Seuil

  • Et si notre civilisation s'effondrait ? Non pas dans plusieurs siècles, mais de notre vivant. Loin des prédictions Maya et autres eschatologies millénaristes, un nombre croissant d'auteurs, de scientifiques et d'institutions annoncent la fin de la civilisation industrielle telle qu'elle s'est constituée depuis plus de deux siècles. Que faut-il penser de ces sombres prédictions ? Pourquoi est-il devenu si difficile d'éviter un tel scénario ?
    Dans ce livre, Pablo Servigne et Raphaël Stevens décortiquent les ressorts d'un possible effondrement et proposent un tour d'horizon interdisciplinaire de ce sujet - fort inconfortable - qu'ils nomment la "collapsologie". En mettant des mots sur des intuitions partagées par beaucoup d'entre nous, ce livre redonne de l'intelligibilité aux phénomènes de "crises" que nous vivons, et surtout, redonne du sens à notre époque. Car aujourd'hui, l'utopie a changé de camp : est utopiste celui qui croit que tout peut continuer comme avant. L'effondrement est l'horizon de notre génération, c'est le début de son avenir. Qu'y aura-t-il après ? Tout cela reste à penser, à imaginer, et à vivre...
    Pablo Servigne est ingénieur agronome et docteur en biologie. Spécialiste des questions d'effondrement, de transition, d'agroécologie et des mécanismes de l'entraide, il est l'auteur de Nourrir l'Europe en temps de crise (Nature & Progrès, 2014).
    Raphaël Stevens est éco-conseiller. Expert en résilience des systèmes socioécologiques, il est cofondateur du bureau de consultance Greenloop.
    Postface d'Yves Cochet, ancien ministre de l'Environnement et président de l'Institut Momentum.

  • Sous les pavés, la terre : agricultures urbaines et résistances dans les métropoles Nouv.

    L'agriculture urbaine va-t-elle transformer les métropoles ? En essor depuis le début du xxie siècle, cette pratique connaît un regain d'intérêt qui s'inscrit dans la prise de conscience des ravages de l'agriculture conventionnelle et de l'urbanisation. D'autant que la pandémie de Covid-19 a questionné le mode de vie citadin, fondé sur l'inégalité sociale d'accès à la nature, l'artificialisation des sols et une dépendance considérable aux importations agricoles.

    Dans les friches des quartiers populaires, les jardins partagés des centres-villes et les potagers en lutte, l'agriculture urbaine permet ainsi de produire, de résister et d'habiter autrement. Issu d'une enquête au long cours dans le Grand Paris, à New York et à Détroit, ce livre porte sur les efforts collectifs d'associations et d'individus pour reprendre et cultiver la terre dans les métropoles. Au fil des récits recueillis et des parcelles arpentées, il restitue la pluralité des espaces et des pratiques socio-écologiques, et rend compte des alliances et des conflits qui se nouent autour du retour de l'agriculture dans les ruines du capitalisme urbain.

    Flaminia Paddeu, géographe, est maîtresse de conférences à l'université Sorbonne Paris Nord et chercheuse au laboratoire Pléïade. Ses recherches portent sur les enjeux socio-spatiaux et écologiques de l'agriculture urbaine, du glanage et de la cueillette dans les métropoles en France et aux États-Unis. Elle est membre fondatrice et directrice du comité scientifique de la revue Urbanités.

  • Que se trame-t-il exactement sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes ?
    Notre anthropologue dessinateur mène l'enquête : s'agit-il d'un kyste peuplé de hippies violents ? Trop drogués pour comprendre qu'il faut partir puisque le projet d'aéroport est abandonné ? Ou de l'avant-poste, en Occident, d'un nouveau rapport au monde, affranchi de la distinction entre Nature et Culture ?
    L'enquête emprunte des chemins imprévisibles sur ce bocage qui, d'emblée, nous absorbe, nous transforme et recompose les liens que nous entretenons avec les plantes, les animaux et le territoire.
    Ancien chercheur en sciences cognitives et philosophie, Alessandro Pignocchi s'est lancé dans la bande dessinée avec son blog, Puntish. Son premier roman graphique, Anent. Nouvelles des Indiens Jivaros (Steinkis), raconte ses découvertes et ses déconvenues dans la jungle amazonienne, sur les traces de l'anthropologue Philippe Descola. Dans les deux suivants, Petit traité d'écologie sauvage et La Cosmologie du futur, il décrit un monde où l'animisme des Indiens d'Amazonie est devenu la pensée dominante, et où un anthropologue jivaro tente de sauver ce qui reste de la culture occidentale.

