ÉLP éditeur

  • Les portraits féminins en littérature m'ont toujours passionnée. Dans mes lectures, je suis sensible à l'équilibre complexe qui forge l'âme des personnages. Plus l'héroïne semble vraie, plus elle m'émeut. Combien de fois ai-je cru à mon amitié possible avec Élisabeth (Orgueil et préjugés, Jane Austen), Kitty (La passe dangereuse, Somerset Maugham), Myriam (Mangez-moi, Agnès Desarthe) ou encore Polly (La vérité sur Lorin Jones, Alison Lurie)... Dans le monde merveilleux des rêves éveillés, j'espère avoir le bonheur de les croiser un jour.
    Je suis une scientifique. De celles qui questionnent toujours les évidences. Un jour j'ai eu envie de renvoyer mes interrogations à un public exigeant et je me suis mise à écrire : livrer des émotions comme dans une lettre que j'ai écrite pour Jorge Semprun ou peindre des portraits comme dans ce texte, Quatorze appartements. La solidarité a-t-elle encore sa place dans les rapports humains ? Véronique y croit. Et même si ce sont des raisons personnelles qui la poussent vers ses contemporains, elle veut devenir actrice de la chaîne qui lie les hommes les uns aux autres, au risque de s'y blesser.
    Quatorze appartements raconte le parcours initiatique de Véronique Roland. Fraîchement installée à Lyon, déçue par son mari et pressentant la routine qui la guette, elle décide de renverser la vapeur et frappe aux portes de ses voisins pour tisser des liens. En réponse, elle rencontre l'indifférence des uns, la solitude des autres, l'infidélité et l'amitié.
    Quatorze appartements est un roman d'analyse qui plaira autant aux femmes qu'aux hommes, aux jeunes qu'aux vieux, puisqu'il nous emmène au coeur de l'humanité sociale de la vie quotidienne d'une famille de la classe moyenne en milieu urbain.

    Lien vers la page du livre chez l'éditeur :
    http://www.elpediteur.com/auteurs/karinthi_ag/2015_quatorze.html
    Lien vers une compte-rendu de lecture par Eole, sur le Songe d'une nuit d'été, webzine féminin :
    http://www.hellocoton.fr/to/1gBFC

  • Un puissant recueil de cent trente poèmes versifiés, ciselés. La Blessure des Mots est un exercice solidement formulé et généreux dans la forme, tout en s'avérant empreint d'une tristesse intimiste dans le fond. Vieillissement, mort, amours racornis, perte de la foi, futilité du fond des choses, modernité en capilotade, religiosité déchue, métaphysique dérisoire. On sent tous les effluves délétères du bilan de vie et de l'apposition des cachets sur une époque. Mais c'est quand même un bilan de vie qui chante, qui psalmodie, qui récite en cadence et qui voit la musique. Ce recueil cultive l'alexandrin (comme Jacques Brel dans Les Flamingants), le décasyllabique (comme Georges Brassens, dans La chasse aux papillons), l'octosyllabique (comme Raymond Lévesque dans Quand les hommes vivront d'amour), le demi-alexandrin (comme le parolier d'Édith Piaf, dans Milord) et bien d'autres formes versifiées aussi, régulières ou plus irrégulières. On y salue explicitement ses maîtres: Villon, Ronsard, Vigny, Hugo, Nerval, Baudelaire, Mallarmé, Verlaine, Rimbaud, Nelligan, Apollinaire, Valéry, Michaux et Char. Les ancêtres y sont bel et bien. Ils font puissamment sentir leur présence, à chaque page. C'est triste, c'est cuisant, c'est grandiose.
    Taille approximative : 197 écrans au format livre de poche, dans la version pdf.



  • De quoi parle l'oeuvre de Julien Quittelier ? Eh bien elle parle de nos esprits dégorgeant l'absinthe du missel qui firent du Seigneur les reliques satanes... bien qu'ils eurent prédit leur déréliction: un halo de science et tels que des platanes nos chairs en des lambeaux saints d'irréligion. Autrement dit, la religion décline et le phénomène est tellement avancé qu'il n'est même plus intéressant (ou inspirant, ou poétique) de s'en affliger. Alors, comme souvent chez les nostalgiques du fait religieux douloureusement conscients du fond bétonné et irrémédiable des sécularisations contemporaines, le poète va faire ici flèches de tous bois conceptualisables. Les dieux et entités des différents polythéismes antiques, accompagnés par Belzébuth (pour ne signaler que lui) vont danser une tarentelle endiablée. C'est la tempête, la déroute, la fantasia paniquée, le grand tourbillon. Nous ne somme pas ici dans du religieux (encore moins dans de l'irréligieux ou de l'anti-religieux) mais bel et bien dans du post-religieux.




    Vespéral de l'être c'est le soir qui tombe sur l'étant religieux. Le crépuscule des théogonies... Et ça prend l'allure d'une cacophonie si épouvantée qu'elle en devient grandiose. Il faut bien lire ce recueil et bien ne pas le comprendre. Ce sont les choreutes horripilés des temps anciens qui nous crient depuis leur caverne idoine, bêtes fatalement blessées, leur inaptitude insondable à s'immiscer dans le chas cuisant de l'aiguille acide de toutes nos modernités impavides.




