Plon

  • Pourquoi et comment devient-on ethnologue ? comment les aventures de l'explorateur et les recherches du savant s'intègrent-elles et forment-elles l'expérience propre à l'ethnologue ? c'est à ces questions que l'auteur philosophe et moraliste autant qu'ethnographe, s'est efforcé de répondre en confrontant ses souvenirs parfois anciens, et se rapportant aussi bien à l'asie qu'à l'amérique.

    Plus encore qu'un livre de voyage, il s'agit cette fois d'un livre sur le voyage. sans renoncer aux détails pittoresques offerts par les sociétés indigènes du brésil central dont il a partagé l'existence et qui comptent parmi les plus primitives du globe, l'auteur entreprend au cours d'une autobiographie intellectuelle, de situer celle-ci dans une perspective plus vaste : rapports entre l'ancien et le nouveau monde ; place de l'homme dans la nature ; sens de la civilisatilon et du progrès.

    Claude lévi strauss souhaite ainsi renouer avec la tradition du voyage philosophique illustrée par la littérature depuis le xvie siècle jusqu'au milieu du xixe siècle, c'est à dire avant qu'une austérité scientifique mal comprise d'une part, le goût impudique du sensationnel de l'autre n'aient fait oublier qu'on court le monde, d'abord, à la recherche de soi.

  • Depuis sa naissance, voici un siècle, l'oeuvre de Marcel Proust n'en finit pas d'être assaillie par des hordes de puristes, de snobs ou de fétichistes, dont les exploits ont parfois gâché le pur bonheur de partir à la recherche du temps perdu...
    D'où ce Dictionnaire amoureux écrit à quatre mains et qui, n'en déplaise aux gardiens du temple, a pris le parti de traiter ce monument de la littérature avec la désinvolture (et l'érudition) qu'il mérite.
    De « Rhino-goménol » à « Procrastination », d'« Amour » à « Inversion », de « Morand », « Madeleine » et « Cocteau » à « Spinoza », « Ritz » et « Descartes », les auteurs gambadent à la fois dans la Recherche et dans la vie de son créateur. Ils auront atteint leur but si cette encyclopédie fragmentaire et dictée par le plaisir avive par intermittence, chez ses lecteurs, le désir de (re)lire le plus grand écrivain de tout le temps.

  • De la prison, on connaît quelques témoignages de surveillants, souvent retraités ou anonymes. Mais un récit en nom propre et en activité de directeur de prison, ou plutôt de directrice, on n'a encore jamais lu.
    Ce livre est une plongée unique dans le quotidien de Christelle Rotach, la directrice de la prison de la Santé.
    De son métier, Christelle Rotach ne parle jamais, sauf pour en citer quelques anecdotes qui ne sont que des bribes, des éclats de vécu, une réalité qui n'en est pas une et qui reste méconnue. Impossible de se représenter l'amplitude des situations auxquelles peut être exposé un directeur de prison sur un terreau aussi explosif où tout peut basculer, à tout moment, dans des établissements où la surpopulation est aujourd'hui à son comble.
    La gestion d'une prison, c'est de la sismologie. Une affaire à la fois logistique, humaine et politique. Qui peut peser, à la longue.
    « Ce métier, c'est une somme de petites blessures qu'au fil des années, on n'encaisse plus aussi bien ».
    A force de marcher sur un volcan avec des bouts de ficelle, la charge mentale est sans doute devenue trop lourde.
    A force d'arpenter la noirceur, on finit par avoir l'impression de vivre la nuit. La prison avale tous ceux que la société vomit - les criminels, les fous et, fait nouveau, les terroristes, face auxquels la pénitentiaire n'est pas préparée.
    Et pourtant, ils vont tous sortir. Un jour.
    Sans éluder aucune question, Christelle Rotach raconte, de l'intérieur, le cambouis, le rythme infernal de la maison d'arrêt, les questions, l'inquiétude, le règne des injonctions paradoxales, la violence, la mort. Elle nous parle d'elle, de nous, de ce miroir dans lequel la société ne veut plus se voir.

