ÉLP éditeur

  • Les portraits féminins en littérature m'ont toujours passionnée. Dans mes lectures, je suis sensible à l'équilibre complexe qui forge l'âme des personnages. Plus l'héroïne semble vraie, plus elle m'émeut. Combien de fois ai-je cru à mon amitié possible avec Élisabeth (Orgueil et préjugés, Jane Austen), Kitty (La passe dangereuse, Somerset Maugham), Myriam (Mangez-moi, Agnès Desarthe) ou encore Polly (La vérité sur Lorin Jones, Alison Lurie)... Dans le monde merveilleux des rêves éveillés, j'espère avoir le bonheur de les croiser un jour.
    Je suis une scientifique. De celles qui questionnent toujours les évidences. Un jour j'ai eu envie de renvoyer mes interrogations à un public exigeant et je me suis mise à écrire : livrer des émotions comme dans une lettre que j'ai écrite pour Jorge Semprun ou peindre des portraits comme dans ce texte, Quatorze appartements. La solidarité a-t-elle encore sa place dans les rapports humains ? Véronique y croit. Et même si ce sont des raisons personnelles qui la poussent vers ses contemporains, elle veut devenir actrice de la chaîne qui lie les hommes les uns aux autres, au risque de s'y blesser.
    Quatorze appartements raconte le parcours initiatique de Véronique Roland. Fraîchement installée à Lyon, déçue par son mari et pressentant la routine qui la guette, elle décide de renverser la vapeur et frappe aux portes de ses voisins pour tisser des liens. En réponse, elle rencontre l'indifférence des uns, la solitude des autres, l'infidélité et l'amitié.
    Quatorze appartements est un roman d'analyse qui plaira autant aux femmes qu'aux hommes, aux jeunes qu'aux vieux, puisqu'il nous emmène au coeur de l'humanité sociale de la vie quotidienne d'une famille de la classe moyenne en milieu urbain.

    Lien vers la page du livre chez l'éditeur :
    http://www.elpediteur.com/auteurs/karinthi_ag/2015_quatorze.html
    Lien vers une compte-rendu de lecture par Eole, sur le Songe d'une nuit d'été, webzine féminin :
    http://www.hellocoton.fr/to/1gBFC



  • En plein hiver sur le haut plateau du Sauveterre, un homme fuit son passé, et n'ose pas imaginer autre chose pour lui qu'un avenir de clandestinité. Mais une rencontre avec un étrange couple le forcera à se regarder en face, et à prendre, pour la première fois de sa vie, une décision sans écouter autre chose que ses désirs. Pendant ce temps, à une journée de marche vers le sud-est, dans un hameau perché loin au-dessus du monde, d'autres gens attendent et espèrent. Ces attentes et espérances, celles de l'un comme celles des autres, seront appelées à se compléter, par-delà le mur fracassant d'une tempête d'où surgiront toutes sortes de hideux fantômes. Le grand point sera de survivre à la nuit qui vient.

    Alain Lasverne : « Allan E. Berger déroule sa prose du côté de Sauveterre, un coin du sud bien sauvage, entre Montaillou village occitan (Le Roy Ladurie) et Pays perdu (Jourde), dirait-on. Il a léché sa plume pour bâtir un joli conte plein de poésie, et l'histoire d'amour entre la démunie et le réprouvé marche à l'amble, comme l'hiver qui se couche lentement sur leurs terres. Son vrai propos est de nous faire voir ce pays rude et attachant où l'existence, au siècle dernier, n'était pas des plus faciles pour les gens de peu. Un peu poète, un peu ethnologue, il fait progresser le récit à coups de belles formules descriptives frôlant parfois le fantastique et nous fait sentir la puissance de la nature que nos âmes citadines ont oubliée. »

    Plus de détails et des extraits à lire sur la page de l'éditeur...