  • La situation critique dans laquelle se trouve la planète n'est plus à démontrer. Des effondrements sont déjà en cours tandis que d'autres s'amorcent, faisant grandir la possibilité d'un emballement global qui signifierait la fin du monde tel que nous le connaissons.
    Le choix de notre génération est cornélien : soit nous attendons de subir de plein fouet la violence des cataclysmes à venir, soit, pour en éviter certains, nous prenons un virage si serré qu'il déclencherait notre propre fin-du-monde-industriel.
    L'horizon se trouve désormais au-delà : imaginer la suite, tout en se préparant à vivre des années de désorganisation et d'incertitude. En toute honnêteté, qui est prêt à cela ?
    Est-il possible de se remettre d'un déluge de mauvaises nouvelles ? Peut-on simplement se contenter de vouloir survivre ? Comment se projeter au-delà, voir plus grand, et trouver des manières de vivre ces effondrements ?
    Dans ce deuxième opus, après Comment tout peut s'effondrer, les auteurs montrent qu'un changement de cap ouvrant à de nouveaux horizons passe nécessairement par un cheminement intérieur et par une remise en question radicale de notre vision du monde. Par-delà optimisme et pessimisme, ce sentier non-balisé part de la collapsologie et mène à ce que l'on pourrait appeler la collapsosophie...
    Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle ont une (dé)formation scientifique et sont devenus chercheurs in-Terre-dépendants. Ils ont publié Comment tout peut s'effondrer. Petit Manuel de collapsologie à l'usage des générations présentes (Seuil, 2015), Le Vivant comme modèle. La voie du biomimétisme (Albin Michel, 2015), Petit traité de résilience locale (ECLM, 2015), Nourrir l'Europe en temps de crise (Babel, 2017) ou encore L'Entraide. L'autre loi de la jungle (Les liens qui libèrent, 2017).

  • Qu'est-ce que la vie et quel rôle y jouons-nous ? Notre culture héritée des Lumières, tout comme la biologie conventionnelle, ont jusque récemment évité de s'intéresser à la vie dans sa puissance créatrice et signifiante. Toutes deux étaient trop attachées aux catégories de l'individu, de la rationalité et de la concurrence, et concevaient le monde à travers un réductionnisme passant à côté de la vie elle-même. Mais que se passe-t-il si on repense les organismes, y compris les nôtres, comme des corps sensibles autant que physiques, qui vivent des expériences subjectives et produisent du sens ? Quels nouveaux chemins sont possibles si, en héritant des Lumières mais en les vivifiant par un rapport renouvelé à la biosphère, nous sommes attentifs à nos besoins intérieurs en tant que créatures vivantes ? Quelles relations avons-nous, ou devrions-nous avoir, avec les puissances d'agir des vivants autres qu'humains ? Comment produisons-nous ? Pour nos besoins ou pour le marché ? Comment désintoxiquer la biologie de ses métaphores et cadres de pensée hérités de l'industrialisme libéral du XIXe siècle ? Une proposition essentielle pour repenser nos existences terrestres.

    Andreas Weber a étudié la biologie marine et la philosophie en Allemagne et aux États-Unis, notamment sous la direction de Francisco Varela. Docteur en études culturelles, auteur et journaliste, il a beaucoup écrit dans la tradition de la « Nature Writing ». Chercheur indépendant, il explore la « biopoétique » et les conceptions de la vie comme signification, issues des recherches les plus récentes en biologie.