  • "Les questions internationales intéressent beaucoup, les médias consacrent à la politique étrangère la place qu'elle mérite, mais l'opinion connait souvent mal le rôle de ceux qui la mettent en oeuvre : les diplomates. Les préjugés ont la vie dure, les interrogations sont récurrentes et parfois teintées d'ironie. Les images se superposent : le cynisme de Talleyrand, l'art de l'esquive et du non-dit, la tasse de thé de l'ambassadeur, les réceptions dans de belles résidences, bref un monde à part, vivant dans l'entre soi, superficiel, et surtout de moins en moins utile puisque chefs d'État et ministres se téléphonent en permanence, et que l'international n'est plus depuis longtemps l'apanage des spécialistes.
    Rien n'est plus faux. Diplomate, c'est un vrai métier, un métier de professionnels, un métier d'action, exercé par des hommes et des femmes fiers de servir l'État, passionnés et engagés. Leurs missions sont multiples.
    À travers les grands personnages qui ont marqué l'histoire de la politique étrangère - pas seulement la nôtre - et par une présentation des lieux et des moyens de la diplomatie d'aujourd'hui, ce livre présente les différentes facettes de ce très beau métier. J'ai été un diplomate heureux et j'explique pourquoi." Daniel Jouanneau.

  • Les plumes du pouvoir

    Michaël Moreau

    • Plon
    • 5 Mars 2020

    On les appelle « les plumes ». Elles vivent recluses au coeur du pouvoir. Elles écrivent les discours des présidents et des grandes figures politiques. Elles trouvent les mots qui pourraient marquer l'Histoire, et les formules qui feront date. Qui sont-elles ? Comment les interventions des puissants se préparent-elles ? Cette enquête raconte les arcanes de la politique et les dessous de la Ve République, au travers de l'art oratoire.
    Comment Emmanuel Macron a-t-il changé sa façon d'écrire et de dire les discours après la crise des « gilets jaunes » ? Comment Nicolas Sarkozy a-t-il réagi quand, au moment de prononcer son intervention au pupitre, il en manquait encore des pages ? Pourquoi 106 versions ont-elles été nécessaires à l'allocution télévisée d'au revoir de Jacques Chirac ?
    Le lecteur pénètre dans la fabrique des discours et assiste à de drôles de séances de relecture dans le Salon vert de l'Elysée. Des batailles homériques éclatent entre des conseillers qui se disputent sur les expressions à placer dans la bouche d'un Président. Certains discours ont changé la société et la vie de leur orateur. Mais on découvre aussi des plagiats, des interventions ratées ou écrites dans la tempête. Et même des discours rédigés mais jamais prononcés, comme celui d'un candidat à la présidentielle hésitant à se retirer avant de se raviser. Ces textes ont été dits au Vel' d'Hiv, devant la Knesset ou au Bundestag. Ils ont rendu hommage à des victimes d'attentats, à des figures de l'Histoire ou à Johnny Hallyday. Ils ont dénoncé « le monde de la finance » ou proclamé que l'Homme Africain n'était « pas assez entré dans l'Histoire ». Ils ont annoncé l'abolition de la peine de mort, la déchéance de nationalité, la dissolution de l'Assemblée ou des adieux à la politique.
    Les « plumes » ont accepté de témoigner sans masque, comme la plupart des grandes personnalités politiques. Certains discours sont devenus des moments d'Histoire. Tous ont une histoire.

  • La théorie du donut

    Kate Raworth

    • Plon
    • 15 Novembre 2018

    Crises financières à répétition, inégalités extrêmes de revenus et d'accès aux ressources, exploitation destructrice de l'environnement... tout le monde peut se rendre compte par lui-même que notre système économique dysfonctionne.