  • Buczko

    Loana Hoarau

    F oin d'envolées théoriques. C'est bien plutôt dans son action fulgurante - par la pratique, si on ose dire - que le pédophile est étudié dans ce roman. C'est d'ailleurs fait avec une mæstria hautement perturbante. Notre sociopathe profond se déploie pour nous, sans malices ni artifices. On domine et comprend intimement le lot gesticulant de ses petites maniaqueries proprettes. On domine et comprend intimement sa sourde misanthropie. On domine et comprend intimement son adultophobie implacable. On comprend, on finit presque par partager sa frustration insondable et sa colère cuisante, pourtours inévitables de son programme radicalement négateur, amoral et nihiliste. C'est une des vertus de la fiction que de pouvoir entériner le monde des monstres.
    L'amour suave et délétère de cette narco-crapule semi-psychotique de Buczko pour les petites filles nous est instillé, drogue d'entre les drogues, presque avec du sublime dans la voix. La destruction de la victime prend place en nous lumineusement, en rythme, par petits bonds nerveux.
    Le propos de cet ouvrage n'est absolument pas moraliste. Sa cruauté est absolue, hautement dérangeante, répugnante, révoltante, comme gratuite. Et pourtant (car il y aura un et pourtant...) notre pédo-toxico se retrouve avec une terrible clef anglaise jetée par le sort, dans le moteur bourdonnant de sa mécanique criminelle tellement rodée.
    C'est une jeune femme qui écrit. Loana Hoarau en est à son deuxième roman. Tributaire des mêmes hantises que le premier, celui-ci est beaucoup plus assumé, plus solide, plus achevé. Un scotome s'imprime. Une oeuvre s'annonce.


    EXTRAIT À LIRE SUR LE SITE DE L'ÉDITEUR

  • La branleuse

    Amélie Sorignet


    Élève de lycée préparant le bac, Diane semble investir une portion significative de son énergie intellectuelle à mépriser l'intégralité de l'univers social ambiant. Celui-ci le lui rend bien, en la surnommant "la Branleuse". Dans le petit village des rives de la Garonne qu'elle habite, le rythme de la vie prend corps avec la saison de la chasse. La chasse contemporaine, telle que l'observe Diane, n'est plus que l'ombre de ce que fut cette noble tradition française. Les chasseurs ont dégénéré, au sens littéral du terme. Mais au milieu de cet univers de masculinité lâche et brutale se niche le Braconnier. La pureté et la proximité à la nature qu'il incarne encore sont-elles authentiques ou fait-on face ici aussi à un autre type de fausse sauvagerie de toc. Pour le savoir, Diane, habitée par la faim, la curiosité et le désir naissant, va devoir, elle aussi, se mettre en chasse. Une chasse douloureuse et toxique qui finira par la mener d'hommes en hommes, et dont les plombs parfois mortels voleront dans toutes les directions.


    Un roman du coming of age féminin où le comique le plus rabelaisien côtoie la douleur intérieure la plus virulente. Du purin cynique et acide du terroir fétide dont hérite la jeunesse contemporaine peut-on encore voir s'extirper les fleurs sombres, feutrées et onctueuses de l'amour vrai et du sens élevé de la quête de soi ?

    Taille approximative : 416 écrans au format livre de poche, dans la version pdf.

  • Un petit appareil auditif qui permet d'apprendre de façon ultra rapide la langue vivante de son interlocuteur vient d'être conçu par le laboratoire auquel est rattachée la professeure Odile Cartier. Son nom : le glottophore. S'ouvrant profondément à la culture linguistique de l'autre, la personne qui porte cet appareil devient l'assimilande. Avant la mise en marché de cette découverte, révolutionnaire pour un pays comme le Canada, confronté, dans la permanence de son existence, à deux langues officielles, la professeure Cartier décide de tester, sur une de ses brillantes étudiantes de doctorat, mademoiselle Kimberley Parker, l'impact psycholinguistique et ethnolinguistique du glottophore. Alors que tout se passe plutôt bien et que Kimberley Parker prépare son intervention sur la question au Congrès des Sociétés du Haut Savoir de Montréal, dans le but avoué de faire le point sur son statut expérimental d'assimilande, le glottophore se met à produire toutes sortes d'effets secondaires imprévus...
    Taille approximative : 124 écrans au format livre de poche, dans la version pdf.


  • Quel est cet objet qui attend, noyé dans une roche vieille de quarante millions d'années ? Qui l'a déposé là ? À quel usage est-il destiné ? Est-il un piège, une expérience, une aide ?
    Un groupe d'individus venant de tous les coins du monde, mais qu'un secret plusieurs fois millénaire unit malgré eux, se trouvera confronté à ce choix : utiliser l'objet, et sauter dans l'inconnu, ou laisser les dangers s'amonceler. Or, l'instant est pressant : divers phénomènes convergents font que le monde des humains, tel que nous le connaissons, touche à une période de mutations violentes. Cosmicomedia propose, dans ce premier tome, d'assister, en arrière-plan de l'intrigue, à l'activation d'un ensemble de basculements possibles, combiné à un choc magistral dans le mur.
    On a dit de Cosmicomedia que c'était le roman de la dignité. Le décor planté dans ce premier tome est celui de notre monde à nous, avec son futur prévisible. Les gens qui s'y démènent ont nos histoires, nos éducations, nos ancêtres et nos terreurs. Ils tournoient dans la nuit, leur avenir est clos, ils n'ont plus aucune espèce de valeur. Soudain, voici que s'ouvre un mystère.
    Taille : 387 écrans au format 135x180, dans la version pdf de janvier 2013.
    Mise à jour de janvier 2015, nouvelle couverture, nouvelles illustrations, nouveaux styles de mise en page, code purifié. C'est la troisième édition.

