sein des institutions universitaires ? Qu'implique le fait d'intervenir dans la sphère publique ?

    Ces questions font le quotidien de l'historien autant, voire plus, que la fréquentation des archives et des bibliothèques.

    Mais, en filigrane, le travail de l'histoire désigne aussi, dans un sens qui mêle les dimensions personnelle et professionnelle, l'histoire au travail.

    Non seulement l'histoire comme flux temporel, qui transforme les êtres et les choses, mais aussi comme discipline, qui produit des effets sur celui qui la pratique et qui est, en retour, travaillé par cette histoire.

  • Le contrôle des migrations affectant le territoire d'un état est souvent conçu comme relevant de la seule compétence de celui-ci. Tout passage de frontières pourtant, tout séjour d'un étranger, met en contact plusieurs souverainetés et instaure échanges et négociations, souvent frictions. Les fondateurs du droit international moderne, que réunit à la fin du dix-neuvième siècle l'Institut de Droit International, en étaient conscients. Fins observateurs du monde de leur temps, qu'ils entendaient ordonner selon le droit, ils consacrèrent aux implications des mobilités humaines de milliers de pages et au meilleur moyen de les régler de nombreux débats. Soucieux d'instaurer un ordre des circulations libéral, condition à leurs yeux de la prospérité de chacun et de la paix entre les nations d'Occident. Ils entreprirent, non sans connaître de véritables succès, d'assurer un statut juridique aux étrangers résidant en Occident, de protéger les réfugiés de la vindicte des états, de dénoncer enfin les entraves trop manifestes à la liberté de circulation. La longue guerre civile que connut l'Europe, sa division entre aires d'influences rivales, l'affaissement de la civilisation européenne consécutif à la première guerre mondiale, ont fait tomber dans l'oubli leurs travaux autant que leurs réalisations, dont beaucoup ne survécurent pas à l'effondrement du monde qui les avait vu naitre. Ce livre retrace leur histoire et leurs combats, en un temps que marque à nouveau autant la nécessité d'un ordre mondial des mobilités humaines que l'apparente impossibilité de le faire advenir.

  • Ce dossier s'intéresse aux entrepreneurs africains, dans un contexte où ressurgissent nombre de discours politiques et médiatiques "pro-entrepreneuriat" sur le continent et où s'accumulent les dispositifs visant à promouvoir la création d'entreprise. Face aux images dominantes qui présentent l'entrepreneur comme un acteur stratège et rationnel, dont l'action est utile à la société et à lui-même, ce dossier adopte une posture critique, nourrie par de solides enquêtes de terrain qui participent à déconstruire les représentations de sens commun. Il fait le pari que c'est en analysant d'une part qui sont les créateurs d'entreprise en Afrique, quelles sont leurs trajectoires, ce à quoi ils aspirent et le sens qu'ils donnent à leur activité, et d'autre part quelles sont les dynamiques politiques, institutionnelles et sociales dans lesquelles ils s'inscrivent que l'on peut entrevoir la complexité des "traductions" et formes diverses que prend ce nouveau discours pro-entrepreneurial sur le continent. Ce dossier, par la diversité des contextes nationaux et des populations qu'il étudie, donne ainsi à voir la coexistence d'une infinité de déclinaisons de profils, d'hybridations et de recomposition dans les pratiques entrepreneuriales en Afrique.

  • A partir des questions matricielles que sont les migrations forcées, l'apatridie et la protection des minorités, cet ouvrage étudie l'internationalisation des droits de l'homme au lendemain de la Première Guerre mondiale. Il part d'un triple constat, celui d'un temps dominé par les logiques impériales et nationales occidentales, d'un activisme associant sociétés savantes juridiques et groupes d'intérêt transnationaux et qui subit l'ombre rétroactive de la Déclaration universelle de 1948.
    Ce livre est construit autour d'un moment-pivot : l'adoption, le 12 octobre 1929 à New-York, de la "Déclaration des droits internationaux de l'homme" par les juristes du prestigieux Institut de droit international. Ce projet est porté par le juriste russe exilé André N. Mandelstam, conseiller juridique des apatrides arméniens rescapés du génocide de 1915-1916 dans leurs recours adressés à la Société des Nations.
    New-York, Paris et Genève constituent les espaces qui polarisent les enjeux et contraintes de cette déclaration et du projet en 1933 de la transformer en une "Convention mondiale des droits de l'homme" alors même que le régime nazi s'établit en Allemagne. Pourtant, c'est bien dans ce moment que cette dynamique d'internationalisation des droits de l'homme s'effondre de manière abrupte, avec comme point d'orgue, la Guerre d'Ethiopie.
    L'Institut de droit international (société savante internationale), l'Académie diplomatique internationale (think tank), la Dotation Carnégie pour la paix internationale (fondation philanthropique) et la Section des minorités de la Société des Nations constituent les espaces sociaux principaux de cette étude, fondée sur des sources pour certaines inédites. En associant parcours, discours et pratiques des juristes internationalistes, ce livre montre que les droits de l'homme sont des entités instables, objets de luttes de définition et d'appropriation inscrites dans les enjeux du temps présent.
    Il propose de faire de l'ambivalence et du principe d'incertitude, sujets d'actualité s'il en est, des objets d'histoire.