    Kate Raworth propose de revisiter les principaux concepts et principes sur lesquels est fondée la science économique, en introduisant, outre les concepts classiques de croissance, de marché, d'agents économiques, le facteur humain et la préoccupation environnementale au coeur de la réflexion. Consciente de la force des schémas et des images, elle s'attaque à sept schémas-clés de l'économie pour montrer à quel points ils sont galvaudés et méritent d'être remplacés.

    Pour en venir au donut du titre : l'auteur propose de remplacer l'objectif économique général de croissance du PIB, par un objectif de stabilisation de l'activité économique entre deux "frontières" : la frontière des besoins humains de base comme "plancher", et la frontière de la préservation de l'environnement comme "plafond". C'est la représentation de ce plancher et de ce plafond, sous forme de cercles, qui donne l'image du donut dans lequel l'activité économique doit s'inscrire.

    Outre la croissance du PIB, le livre démonte ainsi plusieurs mythes économiques comme la "main invisible du marché", le sujet économique rationnel, l'équilibre de loffre et de la demande... Une lecture rafraichissante, qui propose une vision renouvelée, accessible et optimiste de la pensée économique.

  • « Il y a longtemps que je pensais écrire un dictionnaire amoureux de la République.
    Fondamentalement républicain, du fait de l'origine de ma famille et l'éducation reçue de mes parents, je voulais rendre hommage à ces hommes et femmes qui ont fait progresser l'idée républicaine en France. Il ne s'agit pas seulement  d'évoquer l'action de personnalités politiques mais aussi de rappeler l'influence d'écrivains ou artistes et évoquer certains lieux ou s'est réfugié la république.
    J'ai fait des choix et  les assument. C'est un livre personnel et non un ouvrage exhaustif . J'évoque de nombreux souvenirs familiaux qui m'ont fait  aimer et comprendre la république.
    Ce n'est pas un ouvrage politique, le seul engagement  que je revendique est républicain".

    Jean-Louis Debré

  • Depuis qu'il est enfant, Emmanuel Macron - ce candidat aux allures de Petit Prince virtuel - a toujours été désigné et reconnu comme le meilleur.
    Il a trouvé dans le regard des autres, et plus spécifiquement de ses aînés, l'admiration, l'encouragement, la bienveillance. Il y a eu, longtemps, le regard de sa grand-mère, fondateur et essentiel, avec laquelle il a entretenu des liens exclusifs, presque passionnels, qui ont même influé sur sa relation avec François Hollande. Il y a eu le regard de ses professeurs, puis de tous ses « parrains », qui, tout au long de sa carrière, l'ont toujours épaulé et qu'il a souvent subjugués par son intelligence et son empathie. Il y a bien sûr le regard de Brigitte, son épouse, avec qui il forme un couple dont la singularité ne tient pas à leur différence d'âge mais au fait qu'elle est l'unique femme qu'il aime depuis qu'il a seize ans. Et il y a maintenant le regard des Français, qu'il entend séduire avec la même détermination, en bousculant les convenances et en leur déclarant qu'il les aime...

  • Alain Jakubowicz a toujours voulu être avocat.
    Défendre la veuve et l'orphelin, voilà ce qui l'exaltait. Pétri d'humanité, il a été partie civile dans les procès Barbie, Touvier, Papon. Il a écouté les récits poignants des rescapés des camps, il a plaidé contre les négationnistes, les profanateurs de cimetières et les extrémistes. Il a défendu les familles des victimes de la catastrophe du Mont-Blanc et de celle du vol Rio-Paris, il a servi de béquille à des femmes effritées par la vie, parce qu'il est convaincu que David peut triompher de Goliath et que, quelle que soit la technicité du dossier, le plus important reste l'humain.
    Mais la vie d'avocat réserve parfois des surprises. L'appel, un soir, de l'un de ses anciens clients, était de celles-là. Il lui demandait de rencontrer les parents de Nordahl Lelandais, alors simplement suspecté d'avoir enlevé la jeune Maëlys.
    Les suspects ont aussi une mère, une famille qui les aime et ne les imagine qu'innocents. Alain Jakubowicz les a rencontrés. Le dossier n'est plus le même aujourd'hui, et si les faits dont son client est accusé lui font horreur, ce ne sont pas les faits qu'il défend, mais l'homme. Alors il plaidera encore et encore. C'est cela le métier d'avocat dont il rêvait enfant.