    EXTRAIT À LIRE SUR LE SITE DE L'ÉDITEUR

  • Le début de ce millénaire est celui de tous les défis. Historiquement, il sera difficile de trouver un moment plus passionnant à étudier : la biosphère s'effondre, les puissants se goinfrent comme jamais l'on ne s'est goinfré, l'humanité s'appauvrit en conséquence, les espérances s'essoufflent. Presque partout la police est devenue la première puissance d'oppression, loin devant les mafias, et protège des systèmes si ouvertement corrompus que l'usage des mots nobles par lesquels ils se définissent devient un exercice bien salissant pour l'esprit novice qui croit encore en la vertu des dictionnaires, et qui se retrouve la langue tachée de mensonges. En plus de tout ceci, une étoile a explosé et déverse sur nos têtes une mort subtile.
    Tandis que, dans le monde des vivants, une extinction de masse a débuté, Lucas et sa troupe découvrent stupéfaits l'immensité des strates et des sens, des significations et des messages qui se déploient derrière la porte noire qu'ils viennent de franchir. L'univers d'au-delà est un énorme abîme.
    Au coeur de ce pays brûlant et compliqué danse un singulier personnage, un loa dont voici l'antre. Chacun de ses gestes semble être une manigance, chaque parole une moquerie. Mais lui, le danseur malin, il est aussi un indice, un espoir lancé, une volonté dressée contre l'obtuse fatalité.
    Alors, puisqu'ici l'on se livre et l'on se dévoile jusqu'au nu de son être, des vérités seront dites, qui emprunteront, pour être mieux reçues, le chemin des métaphores et des paraboles.
    Taille : 321 écrans au format 135x180, dans la version pdf de février 2013.

    EXTRAIT À LIRE SUR LE SITE DE L'ÉDITEUR

  • Il est assez invraisemblable de retrouver, au fin fond du cosmos, une entité comme le Baron Samedi. Car après tout, c'est un loa, c'est-à-dire un personnage terrien, issu et nourri de croyances terriennes. Et le voici, hôte attentionné de voyageurs lointains ; ceci peut mettre la puce à l'oreille. En plus, il a demandé, tout comme le nocher Charon, qu'on lui raconte des histoires. Qu'est-ce que ça veut dire ?
    Pendant ce temps, le Ciel continue de tomber sur la Terre, et les anciens dieux préparent un nouveau déluge. Lucas et ses amis, perdus au loin de toute normalité, vont maintenant être éduqués avant d'être relâchés. Mais relâchés où ?
    Qui est, en définitive, le Baron Samedi ? Pourquoi entraîner des touristes à devenir des athlètes imperturbables ? Dans quel pétrin nos héros vont-il, d'un coup de pouce divin, finalement être fourrés ? Pour y faire quoi ? Et Niko, appelé à vivre « dans un lieu bien triste, seul plus longtemps qu'aucun être humain », qui le consolera et quel sera ce lieu ?
    Comsmicomedia tome 3 apporte évidemment des réponses à ces quelques questions qui, somme toute, sont un petit peu annexes, mais aussi et surtout il cloue le bec à la fatalité de notre époque : la bataille, la peur et la colère, la destruction et l'échec, la complication croissante de toute chose... ne tiennent pas devant ce qui, au bout du compte, ne peut qu'émerger.
    Vous verrez des gens chanter au milieu des bombes, et boire du champagne ; il y aura des insectes énormes et attentifs, une invraisemblable collection de monuments, un cauchemar qui se matérialise, une tempête qui repliera l'un sur l'autre deux endroits très éloignés, et qui pilonnera une île envahie de singes naufragés, galopant par les rues et les sentiers, pleins de mousse savonneuse et de fureur. Vous visiterez les arcanes, vous toucherez du doigt le code des choses, et vous contemplerez en sa démesure les agissements d'un cactus fou sur le tarmac d'un aérodrome haché par des cataractes de graviers tombés des nuages. Et en plus de tout ça, il y a une bibliographie car ceci est un livre sérieux, qui vous mettra le nez dans la plus intense des contradictions de notre époque. Dénouez-la.
    Très solennel merci à Lecteur en colère pour son aide patiente dans le nettoyage du code de l'ePub. Si ce livre est propre, c'est grâce à lui ; s'il reste des saletés, ce sera de la mienne. Merci, alors, de me les signaler.
    Taille : 297 écrans au format 135x180, pour cette seconde édition de mars 2013.