  • Face aux signaux alarmants de la crise globale – croissance en berne, tensions sur l'énergie et les matières premières, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, changement climatique et pollution généralisée – on cherche à nous rassurer. Les technologies " vertes " seraient sur le point de sauver la planète et la croissance grâce à une quatrième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables, des réseaux intelligents, de l'économie circulaire, des nano-bio-technologies et des imprimantes 3D.
    Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l'impasse. Ce livre démonte un à un les mirages des innovations high tech, et propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les " basses technologies ". Il ne s'agit pas de revenir à la bougie, mais de conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir. S'il met à bas nos dernières illusions, c'est pour mieux explorer les voies possibles vers un système économique et industriel soutenable dans une planète finie.
    Philippe Bihouix est ingénieur. Spécialiste de la finitude des ressources minières et de son étroite interaction avec la question énergétique, il est coauteur de l'ouvrage Quel futur pour les métaux ?, 2010.
    PRIX DE LA FONDATION DE L'ECOLOGIE POLITIQUE 2014

  • Que devient la « politique » lorsque des paysannes et des écologistes disséminent des graines de plantes résistantes aux herbicides dans les monocultures d'OGM pour en saboter les rendements ? Lorsque des naturalistes en lutte invitent un couple de balbuzards pêcheurs à protéger un fleuve menacé par un énième projet inutile et imposé ? Lorsque des villageois kirghizes échappent à la main mise de l'État sur leurs moyens de subsistance en greffant en secret une forêt fruitière ?
    D'autres manières de faire, de se défendre, de résister, nous devancent, nous déstabilisent et nous renforcent : des manières animales, végétales, sylvestres, microbiennes, fongiques... Nos alliés sont multiformes, considérablement plus nombreux et divers que ce que notre imagination laisse entrevoir.
    Si nous sommes bien les seuls responsables d'un choix concerté de cibles et de stratégies contre les causes du ravage et des inégalités, nous ne sommes pas les uniques acteurs du changement que nous souhaitons voir advenir. Appel à refuser la mise au travail de la planète, ce traité d'écologie politique terrestre ouvre de nouveaux horizons pour agir avec la nature contre ceux qui l'effondrent.

  • Énorme succès à l'étranger, ce livre haletant nous offre enfin la clé de compréhension des désastres climatiques, écologiques, pandémiques et économiques contemporains. Accuser Sapiens, un humain indifférencié et fautif depuis toujours, est une imposture. Notre histoire est sociale : c'est celle des structures de domination nées il y a cinq mille ans, et renforcées depuis cinq siècles de capitalisme, qui ont constitué un engrenage destructeur de la Terre et de l'avenir de l'humanité, une mégamachine.
    Mais ces forces peuvent aussi être déjouées et la mégamachine ébranlée. Alors que les alternatives ne manquent pas, quel déclic nous faut-il pour changer de cap et abandonner une voie manifestement suicidaire ? La réponse est dans ce récit. Car seul celui qui connaît sa propre histoire peut être capable de l'infléchir.

    « Aucun sujet n'est plus important. Une contribution d'une grande valeur qui vient à point. »
    Noam Chomsky

    « Un livre magnifique, d'une actualité brulante. Nous devons à l'auteur gratitude, solidarité et beaucoup d'admiration. »
    Jean Ziegler

    « Une lecture obligatoire pour toutes celles et tous ceux qui s'élèvent contre un système qui est en train de détruire la vie sur Terre et notre avenir. »
    Vandana Shiva

  • La crise climatique et la question écologique occupent désormais le devant de la scène, mais la profondeur des questionnements nécessaires, sur nos façons de produire, de travailler, de consommer et de nous épanouir, manque souvent à ce brouhaha médiatique. Cette anthologie, la première réunissant les principaux textes d'un des plus grands penseurs de l'écologie et du capitalisme tardif, décédé en 2007, comble ce vide.
    Elle offrira des repères et des perspectives solides pour les tempêtes en cours : pensée de l'autonomie et de la liberté prolongeant l'existentialisme, lecture critique des derniers avatars du capitalisme et de sa crise écosystémique. Pour Gorz, loin de mesures gestionnaires et technocratiques, l'écologie est d'emblée politique impliquant une critique radicale des formes de domination, tant par le travail que sur la nature ou via le consumérisme.

    Textes rassemblés et présentés par Françoise Gollain et Willy Gianinazzi

  • L'action de l'électricité se révèle dans trois domaines principaux : la lumière, la force, l'information. Une telle immatérialité la fait passer pour innocente. Pourtant, son efficacité repose essentiellement sur le pouvoir du feu, elle n'est qu'un vecteur énergétique. Dégâts et déchets sont cachés en amont ou en aval de son utilisation.

