Sciences humaines & sociales

  • Pourquoi et comment devient-on ethnologue ? comment les aventures de l'explorateur et les recherches du savant s'intègrent-elles et forment-elles l'expérience propre à l'ethnologue ? c'est à ces questions que l'auteur philosophe et moraliste autant qu'ethnographe, s'est efforcé de répondre en confrontant ses souvenirs parfois anciens, et se rapportant aussi bien à l'asie qu'à l'amérique.

    Plus encore qu'un livre de voyage, il s'agit cette fois d'un livre sur le voyage. sans renoncer aux détails pittoresques offerts par les sociétés indigènes du brésil central dont il a partagé l'existence et qui comptent parmi les plus primitives du globe, l'auteur entreprend au cours d'une autobiographie intellectuelle, de situer celle-ci dans une perspective plus vaste : rapports entre l'ancien et le nouveau monde ; place de l'homme dans la nature ; sens de la civilisatilon et du progrès.

    Claude lévi strauss souhaite ainsi renouer avec la tradition du voyage philosophique illustrée par la littérature depuis le xvie siècle jusqu'au milieu du xixe siècle, c'est à dire avant qu'une austérité scientifique mal comprise d'une part, le goût impudique du sensationnel de l'autre n'aient fait oublier qu'on court le monde, d'abord, à la recherche de soi.

  • Depuis qu'il est enfant, Emmanuel Macron - ce candidat aux allures de Petit Prince virtuel - a toujours été désigné et reconnu comme le meilleur.
    Il a trouvé dans le regard des autres, et plus spécifiquement de ses aînés, l'admiration, l'encouragement, la bienveillance. Il y a eu, longtemps, le regard de sa grand-mère, fondateur et essentiel, avec laquelle il a entretenu des liens exclusifs, presque passionnels, qui ont même influé sur sa relation avec François Hollande. Il y a eu le regard de ses professeurs, puis de tous ses « parrains », qui, tout au long de sa carrière, l'ont toujours épaulé et qu'il a souvent subjugués par son intelligence et son empathie. Il y a bien sûr le regard de Brigitte, son épouse, avec qui il forme un couple dont la singularité ne tient pas à leur différence d'âge mais au fait qu'elle est l'unique femme qu'il aime depuis qu'il a seize ans. Et il y a maintenant le regard des Français, qu'il entend séduire avec la même détermination, en bousculant les convenances et en leur déclarant qu'il les aime...

  • 400 000 normes, 125 000 décrets, 10 500 lois... La France, et donc les Français, ploient sous les contraintes réglementaires. Il en existe aujourd'hui sur tout... Du nombre d'oeufs que peuvent manger nos enfants suivant leur âge au nombre d'entretiens qu'un retraité doit passer pour entrer dans un EHPAD, en passant par la hauteur des tables dans les restaurants ou la description des toilettes...
    Agriculture, entreprise, sport, immobilier, jouets, transports, santé... tous les secteurs sont concernés. Si les lois, normes et réglementations trouvent à l'origine une justification, la machine infernale est bel est bien lancée. Dopée au principe de précaution et aux vanités politiques, elle ne semble même pas prête à ralentir. Et ce d'autant plus que, clef de voûte de la construction européenne, la France veut souvent aller bien plus loin que ce que Bruxelles ordonne.
    Bienvenue dans le grand bazar réglementaire, dans les méandres des normes, lois et réglementations !

  • Ne croyez surtout pas qu'il s'agisse de science-fiction : 18 avril 2015, une équipe de généticiens chinois entreprenait d'«améliorer» le génome de quatre-vingt-trois embryons humains.
    Jusqu'où ira-t-on dans cette voie ? Sera-t-il possible un jour (bientôt ? déjà ?) d'«augmenter» à volonté tel ou tel trait de caractère de ses enfants, d'éradiquer dans l'embryon les maladies génétiques, voire d'enrayer la vieillesse et la mort en façonnant une nouvelle espèce d'humains «augmentés» ? Nous n'en sommes pas (tout à fait) là, mais de nombreux centres de recherche «transhumanistes» y travaillent partout dans le monde, avec des financements colossaux en provenance de géants du Web tel Google. Les progrès des technosciences sont d'une rapidité inimaginable, ils échappent encore à toute régulation. En parallèle, cette «infrastructure du monde» qu'est le Web a permis l'apparition d'une économie dite «collaborative», celle que symbolisent des applications comme Uber, Airbnb ou BlaBlaCar. Selon l'idéologue Jeremy Rifkin, elles annoncent la fin du capitalisme au profit d'un monde de gratuité et de souci de l'autre. N'est-ce pas, tout à l'inverse, vers un hyperlibéralisme, vénal et dérégulateur, que nous nous dirigeons ? Certaines perspectives ouvertes par les innovations technoscientifiques sont enthousiasmantes, d'autres effrayantes. Ce livre cherche d'abord à les faire comprendre, et à réhabiliter l'idéal philosophique de la régulation, une notion désormais vitale, tant du côté de la médecine que de l'économie. » Luc FERRY