    Vespéral de l'être est une oeuvre monumentale qui confine au sublime. Poème après poème, nous plongeons dans un univers aux relents du passé tout en étant plongé, comme l'auteur lui-même, au coeur de l'Europe contemporaine. Celui-ci a inscrit en sous-titre OEuvre littéraire complète. Permettez à l'éditeur d'en douter car une telle oeuvre ne saurait être complétée...

  • Un homme

    Christina Mirjol

    « Les uns et les autres ne connaissent pas, dit l'homme, la glace que nous portons la nuit sur nos épaules, qui croît pendant nos rêves, nous entoure d'une calotte d'un crépuscule à l'autre. Ils ne savent rien de ça, ils vont ici et là, se déplacent comme des bulles. »
    Un homme, le roman de Christina Mirjol, retrace en trois chapitres les conditions de survie héroïques d'un homme sans domicile. Ce parfait anonyme, ce naufragé des rues, on le devine d'emblée, est choisi par l'auteure parmi des centaines d'autres.
    C'est dans le contexte glacial de l'hiver 2012 en Europe, au milieu d'une foule attendant l'ouverture des portes d'un cinéma, que survient la rencontre déchirante entre l'homme et un couple. Une femme et son mari, tous deux en proie au froid, sont saisis de stupeur devant l'apparition de cet homme peu vêtu : « Une veste trop petite et ne couvrant qu'à peine la longueur de ses bras, pas de gants. ». L'empathie que déclenche cette tragédie du quotidien (le froid intolérable amplifiant les projections et la vision poignante entraînant les hantises), débouche sans crier gare sur le dernier chapitre. On n'entend désormais plus que la voix de l'homme. Dans son humanité, l'homme parle à son caddie, à ses membres qui ont froid, à sa pauvre jambe gourde. Dans l'univers glacé qu'il s'apprête à traverser, les grues qui barrent le ciel et les tours impassibles de la Grande Bibliothèque encouragent son périple, contiennent le vent violent... S'amorce au petit matin, sous un ciel bleu acier, l'épopée d'un invisible.
    Dans son recueil de nouvelles, Les invitées, Christina Mirjol abordait le phénomène de la mort sous toutes ses facettes et selon son impact sur les (sur)vivants. Dans ce deuxième ouvrage publié chez ÉLP éditeur, elle traduit la dimension épique de l'homme dans des conditions extrêmes, sa déambulation quotidienne obligatoire, pour ne pas mourir de froid, pour trouver une place à l'abri, pour s'isoler des regards indiscrets, pour continuer à être Un homme...
    Ses autres romans, Suzanne ou le récit de la honte (prix Thyde Monnier, la SGDL, 2008), Dernières lueurs, et le recueil de nouvelles Les petits gouffres (prix Renaissance de la nouvelle, 2012) sont publiés au Mercure de France.



  • En plein hiver sur le haut plateau du Sauveterre, un homme fuit son passé, et n'ose pas imaginer autre chose pour lui qu'un avenir de clandestinité. Mais une rencontre avec un étrange couple le forcera à se regarder en face, et à prendre, pour la première fois de sa vie, une décision sans écouter autre chose que ses désirs. Pendant ce temps, à une journée de marche vers le sud-est, dans un hameau perché loin au-dessus du monde, d'autres gens attendent et espèrent. Ces attentes et espérances, celles de l'un comme celles des autres, seront appelées à se compléter, par-delà le mur fracassant d'une tempête d'où surgiront toutes sortes de hideux fantômes. Le grand point sera de survivre à la nuit qui vient.

    Alain Lasverne : « Allan E. Berger déroule sa prose du côté de Sauveterre, un coin du sud bien sauvage, entre Montaillou village occitan (Le Roy Ladurie) et Pays perdu (Jourde), dirait-on. Il a léché sa plume pour bâtir un joli conte plein de poésie, et l'histoire d'amour entre la démunie et le réprouvé marche à l'amble, comme l'hiver qui se couche lentement sur leurs terres. Son vrai propos est de nous faire voir ce pays rude et attachant où l'existence, au siècle dernier, n'était pas des plus faciles pour les gens de peu. Un peu poète, un peu ethnologue, il fait progresser le récit à coups de belles formules descriptives frôlant parfois le fantastique et nous fait sentir la puissance de la nature que nos âmes citadines ont oubliée. »

    Plus de détails et des extraits à lire sur la page de l'éditeur...