    À travers un parcours historique d'Ampère à Bill Gates, les auteurs démontent les coulisses et les travers du mythe électrique et de la numérisation de nos existences. Non, le tout-électrique-tout-numérique ne sauvera pas la planète ! Avant qu'ils ne nous emprisonnent totalement, arrachons-nous à leur pouvoir de séduction et sortons de la Matrix.

  • Stockés dans des décharges, éparpillés à la surface des océans ou dispersés en particules invisibles dans l'atmosphère, les déchets sont désormais des traces indélébiles de notre présence sur terre autant que des symptômes de la crise du monde contemporain.
    Après les avoir enfouis et brûlés, il est devenu impératif de les réduire, de les réutiliser, de les recycler. À l'heure de l'économie circulaire, cette promesse d'un monde sans restes rappelle un mensonge de la tribu Chagga, évoqué par l'anthropologue Mary Douglas : les mâles adultes de cette tribu affirment ne jamais déféquer !
    De même, ce livre montre que la quête de pureté et de maîtrise technicienne du déchet dans nos sociétés industrielles fabrique un aveuglement collectif. Il raconte comment Homo detritus, face cachée d'Homo œconomicus, a cru sauver la planète en " bien jetant ".
    Un livre fort sur les impasses des approches " gestionnaires " de notre société du déchet.
    Baptiste Monsaingeon est chercheur postdoctoral à l'Ifris. Membre du conseil scientifique de l'exposition Vies d'ordures au Mucem à Marseille, il a notamment participé à la première expédition dédiée à l'identification de concentrations de débris plastique en Atlantique Nord.

  • Une colère rouge recouvre le ciel. Les vagues s'agitent, l'eau monte, les forêts tombent et les corps s'enfoncent dans ce sanguinaire gouffre marin. Les cieux tonnent encore devant ce spectacle : le monde est en pleine tempête.
    Derrière sa prétention d'universalité, la pensée environnementale s'est construite sur l'occultation des fondations coloniales, patriarcales et esclavagistes de la modernité. Face à la tempête, l'environnementalisme propose une arche de Noé qui cache dans son antre les inégalités sociales, les discriminations de genre, les racismes et les situations (post)coloniales, et abandonne à quai les demandes de justice.
    Penser l'écologie depuis le monde caribéen confronte cette absence à partir d'une région où impérialismes, esclavagismes et destructions de paysages nouèrent violemment les destins des Européens, Amérindiens et Africains. Le navire négrier rappelle que certains sont enchaînés à la cale et parfois jetés par-dessus bord à la seule idée de la tempête. Tel est l'impensé de la double fracture moderne qui sépare les questions coloniales des destructions environnementales. Or, panser cette fracture demeure la clé d'un " habiter ensemble " qui préserve les écosystèmes tout autant que les dignités. Telle est l'ambition d'une " écologie décoloniale " qui relie les enjeux écologiques à la quête d'un monde au sortir de l'esclavage et de la colonisation.
    Face à la tempête, ce livre est une invitation à construire un navire-monde où les rencontres des autres humains et non-humains sur le pont de la justice dessinent l'horizon d'un monde commun.
    Malcom Ferdinand est ingénieur en environnement de University College London, docteur en philosophie politique de l'université Paris-Diderot et chercheur au CNRS (IRISSO / Université Paris-Dauphine).

  • En déclarant la mort de la nature, nombreux sont ceux qui voient dans l'Anthropocène l'opportunité de prendre enfin les commandes d'un système-terre entièrement modelé par les humains.
    À rebours de cet appel au pilotage global, Virginie Maris réhabilite l'idée de nature et défend la préservation du monde sauvage. Elle revisite pour cela les attributs de la nature que les fantasmes prométhéens du contrôle total s'appliquent à nier : son extériorité, en repensant la frontière entre nature et culture ; son altérité, en reconnaissant la façon dont les non-humains constituent leurs mondes tout comme nous constituons le nôtre ; et enfin son autonomie, en se donnant les moyens de respecter et de valoriser ces mondes multiples.
    L'auteure invite à remettre au cœur de la réflexion sur la crise environnementale la nécessité de limiter l'emprise humaine sur la planète, en redonnant toute sa place au respect de cette nature indocile qui peuple nos paysages, nos imaginaires, et qui constitue finalement l'autre face de notre humanité.
    Virginie Maris est philosophe de l'environnement au CNRS. Elle travaille au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE) à Montpellier. Ses travaux portent sur la biodiversité, les sciences de la conservation, les valeurs de la nature ou encore les rapports entre écologie et économie. Elle est l'auteure de Philosophie de la biodiversité. Petite éthique pour une nature en péril (Buchet-Chastel, 2010) ainsi que de Nature à vendre. Les limites des services écosystémiques (Quæ, 2014).