  • La censure est, hélas, aussi éternelle qu'universelle : elle a condamné le philosophe grec Socrate à boire la mortelle ciguë pour avoir prôné la parole libre ; et les oeuvres de l'artiste contemporain Ai Wei-Wei sont traquées par les dizaines de milliers de fonctionnaires chinois sur les blogs et les réseaux sociaux.
    Dans ce Grand Livre de la censure, celle-ci est visitée au gré de ses différentes obsessions : les bonnes moeurs, la religion, la politique et le pouvoir, la préservation de la santé, le maintien de dogmes scientifiques, tout comme la lutte contre le « pacifisme », la drogue, la sorcellerie ou encore le « socialement incorrect ».
    Aucun genre n'y a échappé : de la littérature à la chanson, cinéma aux arts plastiques, du théâtre à la presse, de la radio à la télévision, sans oublier les jeux vidéo ou internet. On croisera donc ici Ovide et les Beatles, Galilée et Darwin, Carmen et Lady Gaga, Goya et Tolkien, Rodin et les Frères Jacques, Albert Camus et Ai Wei-Wei, Voltaire et Picasso, Salman Rushdie et les Pussy Riot...
    Le grand livre de la censure raconte au lecteur un large choix d'affaires (près de deux cents...), anciennes ou contemporaines, franco-françaises ou au retentissement mondial, en mêlant les grands scandales qui ont marqué leur époque et d'autres interdictions moins connues, mais méritant d'être sorties de la discrétion ou de l'oubli.
    Car l'important est aussi de comprendre que la censure, inventive, perturbée par le pouvoir des mots et des images, est bel et bien, depuis toujours, le miroir de l'humanité et de nos peurs.

  • Décennie après décennie, la France paraît toujours plus bloquée. Elle semble aux prises avec une terrible fatalité. Ce constat, chacun l'a éprouvé, nourrissant le pessimisme, la nostalgie et, pour certains, la tentation de l'extrême.
    Les auteurs, ne pouvant s'y résoudre, ont entrepris une enquête inédite, puisant dans plus de mille ans d'histoire, dans ce qui fait la psychologie de la France et des Français, dans leur génie comme dans leurs dénis.
    Parce qu'il fallait dépasser les explications simplistes, sortir du temps court pour faire reparler le temps long, ils ont mobilisé, avec pédagogie, rigueur et enthousiasme, des connaissances multi-disciplinaires : l'histoire, bien sûr, mais aussi la littérature, la philosophie, la sociologie, l'évolution de nos institutions, notre rapport à l'économie, aux religions, aux autres, au monde.
    En décryptant ainsi notre ADN, on découvre combien l'exceptionnalité de l'Etat à la française remonte aux origine de notre pays, au rôle fondateur des capétiens, unissant par le haut une France bigarrée devenue un Etat avant même d'être une nation. En croisant nos « grands hommes », Saint Louis, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle, la perpétuation d'un rapport particulier à la réforme et au pouvoir central se fait jour.
    L'idée n'est pourtant pas de sombrer dans le fatalisme. Bien au contraire, au-delà de l'intérêt propre de mieux nous connaître collectivement, cette plongée passionnante dans la concordance des temps nous offre les clés du sursaut français.

  • « En même temps », cette expression devenue le symbole d'un tic raillé est en vérité révélatrice d'une stratégie et d'une philosophie politiques, ce que ce livre montrera.
    Qu'est-ce que Macron ?
    Rien ou pire ? Pire que rien, disent ses ennemis, dans une détestation qui n'a plus de limites. Tout ? Mieux que tout, disent ses fans, dans une admiration qui n'a plus de limites.
    Nous démonterons ces délires tout en cherchant à comprendre ce qui les alimente.
    Quelque chose.
    Dans l'audace d'un pays qui s'est reconnu dans l'audace d'un homme.
    Dans le plaisir d'une nation qui a tant attendu d'à nouveau espérer.
    Dans le dépassement de clivages du XIXe siècle que les horreurs du XXe ont trop longtemps prolongées.
    Dans cette passion du « en même temps » pour rendre compte de la complexité et dépasser les antagonismes.