  • La branleuse

    Amélie Sorignet


    Élève de lycée préparant le bac, Diane semble investir une portion significative de son énergie intellectuelle à mépriser l'intégralité de l'univers social ambiant. Celui-ci le lui rend bien, en la surnommant "la Branleuse". Dans le petit village des rives de la Garonne qu'elle habite, le rythme de la vie prend corps avec la saison de la chasse. La chasse contemporaine, telle que l'observe Diane, n'est plus que l'ombre de ce que fut cette noble tradition française. Les chasseurs ont dégénéré, au sens littéral du terme. Mais au milieu de cet univers de masculinité lâche et brutale se niche le Braconnier. La pureté et la proximité à la nature qu'il incarne encore sont-elles authentiques ou fait-on face ici aussi à un autre type de fausse sauvagerie de toc. Pour le savoir, Diane, habitée par la faim, la curiosité et le désir naissant, va devoir, elle aussi, se mettre en chasse. Une chasse douloureuse et toxique qui finira par la mener d'hommes en hommes, et dont les plombs parfois mortels voleront dans toutes les directions.


    Un roman du coming of age féminin où le comique le plus rabelaisien côtoie la douleur intérieure la plus virulente. Du purin cynique et acide du terroir fétide dont hérite la jeunesse contemporaine peut-on encore voir s'extirper les fleurs sombres, feutrées et onctueuses de l'amour vrai et du sens élevé de la quête de soi ?

    Taille approximative : 416 écrans au format livre de poche, dans la version pdf.

  • Un petit appareil auditif qui permet d'apprendre de façon ultra rapide la langue vivante de son interlocuteur vient d'être conçu par le laboratoire auquel est rattachée la professeure Odile Cartier. Son nom : le glottophore. S'ouvrant profondément à la culture linguistique de l'autre, la personne qui porte cet appareil devient l'assimilande. Avant la mise en marché de cette découverte, révolutionnaire pour un pays comme le Canada, confronté, dans la permanence de son existence, à deux langues officielles, la professeure Cartier décide de tester, sur une de ses brillantes étudiantes de doctorat, mademoiselle Kimberley Parker, l'impact psycholinguistique et ethnolinguistique du glottophore. Alors que tout se passe plutôt bien et que Kimberley Parker prépare son intervention sur la question au Congrès des Sociétés du Haut Savoir de Montréal, dans le but avoué de faire le point sur son statut expérimental d'assimilande, le glottophore se met à produire toutes sortes d'effets secondaires imprévus...
    Taille approximative : 124 écrans au format livre de poche, dans la version pdf.


  • Quel est cet objet qui attend, noyé dans une roche vieille de quarante millions d'années ? Qui l'a déposé là ? À quel usage est-il destiné ? Est-il un piège, une expérience, une aide ?
    Un groupe d'individus venant de tous les coins du monde, mais qu'un secret plusieurs fois millénaire unit malgré eux, se trouvera confronté à ce choix : utiliser l'objet, et sauter dans l'inconnu, ou laisser les dangers s'amonceler. Or, l'instant est pressant : divers phénomènes convergents font que le monde des humains, tel que nous le connaissons, touche à une période de mutations violentes. Cosmicomedia propose, dans ce premier tome, d'assister, en arrière-plan de l'intrigue, à l'activation d'un ensemble de basculements possibles, combiné à un choc magistral dans le mur.
    On a dit de Cosmicomedia que c'était le roman de la dignité. Le décor planté dans ce premier tome est celui de notre monde à nous, avec son futur prévisible. Les gens qui s'y démènent ont nos histoires, nos éducations, nos ancêtres et nos terreurs. Ils tournoient dans la nuit, leur avenir est clos, ils n'ont plus aucune espèce de valeur. Soudain, voici que s'ouvre un mystère.
    Taille : 387 écrans au format 135x180, dans la version pdf de janvier 2013.
    Mise à jour de janvier 2015, nouvelle couverture, nouvelles illustrations, nouveaux styles de mise en page, code purifié. C'est la troisième édition.

    EXTRAIT À LIRE SUR LE SITE DE L'ÉDITEUR

  • Fermez les yeux. Sombrez. Le monde extérieur s'efface. Votre conscience se brouille. Combien êtes-vous, finalement, à résider dans votre château intime ? Qui vient de se lever tandis que vous êtes allongés ? Qui dirige maintenant ? Qui a pris le trousseau de clés ? D'autres hantent les couloirs de votre demeure. Vous dormez, locataire.
    Sous terre, dans un monde parallèle à celui du sommeil, la nuit perpétuelle déroule ses magies. Des comportements étranges s'y développent. La conscience se double d'inconscience, la voix de Dionysos se superpose à celle d'Apollon. Dans les couloirs secrets sous les villes ou dans l'obscurité des grottes, toutes sortes de rencontres qui, d'ordinaire, ne quitteraient pas les domaines du conte et du rêve, deviennent absolument, irrémédiablement jouées. Là-dessous, votre lampe, en repoussant l'ombre, n'y dévoile que de la pénombre, après tout, alors vos pensées s'en teintent.
    Je vous propose un petit voyage à l'intérieur de la terre. Vous y découvrirez des rites et des architectures étranges. Y règnent des mots qu'on ne saurait cerner que sur le divan du psychanalyste. Voici vos antipodes, qui pourtant vous fondent et vous structurent. Au grand jour, vous vous en nourrissez.
    Plus de détails et des extraits sur le site de l'éditeur...

