Presses Universitaires de France

  • La violence des tensions liées à la situation, malcommode pour le médecin et sidérante pour le patient, d'une annonce de maladie, marque bien souvent le véritable début de la maladie pour le patient et fragilise la relation médicale. Elle est d'autant plus choquante que ce sont ici les mots, qu'on oppose habituellement à la violence, qui ont des effets délétères. Cela explique que la maladie puisse être mal annoncée, ajoutant au mal déjà présent. Il s'agit alors de rappeler que le langage a bien une origine éthique : on parle à autrui dans la perspective d'une sollicitude pour lui. Annoncer demande de renouer sans cesse avec cette origine et exige un engagement à chaque fois renouvelé du médecin, qui doit lui-même être soutenu dans cette épreuve.

  • Le combat pour les droits de l'homme a beaucoup changé depuis la déclaration de 1789. Tour à tour, Kant, Fichte, Hegel et Marx, ont réfléchi aux principes du texte qui a inauguré le monde contemporain. De l'adhésion enthousiaste du jeune Fichte, à la dénonciation marxiste d'une idéologie mystificatrice, en passant par la discrimination kantienne et la rationalisation hégélienne, la philosophie allemande a incarné tout le destin philosophique des droits de l'homme. À une époque où la conscience de l'humanité cherche à fonder, sinon une vraie réconciliation des peuples, du moins leur cohabitation élémentaire, sur l'affirmation universelle du droit des individus, il est peut-être nécessaire de revenir à la méditation initiale des philosophies des droits de l'homme.

  • Des innocents détenus endurent une souffrance affreuse. L'auteur a vu les cheveux de l'un d'entre eux devenir blancs en quelques semaines. L'ouvrage veut expliquer les mécanismes d'une telle catastrophe à travers une comparaison entre les erreurs judiciaires des pays anglo-saxons et de la France. Le livre présente un grand nombre d'affaires survenues en Grande-Bretagne (Birmingham Six, Judith Ward, etc.), aux USA (Randall Adams, Brady,etc), au Canada (Donald Marshall Jr, Driskell, etc.), à partir des jugements rendus et des rapports de commissions d'enquête. Pour la France, l'auteur a travaillé sur les dossiers d'instruction des affaires Seznec, Deshays, Dils, Omar Raddad et Outreau auxquels il a eu accès.
    Il en ressort que la procédure inquisitoire protège plus les innocents que la procédure accusatoire. S'il faut parfaire la première, il ne faut certes pas l'abroger.

  • Qu'est-ce que le corps ? Pourquoi une éthique du corps est-elle nécessaire ? Comment penser le corps ? Parce que la médecine, le droit, la publicité, la sexualité se rapportent au corps mais ne s'attachent guère à réfléchir sur ce qu'est un corps, sur les comportements permis ou interdits à son égard, il est aujourd'hui urgent de penser le corps. C'est ce à quoi s'attache cette réflexion de philosophie pratique, afin de montrer l'importance d'une reconnaissance de la valeur du corps et d'un certain droit d'en disposer. Des documents complètent cette réflexion.

  • Cet ouvrage montre que de nombreux arguments mis en avant par ceux qui voudraient justifier l'interdiction de la pornographie sont infondés ou qu'ils ne peuvent servir à justifier des décisions dans une démocratie laïque. Cet essai ne plaide pas, pour autant, pour une défense de la pornographie, mais se livre, au nom d'une "éthique minimale", à une critique des arguments les plus souvent utilisés dans les débats. Des documents complètent cette analyse (habituel dans cette collection).

  • Est-ce une sombre dialectique que de vouloir penser le soin à l'ombre de la mort ? La question est médicale, elle est aussi métaphysique. Elle instille au coeur du soin le plus technique, précis et rigoureux, des enjeux éthiques, mais aussi existentiels. Ils lestent la décision médicale et l'agir soignant d'une densité nouvelle : une méditation sur la condition mortelle de l'homme souffrant. Autour d'une analyse de Vladimir Jankélévitch, qui n'a pas connu ce que nous appelons aujourd'hui les soins palliatifs, mais qui a longuement médité sur la mort, médecins, oncologues, sociologues, bénévoles d'accompagnement et philosophes dialoguent et font résonner ses analyses, en leur donnant une nouvelle actualité. En effet, si pour tout homme « mors certa, hora incerta » - la mort est certaine, mais l'heure incertaine -, c'est encore plus vrai lors d'une maladie évolutive et incurable. Entre la certitude du fait et l'incertitude de la date s'engouffre l'espérance indéterminée, avec laquelle l'agir soignant et l'existant malade composent. N'est-ce pas alors le sens du soin que d'être une clinique de l'incertitude ?