  • Dans Le chasse-temps, dernier roman de Nicolas Hibon, le minéral et le capital, ces deux mondes diamétralement opposés, vont s'affronter à travers une constante devenue instable : le temps. De la misère la plus sombre à l'arrogance la plus pimpante, il imprimera de ses soubresauts les deux continents américains. Si l'or est le but ultime du plus petit des garimpeiros, il est un minerai plus rare encore que seuls quelques privilégiés pourront approcher. Le pouvoir de changer l'histoire est une arme qui suscite les convoitises les plus tenaces et que le temps ne fait qu'exciter. Mais il est des trésors qu'il vaut mieux ne pas partager. Du moins pas avec n'importe qui...
    Après Quatre-vingts printemps, Nicolas Hibon nous livre un roman profondément humain où le fantastique côtoie le réalisme le plus noir, un roman au cours duquel, toutefois, le plus gros ne l'emporte pas toujours sur le plus petit. Et il est bien qu'il en soit ainsi !
    Taille : 313 écrans au format 135x180, dans la version pdf de juin 2012.

  • Écrire, peindre, sculpter ne sont pas des talents : ce sont des maladies. Il faut suivre un traitement intensif et épuisant pour espérer se défaire de ces virus qui se nourrissent de votre âme. Dans l'isolement, car ce sont des maladies honteuses. Dans l'appartement qui leur sert aussi d'atelier, Didier, Novembre et Clovis tentent péniblement d'en guérir sous la supervision d'un médecin dont les intérêts ne sont pas clairs...

    Dans son dernier roman, Sinclair Dumontais nous livre une réflexion d'originalité tranquille sur les mystérieux ondoiements de la petite paroi intérieure qui sépare le gars et la fille ordinaires de l'artiste fou et immense qui sommeille en chacun de nous, du simple fait de sculpter, de peindre, d'écrire, ou même de lire. Un roman unique, captivant, enlevant, éblouissant, incontournable.



  • Les derniers aborigènes de la jungle de Guyane française perpétuent, bon an mal an, leur mode de vie ancestral. Ils le font le plus sereinement qu'ils peuvent, dans les circonstances contemporaines, et ce, en dépit des orpailleurs (chercheurs d'or clandestins) brésiliens brutaux et insensibles qui gorgent les rivières de rejets de mercure, et en dépit des hélicos de la Gendarmerie guyanaise qui survolent les pirogues pour prétendument inspecter l'état de santé de ceux qui cherchent à les faire nager sur le torrent nouveau des rivières anciennes. Le jeune Amigolo est le petit-fils de la vieille chamane des abeilles de son village. Celle-ci connaît le fin et subtil secret curatif des miels et sait sinueusement contourner le dard des terribles ouvrières pour faire agir les reines et leurs essaims selon ses desseins. Amigolo vient tout juste, de par l'affront de douleurs cuisantes, d'accéder au statut de jeune guerrier. Il passerait bien le reste de sa douce vie à jouer avec les abeilles de sa grand-mère. Mais une quête inattendue l'attend, une quête terrible et mystérieuse qui mettra justement au défi, comme si de rien n'était, sa connaissance de la nature, mais surtout, par-dessus tout, son mystérieux ascendant savant sur les insectes de la jungle.
    Après Quatre-vingts printemps (2011) et Le chasse-temps (2012), Nicolas Hibon offre aux lecteurs son roman le plus abouti. Un roman qui se lit comme un conte mais qui dérange comme un pamphlet. À mettre entre toutes les mains.

  • L'empêcheur

    Sinclair Dumontais


    Une organisation sans nom et sans appartenance d'aucune sorte, ni politique, ni militaire, ni religieuse, garde un secret depuis deux mille ans et se refuse à le révéler à l'humanité. Ce secret, elle le garde dans un laboratoire au sous-sol d'un manoir entouré de grilles infranchissables. Ce secret est très troublant car c'est en fait un être vivant. Il vit dans une sorte de coma. Depuis deux mille ans.
    L'Empêcheur, premier roman de Sinclair Dumontais publié chez Stanké en 2004, est enfin disponible en numérique. Treize ans plus tard, donc... ce qui n'enlève rien à la portée symbolique de ce roman qui fait de la foi un phénomème superflu.