  • Le début de ce millénaire est celui de tous les défis. Historiquement, il sera difficile de trouver un moment plus passionnant à étudier : la biosphère s'effondre, les puissants se goinfrent comme jamais l'on ne s'est goinfré, l'humanité s'appauvrit en conséquence, les espérances s'essoufflent. Presque partout la police est devenue la première puissance d'oppression, loin devant les mafias, et protège des systèmes si ouvertement corrompus que l'usage des mots nobles par lesquels ils se définissent devient un exercice bien salissant pour l'esprit novice qui croit encore en la vertu des dictionnaires, et qui se retrouve la langue tachée de mensonges. En plus de tout ceci, une étoile a explosé et déverse sur nos têtes une mort subtile.
    Tandis que, dans le monde des vivants, une extinction de masse a débuté, Lucas et sa troupe découvrent stupéfaits l'immensité des strates et des sens, des significations et des messages qui se déploient derrière la porte noire qu'ils viennent de franchir. L'univers d'au-delà est un énorme abîme.
    Au coeur de ce pays brûlant et compliqué danse un singulier personnage, un loa dont voici l'antre. Chacun de ses gestes semble être une manigance, chaque parole une moquerie. Mais lui, le danseur malin, il est aussi un indice, un espoir lancé, une volonté dressée contre l'obtuse fatalité.
    Alors, puisqu'ici l'on se livre et l'on se dévoile jusqu'au nu de son être, des vérités seront dites, qui emprunteront, pour être mieux reçues, le chemin des métaphores et des paraboles.
    Taille : 321 écrans au format 135x180, dans la version pdf de février 2013.

    EXTRAIT À LIRE SUR LE SITE DE L'ÉDITEUR

  • Il est assez invraisemblable de retrouver, au fin fond du cosmos, une entité comme le Baron Samedi. Car après tout, c'est un loa, c'est-à-dire un personnage terrien, issu et nourri de croyances terriennes. Et le voici, hôte attentionné de voyageurs lointains ; ceci peut mettre la puce à l'oreille. En plus, il a demandé, tout comme le nocher Charon, qu'on lui raconte des histoires. Qu'est-ce que ça veut dire ?
    Pendant ce temps, le Ciel continue de tomber sur la Terre, et les anciens dieux préparent un nouveau déluge. Lucas et ses amis, perdus au loin de toute normalité, vont maintenant être éduqués avant d'être relâchés. Mais relâchés où ?
    Qui est, en définitive, le Baron Samedi ? Pourquoi entraîner des touristes à devenir des athlètes imperturbables ? Dans quel pétrin nos héros vont-il, d'un coup de pouce divin, finalement être fourrés ? Pour y faire quoi ? Et Niko, appelé à vivre « dans un lieu bien triste, seul plus longtemps qu'aucun être humain », qui le consolera et quel sera ce lieu ?
    Comsmicomedia tome 3 apporte évidemment des réponses à ces quelques questions qui, somme toute, sont un petit peu annexes, mais aussi et surtout il cloue le bec à la fatalité de notre époque : la bataille, la peur et la colère, la destruction et l'échec, la complication croissante de toute chose... ne tiennent pas devant ce qui, au bout du compte, ne peut qu'émerger.
    Vous verrez des gens chanter au milieu des bombes, et boire du champagne ; il y aura des insectes énormes et attentifs, une invraisemblable collection de monuments, un cauchemar qui se matérialise, une tempête qui repliera l'un sur l'autre deux endroits très éloignés, et qui pilonnera une île envahie de singes naufragés, galopant par les rues et les sentiers, pleins de mousse savonneuse et de fureur. Vous visiterez les arcanes, vous toucherez du doigt le code des choses, et vous contemplerez en sa démesure les agissements d'un cactus fou sur le tarmac d'un aérodrome haché par des cataractes de graviers tombés des nuages. Et en plus de tout ça, il y a une bibliographie car ceci est un livre sérieux, qui vous mettra le nez dans la plus intense des contradictions de notre époque. Dénouez-la.
    Très solennel merci à Lecteur en colère pour son aide patiente dans le nettoyage du code de l'ePub. Si ce livre est propre, c'est grâce à lui ; s'il reste des saletés, ce sera de la mienne. Merci, alors, de me les signaler.
    Taille : 297 écrans au format 135x180, pour cette seconde édition de mars 2013.