  • Le lien entre soin et politique est primordial aujourd'hui. Mais il ne faut pas s'y tromper. Il ne s'agit pas de réduire le politique à un aspect minimal du soin, ni de lui confier tout le soin, maximal, de nos vies ! En réalité, le soin a plusieurs dimensions - secours, mais aussi soutien, travail (social), solidarité (juste), souci (du monde) - et chacune appelle une politique. Ainsi, non seulement le soin ne peut se penser sans le politique, mais ses différents aspects redonnent tout leur sens aux différentes tâches de la politique aujourd'hui.
    Ce livre, bref et synthétique, vise à ouvrir un nouvel espace de travail théorique et pratique pour le moment présent.

  • Symboles par excellence d'une médecine qui sauve des vies, les unités hospitalières de réanimation et de soins intensifs portent également à leur paroxysme le danger d'une déshumanisation des soins. Dans l'imaginaire collectif, cette médecine démiurge apparaît sous un double visage : elle redonne la vie, mais est aussi le possible lieu de l'acharnement thérapeutique, de pratiques froides et impersonnelles. Les patients se retrouvent dépendants de machines, observés et soumis à des procédures multiples, objets de soins dont la finalité avouée est la prise de contrôle de l'organisme. Ici plus qu'ailleurs, l'opposition entre technique et relation apparaît éclatante. Pourtant, à regarder de plus près le travail d'une unité de soins intensifs, les choses ne sont pas si simples. Cet ouvrage nous invite à réinterroger les liens entre technique et relation dans les pratiques soignantes.

  • Le 10 janvier 2011, après plus de soixante années de violence sur le sol espagnol, ETA annonce la fin de ses activités. Quelles sont les raisons qui l'ont conduite à baisser les armes ? Volonté réelle de rejoindre la voie politique ou conséquence des coups portés à l'organisation terroriste par la France et l'Espagne ?
    Entre l'annonce de la fin d'ETA et sa réalisation effective, il y a des marges que la coopération judiciaire et policière doit continuer à occuper. Dans le respect des libertés individuelles, les juges, procureurs et policiers qui la servent ne doivent pas relâcher la pression de la justice et du droit qui, seuls, sont en mesure de résorber un terrorisme anachronique en démocratie.

  • La liberté d'expression, forme fondamentale de la liberté, doit être entendue en un sens fort. Elle n'est point en question lorsqu'il s'agit de jeux de l'imaginaire, du libre cours accordé à la fantaisie de chacun. En revanche, chaque fois que la liberté affecte le monde du vrai et du faux, elle participe efficacement du monde des relations humaines. Il devient alors nécessaire de situer la liberté d'expression par rapport au vrai et au faux. Mais, ce faisant, on a trop oublié qu'il n'y a pas une seule et unique forme de Vérité affublée d'une majuscule, mais autant de types de vérités qu'il y a de domaines spécifiques de la pensée. En partant de ce point de vue, on délivre la liberté d'expression du carcan de l'universalité et de la nécessité. On condamne les prétentions à l'orthodoxie. On réhabilite les légitimités variables de la tolérance essentielle à la liberté d'expression dans la vie en commun, en justifiant du même coup, en chaque domaine, en chaque cas, ses droits, mais aussi ses limites.

  • Les catastrophes semblent humainement absurdes, impossibles et impensables, mais elles surgissent, suscitant la stupeur et l'effroi. Et chaque fois, les individus touchés reconstruisent tant bien que mal un récit donnant sens à leur existence.
    En s'appuyant sur des cas précis (séisme d'Edo de 1855, éruption volcanique d'Ambrym en 1892, éruption de l'Etna en 1991, glissement de terrain de Vargas en 1999...), l'auteur réinvestit les milieux où survient l'événement, dans ses variations géographiques et sociales, pour mettre en lumière les processus de re-fabrication du sens qui, par des dispositifs de remédiation collective, sans étouffer la part d'absurde et d'inacceptable, permettent de « vivre avec » les catastrophes.
    Une magistrale étude, qui renouvelle notre compréhension des situations de crise.