  • Paris, France, dans un des plus vieux quartiers de la capitale, derrière un porche, au fond d'une cour, se cache un restaurant oublié du temps. Il semble qu'on n'y ait jamais vu rentrer d'autres légumes que ceux qui servent à garnir (mais avec modération, n'allez pas croire) les myriades de plats de viande, bons à faire exploser Pantagruel. Ici on mange à l'ancienne, et avec art, ce que la cheminée et les marmites cuisent ou affinent.


    En plus d'être un cordon bleu de première magnitude, le patron est un amateur de vin à la cave hallucinante, et aussi une espèce de chimiste taquin. Cette dernière qualité l'amènera à se lancer dans une collaboration très intéressée avec une agence de rencontres matrimoniales tenue par une bonne copine à lui. Le programme : trouver un philtre d'amour. Les moyens : tester sur les clients de l'agence. Les dangers : simplement quelques amourettes désordonnées, galipettes fébriles et enivrées entre canards en sauce et sangliers aux cèpes. Le but de tout ceci : en finir avec un secret abominable...


    Après Quantre-vingts printemps, Le chasse-temps et Amigolo, Nicolas Hibon signe son roman le plus abouti. Un régal au sens propre comme au figuré.

  • Qu'est-ce qu'il fait, cette nuit, son si discret voisin qui se cache derrière un parfum d'hydrocarbure ? Beatrix l'entend travailler, au-dessus de chez elle, et elle imagine n'importe quoi. Mais cette nuit, c'est plus fort qu'elle. Cette nuit, elle grimpe chez lui et découvre derrière la porte ouverte un jovial assassin, qui va lui en faire voir...
    J. Stern, c'est son guide, son bourreau, mais aussi son esprit protecteur. Sans qu'elle sache comment lui dire non, il l'embarque sous la ville, vers d'anciens souvenirs dont Beatrix ne garde que des bribes. Ils se rendront dans cet étrange lieu enfoui dans les catastrophes. Du temps, plus rien ne reste que des couches désorganisées qui s'effritent entre les doigts. De la ville qu'elle a connue, jusqu'au littoral, tout le paysage est transformé, asséché et ranci par un événement dévastateur dont elle ne se rappelle rien, mais qui a fait naître une société qui se défonce à l'oxygène.
    Transfuge, entre ascenseurs et stations-services, assignée à de sales besognes, Beatrix ramassera sa mémoire brisée, au hasard des rencontres et des caprices de J. Stern, qu'elle ne connaît pas, mais qui la connaît bien.
    Taille approximative : 171 écrans au format livre de poche, dans la version pdf.


  • L'itinérant torontois Marcel Dacier se substitue sans témoin à un certain Simon Baume, dont il est le sosie intégral, sur les lieux de l'accident mortel de ce dernier. Cela le fait entrer dans une famille de milliardaires de l'Escarpement du Niagara. Il y redresse involontairement un certain nombre de torts et se gagne quelque peu la confiance de cet univers bourgeois glauque, en le prenant doucement et astucieusement dans l'angle du bon amnésique. Le travesti est parfait. Mais, quand tout semble se mettre en place, comme une mécaniquement bien huilée, insidieusement quelque chose coince, frotte, se casse. Et notre homme devra en venir inexorablement à se dévoiler. Les représentants de son nouveau milieu social devront le faire aussi, en une tumultueuse dégringolade de sincérité et de vérité non voulue, que personne n'avait vu venir.


    Se travestir est un acte calculé, stratégique, méthodique, fondamentalement stable, même à travers le détail fourmillant de ses divers rajustements tactiques. Se dévoiler est plutôt un effondrement, un effet de forces éminemment involontaires, une catastrophe, au sens le plus pur du terme, une capilotade effilochée, échancrée et filandreuse qui, si elle rencontre parfois certains assentiments secrets, rampants, occultes, s'impose à nous, malgré nous, s'enchevêtre en torons cauchemardesques tout autour de nous, et nous force à la plus échevelée et la plus fatale des cascades d'improvisations.

    Taille approximative : 363 écrans au format livre de poche, dans la version pdf.