  • Que Montesquieu ait le genre d'esprit de Montaigne, comme on a pu le dire à propos de l'auteur De l'esprit des lois, signifie en premier lieu que l'histoire de tous les hommes qui ont vécu s'offre d'abord pour lui comme une sorte de présent universel. L'écoulement temporel n'implique pas que l'histoire du monde soit partagée en époques. Et les faits historiques se disposent dans un milieu temporel homogène. Ainsi Montesquieu rompt-il radicalement avec la conception chrétienne de l'histoire qui suppose, quant à elle, des époques et donc une altération radicale de notre rapport au temps historique à partir de la venue du Christ.

    Mais Montesquieu pense évidemment le rapport de l'avant et de l'après, la différence de l'Ancien et du Moderne. L'enjeu est alors de comprendre comment cette différence peut être prise en compte sans faire intervenir un partage des époques de l'histoire universelle. Montesquieu est un jurisconsulte et un historien du droit. Et c'est dans la connaissance du droit français et du droit romain, de leur filiation, qu'il trouve les concepts qui président à l'interprétation de l'histoire.

    Il y découvre en particulier un modèle de production du droit qui est celui de l'équité romaine et du droit prétorien ainsi qu'une certaine idée de la nouveauté qui se manifeste comme retour d'un passé occulté et non sous la forme d'un commencement absolu. Sous cette double hypothèse, les concepts de la philosophie politique et les faits de l'histoire universelle s'ordonnent dans l'Esprit des lois en vue de la constitution d'une summa ratio qui n'est pas celle d'un législateur, mais plutôt de l'esprit législateur à l'oeuvre dans l'histoire.

  • Ce livre propose de comprendre la prison à partir de ses espaces : l'atelier, la rotonde, le service médico-psychologique régional, la cellule, la fenêtre, le rond-point.
    De 2014 à 2016, les auteurs ont investi les détentions de cinq prisons belges et françaises : le centre de détention de Muret, les établissements pour peines de Namur, Ittre et Marche-en-Famenne et le centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone. Ils sont allés à la rencontre de ceux qui les ont fabriqués, ceux qui y travaillent ou y sont enfermés.
    Cette enquête, complétée par un patient travail d'archives et la prise de nombreux clichés, appréhende les modalités d'appropriation de ces espaces. Aménagements et réaménagements des lieux, recours à la lumière naturelle, utilisation de matériaux, coloris, éléments de décoration, sont au coeur de l'ouvrage et permettent de saisir les fonctions, les histoires, voire les identités des lieux de la prison et des conduites qui s'y tiennent.
    C'est en progressant dans la lecture de ce livre que se justifie l'importance d'une étude au plus près des usages spatiaux de la détention : lorsque s'esquisse une « prison mosaïque », somme de missions contradictoires, perceptibles jusque dans sa fabrique, jusque dans les manières dont son bâti est usité.

  • Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret.
    Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte. En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Liora Israël partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "La force du droit. Éléments pour une sociologie du champ juridique" de Pierre Bourdieu.