  • " oú est la vérité d'un homme qui tue la femme qu'il aime ? qui peut connaître la vérité d'une femme qui, après une vie vertueuse, s'en va tout d'un coup avec un gigolo qu'elle méprise ? quelle est la vérité d'un caissier honnête, modèle et modeste qui, après vingt-cinq ans de bons et loyaux services, un soir, ouvre la caisse, prend l'argent et va tout perdre au casino ? qui peut connaître leur vérité ? rarement le juge qui porte les verres teintés de l'ordre public.
    Plus souvent l'avocat, s'il a - et il devrait l'avoir - une âme de romancier, curieuse des gouffres, capable de se regarder dans le criminel comme dans un miroir. " aujourd'hui, la justice, ou ce que l'on nomme ainsi, a perdu contact avec la vie ; cette vie que les juges pourtant prétendent juger. ce sont à ces mots et à ces vérités oubliés, alors qu'ils sont au centre même des débats judiciaires, que ce dictionnaire amoureux est consacré.
    N'y cherchez pas un recueil de recettes, de vérités toutes faites, de certitudes exemplaires. il s'agit de l'hymne à la vie d'un homme qui en est passionnément épris. défendre est une manière de vivre.

  • Ne croyez surtout pas qu'il s'agisse de science-fiction : 18 avril 2015, une équipe de généticiens chinois entreprenait d'«améliorer» le génome de quatre-vingt-trois embryons humains.
    Jusqu'où ira-t-on dans cette voie ? Sera-t-il possible un jour (bientôt ? déjà ?) d'«augmenter» à volonté tel ou tel trait de caractère de ses enfants, d'éradiquer dans l'embryon les maladies génétiques, voire d'enrayer la vieillesse et la mort en façonnant une nouvelle espèce d'humains «augmentés» ? Nous n'en sommes pas (tout à fait) là, mais de nombreux centres de recherche «transhumanistes» y travaillent partout dans le monde, avec des financements colossaux en provenance de géants du Web tel Google. Les progrès des technosciences sont d'une rapidité inimaginable, ils échappent encore à toute régulation. En parallèle, cette «infrastructure du monde» qu'est le Web a permis l'apparition d'une économie dite «collaborative», celle que symbolisent des applications comme Uber, Airbnb ou BlaBlaCar. Selon l'idéologue Jeremy Rifkin, elles annoncent la fin du capitalisme au profit d'un monde de gratuité et de souci de l'autre. N'est-ce pas, tout à l'inverse, vers un hyperlibéralisme, vénal et dérégulateur, que nous nous dirigeons ? Certaines perspectives ouvertes par les innovations technoscientifiques sont enthousiasmantes, d'autres effrayantes. Ce livre cherche d'abord à les faire comprendre, et à réhabiliter l'idéal philosophique de la régulation, une notion désormais vitale, tant du côté de la médecine que de l'économie. » Luc FERRY