  • Longtemps au centre de controverses, la prévention de la délinquance s'est imposée comme le complément indispensable de la répression. Avec la loi du 5 mars 2007, elle a accédé au rang de politique publique autonome. Espace souvent mal défini, transversal aux différents champs de l'action publique, où se croisent de nombreux acteurs venus d'horizons et de cultures différents, la prévention de la délinquance demeure un domaine complexe et méconnu.
    Deux professionnels venus, l'un de la police, l'autre de la politique de la ville, en livrent les clés de compréhension à un large public. À l'écart de tout a priori, leur approche pragmatique établit sans cesse le lien entre théorie et pratique de la prévention, entre histoire et actualité des politiques et dispositifs publics. Loin de se borner à la France, ils présentent un large panorama des expériences étrangères et des dispositifs européens comme internationaux.
    Premier ouvrage exclusivement consacré à ce sujet en France, ce livre constitue donc un texte référence à jour de la loi n° 2007-597 du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance et de ses décrets d'application.

  • Héritière de la Lieutenance générale, la police judiciaire parisienne s'installe au 36, quai des Orfèvres dans la seconde moitié du XIXe siècle, après l'incendie du palais de justice qui a ravagé durant la Commune les anciens locaux de la police criminelle rue de Jérusalem. Dirigée par des hommes charismatiques tels que Vidocq, Canler ou Goron, l'adresse devient celle d'une véritable institution en 1913 avec la naissance d'une direction autonome sous l'impulsion de Célestin Hennion, le successeur de Louis Lépine.
    Liée à nombre d'événements tragiques des IIIe, IVe et Ve Républiques (affaires Stavisky, Petiot, Ben Barka, attentat du Petit-Clamart, Action directe, etc.), la « maison de la mort » traverse un XXe siècle politiquement instable où les réussites largement médiatisées de la Brigade criminelle et de l'antigang créée en 1964, mais aussi les nombreux romans de Simenon et les films de Clouzot et de Marchal, rendent le lieu tour à tour mystérieux, effrayant ou mythique.

  • Chaque citoyen, usager actuel ou potentiel de la santé publique, s'interroge sur les risques qu'il encourt et la protection que le droit peut apporter dans l'organisation des soins et la réparation des éventuels dommages, car l'application des règles de responsabilité laisse un doute sur la capacité du droit à offrir une réparation suffisante et prévenir le renouvellement des erreurs. Cet ouvrage s'interroge sur les réponses apportées aux enjeux collectifs de la santé publique, il met en avant le rôle du juge pour préserver le principe du respect de la dignité humaine et répondre aux aspirations croissantes de ceux qui veulent bénéficier des dernières avancées scientifiques. Il montre comment ces questions peuvent être résolues et met en lumière les difficultés et les atouts de la justice pour répondre, à partir du droit, aux grands enjeux de la santé publique.

  • Alcoolique ou drogué, obsédé sexuel, complice de son client, l'avocat de cinéma présente bien des défauts. En même temps, il apparaît parfois comme le défenseur de la veuve ou de l'orphelin, redresseur de torts, héros des temps modernes. L'avocat américain viole quant à lui régulièrement la loi, n'hésitant pas à entrer par effraction là où les preuves peuvent se trouver. Pourquoi ?
    Cette dualité du personnage est constante : il est âpre au gain, avide d'argent et de gloire, mais peut être aussi pur et désintéressé : un avocat au grand coeur.
    L'auteur s'interroge sur les représentations de l'avocat au cinéma, dans le cadre de l'enquête ou de l'audience, dans ses relations avec son client ou avec les magistrats, et sur l'image qui est donnée de sa vie privée et de sa morale professionnelle. Existe-t-il une évolution sensible de cette représentation ? Est-elle conforme ou non à la réalité ?