  • « Le 23 avril 2017, soir du premier tour de la présidentielle, alors que nous sommes tous les deux dans son bureau de l'Élysée, j'interroge François Hollande : «Comment te sens-tu ?» La réponse vient, immédiate : «Je ne peux pas le dire, mais ça fait bizarre.» Oui, ça fait bizarre. Toute cette histoire.
    Pendant près de trois ans, j'ai été le conseiller politique du président François Hollande. Il n'y eut pas un jour sans que je sois en contact étroit avec lui. J'ai vécu à ses côtés des fiertés, des avancées mais aussi et surtout la violence du terrorisme qui a tout bouleversé, les manifestations, les négociations internationales difficiles, les changements de politique économique, les ratages de communication, les incompréhensions, les trahisons des proches. Sans oublier les à-coups de la gauche, les départs fracassants de certains membres du gouvernement - Arnaud Montebourg, Christiane Taubira, Emmanuel Macron -, les socialistes qui s'entredéchirent au point de sombrer, les interrogations et la détermination de l'Élysée et surtout du chef de l'État. J'ai même préparé une campagne présidentielle qui, finalement, ne fut pas.
    À mon poste, j'ai échafaudé des stratégies, élaboré des discours, donné mon avis sur des décisions comme sur des nominations, suggéré des dépassements, j'ai aussi défendu, douté et bien souvent été impuissant. En touchant de l'intérieur le fonctionnement de l'État, j'ai constaté ses forces comme ses absurdités et me suis demandé comment nous en étions arrivés là. En accompagnant le président par très gros temps, j'ai tenté de découvrir qui il était et cherché à tenir mes émotions à distance ; mais, comme les autres, j'ai été rattrapé par elles.
    Ce sont ces impressions, ces coulisses, ces secrets, cette vie au coeur du pouvoir, ces ministres, ces élus, ces conseillers, et le chef de l'État lui-même que ce livre raconte et dévoile. »

  • Ce livre s'ouvre lorsque Georges-Marc Benamou se recueille dans la chambre mortuaire de François Mitterrand et, face à toutes les critiques sur leur relation, l'auteur a décidé aujourd'hui, 20 ans après la mort de François Mitterrand, de livrer la teneur de la soixantaine d'entretiens dont il n'avait jamais fait état.
    Les Mémoires interrompues côté coulisses, leurs promenades vagabondes où ils parlent de l'amour, de leurs lectures, de l'énigme de son ménage à trois, mais aussi de Christine Gouze-Rénal, « la vraie patronne », Bertie Albrecht ou encore Marguerite Duras.
    L'année 42, qu'il cherche à faire disparaître, le mystère Jean Moulin et la piste Bénouville, l'erreur du gouvernement Guy Mollet, son antigaullisme, son obsession Mendès-France, les Juifs et la France, la déception Fabius, lui et la postérité avec cette curieuse prophétie : « Je suis le dernier des grands Présidents. »  

  • Les idées populistes, de droite comme de gauche, gagnent du terrain partout en Europe.
    L'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République française ne doit pas masquer le score réalisé par Marine Le Pen au second tour. Au Royaume-Uni, les électeurs anglais ont choisi le Brexit, persuadés qu'être seul vaut mieux qu'être à 27. En Hollande, le populiste Gert Wilders a très largement animé la dernière campagne des législatives. En Autriche, un candidat d'extrême-droite s'est hissé au second tour de l'élection présidentielle, et le nouveau chancelier s'est allié à elle. En Hongrie et en Pologne, des gouvernements démocratiquement élus votent des lois restreignant la liberté de la presse et l'indépendance de la justice. Enfin, les dernières élections générales en Allemagne ont permis l'entrée au Bundestag de 96 députés de l'extrême-droite allemande, lui permettant ainsi de jouer un rôle qu'elle n'a encore jamais eu dans la vie politique d'après guerre...
    Comment en est-on arrivé là ? Comment, en trente ans, les idéaux fondateurs de l'Europe, qui ont garanti une paix jusque-là inconnue sur le continent, ont-ils pu autant reculer sous les coups de boutoir des populistes ? Les deux auteurs nous invitent à un tour d'Europe des populismes, pays par pays, et nous expliquent la génèse et le développement de ces mouvements farouchement isolationnistes et souvent xénophobes au travers l'analyse des situations locales.
    L'Europe n'a jamais été aussi fragilisée et connu une telle vague de repli sur soi de ses membres. C'est bien son avenir qui se joue aujourd'hui, de la Scandinavie jusqu'à la Catalogne...

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