  • Tandis que les effets du changement climatique sont ressentis de plus en plus violemment en Chine comme aux États-Unis, avec une multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, une guerre commerciale sans précédent oppose ouvertement ces deux pays depuis mars 2018. L'interdépendance profonde et complexe qui unit en les opposant ces deux puissances depuis le XIXe siècle est aussi l'un des principaux moteurs de la crise écologique et climatique planétaire. Cette croissance " chinaméricaine " émet près de 45% des gaz à effet de serres, exerce une pression phénoménale sur la biodiversité et induit une compétition toujours plus féroce pour l'accès aux ressources naturelles et énergétiques.
    La " Chinamérique " est ainsi une force tellurique qui verrouille la Terre dans une trajectoire d'aggravation permanente, tout en se déchirant elle-même. Allons-nous vers un long conflit entre l'Aigle et le Dragon ? Et, si c'est le cas, la Terre s'en remettra-t-elle ?
    Jean-Michel Valantin est un géopolitiste français qui place les dérèglements environnementaux planétaires et la montée en puissance de l'intelligence artificielle au cœur de ses analyses. Il est docteur et chercheur en Études stratégiques et sociologie de la défense (EHESS, Paris), responsable de la rubrique " Environment and Security " de www.redanalysis.org. Il a notamment publié aux éditions du Seuil Géopolitique d'une planète déréglée en 2017.

  • Qui est Greta Thunberg ? Héroïne d'un présent assombri par le désastre climatique en cours pour les uns, incarnation de la bêtise catastrophiste du contemporain pour les autres. Pourtant, ce qu'elle nous apprend va au-delà du jeu d'échec des « pour » et des « contre » qui plombe les débats relatifs à l'écologie. Ce qu'elle nous apprend est tout simplement une nouvelle manière de penser et d'agir à l'aune de la crise que nous traversons.

    Avec Greta Thunberg, la figure de l'intellectuel jugeant le monde depuis la certitude de sa connaissance se voit déboulonnée au profit d'une autre, qui ne craint plus de regarder en face l'incertitude de toute connaissance. Car il y aura toujours une raison d'attendre, une donnée manquante, une théorie non vérifiée, une hypothèse sur un risque non expurgée de valeurs. Or ce dont nous avons besoin, aujourd'hui, est autre chose, qui prend la forme d'un savoir que nous ne pouvons pas maîtriser - le savoir de l'urgence. De ce savoir, Greta Thunberg est désormais l'incarnation. Et Laurent de Sutter propose de se mettre à son école.

  • Les avancées récentes de l'anthropologie l'ont amplement démontré : la partition nature/culture qui fonde l'ontologie moderne occidentale et qui s'est imposée partout n'est pas la seule façon d'être au monde, encore moins la forme ultime de la civilisation. Un tel dualisme, qui sépare corps et esprit, émotion et raison, sauvage et civilisé, acteur et chercheur, humains et autres qu'humains, nous empêche de nous vivre comme partie du monde et nous conduit à le détruire. Dès lors, le projet émancipateur ne saurait se limiter à " changer le monde ". Il s'agit aujourd'hui de changer de monde.
    Des mouvements indigènes du Sud aux "zones à défendre" (ZAD) du Nord, les conflits politiques renvoient à des visions divergentes quant à la composition du monde et aux façons d'en prendre soin. Autrement dit, à un conflit ontologique. Comment, à l'heure de la crise écologique et face à l'échec de la mondialisation, penser cette dimension ontologique de la politique ? Comment engager notre transition, en dialogue avec luttes des peuples non-occidentaux et les cosmologies non-modernes, pour habiter en conscience le plurivers, ce monde des mondes qu'est notre planète ?
    Arturo Escobar, d'origine colombienne, est professeur d'anthropologie à l'université de North Carolina aux États-Unis. Il est mondialement connu pour sa critique du développement et d'une domination occidentale responsable de l'appauvrissement des mondes (Encountering development, 1996 ; World Anthropologies, 2006).
    Texte adapté avec la collaboration de l'auteur, préfacé et traduit par Roberto Andrade Pérez, Anne-Laure Bonvalot, Ella Bordai, Claude Bourguignon et Philippe Colin (collectif l'Atelier La Minga), avec l'appui du Réseau d'études décoloniales.
    Postface par Anna Bednik, membre du collectif ALDEAH (Alternatives au développement extractiviste et anthropocentré) et auteure de Extractivisme. Exploitation industrielle de la nature (Le Passager clandestin, 2016).