  • Ce recueil de dix-huit nouvelles nous fait sentir la dimension profondément vingtiémiste de l'automobile. L'auto, la voiture, c'est un vieil instrument qui rappelle les conforts anciens de l'enfance et la pulsion motrice des premières amours ; c'est une courbe, une armature qui fait rêver ; c'est un métier ou un turbin ; c'est un loisir ou une escapade ; c'est les vacances. Tout un siècle rendu intemporel défile sous nos yeux dans ces superbes récits. On vit des retrouvailles, des trajectoires, des cheminements, des rencontres, des rajustements interactifs de toutes natures. On fait face à des crises aussi, des chagrins, des terreurs, des colères, des morts subites (accidentelles, entre autres). Il n'y a pas ici que la matérialité solide des automobiles, il y a aussi la fluidité complexe et labile des lacets de routes qu'elles parcourent, dans tous les sens du terme. L'objet physique, historique, finit toujours par être un concentré de rapports humains. L'implacable et doucereuse fin d'une époque se fait sentir aussi dans ce recueil, épopée bringuebalante des routards artisanaux, des militants anti-guerre, des travailleurs tertiarisés névrotiques, de la famille monoparentale stable et cossue, de Bison Futé et de ses millions d'adeptes anonymes. Tristesse aussi, langueur radicale, sentiment de manque, de carence ouateuse, de chagrin quasi-dépressif, de révolte atténuée, étouffée, encarcanée, emmitouflée... embouteillée.
    Le pied au plancher, laissons-nous entraîner en bagnole imaginaire sur ces roules enlacées.
    Taille : 274 écrans au format 135x180, dans la version pdf d'août 2012.

  • Dans Le chasse-temps, dernier roman de Nicolas Hibon, le minéral et le capital, ces deux mondes diamétralement opposés, vont s'affronter à travers une constante devenue instable : le temps. De la misère la plus sombre à l'arrogance la plus pimpante, il imprimera de ses soubresauts les deux continents américains. Si l'or est le but ultime du plus petit des garimpeiros, il est un minerai plus rare encore que seuls quelques privilégiés pourront approcher. Le pouvoir de changer l'histoire est une arme qui suscite les convoitises les plus tenaces et que le temps ne fait qu'exciter. Mais il est des trésors qu'il vaut mieux ne pas partager. Du moins pas avec n'importe qui...
    Après Quatre-vingts printemps, Nicolas Hibon nous livre un roman profondément humain où le fantastique côtoie le réalisme le plus noir, un roman au cours duquel, toutefois, le plus gros ne l'emporte pas toujours sur le plus petit. Et il est bien qu'il en soit ainsi !
    Taille : 313 écrans au format 135x180, dans la version pdf de juin 2012.

  • Rage dedans peut être considéré comme une exp érience de poésie photographique. Les thèmes brandis ici tiennent à coeur à leur auteure. À travers ses poèmes, elle dénonce des états de fait sociaux qui lui semblent inacceptables de par leur injustice et leur irrationalité. Poésie revendicatrice tournée vers l'extérieur et non vers le "moi". Une phrase et un rythme simples dans lesquels se déploie l'essence, l'essentiel d'une vie : l'amour. L'amour avec un grand A et l'amour de la vie, de la justice, de la solidarité, de la nature....

    Née à Montréal, Caroline Mongeau fait des études universitaires en littérature avant de s'investir dans la sculpture sur argile et sur bronze. Elle expose d'ailleurs dans différentes galeries de Montréal et de Québec. Mère de quatre enfants, elle s'est toujours impliquée dans son milieu de vie, notamment en ce qui concerne l'environnement.

  • Écrire, peindre, sculpter ne sont pas des talents : ce sont des maladies. Il faut suivre un traitement intensif et épuisant pour espérer se défaire de ces virus qui se nourrissent de votre âme. Dans l'isolement, car ce sont des maladies honteuses. Dans l'appartement qui leur sert aussi d'atelier, Didier, Novembre et Clovis tentent péniblement d'en guérir sous la supervision d'un médecin dont les intérêts ne sont pas clairs...

    Dans son dernier roman, Sinclair Dumontais nous livre une réflexion d'originalité tranquille sur les mystérieux ondoiements de la petite paroi intérieure qui sépare le gars et la fille ordinaires de l'artiste fou et immense qui sommeille en chacun de nous, du simple fait de sculpter, de peindre, d'écrire, ou même de lire. Un roman unique, captivant, enlevant, éblouissant, incontournable.



  • L'existence nous offre mille chemins qui sont autant d'alternatives dans l'arbre des possibles de nos vies. Mais peut-on véritablement échapper à sa destinée, contrarier « ce qui est écrit » ? Même si nous restons libres de nos choix, avons-nous, au final, une totale emprise sur le hasard ou sur ce qui est prédéterminé ? Ne sommes-nous pas également conditionnés par notre propre histoire, par notre éducation ? Et dès lors toutes nos actions sont-elles vaines ? Ne suffit-il pas de se laisser porter par les événements plutôt que de gâcher notre énergie à vouloir en contrarier le cours ? Mais, a contrario, si notre sort semble scellé, ne subsiste-t-il pas malgré tout une part de secret espoir à laquelle se raccrocher ?






    Dans son recueil, Frédérick Maurès nous laisse l'illusion de contrôle sur nos petites vies qui dérivent et se déploient pas mal plus dans l'étrange qu'on ne le croit. Pas d'illusion de contrôle sur la plume, par contre. L'écriture est ciselée, jouissive, magnifiquement visualisable, sans sobriété excessive. On sait très bien s'exalter du verbe et de l'exposition dans le micro univers de Frédérick Maurès . La fourmi est petite. Cela ne la rend pas moins complexe et articulée. On n'a même pas besoin de loupe pour s'en aviser. Cet ouvrage ouvragé se lit en un éclair mais reste avec nous un bon moment. N'est ce pas là le lot de toutes les miniatures, quand elles existent, un petit peu obsessivement, pour avoir été gravées à l'eau forte ?

