Gallimard

  • Depuis 1973, nous avons assisté à une islamisation progressive de la politique au Moyen-Orient, puis à la jihadisation de la région et de l'Occident. En moins d'une décennie, nous sommes passés de l'enthousiasme des slogans démocratiques universels des « printemps » et de leur « révolution 2.0 » à une funeste régression au salafisme, au retour de l'autoritarisme et à la guerre civile. Le chaos s'est aujourd'hui installé au Moyen-Orient et autour de la Méditerranée.
    Comment s'est-il établi ? Comment en sortir ? Quels sont aujourd'hui les choix sur la table d'Emmanuel Macron, de Donald Trump ou de Vladimir Poutine ? C'est à ces questions d'une brûlante actualité et d'une importance cruciale que répond ce livre, réflexion à la fois experte et pédagogue permettant de décrypter le présent et de comprendre les scénarii à venir.
    Cet ouvrage offre aussi, pour la première fois, une analyse complète et compréhensible du conflit syrien.

    Pour ce faire, Gilles Kepel est retourné partout - Palestine, Israël, Égypte, Tunisie, Libye, Oman, Yémen, Qatar, Bahreïn, Arabie saoudite, Liban, Turquie, Syrie, Kabylie, Russie - et a rencontré tous les acteurs. Fort de son expérience du terrain et de sa connaissance de la région, analysant les événements les plus récents à la lumière de l'histoire, il livre ici une contribution essentielle pour qui veut comprendre les enjeux d'aujourd'hui et de demain.

  • Cinq ans après les attentats qui ont ensanglanté la France - de la tuerie de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 aux massacres du Bataclan le 13 novembre 2015 - ce livre présente le premier récit de l'intérieur du processus qui a vu naître le jihadisme français parmi les « cités » enclavées des banlieues populaires et a mené ses activistes, en passant par le « califat » de Daech au Levant, jusqu'aux prisons de l'Hexagone.
    C'est en effet à partir de quatre-vingts entretiens avec des jihadistes incarcérés que Hugo Micheron a pu reconstituer la structuration des réseaux et des territoires du jihad. S'inscrivant en faux contre l'opinion commune qui fait du monde pénitentiaire une institution totalitaire coupée de la société, il analyse les interactions constantes entre celui-ci et les « quartiers ». Il montre comment la projection dans l'hyper-violence sur la « terre sainte du Châm » en Syrie et sur le territoire français est l'aboutissement d'un itinéraire qui démarre dans les cercles salafistes de Toulouse et Molenbeek dès la fin du siècle dernier. Il est scandé par les grands bouleversements des attentats du 11 Septembre 2001 aux États-Unis et les meurtres commis par Mohamed Merah en mars 2012, préludes à la proclamation du « califat » à Raqqa.
    Ces analyses, qui reposent sur la familiarité de l'auteur avec les banlieues populaires, sur sa connaissance des langue et culture arabes et de la Syrie, ainsi que son immersion pendant deux années dans le monde carcéral, ouvrent des perspectives totalement nouvelles.
    Elles permettent de comprendre pourquoi la majorité de la classe politique, des hauts fonctionnaires et beaucoup d'universitaires, n'ont eu du phénomène jihadiste qu'une lecture superficielle et inopérante - dont notre société a payé un prix particulièrement élevé. Elles ouvrent également la réflexion sur les pistes pour anticiper « l'après-Daech ».

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