  • Des saisies européennes de contrefaçons et d'articles piratés en croissance de 1000 % de 1998 à 2004, 300 000 personnes tuées chaque année par des armes légères illicites, de 13 000 à 30 000 migrants clandestins morts en mer en tentant de rejoindre les côtes européennes de 1998 à 2008, une prise record de 684 kg de cocaïne réalisée en France en 2009, le maire de Nagasaki assassiné par un clan Yakusa, le Vice-président du Conseil régional de Calabre abattu par la Ndrangheta, des services mexicains liquidés pour cause de corruption, une contrebande de cigarettes aux proportions industrielles, un trafic d'espèces protégées aux implications globales, la direction anti-mafia italienne estimant que « l'intérêt suprême de l'État est en jeu » dans le Sud du pays en raison de l'importance des infiltrations mafieuses dans l'administration, une explosion de la consommation européenne de cocaïne, un processus de suivi en matière de corruption et de crime organisé instauré envers la Bulgarie et la Roumanie, le Président mexicain déclarant le crime organisé « hors de contrôle »... Pris isolément, ces témoignages relèvent des faits divers aussi vite annoncés qu'oubliés. Ensemble, ils brossent un portrait pointilliste du degré de magnitude atteint par l'économie criminelle. En filigrane, une vérité se dessine : en certains territoires, il n'est guère que le crime pour être organisé.
    La globalisation du crime est et sera probablement un sujet transversal majeur du XXIe siècle, au même titre que la guerre froide au XXe siècle et la colonisation au XIXe. Faisant souvent l'objet d'études spécifiques et cloisonnées, ces grands trafics et l'économie criminelle qu'ils représentent sont rarement envisagés dans leur ensemble. Pourtant, simplement guidé par un arbitrage en opportunité entre rentabilité d'un trafic et son risque pénal, le crime organisé, d'essence polycriminelle, ne se limite pas à une mono-activité mais embrasse le vaste spectre de l'illicite.
    Fort de ce constat, cet ouvrage propose une mise en perspective globale, couvrant les angles morts constitués par les liens entre différents marchés criminels. En retraçant les contours de ces flux, il expose les rapports symbiotiques entre globalisation du crime, géopolitique de l'illicite et développement économique. Au fil des pages se révèle ce que l'auteur désigne comme « le soleil noir de la mondialisation ». Au-delà de l'écume des faits, force est de reconnaître et d'explorer cette nouvelle sphère de représentation des relations internationales.
    Un ouvrage pénétrant pour comprendre la géopolitique de l'illicite et son influence globale sur la société mondiale.

  • Le léninisme n'est pas mort avec Lénine. Ses écrits et ses instructions sont le code génétique du mouvement communiste. Ne lisons plus Lénine comme un tacticien de génie ou un théoricien de l'impérialisme, mais comme un organisateur qui conçoit la politique dans les seuls termes de la force et de la guerre. Lisons-le comme un psychiatre qui stigmatise l'hystérie et pourchasse les déviants. Lisons-le comme un hygiéniste qui veut épurer le corps social de tous ses déchets, fainéants, riches, intellectuels, koulaks. Lisons-le comme le théoricien d'une nouvelle politique qui érige la terreur de masse en norme légitime du pouvoir. Nous comprendrons alors que la dictature du parti unique ne naît pas d'un dérapage causé par l'arriération de la Russie, d'un accident dû à la pathologie de Staline, mais qu'elle est d'emblée inscrite dans le projet de Lénine. Nous comprendrons que le léninisme est la matrice du communisme, l'actualité même de la politique mondiale.

  • Tiens-toi droite. Pense aux autres. On ne parle pas la bouche pleine. Les enfants bien élevés se taisent à table. Ils ont une âme noble. Au-dessus de la vie, les principes. À la place de la vie, les règles. On ne parle pas de ce qui est sale, bruyant, immoral. Catéchisme, probité, bonnes manières. Ah... les manières. Pourquoi les douceurs bourgeoises, pourquoi les oublis bourgeois ? L'Éducation française part du malaise d'une petite fille, habillée en bleu marine, pour interroger les trois générations de sa famille qui, venues de la bourgeoisie radicale, ont, à partir de 1920, falsifié leur héritage, pour faire de l'élégance, de la distinction et du tact les alibis de leur peur de l'histoire et du monde réel. Anamnèse du roman familial, le livre tendre et aigu d'Odile Marcel reprend, à travers le dernier siècle de notre histoire, le problème qui a hanté écrivains et philosophes français, de la déroute et de la décadence de nos élites dans une civilisation du malaise. On se trompe en faisant des classes supérieures les simples bénéficiaires des situations acquises. Elles sont aussi, quand l'histoire leur fait peur, les martyres convaincues des causes fictives. Que nous est-il arrivé ?