  • Voici cent cinquante poèmes érotiques lesbiens qui assument sereinement leurs prises de positions et l'ardeur sans ambivalence de leur explicite. Ce recueil de poésie s'inscrit dans une dynamique ouvertement libertine, homosexuelle, femme (au sens, classique désormais, de l'écriture femme), tout en cultivant la touche féministe requise et, surtout, tout en parlant ouvertement et très librement d'amour, de béguins, de passion, d'intimité sexuelle et de séduction. Il s'agit aussi d'une singulière expérience de poésie narrative. Chacun de ces cent cinquante poèmes lesbiens peut se lire isolément, comme le permet classiquement toute expérience poétique élémentaire. Lire ces poèmes (très souvent des portraits de femmes, parfois des évocations descriptives passives ou contemplatives, parfois des micro-récits singulièrement fluides et vifs, toujours surprenants) en les butinant dans le désordre est déjà en soi une jubilation fort intense. Mais le fait est que ces textes s'agencent aussi dans un ordre de déploiement construisant une combinaison agencée de miniatures et mettant en place, par touches, un récit plus large. Poésie érotique racontant par touches une histoire d'amour. À ne pas mettre entre toutes les mains.
    Née en 1960 à Caraquet, dans la péninsule acadienne (Canada), d'une famille de vieilles souches française et jersiaise, Corinne LeVayer a passé son adolescence et le tout début de sa vie adulte dans la région de Montréal avant de partir faire carrière aux États-Unis. Pendant près de vingt-cinq ans, elle fut musicienne de boîte de nuit et directrice artistique de joints (bastringues) à Atlantic City, la grande ville portuaire de jeu du New-Jersey. Corinne LeVayer vit aujourd'hui avec son épouse et les parents de cette dernière dans un petit village à la frontière du Québec et de l'Acadie. Toujours musicienne (pianiste et contrebassiste) sur la scène locale, elle se consacre, depuis quelques années à la composition d'arrangements de jazz ainsi qu'à l'écriture de textes en prose, et en poésie. Basé sur la partie américaine de sa vie et de sa carrière, le recueil Gouines coquines de ce monde est son premier ouvrage publié.



  • Les derniers aborigènes de la jungle de Guyane française perpétuent, bon an mal an, leur mode de vie ancestral. Ils le font le plus sereinement qu'ils peuvent, dans les circonstances contemporaines, et ce, en dépit des orpailleurs (chercheurs d'or clandestins) brésiliens brutaux et insensibles qui gorgent les rivières de rejets de mercure, et en dépit des hélicos de la Gendarmerie guyanaise qui survolent les pirogues pour prétendument inspecter l'état de santé de ceux qui cherchent à les faire nager sur le torrent nouveau des rivières anciennes. Le jeune Amigolo est le petit-fils de la vieille chamane des abeilles de son village. Celle-ci connaît le fin et subtil secret curatif des miels et sait sinueusement contourner le dard des terribles ouvrières pour faire agir les reines et leurs essaims selon ses desseins. Amigolo vient tout juste, de par l'affront de douleurs cuisantes, d'accéder au statut de jeune guerrier. Il passerait bien le reste de sa douce vie à jouer avec les abeilles de sa grand-mère. Mais une quête inattendue l'attend, une quête terrible et mystérieuse qui mettra justement au défi, comme si de rien n'était, sa connaissance de la nature, mais surtout, par-dessus tout, son mystérieux ascendant savant sur les insectes de la jungle.
    Après Quatre-vingts printemps (2011) et Le chasse-temps (2012), Nicolas Hibon offre aux lecteurs son roman le plus abouti. Un roman qui se lit comme un conte mais qui dérange comme un pamphlet. À mettre entre toutes les mains.

  • Lucie, jeune femme romanesque, rêve de l'amour idéal, tel que véhiculé par les romans légers de la toute puissante maison d'édition Baldaquin. Ce massif conglomérat littéraire produit industriellement des romans-savonnettes parfumés qui permettent à son lectorat en transes de s'évader. Lucie, comme des milliers d'autres, s'en délecte. Mais elle veut aller plus loin : lorsqu'elle décide de prendre son imaginaire à bras-le-corps, son expertise littéraire et sa vaste expérience de consommatrice Baldaquin lui seront indispensables pour rédiger un roman de son cru qui, naturellement, sera bien supérieur à la moyenne.



    Elle se rendra bientôt compte qu'il n'est pas si facile d'écrire selon les règles strictes de l'éditeur sans s'enfoncer dans le piège de la guimauve mouvante. Entre ses tentatives d'écriture, ses fantasmes personnels et sa banale réalité qu'elle tente maladroitement de faire entre dans le moule Baldaquin, on est entraîné dans un tourbillon aux bouffées bonbons parfaitement irrésistible.