  • À l'est de l'île de Montréal s'étend une pointe de terre qui, autrefois, était couverte de trembles, d'où son nom de Pointe-aux-Trembles. C'est là que François-Gabriel Dumas, alias Gaby, a passé sa jeunesse dans les années soixante-dix. À l'époque, ce n'était qu'une agglomération de paroisses, c'est-à-dire ni un tout à fait un village, ni la banlieue qu'elle est devenue dans les années quatre-vingt. À l'ombre du plus grand complexe pétrochimique de l'est du Canada dont les cheminées « brûlent jour et nuit » (Richard Séguin), Gaby affronte les voyous du quartier dans un match de ballon-chasseur à la suite duquel il se fera un nouvel ami et connaîtra son premier amour, un amour juvénile, encore pur et innocent.
    Le bout de l'île est le roman de la transition, le roman du passage à l'adolescence comme chacun de nous a dû vivre. À l'instar des Allumettes suédoises de Robert Sabatier, il appartient au genre du récit de l'enfance, un genre qui ne se démode jamais et qui, quel que soit la provenance de l'auteur, recèle une portée toujours universelle.
    Taille approximative : 156 écrans au format livre de poche, dans la version pdf.

  • Adultophobie

    Paul Laurendeau

    Le roman de Paul Laurendeau a mobilisé une mûre réflexion d'équipe de la part de tout notre comité. L'oeuvre que Paul nous soumettait cette fois-ci aborde un thème douloureux et tabou, celui du crime d'abus pédophile, en le traitant du point de vue, désillusionné et sans concession, de la jeune victime. Indubitablement, cet ouvrage n'est pas une oeuvre légère et il a fallu décider collectivement qu'ÉLP s'associait à la démarche romanesque et critique de son auteur. Sombre, dur, fataliste, cet ouvrage, qui est une fiction intégrale, a donc été scrupuleusement lu par tous les membres de notre équipe. Et nous l'avons amplement discuté. Un de nos collaborateurs de longue date, homme pondéré, sage et cultivé, a finalement fait valoir que ce thème, révoltant, douloureux et lancinant, était dans l'air du temps, qu'il se manifestait dans des oeuvres théâtrales, cinématographiques et romanesques actuelles, dont certaines n'avaient pas la qualité et la sensibilité du roman de Laurendeau. Exprimer la tonalité d'un temps, c'est aussi regarder en face ses douleurs les plus insoutenables.
    Taille approximative : 237 écrans au format livre de poche, dans la version pdf.

  • Ils sont sept. Ils se prénomment Janine, Mario, Josiane, Joseph, Emilienne, Fulgence, Emilien. Ils sont d'horizons divers : Marseille, le Portugal, la Pologne, le Sénégal... Ils ont des trajectoires différentes : brocanteuse, mécanicien, femme au foyer, homme de lettres... Mais ils ont quelque chose en commun. Ils sont rebelles. Ils sont révolutionnaires. Ils sont octogénaires. Et ils sont pensionnaires de l'Hospice du soleil.
    À Paris, à notre époque, il ne fait pas bon faire de vieux os. Confinés comme d'antiques souvenirs au troisième étage de l'institution qui les accueille, nos héros attendent la mort... enfin pas tout à fait. Entre parties de poker et plans de guerre en vue de damner le pion aux cerbères de la maison qui terrorisent les pensionnaires, nos vénérables et téméraires vieillards n'ont pas l'intention de se laisser aller. Et ne sont jamais à court d'idées pour améliorer l'ordinaire bien maigre que leur propose l'hospice. Jusqu'au jour où leurs petites combines de vieux délinquants prendront une tournure plus... politique. Quand les anciens se déchaînent, qui s'attendrait à la révolution des déambulateurs? Un livre attachant et plein d'humour, dont la fraîcheur vient surprendre en ces temps de culte de la jeunesse.
    Taille : 263 écrans au format 135x180, dans la version pdf de décembre 2011.

  • Pub aux démons

    Nessendyl

    Écrivain sans inspiration, célibataire en friche, incapable d'émettre autre chose que des idées mornes et des pensées médiocres, Bastien se fait soudain balloter, engourdi, d'un mystère sinistre à une sombre catastrophe. Ces cahots soudains ne le réveillent toutefois pas vraiment, car il ne croit pas assez en lui ; or, ses interlocuteurs s'avèrent être de plus en plus monstrueux jusqu'au moment où, effaré, Bastien comprend que sa vie est maintenant remplie de démons et qu'il doit prendre parti. Doté de la capacité offensive d'un poulet et du courage qui vient avec, Bastien, toujours un petit peu déconnecté, va se manger des énormités qui auraient largement terrorisé quelqu'un d'un peu plus alerte. Lui se contentera d'avoir peur et d'être fatigué de tout ce vacarme ; mais cette peur et cette fatigue seront ses deux ailes qui feront de ce garçon un peu larvaire un géant d'une violence à faire hurler de trouille tous les démons véritables. Comment ? Pourquoi ? Par l'entremise d'une arme légendaire que seul un Bastien molasson pouvait espérer manipuler sans exploser, le voici devenu l'être le plus dangereux de la ville, et nul ne sait exactement par quel bout le prendre, ni ce qu'il compte faire.

