Entreprise, économie & droit

  • De la prison, on connaît quelques témoignages de surveillants, souvent retraités ou anonymes. Mais un récit en nom propre et en activité de directeur de prison, ou plutôt de directrice, on n'a encore jamais lu.
    Ce livre est une plongée unique dans le quotidien de Christelle Rotach, la directrice de la prison de la Santé.
    De son métier, Christelle Rotach ne parle jamais, sauf pour en citer quelques anecdotes qui ne sont que des bribes, des éclats de vécu, une réalité qui n'en est pas une et qui reste méconnue. Impossible de se représenter l'amplitude des situations auxquelles peut être exposé un directeur de prison sur un terreau aussi explosif où tout peut basculer, à tout moment, dans des établissements où la surpopulation est aujourd'hui à son comble.
    La gestion d'une prison, c'est de la sismologie. Une affaire à la fois logistique, humaine et politique. Qui peut peser, à la longue.
    « Ce métier, c'est une somme de petites blessures qu'au fil des années, on n'encaisse plus aussi bien ».
    A force de marcher sur un volcan avec des bouts de ficelle, la charge mentale est sans doute devenue trop lourde.
    A force d'arpenter la noirceur, on finit par avoir l'impression de vivre la nuit. La prison avale tous ceux que la société vomit - les criminels, les fous et, fait nouveau, les terroristes, face auxquels la pénitentiaire n'est pas préparée.
    Et pourtant, ils vont tous sortir. Un jour.
    Sans éluder aucune question, Christelle Rotach raconte, de l'intérieur, le cambouis, le rythme infernal de la maison d'arrêt, les questions, l'inquiétude, le règne des injonctions paradoxales, la violence, la mort. Elle nous parle d'elle, de nous, de ce miroir dans lequel la société ne veut plus se voir.

  • La théorie du donut

    Kate Raworth

    • Plon
    • 15 Novembre 2018

    Crises financières à répétition, inégalités extrêmes de revenus et d'accès aux ressources, exploitation destructrice de l'environnement... tout le monde peut se rendre compte par lui-même que notre système économique dysfonctionne.

    Kate Raworth propose de revisiter les principaux concepts et principes sur lesquels est fondée la science économique, en introduisant, outre les concepts classiques de croissance, de marché, d'agents économiques, le facteur humain et la préoccupation environnementale au coeur de la réflexion. Consciente de la force des schémas et des images, elle s'attaque à sept schémas-clés de l'économie pour montrer à quel points ils sont galvaudés et méritent d'être remplacés.

    Pour en venir au donut du titre : l'auteur propose de remplacer l'objectif économique général de croissance du PIB, par un objectif de stabilisation de l'activité économique entre deux "frontières" : la frontière des besoins humains de base comme "plancher", et la frontière de la préservation de l'environnement comme "plafond". C'est la représentation de ce plancher et de ce plafond, sous forme de cercles, qui donne l'image du donut dans lequel l'activité économique doit s'inscrire.

    Outre la croissance du PIB, le livre démonte ainsi plusieurs mythes économiques comme la "main invisible du marché", le sujet économique rationnel, l'équilibre de loffre et de la demande... Une lecture rafraichissante, qui propose une vision renouvelée, accessible et optimiste de la pensée économique.

  • Alain Jakubowicz a toujours voulu être avocat.
    Défendre la veuve et l'orphelin, voilà ce qui l'exaltait. Pétri d'humanité, il a été partie civile dans les procès Barbie, Touvier, Papon. Il a écouté les récits poignants des rescapés des camps, il a plaidé contre les négationnistes, les profanateurs de cimetières et les extrémistes. Il a défendu les familles des victimes de la catastrophe du Mont-Blanc et de celle du vol Rio-Paris, il a servi de béquille à des femmes effritées par la vie, parce qu'il est convaincu que David peut triompher de Goliath et que, quelle que soit la technicité du dossier, le plus important reste l'humain.
    Mais la vie d'avocat réserve parfois des surprises. L'appel, un soir, de l'un de ses anciens clients, était de celles-là. Il lui demandait de rencontrer les parents de Nordahl Lelandais, alors simplement suspecté d'avoir enlevé la jeune Maëlys.
    Les suspects ont aussi une mère, une famille qui les aime et ne les imagine qu'innocents. Alain Jakubowicz les a rencontrés. Le dossier n'est plus le même aujourd'hui, et si les faits dont son client est accusé lui font horreur, ce ne sont pas les faits qu'il défend, mais l'homme. Alors il plaidera encore et encore. C'est cela le métier d'avocat dont il rêvait enfant.