  • Serions-nous accablés par les données chiffrées des désastres écologiques, soumis à l'administration des catastrophes et aux mirages d'un capitalisme vert, privés de notre univers sensible, au point d'assister passivement à une histoire " sans nous " et sans " nous ", à un exil sans retour ?
    Pour conjurer ce destin, Geneviève Azam écrit une lettre à la Terre. Comment une terrestre peut-elle s'adresser à cette correspondante étrange, vivante et sensible, blessée, à cette présence à la fois bienfaisante et menaçante, irréductible, à la Terre-mère, à la Terre-mémoire ? En disant l'effroi, les attachements réciproques, les histoires communes et les lueurs d'un soulèvement éthique et politique pour défendre son altérité et les mondes qu'elle abrite.
    La Terre se rebelle. Elle menace, elle déjoue les " lois " de l'économie et sabote les projets d'une illusoire toute-puissance. Sa part sauvage réveille nos sens asphyxiés. Comment nous allier pour résister à ce monde injuste, dégradant et mortifère ?
    La Terre répond aux terrestres avec un appel vibrant à désobéir et à défaire sans attendre ce qui menace la pérennité et la dignité de la vie.
    Geneviève Azam, économiste et altermondialiste, a écrit, Le Temps du monde fini (LLL, 2010), Osons rester humain. Les Impasses de la toute-puissance (LLL, 2015) et Simone Weil ou L'Expérience de la nécessité (avec Françoise Valon, Le Passager Clandestin, 2016).

  • " Aujourd'hui, toute doctrine qui se refuse à envisager les conséquences du progrès, soit qu'elle proclame ce genre de problèmes secondaires (idéologie de droite), soit qu'elle le divinise (idéal de gauche), est contre-révolutionnaire. "
    Visionnaires, Charbonneau et Ellul rejetèrent dos à dos les voies libérales, soviétique et fascistes. Dès les années 1930, ils ouvrirent une critique du " Progrès " et du déferlement de la technique et de la puissance au détriment de la liberté.
    La solution : une révolution contre le nouvel absolutisme du triptyque Science-État-Industrie ; une insurrection des consciences ; un projet de civilisation ancré dans un nouveau rapport à la nature.
    Ce recueil rassemble quatre textes sources de l'écologie politique, inédits pour trois d'entre eux. Contemporains de la Grande Dépression, d'Auschwitz et d'Hiroshima, ces textes incisifs offrent une clé de lecture très actuelle, humaniste et libertaire, de nos sociétés contemporaines, productivistes, consuméristes et techniciennes.
    Bernard Charbonneau (1910-1996) et Jacques Ellul (1912-1994), amis et animateurs dans le Sud-Ouest du mouvement personnaliste, faisaient partie des " non-conformistes " des années 1930. Leur critique non marxiste de l'aliénation de l'homme moderne est une source majeure de la pensée écologiste contemporaine.
    Textes présentés par Quentin Hardy (Université Paris 1).