  • Le professeur René Frydman est le père scientifique, avec le biologiste Jacques Testart, d'Amandine, le premier bébé éprouvette français. Les progrès de la médecine de ces quinze dernières années ont bouleversé les conditions de la naissance (bébés in vitro, embryons congelés, don d'embryons...), mais les attitudes aussi ont changé : les femmes, les couples, la société ont voulu contrôler la naissance, maîtriser l'accouchement. Acteur et témoin de cette mutation, le professeur René Frydman raconte. Avec humour, passion, gravité, il évoque le trajet qui l'a conduit, de la lutte pour la liberté de l'avortement, à la lutte pour la victoire sur la stérilité et au refus des mères porteuses. Il nous fait vivre l'expérience de ses patientes confrontées à l'angoisse et à l'espoir revenu de leur irrésistible désir de naissance. Il évoque le champ des possibles, le catalogue du futur, les naissances de demain. Il raconte et réfléchit en médecin et en témoin. Ce livre passionnera toutes les femmes et les hommes qui veulent savoir comment on peut vaincre la stérilité, jusqu'où la médecine peut aller. Ce livre est un document pour tous ceux qui sont habités par les interrogations éthiques que soulève la révolution de la naissance.

  • Retracer les premiers développements de la philosophie juive médiévale avant l'ère maïmonidienne, exposer succinctement les grandes doctrines du Sage du Vieux Caire (Fostat) sur Dieu, l'univers et l'homme, esquisser, enfin, le retentissement de cette oeuvre gigantesque qui couvre l'ensemble du penser et du vécu juifs pour comprendre comment le rationalisme maïmonidien a-t-il pu être ignoré durant près de quatre siècles. En tentant d'apporter des réponses à toutes ces questions, ce livre aboutit aussi à la philosophie juive du début de ce siècle, avec la science du judaïsme, et les grands représentants du rationalisme juif, Hermann Cohen et Léo Baeck.

  • Faust et le Golem : deux mythes fascinants de l'aventure humaine. Derrière ces mythes se cachent deux hommes, deux contemporains, dont les existences réelles ont marqué l'histoire et l'esprit de la Renaissance au XVIe siècle : le docteur Johannes Faustus et le Maharal de Prague. Dans la ligne de ses oeuvres précédentes, et dans le style brillant qui le caractérise, André Neher montre comment le mythe et le réel s'entrelacent autour de ces deux figures. Des coups de sonde en profondeur portent son analyse jusqu'au plein coeur du XXe siècle, avec le roman Le docteur Faustus de Thomas Mann, la naissance de la cybernétique avec Norbert Wiener et la création de la musique dodécaphonique par Arnold Schoenberg.

  • Reconnue comme l'une des plus grandes philosophies de l'État, la philosophie politique hégélienne reste cependant mal comprise ; peut-être, d'abord et avant tout, parce qu'elle se veut philosophie ; parce que cette dimension même de la vie humaine qu'est la vie politique, ne peut, selon Hegel, être comprise que dans et par son rapport aux autres dimensions de la vie, la religion, l'économie et la société. Par opposition aux trois lignes d'interprétation traditionnelles les plus répandues du hégélianisme qui, chacune, privilégièrent un aspect seulement de ce système - langage, travail ou communication -, cette étude tente de ressaisir le sens du projet philosophique total de Hegel en politique, et ceci en examinant la manière dont s'élabora son système à une période cruciale de sa formation : la période d'Iéna (1801-1806).

  • En montrant que la conscience pure est pure attente, cet essai décrit comment l'attente structure transcendentalement toute représentation que nous puissions avoir du temps.

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