Fabrique

  • Dans ce livre, Frédéric Lordon se penche sur le centre nerveux du capitalisme : le rapport salarial. Il l'envisage de manière marxiste, c'est-à-dire comme configuration des structures sociales, et, moins classiquement, d'un point de vue spinoziste : quels sont les affects qui font fonctionner ces structures ? Comment rendre les dominés heureux ? Que veut dire consentir ? Qu'entend l'entreprise par " motivation ", " réalisation de soi ", " épanouissement au travail " ? Comment certains salariés en viennent-ils à faire cause commune avec le Capital ?
    Lordon nous le montre avec brio : le projet capitaliste est un projet de possession intégrale des âmes, des intériorités. Le totalitarisme est son stade ultime.
    Lordon réouvre une porte vers une réponse communiste à l'entreprise : " une vie humaine ".

  • Au-delà des débats sur la crise de l'art ou la mort de l'image qui rejouent l'interminable scène de la " fin des utopies ", le présent texte voudrait établir quelques conditions d'intelligibilité, du lien qui noue esthétique et politique.
    Il propose pour cela d'en revenir à l'inscription première des pratiques artistiques dans le découpage des temps et des espaces, du visible et de l'invisible, de la parole et du bruit, qui définit à la fois le lieu et l'enjeu de la politique. on peut alors distinguer des régimes historiques des arts comme formes spécifiques de ce rapport et renvoyer les spéculations sur le destin fatal mi glorieux de la " modernité " à l'analyse d'une de ces formes.
    On peut aussi comprendre comment un même régime de pensée fonde la proclamation de l'autonomie de l'art et son identification à une forme de l'expérience collective. (j-r).

  • L'actualité la plus récente a donné à voir une fracture au sein de la gauche et des forces d'émancipation : on parle d'un côté des « no border », accusés d'angélisme face à la « pression migratoire », et d'un autre côté il y a les « souverainistes », attachés aux frontières et partisans d'une « gestion humaine des flux migratoires ». Ce débat se résume bien souvent à des principes humanistes d'une part (avec pour argument qu'il n'y a pas de crise migratoire mais une crise de l'accueil des migrants) opposés à un principe de « réalité » (qui se prévaut d'une légitimité soi-disant « populaire », selon laquelle l'accueil ne peut que détériorer le niveau de vie, les salaires, les lieux de vie des habitants du pays).

  • Discours

    Maximilien de Robespierre

    Depuis thermidor et en passant par le bicentenaire, robespierre, présenté comme un tyran sanglant et glacé, un ancêtre des totalitarismes de tous bords, reste un sujet de haine et de répulsion.
    On le voit ici prendre la parole contre la peine de mort, contre la loi martiale, contre la guerre de conquête (" personne n'aime les missionnaires armés "), contre l'esclavage dans les colonies (" périssent vos colonies si vous les conservez à ce prix "). il réclame le suffrage universel sans condition de fortune. il veut que les droits de citoyen soient donnés à tous sans discrimination de religion ni de métier.
    Il s'élève contre la liberté illimitée du commerce qui affame le peuple (" faisons des lois qui rapprochent le prix des denrées de celui de l'industrie des pauvres "). il dénonce l'égoïsme des possédants (" la première loi sociale est celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d'exister "). à notre époque, oú droits de l'homme et libéralisme économique font, paraît-il, bon ménage, ces discours fiévreux montrent la vérité de celui qui pose la grande question : " citoyens, vouliez-vous une révolution sans révolution ? ".

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