  • Peuples et sociétés sont dépossédés de leurs moyens d'existence à travers le monde par la destruction de leur environnement. Face à cet écocide, comment repenser les droits de l'homme ?
    L'écocide (fait de détruire la " maison Terre ") n'est pas un crime de plus, s'ajoutant à toutes les autres atteintes aux droits humains. Il est désormais le crime premier, celui qui ruine les conditions mêmes d'habitabilité de la Terre. D'ores et déjà, les dérèglements en cours attisent injustices et tensions géopolitiques tandis que ceux qui saccagent la planète restent impunis.
    Aussi est-il urgent de revendiquer de nouvelles formes de responsabilité et de solidarité. Urgent de redéfinir un nouveau sens et de nouveaux cadres à l'action humaine au sein des limites planétaires. Le droit international doit se métamorphoser et s'universaliser autour d'une nouvelle valeur pivot, l'écosystème Terre, en reconnaissant un cinquième crime international, le " crime d'écocide ".
    Valérie Cabanes est juriste en droit international, spécialisée dans les droits de l'homme. Après deux décennies dans des ONG de terrain sur les droits de l'homme, elle est porte-parole du mouvement End Ecocide on Earth. En 2015, elle a contribué à la rédaction du projet de Déclaration universelle des droits de l'humanité remis à François Hollande ainsi qu'à deux ouvrages collectifs, Crime climatique, stop ! (Seuil, 2015), Des droits pour la Nature (Utopia, 2016).
    " Le livre de Valérie Cabanes est un livre de combat. Un combat juridique et existentiel, à la fois au long cours et face à l'urgence. "
    Extrait de la préface de Dominique Bourg

  • Sommes-nous condamnés à subir les crises économiques, sociales et écologiques en cours ? À croire à l'hypothétique reprise de la croissance ? À sombrer dans l'apathie politique de nos dirigeants ?
    Ce livre est un appel à l'action de la part du fondateur du mouvement de la Transition. Dans la lignée de son Manuel de transition (2010), Rob Hopkins explique pourquoi il faut réagir face à l'essoufflement de la croissance et aux dérèglements climatiques et écologiques. Et surtout, il nous montre comment on peut le faire, en rapportant nombre d'histoires d'actions locales réussies : le retour des vergers à Saint-Quentin, un supermarché coopératif de produits locaux en Espagne, un plan de descente énergétique à Totnes en Angleterre, une monnaie locale à Bristol, le retour de la bicyclette en Italie, un " Répar' Café " à Paris, des jardins partagés qui se multiplient dans le monde, un moulin en Argentine, une coopérative d'énergies renouvelables au Japon après Fukushima... et bien d'autres success stories réjouissantes.
    Rob Hopkins est l'initiateur du mouvement de la Transition qui, parti de Grande-Bretagne, compte plus de 1 300 groupes et initiatives de transition dans 43 pays.
    Ouvrage traduit par Pierre Bertrand, Clara Breteau, Corinne Coughanowr, Robin Delobel, François-Olivier Devaux, Marie-Hélène Elleboudt, Étienne Lecomte, Alice Mangin, Julie Mervaille, Isabelle Patoux, Simon Vermeulen, sous la coordination de Josué Dusoulier.
    Préface d'Olivier De Schutter

  • Les changements géophysiques et la crise biologique planétaires en cours sont autant de facteurs de bouleversements géopolitiques rapides, massifs et brutaux. Un nouveau paysage géopolitique et stratégique émerge, marqué par la combinaison du changement climatique et de ses effets systémiques, telles les migrations de masse, la compétition mondiale pour les ressources et la crise des régimes contemporains.
    Où les politiques de Trump, de Poutine et de la Chine mènent-elles la planète ? Comment l'épuisement des océans alimente-t-il la piraterie maritime ? Comment le réchauffement de l'Arctique est-t-il exploité par certains intérêts tandis qu'il constitue une immense catastrophe pour des milliards d'humains ? Quelles régions ont-elles les meilleurs atouts pour traverser le XXIe siècle ? L'auteur, spécialiste de géopolitique, nous fait comprendre les liaisons dangereuses entre puissance économique, guerre et environnement. Il nous alerte sur les dangers, les violences et les barbaries qui se profilent.
    Le moment du choix collectif entre la " guerre de tous contre tous " sur une planète effondrée ou une alliance stratégique mondiale pour répondre aux nouveaux défis planétaires approche à grands pas.
    Jean-Michel Valantin, spécialiste de géopolitique et d'études stratégiques, est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Hollywood, Washington et le Pentagone (Autrement, 2003), Écologie et gouvernance mondiale (Autrement, 2007) et Guerre et Nature, L'Amérique se prépare à la guerre du climat (Prisma Media, 2013).