  • Les événements terroristes appellent une réflexion sur l'Etat. En effet, l'Etat est affecté, sinon dans son existence, au moins dans ses éléments constitutifs : sa souveraineté, sa population et son territoire. Les attentats qui se sont déroulés à Paris et Saint-Denis aux mois de janvier et novembre 2015 en sont l'un des derniers témoignages les plus saisissants. Tout se passe comme si, au-delà des effroyables assassinats, au-delà de ces drames individuels, l'Etat lui-même avait été frappé au cur.
    En réponse, le peuple tout entier, ou en tout cas une part significative de celui-ci, s'est spontanément et massivement rassemblé dans les rues le 11 janvier 2015 pour réaffirmer son unité et, à travers elle, sa puissance. Territoire, peuple, souveraineté, Etat. Le terrorisme trouve face à lui les concepts premiers du droit public. Le juriste, spécialement le publiciste, est comme invité à réfléchir.
    Mais il y vient presque avec étonnement. Le terrorisme est assez peu étudié sous l'angle du droit public. D'ordinaire, l'analyse est plutôt effectuée par le biais de branches plus spécialisées du droit. Le droit pénal, le droit européen et le droit international sont en effet davantage mobilisés pour l'étude du terrorisme. Il faut aussi reconnaître que l'Etat cherche, avant tout, à arrêter et juger pénalement les terroristes.
    Cette répression implique une coopération européenne et internationale dès lors que le terrorisme dépasse les frontières de l'Etat. Mais qu'en est-il du terrorisme sous l'angle du droit public et, en particulier, du point de vue de l'Etat lui-même ? Quels sont les rapports, les liens, entre l'Etat et le terrorisme ? Avant tout, comment identifie-t-on le terrorisme ? Quel est le pouvoir ou, simplement, l'influence de l'Etat dans cette identification ? Et quelles sont les réactions de l'Etat contre le terrorisme ? Comment réagissent les institutions administratives de l'Etat ? Qu'en est-il de ses autorités politiques ? Ces réactions visent-elles seulement à lutter contre le terrorisme ou ont-elles d'autres causes ? Symétriquement, sont-elles susceptibles d'avoir des conséquences plus profondes ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles l'ouvrage L'Etat et le terrorisme tente d'apporter des réponses grâce aux contributions de plusieurs spécialistes de différentes branches des sciences humaines et sociales.

  • Cet ouvrage en rendant hommage aux travaux de Michel Margairaz, résulte d'un travail collectif d'historiens français et étrangers qui pensent et interrogent l'économie au prisme de l'histoire sociale et politique. Sont ainsi soulignées, la vérité, le dynamisme et la richesse des approches et des objets de cette discipline ainsi que l'évolution de ces pratiques. Le livre témoigne aussi de l'importance des relations construites entre les chercheurs tout au long d'une vie universitaire. Trois thèmes principaux structurent ce volume. Le premier s'articule autour des relations entre les finances, les banques et l'État ; le second porte sur les politiques économiques de la Première Guerre mondiale à la fin du XXe siècle en France, en Italie et en Suède. Le troisième aborde les relations entre les organisations patronales et ouvrières de l'État. Chacun des trente-deux auteurs ont de ce fait analysé les politiques publiques en articulant l'économie, les institutions et le politique. Faire de l'histoire économique aujourd'hui suppose aussi de prendre en compte les évolutions que la discipline a connues depuis un demi-siècle. Michel Margairaz, dans ce qui n'est pas une postface nous dit-il, retrace cette histoire en insistant sur le fait qu'elle se situe au carrefour des sciences sociales en perpétuel renouvellement, en nouant de nouvelles alliances.

  • Comment reconnaître une information véridique ? Dans un monde bercé par la litanie des fake news, la question est d'une actualité cruciale. Comment croire autrui, sur quels critères accepter ou réfuter les nouvelles transmises, comment être cru ? Ces questions étaient aussi pertinentes dans l'Athènes classique qu'elles le sont aujourd'hui avec les réseaux sociaux. Dans les plaidoiries du ive siècle avant J.-C. conservées grâce à la transmission manuscrite, les plaignants répètent en effet sans cesse à leur auditoire qu'ils « disent vrai ».
    Les chercheurs ont cherché depuis longtemps à déterminer si c'était bien le cas, en croisant les événements décrits avec les faits attestés par ailleurs. Ce livre, en interrogeant les mécanismes employés pour rendre vrai un discours, adopte une approche radicalement différente. En situant la fabrique de la vérité du côté de l'énoncé du discours, l'ouvrage déploie pour le lecteur l'éventail des preuves auquel les plaignants avaient recours lors de leur intervention au tribunal, appelé le dispositif de vérité. Au centre de ce dispositif émerge une figure majeure, celle du témoin.
    La place faite aux déposants dans l'enceinte judiciaire ne va pas de soi, pas plus que les gestes attendus d'eux au moment de leur témoignage. Les dimensions orales et écrites des dépositions testimoniales sont alors soigneusement articulées. La valorisation de la parole des témoins varie en fonction de leur sexe et de leur statut, qu'ils soient libres ou non. Les individus qui montent à la tribune sont tenus responsables de leur parole selon des principes qui nouent étroitement le droit et la religion, le regard des juges et celui des dieux. Témoigner et convaincre sont des actes qui s'insèrent par conséquent dans un dispositif de vérité contraignant. Les Anciens étaient soucieux, à leur manière, de placer leurs discours sous le signe de la vérité.