  • Nous sommes dans un Kanada et un Kébek distordus par la lentille de l'imaginaire. C'est un pays ancien, serein et fier, à la fois forestier, riverain, montagnard et urbain. C'est une culture où les bûcherons courent la chasse-gallerie, les clercs de notaire font de l'ethnographie, les policiers provinciaux sont anglophones et portent l'habit rouge, les bedoches d'églises sont des conservatrices de musée, savantes, bourrées de sagesse et de générosité. Ici, les protagonistes portent des prénoms qui riment avec leurs noms de famille : Coq Vidocq, Rogatien Gatien, Mathieu Cayeux, Denise Labise. La métropole s'appelle Ville-Réale. Les villages riverains s'appellent Trois-Cabanes, Martine-sur-la-Rive, Pointe-Carquois, ou le Bourg des Patriotes. Les montagnes, hautes, bien trop hautes, sont le Mont Coupet et le Faîte du Calvaire. Et coulent dans leurs vallées respectives, le fleuve Montespan et la rivière des Mille-Berges. Le drapeau national est le Pearson Pennant, et, à la frontière sud, se trouve la lointaine et influente RNVS (la République de Nos Voisins du Sud)...
    Mais surtout, dans ce monde, vivent des hommes et des femmes oiseaux, mystérieux et sauvages, qui nichent dans de hautes cavernes de granit. Ce sont les hommes-frégates et les femmes-frégates. La femme-frégate, sa peau, ses lèvres, sa cornée et ses dents sont d'un noir dur, pur. Son long et puissant plumage dorsal est rouge vif, rouge sang. Inversement, le plumage de l'homme-frégate est noir charbon et sa peau, ses lèvres, sa cornée et ses dents sont rouge vif. Les hommes-frégates sont beaucoup plus rares que leurs compagnes, dans un ratio d'un homme pour douze femmes environ. Conséquemment, les femmes-frégates doivent périodiquement, inlassablement, méthodiquement, déployer leurs ailes, immenses et puissantes, et se tourner vers les hommes-sans-ailes, pour voir aux affaires des passions ataviques et de l'amour consenti.
    Il faut alors se contacter, se toucher, se parler, se séduire, avec ou sans truchements, furtivement ou durablement. Dans l'ardeur insolite mais inoubliable de la rencontre fatale de deux mondes effarouchés, étrangers mais amis, retentit alors un appel urgent, virulent, indomptable, un cri grichant, strident, aux harmoniques riches et denses, le langage d'un jeu complexe de communications subtiles, articulées, intimes et sans égales : le pépiement des femmes-frégates.
    Taille approximative : 515 écrans au format livre de poche, dans la version pdf.

    EXTRAIT À LIRE SUR LE SITE DE L'ÉDITEUR




  • Le Domaine, vieille contrés fictive, est sur le point de faire éclater la révolution qui le verra se transformer en la République Domaniale. Deux femmes de la haute aristocratie déclinante, la Rainette Dulciane et sa première dame de compagnie, la vicomtesse Rosèle Paléologue, s'aiment d'un amour interdit, fort et indissoluble que rien, pas même la conflagration sociale qui approche, ne détruira. Mais la Rainette du Domaine a aussi un amant, torride et terrible, Cégismond Novice, dit le thaumaturge, personnage trouble, vif et brutal. La terrible soif de cet homme étrange est consommée tandis que la passion envers la suivante reste pudiquement cérébrale et verbale. Mais alors, où donc est l'amour ? Quelle est la nature des sentiments qui motivent des trajectoires et des choix si torves ? Huit décennies plus tard, une des descendantes de la suivante aimée, une cinéaste du Ministère des Arts Visuels qui s'appelle elle aussi Rosèle Paléologue, cherche à reconstituer, pour un film, ce que fut le contexte social, sentimental et émotionnel de cette torrentielle passion saphique blessée, de portée historique. Il faudra, entre autres, dénicher un comédien trempé pour jouer le fameux thaumaturge, cette épine au pied, cet insondable mystère masculin. Cela ne se fera pas sans de nouvelles et parfois douloureuses explosions émotionnelles. La compréhension et la perpétuation du drame ambivalent de l'amour peuvent-ils survivre aux changements d'époques ?