  • Harcelées

    Astrid de Villaines

    • Plon
    • 7 Mars 2019

    Les chiffres des violences faites aux femmes ne semblent jamais baisser : harcèlement de rue, sexisme, cyber-harcèlement, agressions ou harcèlement sexuels au travail, viols et violences conjugales.
    La loi a tenté de les encadrer, mais sans jamais parvenir à les éradiquer. Le silence est encore trop prégnant, la justice encore trop laxiste. En 2017, emmenées par des actrices de Hollywood, des millions de femmes ont pris la parole sur les réseaux sociaux pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles qu'elles vivaient au quotidien, dans l'indifférence générale. Portées en Une de Time, ces « briseuses de silence » portaient avec elle un changement radical. La révolution « Me Too » était en marche.
    Enfin, les choses allaient changer. Enfin, les violences allaient diminuer. C'était sans compter les contre-révolutions, les mouvements réactionnaires et les solides réflexes des institutions et des entreprises françaises conçues par et pour des hommes.
    Alors nous sommes allés à la rencontre des femmes de France : de Strasbourg à Bordeaux en passant par la Bretagne, la Picardie et la Mayenne. De Paris et sa banlieue jusqu'au soleil de la Côte d'Azur. Partout, des femmes de tous âges nous ont raconté ce qu'elles vivaient. Ce qu'elles acceptaient et ce qu'elles n'acceptaient plus. Ce qui les a traumatisées et pourquoi elles se battent pour faire évoluer les choses. Elles ne parlent pas toutes de féminisme, mais toutes demandent l'égalité. Elles ne veulent plus avoir peur, ne veulent plus subir de violences, ne veulent plus avoir à se justifier sur leur genre ni faire leurs preuves plus que les autres. Évidemment pas gagner moins qu'un homme, ni assumer l'ensemble des charges mentales et émotionnelles. Elles sont pressées. Visiblement plus que les institutions qui les gouvernent.

  • 400 000 normes, 125 000 décrets, 10 500 lois... La France, et donc les Français, ploient sous les contraintes réglementaires. Il en existe aujourd'hui sur tout... Du nombre d'oeufs que peuvent manger nos enfants suivant leur âge au nombre d'entretiens qu'un retraité doit passer pour entrer dans un EHPAD, en passant par la hauteur des tables dans les restaurants ou la description des toilettes...
    Agriculture, entreprise, sport, immobilier, jouets, transports, santé... tous les secteurs sont concernés. Si les lois, normes et réglementations trouvent à l'origine une justification, la machine infernale est bel est bien lancée. Dopée au principe de précaution et aux vanités politiques, elle ne semble même pas prête à ralentir. Et ce d'autant plus que, clef de voûte de la construction européenne, la France veut souvent aller bien plus loin que ce que Bruxelles ordonne.
    Bienvenue dans le grand bazar réglementaire, dans les méandres des normes, lois et réglementations !

  • La censure est, hélas, aussi éternelle qu'universelle : elle a condamné le philosophe grec Socrate à boire la mortelle ciguë pour avoir prôné la parole libre ; et les oeuvres de l'artiste contemporain Ai Wei-Wei sont traquées par les dizaines de milliers de fonctionnaires chinois sur les blogs et les réseaux sociaux.
    Dans ce Grand Livre de la censure, celle-ci est visitée au gré de ses différentes obsessions : les bonnes moeurs, la religion, la politique et le pouvoir, la préservation de la santé, le maintien de dogmes scientifiques, tout comme la lutte contre le « pacifisme », la drogue, la sorcellerie ou encore le « socialement incorrect ».
    Aucun genre n'y a échappé : de la littérature à la chanson, cinéma aux arts plastiques, du théâtre à la presse, de la radio à la télévision, sans oublier les jeux vidéo ou internet. On croisera donc ici Ovide et les Beatles, Galilée et Darwin, Carmen et Lady Gaga, Goya et Tolkien, Rodin et les Frères Jacques, Albert Camus et Ai Wei-Wei, Voltaire et Picasso, Salman Rushdie et les Pussy Riot...
    Le grand livre de la censure raconte au lecteur un large choix d'affaires (près de deux cents...), anciennes ou contemporaines, franco-françaises ou au retentissement mondial, en mêlant les grands scandales qui ont marqué leur époque et d'autres interdictions moins connues, mais méritant d'être sorties de la discrétion ou de l'oubli.
    Car l'important est aussi de comprendre que la censure, inventive, perturbée par le pouvoir des mots et des images, est bel et bien, depuis toujours, le miroir de l'humanité et de nos peurs.