  • Au terme de la sinistre Semaine sanglante qui court du 21 au 29 mai 1871, l'expérience politique et insurrectionnelle de la Commune de Paris est écrasée par les forces versaillaises en collaboration avec l'armée allemande d'invasion.
    Des milliers de Parisiens sont tués pendant ces quelques jours. Les purges qui suivent voient les exécutions se multiplier, à la mitrailleuse parfois car il s'agit d'aller vite. Ce qui n'est pas tué est enfermé dans des purgatoires : le camp d'internement de Satory devient un mouroir infect où ne règne que la violence sans frein des militaires ; on transporte, dans des wagons à bestiaux, quelques vingt mille prisonniers sur des pontons dans les ports de l'ouest. En 1872, les survivants sont majoritairement déportés en Nouvelle-Calédonie.
    Mais dès cette année-là, des propositions d'amnistie commencent à se succéder. La présente proposition, portée par Victor Hugo, est de mai 1876.
    Notre édition s'appuie sur la mise à disposition en 2013 par le Sénat français de la copie numérisée du manuscrit original de Victor Hugo. Les passages raturés par l'auteur ont été enlevés, ses modifications enregistrées. Le texte prononcé sera légèrement différent, surtout dans son introduction. Je l'ai mis à la suite, car il n'est pas inintéressant de connaître quels passages Hugo a finalement fait sauter. Il est disponible dans : Hugo, Victor, Actes et paroles, XXXII, L'amnistie au Sénat.
    Extrait :
    http://www.elpediteur.com/auteurs/malle/hugo_1876_amnistie.html#aextrait
    Commentaire par Laurendeau :
    http://www.elpediteur.com/auteurs/malle/hugo_1876_amnistie.html#aprez

  • Sur son blogue Impressions, Expressions, Marie-Anne Chabin a publié entre juillet 2011 et août 2012 cinquante-neuf billets relatives à la société de l'information. Fait particulier, tous ces mots se terminent pas "ité". Il s'agit de substantifs, bien entendu, dont plusieurs néologismes : touité, univercité, etc. Récemment madame Chabin a eu l'excellente idée de les réunir en recueil. Résultat : cette version numérique de Sérendipité et autres curiosités chez ÉLP éditeur.


    Le complément de titre du recueil - Critique malicieuse de la société de l'information à l'usage de ceux qui pensent (et donc, archivent) - nous place d'emblée au coeur de la société de l'information dont nous devrions être des acteurs essentiels. Cette société, avec ses technologies qui envahissent nos vies au point d'en changer la donne au quotidien, et qui affectent tant notre sphère professionnelle que personnelle, Marianne Chabin nous invite à la penser dans son globalité, à la revoir sous un angle moins immédiat. Elle rappelle aux professionnels des sciences de l'information que leur pratique n'est pas qu'une pratique et que, finalement, elle ne manque pas d'humour... tout en étant une discipline des plus sérieuses.


    Cinquante-neuf billets pour autant de réflexions sur la société contemporaine, voici ce qu'est Sérendipité et autres curiosités. Un essai d'une lecture très agréable au cours de laquelle vous apprendrez beaucoup tout en vous divertissant.
    Taille : 207 pages au format 135x180 dans le pdf d'avril 2013.

    EXTRAITS À LIRE SUR LE SITE DE L'ÉDITEUR

  • Ma Syrie, c'est celle du désert, de ce lieu qui est à la fois austère comme peuvent l'être les étendues de pierres où l'on ne sait que survivre, et doux comme un havre à l'écart du tintamarre des cités, comme un thé à la menthe bu devant un feu, la nuit. Dans ce lieu si exigeant et pourtant si séduisant, Adeline Chenon-Ramlat a vécu avec les Bédouins, les « errants » des fonds sauvages, qui sont devenus sa famille de sang, au centre de la Syrie. Elle les a vus en cours de sédentarisation, porteurs du monde immense mais avec les gestes de la modestie propre à ceux qui ne risquent certes pas de « parvenir », entre nobles tentes d'apparat et pauvres maisons de parpaings, à la fois rêveurs, gourmands, imaginatifs et sans illusion. Ceux-là vivent à la frontière entre les campagnes et le désert, dans les tampons entre les rebords de l'Occident et les marches de l'Asie sans fin, entre les postillonnants tourbillons de la modernité et le silence peuplé des passions des très anciens pays. La façon de vivre ancestrale de ces gens est en cours d'extinction. Harcelés dans le Néguev, massacrés en Irak et en Syrie, eux qui ont résisté à beaucoup d'invasions sont en train de se courber sous la tempête. Cet ouvrage les montre juste avant le drame en cours, quand la vie était rythmée par les faucons, les moutons, les olives, les espoirs et les longues veillées. Il est sûr que certains bédouins survivront, mais plus jamais leur vie ne sera pareille. Ce sont leurs habitudes, leurs traditions qui vont être bouleversées, et ce livre souhaite avant tout raconter à quoi elles ressemblent, dans leur unicité. Ici vous lirez le caractère d'un peuple aussi imbriqué dans la nature que fidèle à sa vision du monde.