  • Le tabellion Eutrope Tarbe, esprit systématique et peu impressionnable, juge en conscience que la Firme de Diffusion des Traditions Historiques Domaniales raconte l'histoire de la République Domaniale n'importe comment. Cette institution à péage fausse ouvertement le savoir collectif et ce, notamment, en ce qui concerne le rôle que jouèrent dans l'Histoire la Rainette Dulciane et sa suivante, la vicomtesse Rosèle Paléologue.




    Eutrope Tarbe se met à rectifier les choses dans de grandes conférences publiques et, ce faisant, il se fait tirer dessus à la carabine par des séides indéterminés. S'interpose alors la chasseuse Édith, célibataire endurcie et fonctionnaire intègre, qui deviendra vite sa garde du corps attitrée. On se lance alors dans une incroyable cavale terrestre, aérienne et maritime visant à protéger de la méthodologie froidement destructrice des historiens privés un précieux document historique, écrit du temps de la Révolution Domaniale par une noble chroniqueuse qui s'appelle, elle aussi, Édith.




    La tonique factionnaire et son protégé s'embarqueront sur la Rebuffeuse, un caboteur à voile et à vapeur à bord duquel le tabellion Tarbe ne trouvera rien de moins que le sens de son existence. Entraînée jusque dans la mystérieuse Île Arabesque, pour protéger le tabellion dont elle a la charge, la chasseuse Édith, pour sa part, fera, hors de toute attente, la connaissance de la débardeuse arabesquoise Atalante et, là, tout volera en éclats.



  • Clio Tarbe, la timonière du caboteur la Rebuffeuse, va aider, le tabellion Eutrope Tarbe à résoudre le mystère historique ayant la plus grande importance émotionnelle pour tous les citoyens et citoyennes de la République Domaniale. La quatrième dame de compagnie de la Reinette Dulciane, la baronnette Cordula d'Arc, est une héroïne révolutionnaire révérée dont, pourtant, la trajectoire effective de vie reste obscure et mal documentée. Pour des raisons qui s'avéreront peu reluisantes, la Firme de Diffusion des Traditions Historiques Domaniales donne Cordula d'Arc comme morte sans progéniture, lors des premières journées de la Révolution Domaniale. Mais pourtant, une des actrices ayant joué dans les deux films historiques Le Thaumaturge et la Chronique d'Édith se nomme justement... Cordula d'Arc. Il est indubitable, pour le tabellion Tarbe, que cette actrice cinématographique est la dernière descendante de l'héroïne révolutionnaire dont la propagande privée a fait une icône inféconde.


    En retraçant le fatal brelan des descendant(e)s de la baronnette d'Arc, les historiens de la Rebuffeuse feront remonter à la surface les secrets historiques les plus émotionnellement chargés et les plus subversifs de toute l'histoire domaniale. C'est une chose que de dire l'histoire des hommes et des femmes, c'est une autre chose que de mieux comprendre qu'il n'y a pas que des hommes et des femmes dans l'Histoire...

  • Dans une grande ville d'Europe centrale, un piéton se perd dans un quartier qui n'est pas marqué sur les cartes. Il y rencontre des gens qui ne devraient pas exister, et qui le prennent, lui, pour un fantôme. Les époques s'accrochent. Qui, bon sang, s'est amusé à créer cet entrelacs, et dans quel but ? Dans Le Passage de Reichenberg, Allan E. Berger fait une incursion dans l'Histoire avec un grand « H ». En effet, le récit a pour toile de fonds la célèbre Nuit de Cristal au cours de laquelle les Jeunesses hitlériennes, encouragés par les SS et la Gestapo, ont saccagé des centaines de commerces et de lieux de culte dans les quartiers juifs du Reich. Mais tout le reste est fiction dans ce récit enlevant qui relève davantage du fantastique que du roman historique. Le Passage de Reichenberg est un récit qui se lit d'une traite. Un cri du coeur contre la barbarie du XXème siècle, barbarie dont personne n'est à l'abri aujourd'hui même.
    Vous allez l'acheter, vous allez le lire : très bien mais REVENEZ LAISSER UN COMMENTAIRE, positif ou négatif, et ARGUMENTÉ. Ce sont d'abord ces critiques qui font respirer les auteurs... et qui intéressent diablement les autres lecteurs. Merci.
    Berger

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