  • « En même temps », cette expression devenue le symbole d'un tic raillé est en vérité révélatrice d'une stratégie et d'une philosophie politiques, ce que ce livre montrera.
    Qu'est-ce que Macron ?
    Rien ou pire ? Pire que rien, disent ses ennemis, dans une détestation qui n'a plus de limites. Tout ? Mieux que tout, disent ses fans, dans une admiration qui n'a plus de limites.
    Nous démonterons ces délires tout en cherchant à comprendre ce qui les alimente.
    Quelque chose.
    Dans l'audace d'un pays qui s'est reconnu dans l'audace d'un homme.
    Dans le plaisir d'une nation qui a tant attendu d'à nouveau espérer.
    Dans le dépassement de clivages du XIXe siècle que les horreurs du XXe ont trop longtemps prolongées.
    Dans cette passion du « en même temps » pour rendre compte de la complexité et dépasser les antagonismes.

  • Décennie après décennie, la France paraît toujours plus bloquée. Elle semble aux prises avec une terrible fatalité. Ce constat, chacun l'a éprouvé, nourrissant le pessimisme, la nostalgie et, pour certains, la tentation de l'extrême.
    Les auteurs, ne pouvant s'y résoudre, ont entrepris une enquête inédite, puisant dans plus de mille ans d'histoire, dans ce qui fait la psychologie de la France et des Français, dans leur génie comme dans leurs dénis.
    Parce qu'il fallait dépasser les explications simplistes, sortir du temps court pour faire reparler le temps long, ils ont mobilisé, avec pédagogie, rigueur et enthousiasme, des connaissances multi-disciplinaires : l'histoire, bien sûr, mais aussi la littérature, la philosophie, la sociologie, l'évolution de nos institutions, notre rapport à l'économie, aux religions, aux autres, au monde.
    En décryptant ainsi notre ADN, on découvre combien l'exceptionnalité de l'Etat à la française remonte aux origine de notre pays, au rôle fondateur des capétiens, unissant par le haut une France bigarrée devenue un Etat avant même d'être une nation. En croisant nos « grands hommes », Saint Louis, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle, la perpétuation d'un rapport particulier à la réforme et au pouvoir central se fait jour.
    L'idée n'est pourtant pas de sombrer dans le fatalisme. Bien au contraire, au-delà de l'intérêt propre de mieux nous connaître collectivement, cette plongée passionnante dans la concordance des temps nous offre les clés du sursaut français.

  • L'évasion du siècle

    Brendan Kemmet

    • Plon
    • 23 Mai 2019

    Le 1er juillet 2018, un peu avant midi, un hélicoptère Alouette s'approche de la prison de Réau en banlieue parisienne. A bord, un mini-commando de trois hommes lourdement armés. Ils viennent délivrer un « détenu particulièrement signalé », le très médiatique Rédoine Faïd. En moins de dix minutes et une série de portes découpées à la meuleuse thermique, le prisonnier est dehors, sans un coup de feu. C'est la deuxième évasion pour ce truand hors-norme qui, cinq ans plus tôt, s'était déjà extirpé de la maison d'arrêt de Lille-Sequedin avec otages et explosifs.
    Des préparatifs minutieux à l'envol de Faïd, nous retracerons l'opération millimétrée de Réau, orchestrée par un orfèvre obsessionnel de l'évasion, mais aussi la cavale moins glorieuse de celui que la police a surnommé « l'Ecrivain » depuis qu'il a sorti une autobiographie où il affichait sa prétendue rédemption.
    La fuite de Faïd ne dure que trois mois et s'achève là où tout a commencé : à Creil, petite ville de l'Oise, où il est né et a grandi, au sein d'une famille nombreuse et omniprésente : ses proches ont toujours été à ses côtés lors de ses aventures criminelles. C'est ici, au milieu des mornes HLM, que la trajectoire de Faïd a basculé. Après des études ratées et des petits larcins, arrivent les premiers braquages. Il rêve d'être l'égal des grands voyous, ceux qui attaquent les fourgons blindés et braquent comme au cinéma, comme dans les films de ses héros : Belmondo et Michael Mann. Le goût de la mise en scène, toujours. Et puis il y a la face noire de Rédoine Faïd, qui prétend n'avoir pas de sang sur les mains, oubliant que c'est sa propre équipe qui a ôté la vie de la jeune policière municipale Aurélie Fouquet en 2010 lors d'un hold up raté. Lourdement condamné, il prépare déjà sa sortie. Pourtant annoncée, l'évasion de Réau surprend les autorités et scandalisent les policier qui l'ont déjà arrêté. Tout est à recommencer...
    La chasse à l'homme reprend. Nous détaillerons jour après jour les 95 jours de traque de Faïd par l'élite de la PJ mobilisée comme jamais, à l'image de ce policier fraichement retraité qui ne veut pas lâcher celui qu'il considère comme un « tueur de flic ». Il va « remuer » ses indics pour retrouver le fugitif. Jusqu'à son arrestation.