  • L'accroissement des mobilités de passagers et des circulations marchandes constitue, à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, un véritable défi pour les forces de l'ordre chargées de leur contrôle. Cet ouvrage entend saisir les dynamiques historiques de ce contrôle en Europe et aux États-Unis, par une analyse des acteurs, des pratiques et des lieux où il s'exerce de New York à Naples, d'Anvers à Marseille. Cette régulation des trafics présente des configurations différentes selon les modes de transport (voiture à cheval ou automobile, chemin de fer, navigation à voile ou à vapeur), les échelles d'observation et les types de mobilités.

    Résolument inscrite dans les évolutions récentes de ce champ de recherche, la démarche est ici empirique, attentive à la façon dont les institutions évoluent sans cesse à travers leur action. Ce faisant, cette étude entend montrer en quoi les dynamiques territoriales propres aux mobilités contribuent depuis le XVIIIe siècle à former, modeler, reconfigurer les pratiques de leur discipline et de leur régulation.

  • Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte.

    En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Sophie Coeuré partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "La Sorbonne par elle-même, mai-juin 1968" de Jean-Claude Perrot, Michelle Perrot, Madeleine Rebérioux, Jean Maitron.

  • Au lendemain d'une nouvelle avancée pour le projet de Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales, la sécurisation des droits fonciers des plus pauvres semble faire l'objet d'un consensus politique à l'échelle internationale. Pourtant, des millions de personnes sont contraintes chaque année de quitter leurs lieux de vie, en particulier dans les pays du Sud. Ce numéro de la Revue internationale des études du développement interroge ces nouvelles formes de possession de la terre qui conduisent à déposséder les ayants-droit préalables.

    En mobilisant l'économie, la socio-anthropologie et la science politique à travers des terrains et méthodes au plus près de l'échelon local et du temps présent, en Afrique, en Amérique latine et en Asie, ce numéro présente, en complément de la prise en compte des contextes écologiques et sociaux, géographiquement situés et historiquement constitués, une analyse multi-acteurs sur le temps long. L'appréhension des reconfigurations des rapports politiques entre des acteurs complexes (notamment l'Etat, non monolithique) permet de dépasser les interprétations générales en termes d'accumulation par dépossession.

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  • L'histoire du droit est très majoritairement pratiquée au sein des Facultés de droit par des juristes qui ont choisi de se consacrer à l'histoire de leur discipline. Ce lien intime distingue ainsi non seulement l'histoire du droit de l'histoire des Facultés de lettres mais également des sciences politiques et de l'histoire des sciences. Elle est ainsi communément pensée comme neutre ou apolitique, son objectif étant d'éclairer le droit par son histoire. Issu d'un colloque qui s'est tenu à Bordeaux en 2015, cet ouvrage réunit les contributions de jeunes chercheurs français, italiens et chinois ainsi que trois historiens du droit français, états-unien et israélien. Leur thème commun est en l'occurrence l'inscription politique de l'histoire du droit. En confrontant leurs regards de juristes-historiens ou de philosophes à partir d'exemples puisés dans les époques moderne et contemporaine, en interrogeant leur historiographie et en entrant au coeur de l'épistémologie de leur "science", les auteurs proposent une série de travaux allant de l'École de Salamanque au XVIe siècle au droit public espagnol sous Franco, tout en interrogeant leurs propres méthodes et pratiques de chercheurs. Invitation à la réflexivité, ces études montrent l'ampleur des questionnements d'une jeune recherche dans une discipline qui ne cesse de se renouveler.

    Ont participé à cet ouvrage.

    Alfonso Alibrandi, Marine Bohar, Ludovica Gabriella Bosica, Kevin Brémond, Jean Charriaud, Dario Di Cecca, Alessia Maria Di Stefano, Jean-Philippe Ferreira, Elisabetta Fiocchi Malaspina, Giulia Maria Labriola, Anna Neyrat, Antoine Séné, Stefano Veneroni, Mingzhe Zhu.
    Sous la direction du professeur Nader Hakim, avec les contributions des professeurs David M. Rabban et Assaf Likhovski.

  • Ce livre développe une théorie sociale de la démocratie. Il le fait en s'appuyant sur la tradition philosophique du pragmatisme américain, intégrée par la théorie critique et le tocquevilleanisme. Il se propose de montrer que la théorie démocratique contemporaine a largement négligé un aspect essentiel de son concept clé, à savoir celui de la dimension sociale qui constituent la démocratie en tant que forme de société. Une forme de société qui se fonde sur une ontologie sociale complexe, faite d'habitudes, schèmes d'interaction, et formes d'organisation qui lui sont propres et qui, seules, donnent tout son sens à la démocratie en tant que régime politique.

