Points

  • La répartition des richesses est l'une des questions les plus débattues aujourd'hui. Pour les uns, les inégalités n'en finiraient pas de se creuser. Pour les autres, on assisterait à une réduction naturelle des écarts. Mais que sait-on vraiment de l'évolution des inégalités sur le long terme ?
    Fruit de quinze ans de recherches et parcourant trois siècles et plus de vingt pays, cette étude renouvelle entièrement notre compréhension de la dynamique du capitalisme en situant sa contradiction fondamentale dans le rapport entre la croissance économique et le rendement du capital. Si la diffusion des connaissances apparaît comme la force principale d'égalisation des conditions sur le long terme, à l'heure actuelle, le décrochage des plus hautes rémunérations et, plus encore, la concentration extrême des patrimoines menacent les valeurs de méritocratie et de justice sociale des sociétés démocratiques.

    Un best-seller mondial qui est déjà devenu un classique.

  • Dans un style limpide et accessible, l'auteur traverse les siècles et les continents pour livrer une lecture surprenante, stimulante, de l'ascension et du déclin des empires depuis Rome jusqu'aux empires de Chine en passant par l'Islam, les Mongols et l'Inde des Moghols. Cette lecture audacieuse, qui place en son coeur les questions de la violence et de la paix, qui oppose le centre pacifique de l'empire et ses marges violentes, est inspirée de la pensée d'un grand théoricien de l'État et de l'Islam médiéval qui vécut au XIVe siècle, Ibn Khaldûn. Cette pensée universelle, d'une portée équivalente à celle de Marx ou de Tocqueville, l'une des seules sans doute qui ne soit pas née en Occident, est, plus qu'un fil rouge, l'armature de ce texte qui nous fait voyager à travers l'histoire des âges impériaux et entend aussi pointer tout ce que notre monde démocratique, né de la révolution industrielle, a d'exceptionnel - peut-être d'éphémère.

  • Tout ce qu'il faut savoir sur l'histoire et le métier d'historien. En douze chapitres, qui proviennent d'un cours donné à la Sorbonne, Antoine Prost démonte clairement les étapes de la méthode historique, tout en replaçant l'histoire et l'historien dans la société contemporaine et dans sa profession. Cet ouvrage est à la fois un traité d'initiation et un travail de réflexion nourri par d'amples lectures et une pensée originale.

  • Cet ouvrage à l'érudition joyeuse convoque des références multiples et diverses (oeuvres littéraires, peintures, affiches publicitaires, courriers de lectrices de magazines...) pour retracer l'histoire et les formes successives d'une obsession contemporaine.

    L'état de la silhouette est quasiment une valeur : une présentation spécifique de soi. Ce mot « silhouette », apparu dans les années 1760, longtemps cantonné à l'univers des dessinateurs, n'a pourtant pas toujours désigné l'enjeu qu'il cristallise aujourd'hui. Ses glissements de sens sont nombreux. Ils révèlent la place croissante prise par le regard porté aux allures et aux anatomies. Comme ils révèlent la place croissante prise par les pratiques censées les maîtriser.

  • En 1789, Paris comptait moins de 600 000 habitants. À partir de la Restauration, sa population double en cinquante ans, quadruple en un siècle sous l'effet de migrations très fortes. Déjà centre politique et culturel, la capitale devient aussi le principal centre économique et financier : sa puissance inquiète, sa richesse fait envie. Effrayés par la grande métropole, les régimes successifs lui ont tous refusé l'autonomie et l'ont quasi administrée directement. Les monarchies du XIXe siècle ont essayé d'aménager la capitale. La Troisième République, appuyée sur des notables ruraux, l'a négligée. Depuis le régime de Vichy, Paris semble être devenu le bouc émissaire de l'aménagement. Derrière les critiques mal fondées et les politiques antiparisiennes, on devine une doctrine antiurbaine, apparue avec les fascismes des années 1930, qui s'oppose encore aujourd'hui à la grande ville.

  • La démocratie est à la fois triomphante et incertaine. D'un côté, on en appelle à davantage de pluralisme et de décentralisation, à l'extension des contre-pouvoirs ; de l'autre, on demande plus de politique et on souhaite l'instauration d'un lieu central où prendrait forme une volonté commune efficace.

    Si le procès de la centralisation et du jacobinisme a mille fois été instruit depuis Tocqueville, une autre histoire reste encore à prendre en compte : celle des fortes résistances à ce jacobinisme. Car ce « modèle » n'a pas cessé d'être massivement dénoncé en même temps qu'il était généralement décrit comme dominant : il n'est donc pas figé mais s'est largement amendé.

    Pierre Rosanvallon propose ici une nouvelle interprétation d'ensemble du système politique français.

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