  • Vous craignez le réchauffement climatique ? Les vagues de chaleur à répétition, les sécheresses interminables, la fonte de la banquise ? " Vous avez tort ! Le changement climatique c'est 1 % de pouvoir d'achat en moins dans un siècle, alors que le marché le multipliera par sept : ayez confiance ! " C'est du moins ce que disent les économistes.
    Antonin Pottier dévoile les présupposés de ce discours économique : marchés parfaits qui orientent les investissements, individus qui optimisent leurs décisions dans un univers complètement connu, nature infiniment généreuse. Cette vision du monde est logée au cœur des modèles et des méthodes des économistes. Elle déforme la réalité et fait prendre des décisions surprenantes, comme celle de créer un marché mondial du carbone pour sauver le climat. Elle aboutit surtout à entraver toute action effective contre le changement climatique.
    Bref, l'avenir de la planète est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux économistes !
    Antonin Pottier, ancien élève de l'École normale supérieure, est chercheur au Cerna, École des mines de Paris. Ses travaux portent sur les aspects socio-économiques du changement climatique et l'intégration de l'environnement dans la discipline économique.
    Préface de Gaël Giraud, économiste en chef de l'Agence française de développement, directeur de recherche au CNRS, directeur de la chaire Énergie et prospérité.

  • Plus des ¾ de notre empreinte écologique sont invisibles : la partie cachée de l'iceberg !
    Découvrez l'impact environnemental qui se cache lorsque vous roulez en voiture – électrique ou non –, prenez l'avion ou les transports en commun ; mangez de la sauce tomate ou une belle tranche de bœuf ; quand vous portez un simple jean ou un tee-shirt, utilisez un ordinateur ou un téléphone portable ; quand vous prenez une douche ou montez l'un de vos meubles favoris, etc.
    Un livre qui ouvre les yeux ! Richement illustré, il réunit infos, outils (à chacun de mesurer sa propre empreinte) et astuces. Babette Porcelijn nous guide joyeusement vers des choix plus responsables dans notre vie de tous les jours pour vivre d'un pas léger sur la Terre.
    Graphiste, auteur et conférencière, Babette Porcelijn a une passion : préserver l'environnement. Elle est particulièrement douée pour transmettre des informations complexes de manière simple. Elle a étudié le dessin industriel à la Delft University of Technology et dirige son bureau de design à Amsterdam. Elle est mariée et a deux enfants.

  • Aujourd'hui, 2 décès sur 3 dans le monde sont le fait des maladies chroniques (maladies cardio-vasculaires ou respiratoires, cancers, diabète...). En France, ces maladies progressent 4 à 5 fois plus vite que le changement démographique. Le cancer touche 1 homme sur 2 et 2 femmes sur 5. Les coûts générés font imploser les systèmes de santé.
    Face à cette catastrophe sanitaire, il est temps de réagir. Les maladies chroniques ne sont ni un simple effet du vieillissement ni une fatalité : notre environnement moderne est en cause. Des milliers de molécules chimiques l'ont contaminé mais aussi la malbouffe, la sédentarité, la pollution urbaine, le travail précaire et stressant et les inégalités au Nord comme au Sud.
    La découverte des " perturbateurs endocriniens ", la mise en évidence d'une transmission de cet héritage toxique aux générations futures révolutionnent la pensée scientifique et réclament de nouvelles politiques de santé à l'échelle mondiale. Au-delà d'un constat fondé sur les références scientifiques les plus solides, André Cicolella livre des clés pour l'avenir : oui, les maladies chroniques peuvent reculer, à condition de repenser notre façon de vivre, de consommer et de travailler !
    André Cicolella est chimiste, toxicologue, conseiller scientifique à l'Ineris et enseignant à Sciences Po. Il est président du Réseau Environnement Santé à l'origine de l'interdiction du bisphénol A dans les biberons, de l'interdiction du perchloréthylène dans les pressings, etc. Il est l'auteur notamment d' Alertes Santé, Fayard, 2005.

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