  • « Le 23 avril 2017, soir du premier tour de la présidentielle, alors que nous sommes tous les deux dans son bureau de l'Élysée, j'interroge François Hollande : «Comment te sens-tu ?» La réponse vient, immédiate : «Je ne peux pas le dire, mais ça fait bizarre.» Oui, ça fait bizarre. Toute cette histoire.
    Pendant près de trois ans, j'ai été le conseiller politique du président François Hollande. Il n'y eut pas un jour sans que je sois en contact étroit avec lui. J'ai vécu à ses côtés des fiertés, des avancées mais aussi et surtout la violence du terrorisme qui a tout bouleversé, les manifestations, les négociations internationales difficiles, les changements de politique économique, les ratages de communication, les incompréhensions, les trahisons des proches. Sans oublier les à-coups de la gauche, les départs fracassants de certains membres du gouvernement - Arnaud Montebourg, Christiane Taubira, Emmanuel Macron -, les socialistes qui s'entredéchirent au point de sombrer, les interrogations et la détermination de l'Élysée et surtout du chef de l'État. J'ai même préparé une campagne présidentielle qui, finalement, ne fut pas.
    À mon poste, j'ai échafaudé des stratégies, élaboré des discours, donné mon avis sur des décisions comme sur des nominations, suggéré des dépassements, j'ai aussi défendu, douté et bien souvent été impuissant. En touchant de l'intérieur le fonctionnement de l'État, j'ai constaté ses forces comme ses absurdités et me suis demandé comment nous en étions arrivés là. En accompagnant le président par très gros temps, j'ai tenté de découvrir qui il était et cherché à tenir mes émotions à distance ; mais, comme les autres, j'ai été rattrapé par elles.
    Ce sont ces impressions, ces coulisses, ces secrets, cette vie au coeur du pouvoir, ces ministres, ces élus, ces conseillers, et le chef de l'État lui-même que ce livre raconte et dévoile. »

  • Les clés du futur

    Jean Staune

    • Plon
    • 28 Mai 2015

    Expert en sociologie, en économie, en management, en philosophie et en science, Jean Staune est un intellectuel atypique. Ses compétences pluridisciplinaires lui ont permis de développer une approche inédite pour appréhender l'extraordinaire mutation que connaît notre époque : cinq révolutions - scientifique, technologique, managériale, économique, sociétale - simultanément à l'oeuvre qui vont profondément impacter notre façon de produire, de consommer et de vivre, bouleversant ainsi tous nos repères traditionnels.
    Dans cette synthèse exceptionnelle, fruit de quinze années de recherches, Jean Staune dessine les contours du monde de demain et livre à chacun d'entre nous les clés pour s'y adapter.
    Un ouvrage essentiel, résolument optimiste, nourri de dizaines de rencontres avec ceux qui développent les idées et inventent les pratiques d'une nouvelle aventure humaine.