    Pour ce faire, le livre défend l'idée que le concept de démocratie doit être entendu comme l'un des concepts majeurs de la théorie normative, et non seulement de la théorie du gouvernement, comme un concept qui vise à décrire un état désirable des rapports entre hommes et femmes, en tant que citoyens, mais aussi en tant qu'individus participant à la vie sociale dans ses institutions principales: le lieu de travail, la famille, l'espace public. Ainsi comprise, une théorie sociale de la démocratie met l'accent sur les conditions normatives qui favoriseront la démocratisation des marchés, des entreprises, des associations, des églises, des bureaucraties et d'autres institutions sociales. Ce faisant, ce livre nous aide à mieux comprendre la signification, la portée et l'étendue de ce projet démocratique qui définit le noyau de la vision émancipatrice qui caractérise le monde moderne: un projet qui se propose d'instaurer une société fondée sur le principe de coopération entre individus libres et égaux. L'idée de démocratie, dès lors, n'acquiert sa signification politique que par rapport à cette vision primordiale d'une forme de société qui n'a pas d'équivalent dans toute l'histoire humaine.

  • Les évolutions des métiers, des compétences, des carrières, des modes d'engagement des acteurs de l'aide internationale au développement renseignent sur les transitions en cours, en regard de contextes d'interventions changeants. L'aide internationale est caractérisée par un temps toujours rétréci, une hyperactivité continue et des pressions administratives et budgétaires croissantes, accompagnés du devoir de répondre à une opinion sensibilisée et exigeante quant aux résultats des projets et des programmes menés.

    Les acteurs de ce secteur se trouvent tiraillés entre les valeurs de droits universels qui les motivent et l'instrumentalisation de plus en plus ouverte de l'aide à des fins de sécurisation et de régulation des territoires et de leurs populations, peu attentionnées au respect effectif des droits humains. Ce dossier livre des éléments de compréhension de ces paradoxes constitutifs de l'aide internationale au développement aujourd'hui.

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  • Passer devant un juge pour régler un conflit de couple est aujourd'hui chose banale. Mais banal ne veut pas dire récent.

    Le phénomène a une longue histoire, retracée ici dans le cadre de l'Europe occidentale pré-industrielle, des Pays-Bas à l'Espagne et à l'Italie, de la France à la Roumanie, sans négliger les évolutions de la diaspora juive installée au sein de la société chrétienne. Partout, les infractions possibles à la loi qui définit le mariage se durcissent et les procès se multiplient devant les tribunaux laïques ou ecclésiastiques. Rapts, viols, mariages clandestins, adultères et toutes les formes de violences conjugales sont autant de chefs d'accusation maniés par la justice, mais le plus souvent à la demande du couple ou de sa parenté.

    La question est bien de savoir comment et pourquoi la justice a pu être utilisée, voire instrumentalisée comme une arme dans les querelles matrimoniales, et quel regard a pu être porté sur ces conflits où s'est en particulier joué le sort des femmes.

    Textes issus d'un colloque tenu à Paris les 11 et 12 octobre 2010. (Résumés en français et en anglais).

  • Des droits fondamentaux au fondement du droit, le lien semble non seulement direct, mais évident.
    Or l'examen des différents discours théoriques sur le droit montre qu'il n'en est rien. Le livre de Charlotte Girard analyse précisément les différences de traitement du rapport entre ces deux termes dans les discours théoriques juridiques, en particulier ceux qui posent la question du fondement du droit. Soit l'étude des droits fondamentaux se distingue de celle du fondement du droit - les droits fondamentaux ne mènent pas naturellement au fondement du droit -, soit on associe les deux notions - les droits fondamentaux sont au fondement même du droit.
    Or cette distinction renvoie à ce que la théorie du droit différencie traditionnellement : les approches juspositiviste d'une part et jusnaturaliste d'autre part. La confrontation de ces discours théoriques à la question du fondement du droit, qu'elle se traduise ou non par les droits fondamentaux, révèle une certaine fragilité des présupposés respectifs de ces discours. En réalité, le fondement du droit n'est pas seulement un élément de débat juridique et normatif, mais il relève aussi et surtout d'un débat politique et institutionnel.
    C'est en effet en raison de son caractère normatif que le fondement du droit - quel que soit le discours qui le porte, y compris le discours juridique théorique - appartient pleinement au champ politique.

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