Sciences humaines & sociales

  • Saurait-on être passionnément modéré ou cultiver la modération avec passion ?
    Le titre de cet ouvrage constitue un paradoxe. La tradition philosophique, notamment grecque, enseigne que la modération est maîtrise (voire anéantissement) des passions. Or cette tradition, qui a inauguré ce qu'on appelle l'âge moral de la modération, a connu une rupture au siècle des Lumières. La modération cesse en effet d'être rapportée à des vertus individuelles pour être appréhendée comme le but ultime du Gouvernement : le constitutionnalisme libéral, fait de séparation des pouvoirs, postule que la modération résultera plus de la mécanique institutionnelle que de la moralité des gouvernants. Ce fut l'avènement de l'âge politique de la modération, dans lequel nous vivons encore. La modération est alors localisée : elle s'inscrit au centre.
    Cet âge politique de la modération dévoile aujourd'hui ses faiblesses : le " sarkozysme " en est la preuve car il met en évidence que la mécanique institutionnelle ne saurait remplacer sans dommages les vertus attendues des gouvernants. Il convient donc de restaurer - sans dogmatisme et sans illusion - l'acception morale de la modération.

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