  • " oú est la vérité d'un homme qui tue la femme qu'il aime ? qui peut connaître la vérité d'une femme qui, après une vie vertueuse, s'en va tout d'un coup avec un gigolo qu'elle méprise ? quelle est la vérité d'un caissier honnête, modèle et modeste qui, après vingt-cinq ans de bons et loyaux services, un soir, ouvre la caisse, prend l'argent et va tout perdre au casino ? qui peut connaître leur vérité ? rarement le juge qui porte les verres teintés de l'ordre public.
    Plus souvent l'avocat, s'il a - et il devrait l'avoir - une âme de romancier, curieuse des gouffres, capable de se regarder dans le criminel comme dans un miroir. " aujourd'hui, la justice, ou ce que l'on nomme ainsi, a perdu contact avec la vie ; cette vie que les juges pourtant prétendent juger. ce sont à ces mots et à ces vérités oubliés, alors qu'ils sont au centre même des débats judiciaires, que ce dictionnaire amoureux est consacré.
    N'y cherchez pas un recueil de recettes, de vérités toutes faites, de certitudes exemplaires. il s'agit de l'hymne à la vie d'un homme qui en est passionnément épris. défendre est une manière de vivre.

  • L'évasion du siècle

    Brendan Kemmet

    • Plon
    • 23 Mai 2019

    Le 1er juillet 2018, un peu avant midi, un hélicoptère Alouette s'approche de la prison de Réau en banlieue parisienne. A bord, un mini-commando de trois hommes lourdement armés. Ils viennent délivrer un « détenu particulièrement signalé », le très médiatique Rédoine Faïd. En moins de dix minutes et une série de portes découpées à la meuleuse thermique, le prisonnier est dehors, sans un coup de feu. C'est la deuxième évasion pour ce truand hors-norme qui, cinq ans plus tôt, s'était déjà extirpé de la maison d'arrêt de Lille-Sequedin avec otages et explosifs.
    Des préparatifs minutieux à l'envol de Faïd, nous retracerons l'opération millimétrée de Réau, orchestrée par un orfèvre obsessionnel de l'évasion, mais aussi la cavale moins glorieuse de celui que la police a surnommé « l'Ecrivain » depuis qu'il a sorti une autobiographie où il affichait sa prétendue rédemption.
    La fuite de Faïd ne dure que trois mois et s'achève là où tout a commencé : à Creil, petite ville de l'Oise, où il est né et a grandi, au sein d'une famille nombreuse et omniprésente : ses proches ont toujours été à ses côtés lors de ses aventures criminelles. C'est ici, au milieu des mornes HLM, que la trajectoire de Faïd a basculé. Après des études ratées et des petits larcins, arrivent les premiers braquages. Il rêve d'être l'égal des grands voyous, ceux qui attaquent les fourgons blindés et braquent comme au cinéma, comme dans les films de ses héros : Belmondo et Michael Mann. Le goût de la mise en scène, toujours. Et puis il y a la face noire de Rédoine Faïd, qui prétend n'avoir pas de sang sur les mains, oubliant que c'est sa propre équipe qui a ôté la vie de la jeune policière municipale Aurélie Fouquet en 2010 lors d'un hold up raté. Lourdement condamné, il prépare déjà sa sortie. Pourtant annoncée, l'évasion de Réau surprend les autorités et scandalisent les policier qui l'ont déjà arrêté. Tout est à recommencer...
    La chasse à l'homme reprend. Nous détaillerons jour après jour les 95 jours de traque de Faïd par l'élite de la PJ mobilisée comme jamais, à l'image de ce policier fraichement retraité qui ne veut pas lâcher celui qu'il considère comme un « tueur de flic ». Il va « remuer » ses indics pour retrouver le fugitif. Jusqu'à son arrestation.

  • Au soir de sa vie, Paul Lombard, l'un des plus célèbres avocats français du XXe siècle, décédé en janvier 2017, se confiait en exclusivité sur les grands moments de son existence et de sa carrière, inégalée. Un témoignage d'une grande force.

  • « Longtemps, la justice fut un monde d'hommes et, plus encore, une affaire d'hommes, avec ses codes et ses valeurs. Puis, les femmes ont investi la profession d'avocat avec leur sensibilité. Ce livre rend hommage à une vingtaine d'avocates d'exception à travers le monde. Chacune illustre, à sa façon, et par son combat, ces valeurs féminines de tolérance et de justice qu'elle entend défendre. Toutes ensemble, elles montrent la complexité et la richesse du métier d'avocat tel que le vivent et le façonnent les femmes.
    Certaines figures sont très connues et leur influence s'est étendue bien au-delà de leur barreau - Hillary Clinton, Shirin Ebadi, Christine Lagarde. -, mais j'aborde ici leur parcours sous le prisme de leur métier d'avocate. D'autres sont moins connues, voire totalement inconnues du grand public français. Elles n'en mènent pas moins un combat admirable dans leur pays. Qu'il s'agisse de Christina Swarns, au Brésil, de Karinna Moskalenko, en Russie, et de toutes les autres. Leur engagement montre comment, aujourd'hui dans le monde, la lutte pour les droits de l'homme passe par les femmes - parfois au péril de leur vie. » Christiane Féral-Schuhl

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