  • Le principe pictopoétique tel que nous le développons ici vient de Guillaume Apollinaire. La dernière partie du recueil Alcools (1913), intitulée Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée présente trente images (qu'on appelle techniquement des bois) du dessinateur Raoul Dufy suivies chacune d'un titre et de quatre vers du poète, en octosyllabiques ou en alexandrins. Cent ans plus tard, nous avons complexifié la démarche en rallongeant le bout rimé à deux petites pages et surtout en travaillant plus dynamiquement le titrage. Si Apollinaire commentait le lapin, l'image et la petite épigramme s'intitulaient tout simplement Le lapin, sans plus. Nous avons enrichi le jeu en lui insufflant une dimension plus aléatoire et plus automatiste de déclencheur poétique. L'imagier prend la photo et l'intitule selon son inspiration mais en évitant sciemment les intitulés descriptifs univoques au profit de vrais titres, au sens fort. Ainsi un papillon bleu sur une fougère ne s'intitulera pas Papillon bleu sur une fougère mais Dans la lande des langues. En procédant ainsi, en plus de fournir le crucial cadre visuel, notre imagier, qui est aussi un brillant écrivain, avance d'un cran dans le projet poétique en formulant sans tergiverser la direction déterminante de ce que fera le poème. Ajoutons que les connaissances entomologiques, zoologiques et botaniques manifestées et exprimées ici viennent aussi de l'imagier.
    Les photographies naturalistes d'Allan Erwan Berger se prêtent superbement à l'exercice auquel nous nous adonnons ici. Il est clair qu'un courant important de la poésie moderne évolue vers la miniature. Du temps d'Homère et aussi du temps de Malherbe on pouvait écrire des ouvrages entiers en vers. Victor Hugo et Alfred de Vigny, Louis Fréchette et Octave Crémazie, dans le monde francophone, ferment cette marche tonitruante de l'ode, de l'élégie et de la stance. Maintenant, avec Verlaine et Vigneault, le poème aborde le monde du petit, du fin, de l'intériorisé. Et aussi, maintenant, avec Queneau et Gauvreau, il s'approprie Dada, le grotesque, le bouffon, le cabot le foufou autant que la langueur, le vague à l'âme et la sagesse. La poésie n'est plus un art majeur mais, de ce fait, elle est maintenant vraiment plus libre que jamais. Faire du vers libre, c'est se donner toutes les structures appropriées, de la plus stricte à la plus lâche, de la plus héritée à la plus improvisée, fonction du problème à régler. Nous avons procédé sans hésiter et sans se complexer. C'est pas le devoir qui prime. C'est le plaisir. La joie de la rencontre fatale, universelle, du mot et de l'image.
    Vous trouverez ici du comique, du tragique et du lyrique. L'idée de bestiaire, insufflée par Apollinaire, se perpétue, se complexifie et s'affine car mon imagier est très proche de la nature zoologique et botanique. Sans être pastoral, tout ça, c'est certainement passablement bucolique. C'est un hymne inconditionnel d'amour joyeux pour cette nature si dense, si merveilleuse, si fantastique, si fragile, qui n'appartiens à personne mais envers laquelle nous avons tous une cruciale responsabilité de déférence.
    Après L'imagiaire Vergner publié chez le même éditeur, venez avec nous rêver et rimailler dans L'Imagiaire des pimprenelles.

    EXTRAITS À LIRE SUR LE SITE DE L'ÉDITEUR

  • Buczko

    Loana Hoarau

    F oin d'envolées théoriques. C'est bien plutôt dans son action fulgurante - par la pratique, si on ose dire - que le pédophile est étudié dans ce roman. C'est d'ailleurs fait avec une mæstria hautement perturbante. Notre sociopathe profond se déploie pour nous, sans malices ni artifices. On domine et comprend intimement le lot gesticulant de ses petites maniaqueries proprettes. On domine et comprend intimement sa sourde misanthropie. On domine et comprend intimement son adultophobie implacable. On comprend, on finit presque par partager sa frustration insondable et sa colère cuisante, pourtours inévitables de son programme radicalement négateur, amoral et nihiliste. C'est une des vertus de la fiction que de pouvoir entériner le monde des monstres.
    L'amour suave et délétère de cette narco-crapule semi-psychotique de Buczko pour les petites filles nous est instillé, drogue d'entre les drogues, presque avec du sublime dans la voix. La destruction de la victime prend place en nous lumineusement, en rythme, par petits bonds nerveux.
    Le propos de cet ouvrage n'est absolument pas moraliste. Sa cruauté est absolue, hautement dérangeante, répugnante, révoltante, comme gratuite. Et pourtant (car il y aura un et pourtant...) notre pédo-toxico se retrouve avec une terrible clef anglaise jetée par le sort, dans le moteur bourdonnant de sa mécanique criminelle tellement rodée.
    C'est une jeune femme qui écrit. Loana Hoarau en est à son deuxième roman. Tributaire des mêmes hantises que le premier, celui-ci est beaucoup plus assumé, plus solide, plus achevé. Un scotome s'imprime. Une oeuvre s'annonce.


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