  • Ce livre s'ouvre lorsque Georges-Marc Benamou se recueille dans la chambre mortuaire de François Mitterrand et, face à toutes les critiques sur leur relation, l'auteur a décidé aujourd'hui, 20 ans après la mort de François Mitterrand, de livrer la teneur de la soixantaine d'entretiens dont il n'avait jamais fait état.
    Les Mémoires interrompues côté coulisses, leurs promenades vagabondes où ils parlent de l'amour, de leurs lectures, de l'énigme de son ménage à trois, mais aussi de Christine Gouze-Rénal, « la vraie patronne », Bertie Albrecht ou encore Marguerite Duras.
    L'année 42, qu'il cherche à faire disparaître, le mystère Jean Moulin et la piste Bénouville, l'erreur du gouvernement Guy Mollet, son antigaullisme, son obsession Mendès-France, les Juifs et la France, la déception Fabius, lui et la postérité avec cette curieuse prophétie : « Je suis le dernier des grands Présidents. »  

  • Les idées populistes, de droite comme de gauche, gagnent du terrain partout en Europe.
    L'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République française ne doit pas masquer le score réalisé par Marine Le Pen au second tour. Au Royaume-Uni, les électeurs anglais ont choisi le Brexit, persuadés qu'être seul vaut mieux qu'être à 27. En Hollande, le populiste Gert Wilders a très largement animé la dernière campagne des législatives. En Autriche, un candidat d'extrême-droite s'est hissé au second tour de l'élection présidentielle, et le nouveau chancelier s'est allié à elle. En Hongrie et en Pologne, des gouvernements démocratiquement élus votent des lois restreignant la liberté de la presse et l'indépendance de la justice. Enfin, les dernières élections générales en Allemagne ont permis l'entrée au Bundestag de 96 députés de l'extrême-droite allemande, lui permettant ainsi de jouer un rôle qu'elle n'a encore jamais eu dans la vie politique d'après guerre...
    Comment en est-on arrivé là ? Comment, en trente ans, les idéaux fondateurs de l'Europe, qui ont garanti une paix jusque-là inconnue sur le continent, ont-ils pu autant reculer sous les coups de boutoir des populistes ? Les deux auteurs nous invitent à un tour d'Europe des populismes, pays par pays, et nous expliquent la génèse et le développement de ces mouvements farouchement isolationnistes et souvent xénophobes au travers l'analyse des situations locales.
    L'Europe n'a jamais été aussi fragilisée et connu une telle vague de repli sur soi de ses membres. C'est bien son avenir qui se joue aujourd'hui, de la Scandinavie jusqu'à la Catalogne...

  • « Longtemps, la justice fut un monde d'hommes et, plus encore, une affaire d'hommes, avec ses codes et ses valeurs. Puis, les femmes ont investi la profession d'avocat avec leur sensibilité. Ce livre rend hommage à une vingtaine d'avocates d'exception à travers le monde. Chacune illustre, à sa façon, et par son combat, ces valeurs féminines de tolérance et de justice qu'elle entend défendre. Toutes ensemble, elles montrent la complexité et la richesse du métier d'avocat tel que le vivent et le façonnent les femmes.
    Certaines figures sont très connues et leur influence s'est étendue bien au-delà de leur barreau - Hillary Clinton, Shirin Ebadi, Christine Lagarde. -, mais j'aborde ici leur parcours sous le prisme de leur métier d'avocate. D'autres sont moins connues, voire totalement inconnues du grand public français. Elles n'en mènent pas moins un combat admirable dans leur pays. Qu'il s'agisse de Christina Swarns, au Brésil, de Karinna Moskalenko, en Russie, et de toutes les autres. Leur engagement montre comment, aujourd'hui dans le monde, la lutte pour les droits de l'homme passe par les femmes - parfois au péril de leur vie. » Christiane Féral-Schuhl

  • Au soir de sa vie, Paul Lombard, l'un des plus célèbres avocats français du XXe siècle, décédé en janvier 2017, se confiait en exclusivité sur les grands moments de son existence et de sa carrière, inégalée. Un témoignage d'une grande force.

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