Gallimard

  • Libre-échange mondialisé, développement des nouvelles technologies financières ou culturelles, juridictions nationales contre Cour européenne, mais aussi recours d'ouvriers licenciés contre des plans sociaux, action collectives d'actionnaires ou procès d'irradiés pour mise en danger de la vie d'autrui : il n'est de jour où l'on n'assiste pas, sous nos yeux, aux mutations contemporaines du droit. Or la situation du droit est des plus paradoxales. Le droit est avant tout une pratique qui vise à ordonner les rapports sociaux et les échanges économiques. Mais sa particularité, son exceptionnalité, son importance pour le fonctionnement des sociétés et pour la compréhension de leur fonctionnement conduisent trop souvent encore la Faculté à enseigner le droit comme un savoir strictement clos sur lui-même, qui se construit théoriquement, toute fenêtre fermée, en s'interrogeant seul sur sa propre rationalité, ses fondements, ses évolutions. Le droit serait, en surplomb des sociétés, une norme . Or tous les jours, mobilisé au coeur de la société, pour faire avancer des revendications ou atténuer des obstacles à la libre circulation des biens, le droit est une source , dont s'inspire, par exemple, citoyens ou lobbies pour faire triompher leurs causes. En ce sens, dans ses enseignements universitaires comme dans ses pratiques professionnelles, il ne peut échapper à la question : à quoi aujourd'hui sert le droit ? Qui se sert désormais du droit ?

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  • La réponse à la question : qu'est-ce que la politiqueoe ne peut éviter la confrontation fondatrice entre les Modernes et les Anciens. Si les théories modernes et contemporaines marquent des ruptures, elles opèrent néanmoins dans un cadre demeuré inchangé depuis les premières grandes réflexions d'Aristote : la politique est-elle amitié ou inimitiéoe le lieu de l'individu ou du collectifoe des passions ou des intérêtsoe de l'égalité absolue ou de la hiérarchie insurpassableoe Ces couples ont formé la logique de la politique depuis l'origine ; la modernité n'a fait que déplacer l'équilibre entre chacun des termes, en introduisant - et c'est déjà beaucoup - deux idées nouvelles : la séparation des instances et la solitude de l'individu. La tension demeure permanente entre les grandes polarités, car il n'y a pas de troisième terme. L'essence du politique n'est pas, comme on le dit trop souvent, la présence immuable de la domination, mais le caractère insoluble des tensions - celles qu'étudient Jean-Marie Donegani et Marc Sadoun en six chapitres : l'individu et le tout ; égalité et différence ; pouvoir et domination ; intérêt et volonté ; amitié et inimitié ; vérité et opinion.

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